Maria de tous les seins… Pin up and down

Star fuckers, tome 1: la belle et les bêtes, Alcante et Gihef (scénario), Dylan Teague (dessin). Editions Kennes, 48 pages, 14,95 euros.

Maria Furia est une jeune et jolie « dos mouillé », ces immigrés mexicains clandestins qui franchissent à la nage le Rio Grande pour tenter leur chance et chercher une meilleure vie aux Etats-Unis. Quelques mois plus tard, le conte de fée de la jeune femme est sur le point d’être atteint. Ou presque.

Loin de son rêve fantasmatique d’être épousée par le brillant acteur Hugh Gates, Maria a échoué dans un club de strip-tease qui lui assure une survie passablement glauque. Elle finira par rencontrer le bel acteur hollywoodien, mais pas franchement comme elle l’espérait. Aidée par un ex-paparazzi vitriolé, elle commencera à nourrir sa vengeance et à entamer sa montée vers les étoiles…

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Wolinski, l’amour plus fort que la mort

fou d'amour_wolinski_couvFou d’amour, Georges Wolinski, préface Maryse Wolinski. Editions Le Cherche-Midi, 112 pages, 11,99 euros.

Un vrai livre pour la Saint-Valentin ! Rendu plus émouvant par les circonstances de sa création. C’est en effet en hommage à son mari, assassiné avec ses camarades de Charlie hebdo, que Maryse Wolinski s’est replongée dans les carnets de de croquis de Georges Wolinski.

Elle a aussi compilé tous ces « petits mots en forme de poème », abandonnés sur un guéridon, un mur, un miroir, une porte qu’il lui écrivait. A l’image de celui-ci, placé en exergue de la préface:

  • « Il y a de l’argent dans le Filofax
    Il y a plein d’amour
    Derrière la poche poitrine
    De ma veste en tweed.
    Je pars mais le goût
    De tes lèvres me suit
    Je suis l’homme de ta vie »

De tout cela est né ce petit livre, fait d’oeuvres pour la plupart inédites, dessins encrés ou simples crayonnés, croquis et poésie libre, tous tendus autour du même thème: l’amour. L’amour de Maryse et celui des femmes en général…

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La fesse cachée d’Hollywood

Pornhollywood_couvPornHollywood, tome 1: Engrenages, Noël Simsolo (scénario), Dominique Hé (dessin). Editions Glénat, 48 pages, 13,90 euros.

Hollywood, l’usine à rêves, a aussi sa face cachée. Et même, dans ce début des années 30, sa fesse cachée. Cinéaste prometteur, dévasté par la mort accidentelle de sa femme et tétanisé par sa culpabilité, Jim Jewsky en est ainsi réduit à tourner des courts-métrages porno avec des sosies de vedettes de l’époque, des films qu’il revend aux bordels de Los Angeles. Activité glauque et peu glorieuse, qui devient franchement dangereuse lorsqu’il est contacté par un parrain de la mafia, Baldoni, pour un tournage très spécial. Début d’un terrible engrenage, pavé de meurtres, au milieu des mafieux, des flics véreux, des politiciens corrompus ou des actrices aux rêves délavés…

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Sex & violence et pulsions très humaines

501 SEX & VIOLENCE[BD].inddSex & violence, Jimmy Palmiotti, Justin Gray (scénario), Jimmy Broxton, Juan Santacruz, Romina Moranelli, Rafa Garres, Vanesa R. Del Rey (dessin). Editions Glénat Comics, 144 pages, 15,50 euros.

Cinq histoires et autant de drames avec leur dose d’ultra-violence ponctuée de quelques vignettes suggestivement érotiques: Un grand-père, dévasté par la vision d’un snuff movies mettant en scène sa petite-fille, s’engage sur le chemin d’une vengeance terrible qui le mènera à Portland. Aidée par une jeune prostituée, il révélera alors  sa vraie nature… Autre ambiance, à New York, avec une femme-flic voyeuriste et « en pleine tempête » qui devient progressivement fascinée par les agissements de ses deux voisines de l’immeuble d’en face. Toujours aux Etats-Unis, mais dans un middle west déshérité, Daddy Issues confronte un homme à une mère et sa fille, aux attitudes plus qu’équivoques.

