Gipar fait un petit tour en Somme

Les aventures de Jacques Gipar, tome 4 : la femme du notaire, Thierry Dubois, Jean-Luc Delvaux, éditions Paquet, 48 pages, 

Il est suffisament rare que la Somme soit choisi comme cadre d’un album pour qu’on porte attention à ce nouvel épisode des aventures de Jacques Gipar, le journaliste enquêteur de Dubois et Delvaux. Cette fois, le reporter aux faux airs de Gil Jourdan se retrouve donc en Picardie après l’assassinat d’un représentant de commerce à Albert, amant présumé de la femme du notaire (du titre) de Château-Vieux, petite ville du coin – fictive, située entre la Haute-Somme et Doullens. Un premier meurtre qui en appelle d’autres… En délicatesse avec la police, Gipar trouvera de l’aide chez un journaliste localier de la Dépêche picarde et un appui auprès de la bonne de la femme du notaire.

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Les orphelins dans la guerre

La Guerre des lulus, tome 1 : la maison des enfants trouvés, Régis Hautière, Hardoc. Casterman, 56 pages, 12,95 €

En cet été 1914, les Lulus (Lucas, Lucien, Luigi et Ludwig) sont orphelins. Leur foyer est  l’orphelinat de l’abbaye de Valencourt, en Picardie. Un havre de paix qui ne leur fait pas oublier leur condition. Comme beaucoup de gamins d’une dizaine d’années, ils aiment s’évader de cet asile et, si leurs escapades font tourner les bons pères en bourriques, ce n’est jamais méchant.  Un jour alors qu’ils s’étaient réfugiés dans leur cabane dans les bois, l’abbaye, le village même sont évacués. L’ennemi est tout proche ! De retour au bercail, le nid est vide. C’est la liberté, la vraie, celle des adultes… mais bien vite les Lulus se rendent compte que tout n’est pas rose et les Allemands occupent l’abbaye. Ils vont apprendre à se débrouiller seuls…

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Les fans de Guarnido étaient
au rendez-vous à Péronne

La Picardie est sous la neige, mais ce samedi, les fans ont bravé les intempéries pour retrouver Juanjo Guarnido au Salon du livre et de la BD de Péronne.

Copyright: Benjamin Merieau / Courrier picard

Juanjo Guarnido en dédicaces, samedi après-midi à Péronne

Reportage, de mon confrère Benjamin Merieau, à lire ce dimanche dans le Courrier picard (édition Somme).

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Une Somme d’albums en vue

Les auteurs locaux – disons de la Somme – sont productifs en ce moment.

Une vignette du tome 3 de Dog Fights, de Fraco (dessin) et Régis Hautière.

Après Pidmer, de Greg Blondin (qui participe aussi en ce moment à un travail avec des scolaires d’Havernas, dans la Somme) et Francis Laboutique, sorti voilà deux mois, Sur les bords du monde d’Olivier Frasier, paru la semaine passée et La guerre secrète de l’espace, tome 2, de Damien Cuvillier et Régis Hautière qui vient juste de les rejoindre dans les bacs (et sur lequel nous reviendrons très prochainement, plus en détail, avec son dessinateur, Damien Cuvillier), c’est un autre décollage qui se prépare, celui du troisième tome de Dog Fights, de Fraco et toujours Hautière au scénario. Les dernières planches seront transmises à l’éditeur cet été. Ce qui laisse augurer d’une sortie à la rentrée ou avant Noël (avec peut-être dans ce cas, le coffret des trois ?).

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Le canard fait des bulles aujourd’hui encore

La bande dessinée continue d’être à l’honneur en ce vendredi 1er juin, dans le Courrier picard.

Avec, dans notre cahier Week-end, toutes éditions, un entretien avec Martin Vidberg, autour de son « actu en patates. Une interview d’Olivier Frasier pour la sortie de son album Sur les bords du monde aux éditions Grand Angle / Bamboo (l’entretien intégral, à lire ici), et aussi, dans notre édition Haute-Somme, un joli portrait de Hardoc.
Trois auteurs que l’on retrouvera, ce week-end, aux 17es Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens.

