Une Amiénoise signe Le secret de l’enfant fourmi

Dans Le secret de la fourmi, Audrey Dana interprète une femme perdue qui va croiser le chemin de Lancelot.

Audrey Dana interprète une femme perdue qui va croiser le chemin de Lancelot, enfant-sorcier.

Le secret de l’enfant fourmi, premier film de l’Amiénoise Christine François, sort aujourd’hui dans les salles. Demain, la réalisatrice présentera le long-métrage au Ciné Saint-Leu d’Amiens, à 19h30.

En voyage dans le Nord Bénin, Cécile croise le chemin d’une jeune mère africaine qui lui dépose, affolée, un bébé dans les bras… Cécile (Audrey Dana) va adopter cet enfant africain et Lancelot (Elie Lucas Moussako) va grandir en France. L’année de ses 7 ans, elle repart avec lui vers le pays de ses origines et tente de percer le secret qui a entouré son abandon.

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Les premiers mots de ce synopsis ont été griffonnés en 2002, sur une feuille de papier. Dix ans plus tard, il sort sur grand écran. Christine François, habituée aux documentaires (Brigade des mineurs: l’amour en souffrance a inspiré Maïwenn pour Polisse) et aux téléfilms, a choisi de porter à l’écran une histoire d’adoption. « Une histoire vraie, qui m’a été inspirée par les confidences d’une femme française qui avait adopté un enfant issu du peuple bariba accusé d’être un sorcier ».

La réalisatrice part sur place en repérage, rencontre les protagonistes et découvre les croyances africaines. Depuis des siècles, des bourreaux, dans les villages, sont chargés de tuer les enfants accusés de sorcellerie. Naître en se présentant par le siège ou percer sa première dent dans la mâchoire supérieure peut s’avérer fatal pour un enfant du Bénin. « C’est un non-être, qui n’a pas sa place dans la société et qui peut faire du tort à la famille. La seule solution passe par l’infanticide rituelle. Les bourreaux sont chargés de cette tâche« , explique la réalisatrice. L’alternative principale à l’infanticide est l’adoption international.

Christine François a tourné in situ. Le scénario a été longuement discuté sous l’arbre à palabres, les villageois ont pris part au projet, en jouant des rôles dans le film. « Si j’avais senti trop de résistance de leur côté, je n’aurais pas pu le faire« . Audrey Dana (Welcome) interprète Cécile, une trentenaire, un peu perdue, à qui on va confier, au bord d’une route, un enfant au lourd secret, Lancelot (Elie Lucas Moussako). Elle décide de ne pas l’abandonner à l’orphelinat et de le garder. Comment élever un enfant d’une culture différente à soi? « Je sais combien il est difficile d’élever un enfant dont on ignore le passé. J’en ai pris la mesure en tournant dans un hôpital psychiatrique pour adolescents. J’ai pu observé le comportement d’enfant issu d’adoption internationale. On appelle cela de l’ethnopsychiatrie, il en est beaucoup question dans mon film« .

Le secret de l’enfant fourmi est aujourd’hui un outil pédagogique entre les mains du peuple Bariba. Il a reçu un accueil très positif et va faire le tour du pays. L’abbé Pierre Bio Sanou, 74 ans, qui tente depuis plusieurs années d’alerter les autorités sur ces infanticides, a trouvé, avec ce film, une formidable caisse de résonance.

 

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