
Jean Dujardin a déjà été sélectionné/nominé/nommé (rayer la mention inutile) aux derniers Golden Globes.
L’aventure américaine de Jean Dujardin nous donne une belle leçon d’orthographe. Doit-on dire nominé ou nommé lorsqu’il s’agit de désigne une personne ou une oeuvre qui pourrait recevoir un prix? Je me pose la question, d’autres se la sont posés et d’autres se la poseront…
Le Petit Robert a sans doute une réponse. S’il accepte l’anglicisme nominer pour désigner une personne ou une œuvre dont on a cité le nom ou le titre pour être digne d’un prix, il le déconseille et recommande le terme de sélectionner.
Cette entrée dans le Petit Robert remonterait à 1978. Mais là aussi, les avis divergent. Selon Maitre Cappello, l’affaire débute en 1980.
« Participant en 1980 à l’attribution des « César » devant un public français, l’actrice autrichienne Romy Schneider, ne trouvant pas le mot français désignant les sélectionnés, crut bien faire en francisant le nom anglais nominee sous la forme de nominé, erreur dont on ne saurait la blâmer. »
Selon d’autres sources, l’apparition du mot nominé coïnciderait avec la création même de la cérémonie des César, en 1976.
En 1985, l’Académie française dénonce ce barbarisme et demande qu’il soit remplacé par proposé ou désigné. Deux ans plus tard, après avoir félicité la presse pour s’être abstenue, du jour au lendemain, d’employer ce « greffon mal venu de la flore hollywoodienne », l’Académie constate la réapparition de l’indésirable chez les professionnels de la télévision. Elle souligne cependant que « les gens de théâtre évitent soigneusement le barbarisme lors de la remise de leurs récompenses à l’effigie de Molière ».
(Source: Lettre du CSA de juin 2010)