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Derniers souvenirs de Paul Gillon

Paul Gillon est décédé ce week-end à Amiens, à l’âge de 85 ans. Il vivait, discrètement, depuis une trentaine d’années à Ignaucourt, dans la Somme.

C’était à la fin du mois de février 2010. La neige blanchissait la région d’Amiens et c’est avec un peu d’appréhension que j’avais pris la route pour Ignaucourt, petit village en pleine campagne, à  20 minutes à l’est d’Amiens.

C’était là que vivait, depuis trente ans Paul Gillon, l’un des grands noms de la bande dessinée française, maître du style réaliste, qu’il adaptait avec talent à tous les univers (comme le rappelle, avec son habituelle culture encyclopédique Didier Pasamonik dans un post détaillé). Il s’agissait de réaliser avec lui une double page – visible ici - de portrait en situation, posant une personnalité en lien avec son territoire en Picardie. 

Bien que  souffrant d’arthrose, qui lui rendait la vie – et le dessin – difficiles, l’auteur des Naufragés du temps avait été d’une parfaite délicatesse, hôte attentionné et prévenant, tout comme sa compagne qui l’accompagnait discrètement. Il avait accordé plus de deux heures de son temps au journaliste et au photographe du Courrier picard, se prêtant de bonnes grâces à la séance photo, se souvenant avec précision – et avec une légitime fierté – de son parcours.  Et seules les pauses qu’il s’accordait au cours du récit rappelait les difficultés physiques qu’il endurait. Malgré celles-ci, il nous avait aussi fait visiter son atelier, réaménagé sous les combles, au troisième étage de cette grande bâtisse en briques, un étage colonisé par ses oeuvres et ses archives, soigneusement classées.

Au-delà de la présence de ses albums, il me laissera le souvenir d’un grand monsieur.

copyright Fred Haslin / courrier picard

Le maître à l'oeuvre (photo Fred Haslin / courrier picard)

copyright Fred Haslin / courrier picard
Paul Gillon dans son atelier d’Ignaucourt (photo Fred Haslin / Courrier picard)
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Dessins censurés : une référence internationale…

L’affaire des « dessins érotiques censurés » de la Somme devient – déjà – une (contre) référence pour l’analyse universitaire. Démonstration ce 28 octobre en Belgique.

Visuel de l'exposition "Pour rire" actuellement accrochée au musée de Namur, en Belgique.

Finalement, Janine Kotwica, commissaire de l’expo des « dessins érotiques censurés » va remercier le président du conseil général de la Somme d’avoir interdit son accrochage à la bibliothèque départementale, en mai dernier. Et aussi le prendre comme attaché de presse, car on  n’aura rarement vu une telle efficacité dans la communication (gratuite qui plus est) autour d’une exposition de dessins… Désormais visible - jusqu’au 5 novembre à l’ordre des avocats d’Amiens, l’expo a déjà obtenu une audience totalement inespérée.

Et voilà que madame Kotwica, résidant dans le sud de l’Oise, est invitée à venir raconter ses mésaventures picardes à Namur, en Belgique, le 28 octobre. Dans le cadre d’une «journée autour de la censure» et du politiquement correct organisée par le Centre culturel régional de Namur.

Cette fois, en on passe à la reconnaissance institutionnelle et universitaire de « l’affaire amienoise » comme objet de recherche scientifique.

Politiquement incorrect

Ajoutons que cela permet aussi de faire connaître, au public picard, l’existence de cette apparemment belle exposition consacrée à des « tendres caricatures du XIXe siècle » de Daumier, Gavarni et Rops.

"Pornokratès" © Musée provincial Félicien Rops, Namur, dépôt de la Communauté française de Belgique

Occasion, aussi, de jeter un oeil sur le fonds des oeuvres du musée Félicien Rops de Namur, dont un tableau  intitulé… horreur, « Pornokratès » ! une image « pornocrate » qui met en scène une femme nue, les yeux bandés et tenant en laisse un cochon… (et qui fut, jadis, exposé dans le cadre de l’exposition sur le  cochon à Saint-Riquier). On n’ose imaginer les interprétations sadiennes, masochistes voire zoophiles que certains pourraient faire d’une telle oeuvre.

