En voiture Simone

Ces trois-là vous couperaient l’envie d’acheter des voitures d’occasion, si vous aviez assez de sous pour vous en payer des neuves.

Avec un coup de polish, ça passe (Riley sous CC)

Attention, prenez des notes ! Loïc, à Conty, vend des voitures avec l’aide de sa sœur Julie qui se charge du secrétariat. Djamel, à Amiens, commercialise également des autos qu’il ramène de Belgique, même si parfois, c’est pour le compte de Loïc qu’il effectue des navettes des deux côtés du Quiévrain. Djamel n’a pas de boutique. C’est donc Loïc qui, le cas échéant, répare les autos, et les prend en dépôt-vente. Quand elles sont vendues, après avoir prélevé sa dîme, il donne les sous à Djamel.

Ce dernier exerce entre 2013 et 2015 son art de commercial sous des formes diverses. Il est parfois simultanément un simple particulier, une SARL et un salarié de Loïc ! Mais il lui arrive de placer sur son compte personnel des sommes qui devraient aller dans l’entreprise, et vice-versa. Le tout avec des avances de fonds offertes par sa sœur. D’où des dialogues abscons avec la présidente du tribunal : « Cette voiture, vous ne l’avez pas déclarée ? » « Non, je l’ai vendue pour mon compte, comme particulier. » « Et celle-ci ? » Loïc intervient : « Non, celle-ci, c’était pour moi. »

L’embauche de Djamel par Loïc, fin 2014, tient du miracle. Elle permet au premier de présenter à la banque des fiches de paie en CDI afin de contracter un prêt immobiliser de 165000 euros auprès d’une banque guère regardante. « C’était un certificat de travail de complaisance », a reconnu Julie devant les policiers. A la barre, elle se rétracte : « Ils M’ONT fait dire, nuance. Avec la pression de la garde à vue… »

Pour l’ensemble de leur œuvre, la justice reproche à ces trois prévenus des escroqueries, du blanchiment de fraude et du travail dissimulé. L’audience est confuse, forcément. A son terme, Djamel prend six mois avec sursis, seulement pour la fraude fiscale, et Loïc trois mois avec sursis, pour la seule complicité d’escroquerie. Julie est relaxée.

D’après internet, Djamel a pignon sur rue. Il vend toujours des voitures. En 2015, il aurait fait 221000 euros de chiffre d’affaire mais seulement 4000 euros de bénéfice (ce qui donne un revenu mensuel de 333 euros, à vous dégoûter de travailler honnêtement). La société de Loïc, malgré 863000 euros de chiffre d’affaire en 2015, est en cours de liquidation.

Quand même…

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