Un jour sans Jésus et encore un épisode renversant

Un jour sans Jésus, tome III/VI, Nicolas Juncker (scénario), Chico Pacheco (dessin). Editions Vents d’Ouest, 48 pages, 11,50 euros.

« On s’en souviendra du dimanche de Pâques de l’an 33 après l’autre abruti… » Cette remarque d’un zélote pas très zélé et plutôt désabusé résume bien la situation, à mi-parcours de cette série qui revisite à sa façon la résurrection de Jésus.

A la moitié de la journée de ce dimanche, la situation tourne à la panique générale du côté de Jérusalem, où tout le monde est sur le des dents pour tenter de retrouver le « corps du Christ » – ou les bouts de son corps – puisque les Romains sont persuadés que les apôtres ont réellement mangé le corps de leur prophète…

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Cène de ménage autour de Jésus

Un jour sans Jésus, livre II/VI, Nicolas Juncker (scénario), Chico Pacheco (dessin). Editions Vents d’Ouest, 48 pages, 11,50 euros.

Nous sommes toujours le dimanche de Pâques de ce qui deviendra l’an 33 après J.C. Et justement la rumeur de la disparition du corps du Christ s’est répandu dans tout Jérusalem, en cette fin de matinée. Les Romains sont désormais persuadés que les disciples de Jésus ont mis en application – littéralement – leur précepte de « bouffer le cadavre » de leur prophète et commencent à creuser partout afin de retrouver les restes de Jésus. Le trouble est d’autant plus grand que de son côté Judas le Galiléen a lui transmis aux « douze tribus d’Israël » un bout de corps humain, signal du déclenchement de la révolution. Et les pauvres apôtres, eux, se sont dispersés pour avancer dans leur recherche pour remettre la main sur leur messie. Mais voilà qu’un événement encore plus surprenant et miraculeux s’annonce…

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L’homme qui tua John Lennon, portrait d’un tueur trop ordinaire

j'ai tué john lennonJ’ai tué… John Lennon, Rodolphe (scénario), Gaël Séjourné (dessin). Editions Vents d’Ouest, 56 p, 14,50 euros.

Lundi 8 décembre 1980, John Lennon meurt, quelques heures après qu’un inconnu, Mark Chapman, lui a tiré dessus au pied de son immeuble new yorkais. C’est sur ce tueur minable que Rodolphe et Gaël Sejourné s’attardent ici, dans ce nouvel album d’une série « concept » chez Vents d’Ouest, sur ces personnages entrés par effraction dans l’Histoire pour avoir tué des gens bien plus importants qu’eux.

Mark Chapman entre quasi idéalement dans cette catégorie. De sa vie, on ne saura pas grand chose dans ce livre qui le capte uniquement dans les quarante-huit heures qui ont précédé l’assassinat. On comprend qu’il est marié, sous traitement médical, qu’il vient de débarquer de Hawaï. Ayant pris une piaule pourrie au YMCA, il déménage au Sheraton, croise deux jeunes filles fan de Lennon… Mais son portrait est bien campé. Psychologiquement défaillant, Chapman peine à différencier la réalité et ses fantasmes – ou il se voit comme un des Beatles, leur ingénieur du son ou comme une vedette télévisée après son acte meurtrier. Mais, surtout, il vit une frustration intense à l’égard des « homme plus, l’élite, ces putain de people ». Lire la suite

Pour la cause des femmes

communardes_t3_femelles_couvCommunardes ! tome 3: nous ne dirons rien de leurs femelles, Wilfrid Lupano (scénario), Xavier Fourquemin (dessin). Editions Vents d’Ouest, 56 pages, 14,50 euros.

Ce 8 mars, jour de la femme, est un moment approprié pour évoquer ce troisième tome de cette série Communardes. Après Victorine, la jeune fille rêvant d’envoyer des pelotons d’éléphants contre les Versaillais et Elisabeth Dmitrieff, la belle Aristocrate fantôme, Wilfrid Lupano s’attache ici à Marie, petite servante et ouvrière. Un troisième album qui sonne comme le point d’orgue de cette belle trilogie.

