Skyfall: le retour aux sources

Les cadres paradisiaques du nouveau James Bond? On les trouve au musée.

Les cadres paradisiaques du nouveau James Bond? On les trouve au musée.

Oubliez les voitures invisibles, les sorties de l’eau en maillot de bain des James Bond girls et autres paysages paradisiaques qui caractérisent les séries bondiennes. Dans Skyfall, dernier volet de la série des James Bond, l’action principale se passe à Londres, sous la pluie; l’espion a pour unique gadget une radio miniature et un revolver et les James Bond Girl se font voler la vedette par M, interprétée par la merveilleuse Judith Dench. Si ça continue, dans le prochain épisode, il embarquera de Beauvais, à bord d’un avion Ryanair! Même le méchant, à la folie inquiétante, interprété par Javier Bardem, n’a plus rien de Dents d’acier. Les siennes ont été dissoutes par du cyanure. Heureusement, ce hacker ne manque pas de mordant quand il s’agit de piéger ses ennemis sur la toile.

Pour ce 23 ème volet du héros de Ian Fleming, qui marque les 50 ans de la saga, Sam Mendes donne une réelle épaisseur aux personnages. James Bond est un espion vieillissant, alcoolique, M a un coeur qui bat et Sila, le méchant plus blond que Bond, doit tuer sa mère spirituelle.

Mais que les fans de la série se rassurent, les actes de bravoure ne manquent pas. Aussi à l’aise face à un varan de Komodo comme dans une eau glacée ou sur le toit d’un train en marche, l’espion de Sa Majesté s’en sort toujours avec quelques contusions. Même que parfois on croit qu’il meurt mais en fait, non, il ressuscite. Qu’on se le dise, James Bond n’est pas prêt de prendre sa retraite!

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S’aimer jusqu’à ce que la mort…

Georges et Anne sont au crépuscule de leur vie dans "Amour".

Georges et Anne sont au crépuscule de leur vie dans "Amour".

Attention, âme sensible s’abstenir. Il faut avoir le moral avant de pénétrer dans les salles obscures et assister à la projection du dernier film de Michael Haneke Amour. Palme d’or au dernier festival de Cannes, le film narre la vie d’un couple d’octogénaires mélomanes, confrontés au dépérissement de l’un d’eux. Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant sont magistraux dans ce tête-à-tête bouleversant.
Les premières images plongent les spectateurs dans une salle de concert. Georges et Anne sont assis au milieu de la foule. Une dernière respiration à l’air libre avant d’entrer dans le luxueux appartement parisien. Place à un huis-clos mortifère mais vibrant. Entre les deux, l’amour, le vrai, qui se traduit par des regards et sourires complices, tout en retenu. Chez Michael Haneke, les acteurs ne surjouent pas.

«Rien de tout cela ne mérite d’être montré»

Le lendemain du concert, Anne oublie de fermer le robinet. Une première absence remarquée par son mari. L’état de santé va se dégrader de plus en plus au fil des jours, jusqu’à l’accident vasculaire cérébrale. Un séjour à l’hôpital et elle revient paralysée. Elle fait promettre à son mari de ne plus la laisser partir.
L’atmosphère se fait de plus en plus pesante dans cet appartement étouffant. Les visites se font rares. Entre deux concerts, un ancien élève virtuose de piano vient donner de ses nouvelles à son professeure de musique. Ses mots sont maladroits, pris entre la compassion et le bonheur de ces retrouvailles.
Un peu plus tard, c’est au tour de la fille du couple, interprétée par Isabelle Huppert, de venir voir ses parents. Georges a enfermé sa femme dans sa chambre. « Rien de tout cela ne mérite d’être montré », dit Georges, digne et dévasté. Le spectateur assiste à la douleur d’Anne, qui ne s’exprime plus que par des cris. Un calvaire qui s’achèvera par une fin violente.
Le générique défile en silence sur le grand écran. Pas une musique pour se remettre de ses émotions. Le spectateur reste K.O., avec sa conscience pour seule compagnie. En plein débat sur l’euthanasie, cette merveilleuse déclaration d’amour n’a pas fini de vous hanter…

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Sortie le 24 octobre.

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Le magasin des suicides: noir dessein

Le magasin des suicides, un film mortel.

