Betty doute

Quand Betty pleure, on a bien envie de la croire. Difficile de voir en cette petite blonde une menteuse, ou alors, c’est une sacrée comédienne.
Son procès commence mal. Elle décline son identité et se déclare « née à Saint-Pol sur-Mer ». « Non madame, je suis content de vous l’apprendre, vous êtes née à Dunkerque. Votre casier judiciaire, vierge d’ailleurs, nous l’enseigne », l’informe le président. Betty est si terrorisée qu’elle en convient, même avec réticence. En fait, sa ville natale n’existe plus. Elle a fusionné avec Dunkerque en 2010. La jeune femme a changé de lieu de naissance…

Juste au cas où vous n’auriez pas compris le jeu de mots… (Baby Eksy sous CC)

Du 1 er juillet 2011 au 31 mars 2013, Betty a touché du RSA et des allocations familiales pour un montant de 17000 euros. Elle s’était déclarée mère célibataire. L’administration considère au contraire qu’elle vivait avec Julien, le père de son enfant. Sur le papier, ça tient : Julien et Betty partageaient un compte commun, basé à Saleux ; Julien a contracté deux crédits en donnant l’adresse… de Saleux ; en arrêt maladie, il a déclaré comme lieu de résidence… Saleux. Et le contrôleur de la CAF affirme avoir vu dans la cour de Betty (à Saleux !) une Golf rouge qui appartient, selon le service des cartes grises, à Julien.

« Je n’ai rien fait de mal, mon conjoint était parti, il dormait chez sa mère, chez un copain ou chez ses copines, sur Amiens », pleure pourtant de plus belle celle qui, depuis, a retrouvé le volage concubin, au point d’enfanter une seconde fois. « Je ne suis pas malhonnête, j’apprends à mes enfants à ne jamais mentir », insiste-t-elle.
Son avocat Me Gimeno estime que « tout n’est pas si simple. Monsieur n’avait plus de domicile, il a pu laisser cette adresse aux administrations. Un prêt, ça se contracte par internet, ma cliente n’a jamais reçu de papier ». Quant au compte commun : « Ils étaient interdits bancaires. Ils ne pouvaient pas le clore ! » Reste la voiture… Betty le jure : « C’était une Polo rouge. Elle appartenait à un monsieur qui est tombé en panne ».
Le président Montoy se prend pour Renaud Lavillénie, tant il lance des perches à la prévenue : « Alors, madame, vous l’avez fait ou pas ? Vous aviez des ennuis financiers, on pourrait comprendre… » puis « Ce monsieur, il n’aurait pas un peu abusé de vous ? Allez, dites-nous… »
Rien n’y fait : elle ne lâche pas. L’enjeu n’est même plus financier puisque, ponctionnée de 300 euros tous les mois depuis quatre ans, elle a presque fini de rembourser sa dette. Le jugement qui la frappe est à la hauteur de sa misère : 300 euros d’amende avec sursis.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *