10 histoires pour autant d’idées fausses sur la pauvreté

ATD Quart Monde édite sa première bande dessinée, pour démonter les préjugés sur les pauvres et lutter contre la « pauvrophobie ». Initiative originale et louable. Présentation.

Créé en 1957 dans le but d’éradiquer la misère via des actions de terrain avec les premiers concernés et de l’activisme auprès des pouvoirs publics, ATD Quart Monde engage aussi régulièrement des « campagnes citoyennes » à destination de l’opinion publique, afin de faire changer le regard sur les plus pauvres.

C’est dans ce troisième axe que se situe l’édition par l’association de son premier album de bande dessinées (64 pages, 9,90 €), en cette fin de printemps. Une douzaine d’auteurs se sont associés afin de raconter « dix histoires pour dire STOP aux préjugés sur les pauvres »…

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Chaud effroi de guerre froide

Les racines du chaos, tome 2: Umbra, de Felipe Hernandez Cava et Bartolomé Segui, éditions Dargaud, 48 pages, 13,95 euros.

Voici la conclusion d’un diptyque qui ne dément pas les promesses esquissées par le premier tome, voilà un an. On comprend bien toutes les raisons qui ont pu pousser Alexander Ostojic, paisible médecin légiste pour Scotland Yard, célibataire londonien, a jeter une bombe au passage de Tito, en visite à Londres en ce mois de mars 1953. Mais, à l’image de ce récit d’espionnage plein de faux-semblants et de chausse-trappes, cet attentat n’est que secondaire dans le vaste complot dont Ostojic est la victime.

Après avoir vu sa mère se faire renverser par une voiture, dans ce qui n’était pas un accident, au cours du premier album, c’est désormais la femme qu’il aime – Vanessa, membre des services britanniques – qui va être assassinée sous ses yeux à Majorque, où se déroule une grande partie de ce deuxième volet. Mais les Baléares, dans l’Espagne franquiste – tout comme une parenthèse nord-irlandaise – ne s’avère guère ensoleillée… Après les « lumières » du premier tome, on plonge ici, en effet, dans l' »Umbra », l’ombre la plus noire, une obscurité emplie de fantômes ramenant aux pires massacres de la Seconde Guerre mondiale dans les Balkans, des actes encore très liés au présent – et en l’occurrence à la famille du héros.

Si l’essentiel de l’album baigne dans une ambiance digne des thrillers de John le Carré, son épilogue lui donne une densité encore plus forte, tout comme une dimension plus universelle, et très humaine. Où le cynisme étatique le dispute à la mélancolie. Et le dessin du Majorquin Bartolomé Segui, au style rétro et faisant songer un peu à Loustal, restitue fort bien cette atmosphère de guerre froide.

 

La BD au salon du livre de Creil

Si avec les Rendez-vous de la Bande dessinée d’Amiens, la Picardie compte un salon majeur du 9e art, d’autres villes de la région font rayonner le genre. De Saint-Quentin à Creil.

La cité du sud de l’Oise organise ainsi du 18 au 24 novembre  son 24e salon du livre et de la bande dessinée (sur le thème des « Mythes et légendes »).

Dans ce dernier registre, on note la présence annoncée d’une grosse vingtaine d’auteurs, parmi lesquels Thierry Ségur (des inoubliables Légendes des contrées oubliées), Tito (la série Tendre banlieue), Turf (et sa Nef des fous), le jeune et talentueux dessinateur du Banni Stacy Tarumbana ou… Uderzo. Non pas Albert, papa d’Astérix, mais son frère Marcel Uderzo (qui compte une trentaine d’albums à son actif) !

Les auteurs de la région seront aussi bien sûr présents, comme Alex-Imé (qui viendra aves ses Contes inuits en BD), Damien Cuvillier (pour sa récente Guerre secrète de l’Espace, déjà évoquée ici) ou le scénariste Régis Hautière (De Briques et de Sang). Et autre présence picarde lors de la manifestation, l’expo « Petite souris, grosse bêtise », réalisée par l’association On a marché sur la bulle autour de l’album du même nom de Dauvillier et Kokor sera visible jusqu’au 27 novembre.