L’art de la communication politique, com’ de bien entendu

La petite bédéthèque des savoirs : la communication politique, Christian Delporte (scénario), Terreur Graphique (dessin). Editions du Lombard

Si la préface – toujours pleine d’intelligence de David Vandermeulen – se place sous l’égide de Montaigne, Klemperer, Karl Krauss ou George Orwell, c’est avec Joseph Napolitan que débute ce récit illustré sur l’histoire de la communication politique, par l’historien spécialiste des médias Christian Delporte et du dessinateur Terreur Graphique.  En 1956, ce jeune journaliste américain « invente » la profession de consultant en communication politique. Premier succès pour lui dès l’année suivante ou il conseille un candidat donné perdant à la mairie de Springfield… qui l’emporte. Début d’une carrière de « gourou de la com » qui le verra avec Kennedy comme avec Giscard en 1974. Il avait compris une chose essentielle, souligne Christian Delporte : « la politique, c’est d’abord une affaire d’imaginaire« …

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Quand « Charlie Hebdo » fait dans l’humour belge

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La une de « Charlie hebdo » de ce mercredi 30 mars…

Ainsi donc, une nouvelle fois, la une de Charlie hebdo aurait fait « polémique » cette semaine et suscité son lot de commentaires outrés sur les réseaux sociaux. Pas de petit garçon syrien mal (ré)interprété cette fois, ni de dénonciation anticléricale, mais un dessin de Riss sur les attentats du 22 mars à Bruxelles, à la finesse et à la pertinence, certes, toute relative.

Que Charlie hebdo manque parfois d’inspiration, que son équipe ait du mal à se reconstruire (dans tous les sens du terme) depuis un an, que sa ligne éditoriale verse de plus en plus ouvertement – et régulièrement – dans l’anti-islamisme (mais bon, non sans quelques raisons aussi) apparaît de plus en plus indéniable.
Mais il faudrait, une fois pour toute, accepter que si c’est la liberté de chacun de ne plus l’acheter ou de ne plus « être Charlie », c’est aussi celle de l’hebdo d’avoir le traitement qu’il entend. Et ne pas oublier que la raison d’être d’un journal satirique, c’est de rire de tout (le problème venant, sans doute, que désormais, tout le monde le lit ou au moins le voit).
Et comme le rappelle bien le Figaro (comme quoi…) sur son site, ce n’est pas d’aujourd’hui que Charlie hebdo est un journal « bête et méchant »…

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Fluide glacial se lance dans le Trafik en séries

trafikLe F.I.S.T.,
Terreur graphique (dessin), Jorge Bernstein (scénario).
Ed. Fluide glacial,
48 pages, 8 euros.

Vaudevilles,
Nicolas Pinet.
Ed. Fluide glacial,
48 pages, 8 euros.

Les caniveaux de la gloire, Pixel vengeur (dessin), Monsieur le Chien (scénario). Ed. Fluide glacial, 64 pages, 8 euros.

L’une de ces séries, au moins, ne sera pas inconnue des lecteurs du Courrier picard. Mais en cette mi-septembre, c’est la totalité de la première vague d’albums « Trafik » qui arrive. Cette nouvelle collection, sous couverture souple et à prix modique, ambitionne d’être « le repaire de la génération montante des auteurs les plus barrés« , qui repousseront « sans cesse les limites de l’umour et de la bandessinée« , sans « aucune autocensure, pas de limites, ni de politiquement correct ».
Une « totale liberté de ton » qui s’incarne déjà dans le mini-site dédié, où les auteurs (Jorge Bernstein, Terreur Graphique, Monsieur le Chien, Pixel Vengeur et Nicolas Pinet) posent dans au look oscillant entre la mafia albanaise et la milice séparatiste du Donbass.

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Triple A mérité pour la revue Aaarg !

Aaarg ! Une revue venue du sud qui fait la part belle à la bande dessinée alternative et indépendante. Une vraie réussite chic et choc.

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Les bonnes feuilles continuent de tomber en cet automne. On a déjà dit ici tout le bien qu’il fallait penser de La Revue dessinée (qui, entre deux numéros, propose des dessins d’actu bien percutants sur son site). Et, avant, salué le courageux et sympathique M.Bd. Dans un autre genre, Aaarg ! est une tout aussi bonne et belle surprise en matière de projets de presse BD.

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La Revue affiche ses bons desseins

Sortie, ce jour, de la Revue dessinée. Un premier « mook » en BD et une belle nouveauté à découvrir, sur la forme comme sur le fond. 230 pages pour 15 euros, ça le vaut bien. Analyse détaillée.

Le dessin (superbe et panoramique) de la couverture, signé Gipi.

L’excellente revue de grands reportagesXXI avait relancé la mode du BD-reportage, en lui redonnant toute sa noblesse et en lui accordant une place régulière. La Revue dessinée, elle, poursuit le mouvement et renverse la perspective : ici, tous les sujets sont traités sous forme de récits graphiques. Avec une réussite incontestable.

« Les auteurs se réjouissaient d’utiliser autrement le langage de la BD. Les journalistes aussi, d’autant qu’il n’est pas évident pour eux de diffuser certaines enquêtes », explique le scénariste Olivier Jouvray, cofondateur de cette revue basée à Lyon. L’idée a germé à l’automne 2011 lorsque Franck Bourgeron, venu de l’animation et de la bande dessinée, a imaginé un magazine de BD « du réel ». Désormais, il existe, depuis ce jeudi 12 septembre en librairies.

Mordre l’actu à pleines dents

Un premier numéro déjà collector.

La couverture ne fait pas dans le marketing, mais la tête avec le crayon dans la bouche indique la couleur : il s’agira bien de mordre l’actu et le monde a pleines dents. Une déclaration d’intention qui se confirme dans le contenu de ce premier numéro éclectique et varié, alternant longs reportages et chroniques thématiques (économie, musique, sports ou informatique !).

Jean-Philippe Stassen fait vivre, de façon très colorée, un bout d’Afrique dans un quartier de Bruxelles, dévoilant ainsi les tensions entre Congolais et Rwandais expatriés ; le dessinateur Sébastien Vassant s’associe à deux jeunes diplômés de l’Ecole de journalisme de Lille pour une enquête passionnante (et de data-journalisme) sur les dessous de l’agriculture dans le Nord – Pas-de-Calais. Autre dossier de poids, celui du journaliste d’investigation Sylvain Lapoix et du dessinateur Daniel Blancou sur les pionniers du gaz de schiste (deux autres volets suivront dans les prochains numéros).

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