On découvre Marie en jeune adolescente en 1858, domestique dans la famille du colonel Jeaujard, de retour des colonies. Devenue la meilleure amie de la fille du colonel, Eugénie, jolie jeune fille éprise d’un libraire anarchiste, Marie va connaître la déchéance, lorsque Eugénie se révélera enceinte et rapidement envoyée au couvent, tandis que Marie et sa mère sont renvoyées, accumulant rancoeur. Treize ans plus tard, on retrouve Marie sur les barricades, parmi les infirmières de l’Union des femmes. Le hasard va lui permettre de retrouver son amie Eugénie, réduite au spectre de ce qu’elle fut. De quoi la transformer en farouche militante de la Commune…

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Moby Dick bien coffrée

800 MOBY DICK-COFFRET T01 ET T02[VO].inddMoby Dick, coffret t.1 et 2, Christophe Chabouté. Éditions Vents d’Ouest, coll. Intégra, 256 pages, 39,50 €.

Moby Dick, la baleine blanche, a refait surface ces derniers jours par l’entremise du film Au coeur de l’océan, de Ron Howard. Et aussi par la parution de ce coffret reprenant les deux volumes de l’adaptation du chef d’oeuvre d’Herman Melville par Christophe Chabouté. Nouvelle occasion de se faire emporter par le souffle de cette épopée, magistralement restituée.

On s’attardera plus particulièrement ici sur la seconde partie de l’histoire (correspondant au tome 2) aussi envoûtante et impressionnante que la première, sortie voilà un an et demi… Se déroulant cette fois uniquement en pleine mer, sur le Pequod, le récit progresse inexorablement vers sa fin paroxystique, l’équipage entraîné par un capitaine Achab basculant de plus en plus dans son obsession et sa folie furieuse à l’encontre du grand cachalot.

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Cause Commune

501 COMMUNARDES ELEPHANT T02[VO].indd.indd Communardes_aristocrate fantôme_couvCommunardes: les éléphants rouges, Wilfrid Lupano (scénario), Lucy Mazel (dessin).
Communardes: l’aristocrate fantôme, Wilfrid Lupano (scénario), Anthony Jean (dessin).Editions Vents d’Ouest, 56 pages, 14,50 euros.

La Commune de Paris reste un épisode mythique, mais finalement peu traité en bande dessinée (hormis l’adaptation du Cri du peuple par Tardi).  Quelques mois, entre le départ de Napoléon III après son fiasco face aux Prussiens et le massacre des derniers communards par les « versaillais » de Thiers, qui demeurent un symbole fort dans le récit des grands épisodes révolutionnaires. Et parmi ces « communards », il y avait aussi des « communardes ». Louise Michel en demeure la plus emblématique, mais ce sont d’autres destins, plus anonymes qui sont évoquées dans cette nouvelle série scénarisée par Wilfrid Lupano et annoncée en trois albums.

S’ils sont parus simultanément, cet automne, Les éléphants rouges arrive, chronologiquement, en premier. Et avant même l’instauration de la Commune, en mars 1871. C’est encore l’hiver 1870. Paris est assiégée par l’armée prussienne, la famine règne dans la capitale. Tandis que le gouvernement de défense nationale réfléchit à créer un bataillon féminin « d’amazones », la jeune Victorine passe son temps avec sa bande ou au Jardin des Plantes, pour s’occuper des deux éléphants: Castor et Pollux. Pleine d’imagination, s’inspirant d’Hannibal, la fillette entend utiliser les pachydermes pour libérer Paris. Mais le temps n’est pas aux rêveries enfantines et le destin sera plus terre et à terre et cruel…

L’aristocrate fantôme se déroule, cette fois, en plein durant les trois mois de la Commune. Sous la menace d’une offensive versaillaise, une aristocrate russe, passionaria socialiste Elisabeth Dmitrieff, va créer la première organisation féministe d’Europe, l’union des femmes pour la défense de Paris. Ce combat pour les droits des femmes, Elisabeth et ses camarades le mèneront jusqu’au bout… sur les barricades.

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Le chaos s’amplifie

Le Grand mort_tome 6_couvLe Grand mort, tome 6 : brèche, Régis Loisel et Jean-Blaise Djian (scénario), Vincent Mallié (dessin). Editions Vents d’Ouest, 64 pages, 14,50 euros.

Fidèle à ses oscillations, désormais bien assimilées entre le « petit monde » et le nôtre, les enjeux de ce nouvel épisode du Grand Mort se situent plutôt du côté du monde parallèle (ainsi que le dévoile la couverture – une fois encore superbe – de ce tome 6.