Le magasin des suicides, un film mortel.

« Vous avez raté votre vie? Réussissez votre mort!« . En pénétrant dans le « Magasin des suicides« , tous les vendeurs ont une tête d’enterrement. Une mine de circonstance quand on sait qu’on y vend tout ce qui faut pour faire le grand saut. Le slogan de la maison: « Mort ou remboursé ». L’humour noir de ce premier film d’animation de Patrice Leconte fait mouche. Adapté du best-seller de Jean Teulé, ce dessin-animé est un remède contre la morosité. En effet, l’arrivée d’Alan, le petit dernier de la famille, vient bouleverser la vie des Tuvache. Plus souriant que lui, tu meurs!

Le graphisme léché des personnages rappelle l’univers de Sylvain Chaumet et de ses Triplettes de Belleville,  ainsi que les films de Tim Burton dont l’influence plane à chaque plan. N’hésitez pas à chausser vos lunettes pour découvrir ce film en 2D en relief, nouveau procédé testé pour la première fois. Elle permet de transposer des dessins en 2 dimensions dans l’espace afin de créer l’impression de profondeur, sans les transformer en dessins 3D. Patrice Leconte compare cela aux livres pop-up. Pour une fois, la technologie est vraiment au service de l’histoire.

http://www.dailymotion.com/video/xl025z

Sortie le 26 septembre.

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« De rouille et d’os », un corps à corps sans âme

Marion Cotillard et Matthias Schoenaerts portent magnifiquement bien le film.

Marion Cotillard et Matthias Schoenaerts portent magnifiquement bien le film.

« Bouleversant« , « Nouveau choc filmique« , « Premier choc du festival« … Les superlatifs ne manquaient pas pour annoncer la sortie du dernier Jacques Audiard De rouille et d’os. Alors bêtement, la moutonne (femme du mouton) que je suis, j’ai pris le chemin des salles obscures, pour me faire ma petite idée. Comment vous résumer l’histoire? C’est un peu si Sauvez Willy rencontrait les boxeurs de Fight Club devant la caméra des frères Dardenne. Une histoire d’amour entre Ali, un SDF qui survit grâce à des petits boulots et des combats de boxe interdits, et la belle Stéphanie, dresseuse d’orques au Marineland d’Antibes. On pourrait facilement glisser dans le pathos et le misérabilisme avec un tel résumé, ce qui n’est jamais le cas dans le film. L’image est magnifique, les acteurs tout en retenus (à l’instar de la révélation du film, le belge Matthias Schoenarts), les effets spéciaux sont épatants (à moins que Marion Cotillard est vraiment fait une croix sur ses gambettes? Je n’ose l’imaginer…)  Tous les éléments sont réunis pour en faire un chef d’oeuvre et pourtant je n’ai pas été transportée par l’histoire. Un film trop appliqué peut-être? A vous d’en juger.

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Les ondes positives de Radiostars

Manu Payet et Clovis Cornillac sont les gardiens de la matinale dans Radiostars.

Manu Payet et Clovis Cornillac sont les gardiens de la matinale dans Radiostars.

C’est bien simple, je n’avais pas autant ri au cinéma depuis Intouchables. Le premier long métrage de Romain Lévy, Radiostars, raconte l’histoire d’une joyeuse bande de potes à la tête de la matinale la plus écoutée de France. Jusqu’au jour où ils sont rétrogradés à la seconde place. Le patron décide alors de leur faire parcourir la France pour reconquérir des auditeurs.

Dans ce film, on rencontre pêle-mêle Daniel, sosie officiel de Jacques Dutronc ET de Françoise Hardy, l’inventeur du chococcino (l’inverse du cappuccino), Léonard de Vitry, caricature de rappeur ou encore la Farigoule, fameux fromage du sud de la France.

Quel bonheur de retrouver le ticket gagnant Manu Payet-Clovis Cornillac, qui avait déjà sévi dans l’excellente comédie romantique L’amour, c’est mieux à deux. Les répliques cultes fusent, avec une vanne toutes les cinq minutes. Manu Payet, délicieusement foutraque, a cette faculté extraordinaire de garder la classe  tout en débitant les pires vulgarités. Les seconds rôles sont tous impeccables, Pascal Demolon en tête (mais si celui qui jouait le méchant dans la mauvaise série Rani!).

En résumé, un super bon doss! (allez voir le film, et vous comprendrez l’allusion…)

http://www.dailymotion.com/video/xow0cd

 

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Cloclo: un biopic très appliqué

Le courant passait bien entre Claude François (Jérémie Rénier) et ses fans.

Le courant passait bien entre Claude François (Jérémie Rénier) et ses fans.

« Un enfant, c’est un accident. Deux enfants, c’est une famille« . Lors d’une fête organisée au Moulin, Claude François vient cajoler Marc, enfermé seul dans sa chambre. Soucieux de son image, le chanteur a longtemps caché son deuxième fils aux yeux de tous. Le bambin était même contraint de se cacher sous un drap à chacun de ses déplacements. A l’image de cette scène, le biopic Cloclo de Florent Emilio Siri dresse un portrait sans concession du chanteur populaire, n’hésitant pas à égratigner le mythe.

Jérémie Renier est Claude François. Quelques minutes suffisent pour oublier l’acteur. Les mimiques, l’énergie sur scène, les costumes, tout y est.  Autour de lui, des femmes. Sa mère, sa soeur et ses nombreuses conquêtes (fans, danseuses, mannequins…) toutes plus blondes les unes que les autres, aux yeux bleus… comme une certaine Belinda! Et dire qu’il se fera piquer sa première femme par Gilbert Bécaud, alias Monsieur 100 000 Volts. Un signe du destin?

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Le film permet de voir aussi l’homme visionnaire qu’il était. Au creux de la vague, c’est en assistant au concert d’Otis Redding qu’il a l’idée des Clodettes. De quoi attirer un public encore plus large. Dommage que le film ne s’attarde pas davantage sur cette période et ses relations avec ses danseuses. En véritable homme d’affaire, Claude François avait monté sa propre maison de production, son parfum, son magazine, son agence de mannequinat, sa revue de charme, son fan-club… Un empire à lui tout seul. Deux heures et demi pour tout retranscrire, c’est un peu long, surtout que le suspense de la fin est de courte durée.

Les dernières minutes du film sont insoutenables. (si vous ne souhaitez pas connaître la fin, je vous conseille d’arrêter ici la lecture de ce billet…). Claude François est tranquillement en train de prendre sa douche, à l’image de Janeth Leigh dans Psychose d’Hitchcock. Derrière lui, l’applique commence à donner quelques signes de fatigue. « Non, Claude ne te retourne pas!« , me dis-je au fond de moi-même, espérant ainsi retarder l’issue fatale de ce film. Trop tard, l’homme aux 500 chansons meurt électrocuter, laissant à jamais un vide dans le coeur de milliers de fans…

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A l’aveugle: juste pour le plaisir des yeux

Jacques Gamblin en flic sombre et solitaire regarde Lambert Wilson droit dans les yeux.

Jacques Gamblin en flic sombre et solitaire regarde Lambert Wilson droit dans les yeux.

Le casting du film A l’aveugle avait du chien. Un duel inédit entre deux charmants acteurs: à ma gauche, Lambert Wilson, dandy du cinéma français qui renoue avec son côté obscure de la force de Matrix en interprétant un aveugle qui est loin d’être maladroit quand il s’agit de tuer ses victimes.  A ma droite, Jacques Gamblin, au charme lunaire, excelle dans le rôle du flic névrosé, même si il y a comme un air de déjà vu (Les Oubliées).

Et après? Après rien. Le charme est rompu par une intrigue, sur fond de guerre en Afghanistan, qui semble avoir été bâclée et une action aussi trépidante qu’un bon épisode de P.J. un vendredi soir sur France 2. L’alchimie entre les deux acteurs ne prend pas, chacun jouant sa partition dans son coin. On s’attacherait presque plus aux interactions des deux héros avec les seconds rôles. Bref, circulez, y a rien à voir!

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38 témoins: silence, on tue

Pierre (Yvan Attal) serait-il le seul à avoir entendu les cris de la victime?

Pierre (Yvan Attal) serait-il le seul à avoir entendu les cris de la victime?

J’ai eu la chance de voir en avant-première le dernier film de Lucas Belvaux 38 témoins.  L’histoire du meurtre d’une jeune femme qui se déroule sous les fenêtres de tout un quartier sans que l’un des voisins ne bouge, ne prenne son téléphone pour appeler la police. De l’indifférence? De l’individualisme? Les 38 voisins seront interrogés par la police, les uns après les autres, avec toujours la même explication: rien vu, rien entendu. Jusqu’à ce que l’un d’eux craque, Pierre, pilote au port du Havre. Il parle pour se décharger de sa responsabilité, pour faire éclater la vérité au grand jour et être jugé. Par sa femme, par les hommes. Oui, il a entendu les cris de souffrance de la victime, personne ne pouvait les ignorer. Mais alors, pourquoi ce silence collectif?  »Un témoin qui se tait, c’est un salaud, 38 cela devient Mr Tout le monde », analyse le procureur, qui n’a peut-être pas intérêt que l’affaire sorte dans les médias… Le film, tiré du livre de Didier Decoin Est-ce ainsi que les femmes meurent? , continue longtemps de vous hanter.

Et dire que la loi qui prévoit le délit de « non assistance à personne en danger » a été prise par le gouvernement de Vichy en réaction aux Français qui ne portaient pas secours aux militaires allemand lorsque ceux-ci se trouvaient en difficulté…

Sortie du film: 14 mars prochain. Avec Yvan Attal, Sophie Quinton, Nicole Garcia…

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Une Taupe amphigourique

Gary Goldman, l'acteur-caméléon, dans la Taupe

Gary Oldman, l'acteur-caméléon, dans la Taupe.

Après le Morse, le réalisateur Tomas Alfredson se lance dans la Taupe avec l’acteur caméléon Gary Oldman. L’action débute comme dans un épisode de Derrick. George Smiley porte les mêmes lunettes à gros carreaux, une gabardine grise et le balancier de la pendule qui rythme les pas du personnage. Cette reconstitution léchée des années 70 prend vite le pas sur le scénario alambiqué. Ce film d’espionnage, qui se déroule en pleine guerre froide, met en scène un espion à la retraite qui tente de trouver la taupe qui se niche au sein du Cirque, les services secrets anglais. Ce long-métrage est une adaptation d’un livre de John LeCarré.
Côté ambiance, c’est l’anti-James Bond. Pas de cascade, la destination la plus exotique est la Hongrie. Entre les flash-backs et les noms de code, on finit par se noyer dans une intrigue qui semble palpipante mais on n’y comprend rien.  Il serait peut-être préférable de potasser le livre avant de se confronter au film.

 

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La délicatesse, du livre au film

François Damiens, le belge devenu suédois, séduit Nathalie, interprétée par Audrey Tautou.

François Damiens, le belge devenu suédois, séduit Nathalie, interprétée par Audrey Tautou.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le réalisateur a respecté à la lettre le livre dont s’inspire l’histoire du film, La délicatesse. En même temps, rien de plus normal vu que le réalisateur est aussi l’auteur du livre. Jusque là vous me suivez? David Foenkinos a choisi Audrey Tautou et François Damiens pour donner corps à ses personnages. Nathalie a tout pour être heureuse. Elle est jeune, belle, et file le parfait amour. La mort accidentelle de son mari va couper son élan. Pendant des années, elle va s’investir dans son travail, avant de jeter son dévolu sur un collègue suédois, Markus, qui n’a rien a priori rien pour la séduire et pourtant…

On est souvent déçu par l’adaptation d’un livre au cinéma, ce n’est pas le cas cette fois-ci, où chaque chapitre, chaque phrase est respectée à la virgule près. Maintenant, est-ce que le livre méritait une adaptation sur grand écran? Pas sûr, même si les acteurs se donnent du mal.

Pour explorer les liens qui unissent littérature et cinéma, la Filmothèque du Quartier Latin inaugure, du 10 janvier au 14 février, une  rétrospective Littérature et Cinéma. Au programme : des livres, du cinéma, des auteurs, des cinéastes, des rencontres, des films réédités en avant-première (L’Insoutenable légèreté de l’être de Philip Kaufman et La Mouette, film inédit de 1972 de Youli Karassik), des débats… Tout le programme ici.

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