On imagine le scandale que pourrait produire une telle oeuvre dans une ville moyenne française dans notre contexte de frilosité actuelle. Et ce d’autant que ce tableau est exposé, en parfaite inconscience, dans une institution publique  (le musée est propriété de la province de Namure) qui pousse la provocation à être, non seulement ouvert aux enfants mais en plus gratuit pour les moins de 12 ans !

Le mieux est encore, pour toute cette affaire de s’en tenir au titre de l’exposition. Et d’y voir une histoire « pour rire ».

au titre bien choisi : Pour rire !

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La censure revient par la bande

C’est ce jeudi 14 octobre que l’on pourra – enfin – voir les dessins érotiques des illustrateurs de jeunesse censurés par le conseil général de la Somme. Plus quelques autres à la Briquetterie, axés sur la censure. Qui revient décidement dans l’air du temps.

« Pour adultes seulement« , la désormais si fameuse expo de dessins coquins d’illustrateurs de jeunesse organisée par l’Isarienne Janine Kotwika, à qui le conseil général de la Somme a fait une pub incroyable en l’interdisant avant l’été, se découvrira (si l’on peut dire…) dès ce soir au siège du conseil de l’ordre des avocats d’Amiens. Avec sans doute pas mal de monde pour regarder de visu l’objet du scandale… ou pas, concernant ces dessins surtout amusants ou poétiques, dus à des auteurs aussi renommés et reconnus dans leur domaine que Tomi Ungerer ou Nicole Claveloux – pour ne citer qu’eux.

On comptera peut-être même parmi les visiteurs Christian Manable, le « censeur » qui a annoncé sa venue…  Un président qui, côté pub, a encore eu droit à un paragraphe vachard de Delfeil de Ton dans le Nouvel Observateur de la semaine dernière…

L'affiche de l'expo "Anastasie" inaugurée ce 14 octobre par la Briquetterie d'Amiens

Ce même 14 octobre, on pourra voir à Amiens une autre expo consacrée à « Anastasie », à la Briquetterie cette fois. Avec des oeuvres semble-t-il plus « osées »… Et une affiche due à Léo Kouper, qui avait aussi réalisé celle de « Pour adultes… »

Le sujet est, en tout cas, d’actualité en cette rentrée. Les déboires de Larry Clark à Paris ont remis un gros coup de projecteur sur la question et celle de l’attitude pubidonde (ou frileuse) de quelques élus socialistes.

Quand les  socialistes rosissent devant « l’érotisme »

A Amiens, c’était donc une expo de dessins interdite de bibliothèque départementale ; à Paris, c’est une expo du photographe et cinéaste Larry Clarke, sur les ados qui est interdite au moins de 18 ans. Dans les deux cas, ce sont des élus socialistes – président du conseil général ici, maire de Paris, là – qui ont pris l’initiative d’une telle mesure. Avant même toute protestation. Par peur d’un procès ou du harcèlement de quelque groupuscule d’intégristes. Et au risque de se voir, comme dans la Somme, félicités par le Front national…

Il fut un temps où, à gauche, on se serait plutôt battu pour la liberté d’expression.

Et tout récemment, on en revient à la bande dessinée, avec cette autre censure – étonnante – révélée lundi par Yves-Marie Labé dans le Monde : Reiser interdit aux mineurs non accompagnés au festival de Saint-Malo ! Pour le coup, la mairie (UMP) n’y est pour rien. Cette fois, c’est l’organisateur du festival lui-même qui a pris la décision. Déjà un effet de la « jurisprudence Larry Clark » ? Cela augure mal de la suite. Les temps changent et le fond de l’air effraie. On se dépêchera de relire Manara ou La Survivante du Picard Paul Gillon avant qu’ils ne soient placés à l’index.