Les deux derniers récits ont plus d’ampleur. Le premier ramène à l’URSS de 1941 et à l’histoire stupéfiante d’une unité de l’armée rouge chargée de former des chiens kamikazes. Enfin, Filter, la dernière histoire conte la réflexion d’un assassin, revenant sur les pulsions meurtrières de sa jeunesse qui ont façonné sa vie, mais au final plutôt à son avantage au regard de la loi…

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Zep dans le sexe à corps perdus

501 ESMERA[BD].inddEsmera, Zep (scénario), Vince (dessin). Editions Glénat, 24 euros.

A la rentrée dernière, avec Une histoire d’hommes, Zep avait déjà étonné en s’inscrivant dans un registre plus adulte et nostalgique. Avec Esmera (et l’apport de Vince au dessin), le papa de Titeuf surprend dans le registre cette fois ouvertement « pour adultes« . Avec un album érotique, voire pornographique (si l’on considère la distinction de la première à la deuxième notion à la vision détaillée des organes génitaux).
L’entrée en matière, sans préalables, est de fait raide: dans une ruelle de Rome, de nos jours, une toute jeune femme alpague un prêtre en soutane pour qu’il lui fasse un cunnilingus avant de lui rendre la pareille avec une généreuse fellation. A sa fenêtre, une femme observe la scène. Celle-ci, Esmera, dans un long flash-back va alors se remémorer sa singulière vie amoureuse « plurielle ». Dans son pensionnat de jeunes filles, son premier orgasme avec une copine va en effet lui révéler sa « monstruosité », qui la fait changer de sexe à chaque fois qu’elle jouit !
A travers sa vie sentimentale – ou plutôt sexuelle – c’est aussi tout le dernier demi-siècle qui est passé en revue : la libération sexuelle et politique de la fin des années 60, jusqu’aux dérives droguées d’Ibiza dans les 70′, puis l’arrivée des années Sida (éludées ici). C’est aussi la solitude de l’héroïne qui transparaît. Après avoir tenté de faire partager sa particularité à son premier grand amour, elle se réfugie dans les rencontres d’un soir. Même un essai de vie en couple, « à trois » échouera…

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Erotisme: le gothique revu et magnifié par Crepax

Dr Jekyll_couvDr. Jekyll et Mr. Hyde d’après Robert L.Stevenson (suivi de Le Tour d’écrou d’après Henry James, Les trois enquêtes du chevalier Dupin d’après Edgar Allan Poe, Histoire de ma vie de Giacomo Casanova), Guido Crepax. Actes Sud BD, 208 pages, 26,80 euros.

Après Comte Dracula / Frankenstein, Actes Sud BD poursuit sa réédition des adaptations littéraires réalisées par Guido Crepax. Une sortie qui se double, de la parution de Valentina 1: biographie d’un personnage de Delphine Gachet, sur l’héroïne emblématique du grand maître italien de l’érotisme et d’une nouvelle exposition, à la galerie Champaka à Paris, venant célébrer le 50e anniversaire de ce personnage emblématique de la BD, née donc en 1965 sous la plume de Crepax.

Ce nouveau volumineux volume réunit donc cinq grands classiques du roman gothique (dont les trois nouvelles de Poe Le double assassinat de la rue Morgue, le mystère de la rue Roget et La lettre volée), auquel s’ajoute une biographie de Casanova…

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Cachez ce sexe que je ne saurais voir…

zizisexuel_pétition Tartuffe pas mort ! On l’apprend par Aujourd’hui en France / Le Parisien de ce lundi. « Zizi sexuel l’expo », relancée à la Cité des Sciences, suscite la colère de l’association SOS Education. Cette officine néo-droitière qui s’affiche « pour une éducation efficace » s’offusque que les élèves – déjà en déficit de savoirs fondamentaux, selon elle, aillent perdre une après-midi « pour leur faire appuyer sur une pédale permettant de dresser un « zizi piquet » qui éjacule, ou leur enseigner la masturbation« .

