Ascenseur pour l’échafaudage

Comment une banale histoire d’échafaudage prêté mais jamais rendu peut-elle finir par mobiliser une heure du temps de l’audience correctionnelle collégiale, trois ans et demi après les faits !

(Lucy Fisher sous CC)

Simple, quand on a affaire à Jean-Pierre L., 53 ans, qui ne répond ni aux coups de téléphone, ni aux courriers, ni aux convocations de justice (à l’audience du mercredi 22 février, il brillait encore par son absence). Encore un cas de phobie administrative…

En septembre 2013, Jean-Pierre, gérant de l’entreprise Ossature Bois à Hébécourt (Somme) a besoin d’un échafaudage, soi-disant pour effectuer des travaux chez ses parents. Son collègue Dany, couvreur, accepte de lui prêter l’outil. Et puis… plus rien.

Quand Dany réclame son matériel, Jean-Pierre fait la sourde oreille. Après moult relances, il finit par concéder qu’il s’en est servi pour un chantier dans l’Oise. Il s’est disputé avec ses clients et a laissé chez eux tout le matériel. Les gendarmes sont saisis. Porter plainte contre un poseur de plinthe, c’est un comble, même pas aménageable. Les Isariens confirment aux pandores le début de l’histoire, « mais un matin, l’échafaudage n’était plus posé contre notre mur. On ne sait pas où il est », se défendent-t-ils.

La maréchaussée se voit mal rapporter une pareille histoire au procureur de permanence. « Allez, on vous laisse un mois et vous arrangez ça », propose-t-elle à Jean-Pierre, qui se garde bien d’agir.

Alors on avertit le parquet, qui dans un premier temps reste flottant. On va passer l’affaire en comparution sur reconnaissance de culpabilité, puisque Jean-Pierre est bien obligé d’admettre que l’échafaudage lui fut remis et que jamais il ne le rendit. Une peine légère est proposée, ainsi qu’une indemnisation de la victime (qui a dû dépenser 5000 euros pour se rééquiper) : Jean-Pierre refuse !

C’est ainsi que l’on se retrouve un beau matin devant trois juges, un greffier et un procureur. Évidemment, Jean-Pierre ne s’est pas déplacé pour répondre d’abus de confiance. Il est condamné une amende de 600 euros et devra verser 5600 euros à la partie civile.

Fera-t-il appel ? C’est bien le genre de plan qu’il est capable d’échafauder…

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