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Riff Reb’s pas du tout à côté de la plaque

L’auteur havrais Riff Reb’s s’est lancé dans une activité inédite : la réalisation d’une plaque émaillée sur Pierre Mac Orlan, destinée à venir orner la salle de spectacles du même nom de Péronne. Photo Daniel Muraz

L’auteur de Myrtil  Fauvette ou Glam et Comet continue un petit bout de chemin avec Pierre Mac Orlan. Après sa superbe adaptation d’A bord de l’étoile matutine, chez Futuropolis, le dessinateur normand a été sollicité par Péronne pour faire… une plaque destinée à orner la salle de la ville de Haute Somme portant le nom de l’écrivain natif du coin.

Un travail inédit pour lui, qui a eu carte blanche pour la réalisation. Il s’est finalement orienté vers la création d’une plaque émaillée, dont la production a été confiée à l’Emaillerie belge, un des grands noms en la matière.

Côté création, Riff Reb’s est resté dans le style graphique de son album, y insérant aux côtés de l’écrivain ses personnages emblématiques, comme il l’a confié au Courrier picard.

Le dévoilement de l’oeuvre est prévue pour ce samedi 26 juin. Et dans la foulée, le même soir, le dessinateur se lancera dans l’illustration en direct du concert de Thomas Fersen, toujours dans le cadre de l’hommage péronnais à Mac Orlan.

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Le FN s’en prend à “La Nostalgie de Dieu” primé par les lycéens picards

Le FN se découvre un nouveau cheval de bataille : la lutte contre une BD anticatholique (et belge de surcroît)

Décidément, Walleyrand de Saint-Just, responsable du Front national de la Somme, vit un vrai martyre en ce moment.

Contraint qu’il est de plonger le regard dans des images qui ne peuvent que légitimement le choquer profondément (car on n’oserai croire qu’une aussi respectacle personnalité se permettrait de juger des dessins ou des bandes dessinées, et de donner des avis péremptoires, sans les avoir lu…).

Bref, à peine s’était-il remis des dessins « censurés » par le conseil général de la Somme (afin de pouvoir apporter son soutien, éclairé, à la décision de Christian Manable, président socialiste du Département) qu’il vient de découvrir (dans le Courrier picard d’hier, manifestement)  tout aussi horrifié l’album de Marc Dubuisson, La nostalgie de Dieu. Né d’un blog du Belge Marc Dubuisson, cet amusant dialogue, dans un style minimaliste, reproduit un dialogue, drôle et corrosif entre un dépressif suicidaire et … Dieu. Et cet album vient d’être primé par les lycéens picards, dans le cadre du traditionnel concours du Meilleur premier album, décerné pour les Rendez-vous de la Bande dessinée d’Amiens.

Hier, c’est donc un communiqué tout en mesure que le responsable d’extrême droite a pondu à l’encontre du pauvre Marc Dubuisson – qui n’en demandait sans doute pas tant et de l’association On a marché sur la bulle.

regrettant qu’une « association ait été autorisée à faire voter les lycéens picards à propos d’albums de bande dessinée » – c’est vrai quoi, ils n’ont pas autre chose à faire ? Et puis, cela ne fait, il est vrai qu’une dizaine d’année que le concours existe – Walleyrand de Saint-Just (par ailleurs avocat de Jean-Marie Le Pen) se lance dans la critique affûtée de bandes dessinées.

Il pointe un album « violemment anticatholique et particulièrement vulgaire sur le Pape, la Vierge, Jeanne d’Arc« , stigmatise un ouvrage « provocateur à la haine contre les chrétiens » et « résultat des troubles de M.Dubuisson » et, comme on n’en doutait pas, assure que la prochaine fois, les élus du FN au Conseil régional s’opposeront violemment au renouvellement de cette « opération nauséabonde« .

On espère que le leader dans la Somme du FN n’aura pas encore à se plonger dans des oeuvres impies dans les prochains jours. Il va y risquer sa santé…

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