zizi_sexuel_expoUne pétition en ligne rassemble déjà plus de 36000 signatures, demandant que les familles puissent s’opposer à une éventuelle sortie scolaire. En 2007, une autre pétition n’avait recueilli que quelque 8000 signatures. On voit l’évolution des moeurs…

 

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Le sexe par la bande

9791020400956sexeetbd2014.jpg_630_820_1Beaux Arts remet le couvert. Deux ans et demi après un premier hors série, le magazine creuse de nouveau le sujet « Sexe & BD ». Avec l’objectif de s’intéresser à « une bande dessinée dont l’érotisme est de plus en plus cérébral » et d’évoquer les « territoires moins convenus mais pas moins troublants » du genre, comme l’évoque Thierry Taittinger dans l’éditorial.

En 144 pages, mix équilibré de planches et d’articles, ce numéro ne fait bien sûr que survoler son sujet. Mais il pose quelques jalons, avec des évocations d’Horacio Altuna, Liberatore, Crepax, le picard d’adoption Paul Gillon, le dessinateur hyperréaliste de Lui Aslan, ou Serpieri et son égérie Druuna (qui fait la couverture du numéro… et dont on apprend la source d’inspiration réelle). Plus un intéressant entretien avec Milo Manara.
Dans une seconde partie, Beaux Arts propose quelques sujets plus thématiques sur le « come-back des pin-up », les procès en justice intentés à des BD ou les héroïnes libérées et libératrices des « sexties » telles Barbarella de Forest ou Pravda de Pellaert.
En conclusion, on notera le joli petit texte de Camille Emmanuelle, blogueuse et journaliste spécialisée dans la culture érotique, qui conte son « éducation sensuelle » de jeune provinciale studieuse grâce aux albums de Manara. Un hommage à une éducation au plaisir qui pourrait servir de fil conducteur aux auteurs évoqués dans ce hors série.

Côté planches, on retrouve des histoires complètes d’Altuna, une évocation de Casanova par Guido Crepax, une Exhibition de Magnus, des extraits de Barbarella de Forest, Magenta de Nik Guerra, du récent La technique du périnée de Ruppert et Mulot et un inédit de Liberatore et Alain Chabat, Gigolo. Sans compter de nombreuses illustrations.

Rien de tout cela ne justifie vraiment le film plastique qui entoure le magazine ou le tampon « pour public averti » qui barre le bas de la couv’ (et une partie de la fesse de Druuna…), mais l’ensemble est de bonne tenue

Un petit plaisir

Confessions d’un canard sex-toy, tome 1: préliminaires, Milly Chantilly, Mickael Roux, Arnaud Poitevin. éditions Ankama, 48 pages, 11,90 euros.

Etre un canard sex-toy, ce n’est pas forcément une vie de rêve. Pour Sigmund, qui se rêverait plutôt canard sauvage, c’est même plutôt une existence pleine de névroses, placée sous la menace des pulsions de sa jolie propriétaire ou du chat de la maison, qu’il raconte à son amie Elise, la petite vache-jouet de bain…

Pour son premier album de BD, Milly Chantilly (présentée comme étant le pseudo d’une jeune femme oeuvrant dans la com’), aidée par Mickael Roux, n’a pas forcément choisi un sujet facile, facile.

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L’amour de A à Z, triste abécédaire

La dernière femme, Charles Masson, édition Casterman (coll.Ecritures), 176 pages, 14 euros.

L’amour propre ne le reste jamais très longtemps avait déjà constaté Martin Veyron dans un de ses albums culte. Ce pourrait être aussi la morale de ce nouveau roman graphique de Charles Masson, autant s’agissant des sentiments que de l’estime que peut susciter le héros, Albert, qui va profiter d’un trajet entre l’Allemagne – où il vient de larguer sa dernière copine en empruntant la Jaguar qu’il lui avait offert – et Lyon pour conter son attristant parcours sentimental à Al, un étrange jeune auto-stoppeur. Un parcours sentimental lui aussi bien particulier, puisque Albert – la cinquantaine, comptable et encarté à l’UMP – a décidé que sa vie amoureuse suivrait une ligne logique… et alphabétique.

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