Le chaos est désormais généralisé sur Terre, suite à une étrange vague de tremblements de terre. Pauline et Gaëlle poursuivent leur chemin – désormais en vélo – pour rejoindre la Bretagne et vont être confrontés à des survivants aux pulsions parfois bien dangereuses. Erwan, de son côté, a de plus en plus de mal à maîtriser la petite Blanche, toujours aussi radicale pour régler les problèmes auxquels elle est confrontée. Mais c’est dans le petit monde souterrain que la situation s’accélère et se renverse véritablement. S’étant laissé arrêter sans résistance, de façon surprenante, Macare explique à ses « soeurs » prêtresses les raisons de son comportement : la nécessité de bousculer les choses pour tenter de revenir à un équilibre acceptable entre leur monde et le nôtre, en déclin. Mais, en attendant, l’absence des prêtresse est aussi en train d’entraîner le chaos parmi leurs clans…

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Pas si craignos, ces Monsters

Craignos Monsters_couvZe Craignos monsters, le retour du fils de la vengeance, Jean-Pierre Putters. Edition Vents d’Ouest, 240 pages, 35,50 euros.

Quatrième tome d’une anthologie unique en matière de « ciné Z » fantastique et de science-fiction. Fondateur de Mad Movies, puis de la revue Métaluna (hélas défunte à l’automne dernier) Jean-Pierre Putters avait publié dans les années 90 trois tomes, aussi drôles qu’érudits sur ces « monstres craignos » qui peuplent les pellicules depuis un siècle. Cent ans de cinéma de genre évoqué à travers ses créatures outrancières ou ridicules, ses vamps, ses loups-garous, vampires, etc. Il revient (oui, « reviens JPP, reviens ! ») avec un nouvel ouvrage qui repasse en revue quelques thématiques classiques (les insectes mutants, les robots, les gorilles géants, les zombies, les monstres japonais, etc.) et y ajoute quelques nouveaux angles (comme les hommes invisibles ou les dystopies à la 1984). Un ouvrage à l’iconographie très riche et avec, en plus, une préface tout à fait opportune de Joe Dante (le réalisateur américain des Gremlins et de Panic à Florida Beach, en plus d’une vraie intégrité cinématographique, anime un site assez génial de bandes annonces de séries Z, parfait miroir de ces Craignos Monsters).

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Le Linge sale, une très froide et ironique vengeance

Linge sale-couvLe linge sale, Rabaté (scénario), Sébastien Gnaedig (dessin). Editions Vents d’Ouest, 128 pages, 19,50 euros.

Il n’aura pas fallu attendre vingt ans pour voir aboutir ce scénario. Mais pas loin. Ainsi qu’il s’en expliquait dans le mensuel Casemate (n°72, juillet-août dernier), cela fait une quinzaine d’années que Pascal Rabaté avait écrit cette histoire, pour un film qui ne s’est jamais fait et qui revient donc en bande dessinée, finalement repris directement au dessin par l’éditeur Sébastien Gnaedig.

Vingt ans, c’est donc le temps que Pierre Martino, l’anti-héros du Linge sale, aura mûri sa vengeance. Il y a vingt ans, découvrant qu’il est trompé, il avait voulu tuer sa femme et son amant… mais s’était trompé de chambre au motel et avait tué un autre couple ! Après deux décennies de prison, détenu modèle (et terne), il est libéré et n’a qu’un but: tuer sa femme, son amant (désormais son mari) et le reste de leur famille. Celle-ci, marginale, vit ensemble dans une grande bâtisse, à la sortie d’un village de la campagne angevine (chère à Rabaté). Martino va soigneusement préparer son plan, mais arrivera-t-il à éviter l’ironique malchance qui semble le poursuivre ?

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La Romanée comptée, quand la Chine s’éveillera… au vin rouge

La Romanée contée, Pinot noir contre Dragon blanc, Philippe Bercovici (dessin), Benoist Simmat (scénario). Editions Vents d’Ouest, 64 pages, 12,50 euros.

Le monde du vin, lui-aussi, est en plein bouleversement. Et pas seulement parce que les plus réputés vignobles passent sous pavillon étranger, principalement chinois. Ainsi, une bonne vieille enquête au coeur de la Bourgogne peut aller loin, dans le monde mondialisé qui est le nôtre.
L’inspecteur Arsène Pinot et son acolyte, la jolie franco-chinoise Clothilde Ping sont amenés à résoudre l’affaire de la disparition stupéfiante et simultanée d’Aubert de Villaine, le plus grand vigneron français, propriétaire du célèbre domaine de Romanée-Conti et de Louis Ng, magnat chinois, nouveau propriétaire de Gevrey-Chambertin. Tous deux s’étant littéralement évaporés avec un étrange magicien chinois lors d’une réception à Clos Vougeot devant tout ceux qui comptent dans le monde viticole…

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