Des Picards dans l’ombre de la Croisette

La 65e édition du festival de Cannes

La 65e édition du festival de Cannes

L’enfant d’Holnon, l’Axonais Benoît Delépine, co-réalisateur du film Le Grand Soir, sera le seul représentant picard au Festival de Cannes, qui se déroulera du 16 au 27 mai. Du moins, dans la lumière. Son film est présenté dans la section Un certain regard. Il met en scène l’histoire de deux frères, Not, le plus vieux punk à chien d’Europe (Benoit Poelvoorde), et Jean-Pierre  vendeur dans un magasin de literie  (Albert Dupontel). Quand Jean-Pierre est licencié, les deux frères se retrouvent. Le Grand Soir, c’est l’histoire d’une famille qui décide de faire la révolution… à sa manière.

http://www.dailymotion.com/video/xqrijv

D’autres seront aussi du voyage, œuvrant dans l’ombre, de préférence celle des salles obscures.

L’Acap, le pôle image de Picardie, descendra sur la Croisette. Quatre personnes seront mobilisées pendant toute la durée du festival. Le Carlton, très peu pour eux. «C’est le système D. En s’y prenant à l’avance pour les réservations de train et la location de l’appartement, cela ne revient pas excessivement cher», explique Caroline Sévin, la directrice de l’Acap. Le tout, c’est d’être présent. Chacun connaît sa mission à l’avance. Caroline Sévin assistera aux rencontres entre professionnels du cinéma d’art et d’essai, se tiendra au courant des dernières directives du ministère de la Culture : « Le CNC dresse le bilan de l’année écoulée. Si les chiffres de 2011 sont excellents pour le cinéma avec plus de 200 millions d’entrées, ils concernent surtout les blockbusters et les multiplexes. Les autres petites structures, fragiles, ont besoin de notre accompagnement».

C’est l’une des missions du département diffusion. Deux membres de ce pôle ne profiteront pas du soleil cannois, et visionneront jusqu’à six films dans la même journée. «On sera attentifs aux films susceptibles d’intéresser les petites salles de Picardie, explique Mathieu Collet, l’un des chargés de mission. On essaie déjà de s’imaginer les collaborations qu’on pourrait faire avec telle ou telle association locale». Dernièrement, le mouvement associatif Terre de liens, qui lutte pour la sauvegarde des terres agricoles, avait participé, sous la forme de débat, à la projection du film Tous au Larzac.
Ces coups de cœur cannois de l’Acap seront ensuite présentés aux exploitants de salles picards, lors d’un pré-visionnement, qui se déroule au siège, à Amiens.

Promouvoir la Picardie pour des tournages

Leurs collègues du bureau d’accueil des tournages auront quant à eux la chance de voir le jour. Ils tiendront un stand sur le port, pour faire la promotion de la Picardie au sein de l’agence Film France. Cela se jouera en fonction des desiderata de la production: quel scénario, quelle incitation financière et quelles compétences mobilisables sont disponibles. « Toutes les régions seront là. On peut toucher des productions internationales. Les Britanniques nous ont renouvelé leur confiance. Ils reviendront à la rentrée tourner de nouveaux épisodes de la série Merlin, à Pierrefonds».

Poser des jalons pour le festival d’Amiens

Depuis trois ans, Fabien Gaffez, responsable du film international d’Amiens et critique de cinéma pour le magazine Positif, participe à l’élaboration de la sélection de la Semaine de la Critique. Cette section parallèle se consacre à la découverte de jeunes talents, François Ozon ou Gaspard Noé y ont fait leurs débuts. «Trois mois avant le début du festival, j’ai dû voir une centaine de films». Après le visionnage de mille films par le comité, seulement dix ont été retenus et sept seront en compétition. Fabien Gaffez sera chargé de défendre ses deux favoris auprès des critiques: Au galop de Louis-Do de Lencquesaing et un long-métrage argentin Los Salvajes de Alejandro Fadel. «C’est l’endroit idéal pour découvrir des films et poser ses jalons pour les faire venir au Festival du film international d’Amiens.»
Sa deuxième casquette de critique de cinéma pour le magazine Positif va l’entraîner dans les salles obscures pour juger les films de la sélection officielle: «J’attends avec impatience de voir le dernier David Cronenberg. J’espère aussi qu’Alain Resnais remportera enfin la Palme d’or!»
Marie-Jeanne Gomet, exploitante du Cinespace de Beauvais, sera aussi de la partie. Loin des paillettes et des fêtes, ces professionnels n’ont pas une minute à eux. Les journées seront denses. Après les projections matinales de la sélection officielle, Marie-Jeanne Gomet se rendra notamment au marché du film, à la rencontre de promoteurs et distributeurs internationaux: «On invite chaque année un pays différent lors de notre festival du film de Beauvais. On se décide souvent après ces rencontres cannoises».

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>