Infinity 8 prend du volume

Infinity 8, Lewis Trondheim, Zep (scénario). Editions Rue de Sèvres, 96 pages. 17 euros. Parution le 25 janvier.
Tome 1: Romance et macchabées, Dominique Bertail (dessin)
Tome 2: Retour vers le Fuhrer, Olivier Vatine (dessin).

Trois mois après leur parution en 6 fascicules souples, les deux premiers « reboots » de l’Infinity 8 paraissent en albums complets, tout en conservant un format proches du comics.
Réunis en histoires complètes, les récits n’ont pas changé. Le vaisseau intergalactique Inifinity 8 se voit immobilisé par un immense amas d’artefacts, une nécropole stellaire qui lui bloque le passage. Pour en savoir plus, le capitaine du vaisseau, qui a la capacité de pouvoir explorer l’avenir à travers huit boucles temporelles successives déclenche la procédure. La première mission va confronter l’agent Yoko Keren à des nécrophages aux pulsions dangereuses. La seconde mission, confiée à l’agent Stella Moonkicker est encore plus folle, avec la réapparition de la tête d’Hitler et sa volonté de réaliser, une fois de plus un nouveau reich…

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Un an dans le Château des Etoiles en attendant le départ vers Mars

Le château des étoiles: une année dans le Château des étoiles, Alex Alice. Coffret, 25 euros.

Lancé voila bientôt trois ans, le Château d’Alex Alice n’a pas fini de faire briller des étoiles dans les yeux de ses nombreux lecteurs.
La première expédition dans l’éther et jusqu’à la Lune s’est achevée. Mais avec la promesse d’un nouveau voyage encore plus fantastique, jusqu’à Mars cette fois. Celui-ci débutera en ce début 2017 par la parution, comme pour les deux précédents volumes, de trois « Gazettes », journaux grand format qui paraîtront respectivement le 11 janvier (épisode n°7), le 22 février (n°8) et le 15 mars (n°9). Avant la parution du troisième volume, réunissant les trois épisodes des gazettes.
Mais avant cela, donc, en cadeau « bonus », c’est un coffret assez magique qui a été proposé aux lecteurs, pour passer « une année dans le château des étoiles« …

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Yin et le dragon, la belle prise

yin-et-le-dragon_couvYin et le dragon, tome 1: Créatures célestes, Richard Marazano (scénario), Xu Yao (dessin et couleurs). Éditions Rue de Sèvres, 60 pages, 14 euros.

La pêche, c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais vraiment sur quoi on va tomber… Dans Yin et le dragon, Richard Marazano, auteur prolifique, nous le fait vérifier.

Son histoire nous mène en Chine, dans la banlieue de Shanghai, à l’été 1937, à la veille de l’invasion japonaise qui marquera le début de la seconde guerre sino-japonaise. On y suit Yin, jeune vendeuse de poissons (frais) que son grand-père Li pêche la veille, au large de la mer de Chine et parfois au péril de sa vie. Plutôt dégourdie sous son chapeau de paille conique et ses deux couettes tressées, Yin l’orpheline vit avec le vieux Li dans des conditions spartiates. Alors que son grand-père refuse encore et toujours de l’emmener pêcher, elle décide, un soir, de braver l’interdit en embarquant en cachette à bord du bateau. Le vieil homme n’y voit que du feu.

Habitué à prendre des anguilles dans ses filets, il capture cette fois, involontairement, un tout autre animal : un dragon irradiant une lumière dorée. La prise légendaire se débat, blessant au passage le vieux pêcheur, avant finalement d’être mise K-O. par un obus tiré depuis un navire de guerre japonais se préparant à l’offensive. Aidé de l’intrépide Yin, Li parvient à ramener le dragon blessé sur la terre ferme où les militaires impériaux japonais ont débarqué pour imposer « une nouvelle ère » et « porter un coup d’arrêt à la dégénérescence des peuples d’Asie« . Une nouvelle réalité et de nouvelles épreuves à gérer pour le grand-père et sa petite-fille sachant qu’il faut cacher le dragon et satisfaire son appétit gargantuesque en dépit des restrictions imposées par les militaires japonais…

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Trondheim et Vatine vers l’Infinity et au-delà !

infinity-8_1_6-vraie_couvInfinity 8, comics 1,2,3: Romance et maccabées, Lewis Trondheim et Zep (scénario), Dominique Bertail (dessin) – octobre 2016 ; comics 4,5 : Retour vers le Führer, Lewis Trondheim (scénario), Olivier Vatine (dessin) – novembre 2016. Chaque fascicule : 36 pages, 3,50 euros.

Après le Château dans les étoiles et sa jolie prépublication sous forme de « gazette » fin XIXe siècle, voici Infinity 8 et ses comics façon « pulp », préfiguration des premiers albums à paraître en janvier de cette série-concept événement de 2017.
Mais avant d’en venir aux récits proprement dit, quelques mots s’imposent sur le concept, justement, de cet univers appelé à poursuivre son expansion sur huit albums, avec « 8 agents, 8 missions et 8 reboots temporels ».
On trouve aux commandes de ce space opera très spécial deux pilotes très expérimentés: Lewis Trondheim et Olivier Vatine. Chaque album est ensuite co-écrit avec un des scénaristes de l’infiniteam (Velhmann, Zep, Kris, Mourier, Emmanuel Guibert…) puis mis en image par un dessinateur différent (Killofer, Olivier Balez, Martin Trystram, Boulet…). Un casting qui laisse rêveur. Et ce n’est – presque – rien au vu des histoires qu’ils vont conter…

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L’ode à l’authenticité de Joan Sfar

tu-nas-rien-a-craindre-de-moi_sfar_couv2Tu n’as rien à craindre de moi, Joann Sfar, Rue de Sèvres, 104 pages, 18 euros.

Lui est peintre et écrivain, elle est étudiante. Coup de foudre. Il aime la peindre, elle s’amuse à être sa muse. Il l’appelle Mireille Darc. Elle prétend ne pas savoir de qui il s’agit. Elle est plus jeune que lui. Lui est obsédé par la plus belle chute de reins du cinéma français. Par son amoureuse aussi, mais peu à peu celle-ci se fatigue d’être systématiquement considérée comme un personnage et non comme une personne.
Elle se lasse d’être en représentation et de jouer un rôle. Même celui de la femme sublimée et magnifiée sur les toiles du maître. Elle essaye pourtant de se faire entendre mais il ne la comprend pas. Il est perdu dans le paraître. Il joue son rôle de peintre-écrivain et est enfermé à l’intérieur.
Elle le quitte. Il est anéanti. Il disparait à Cuba. Là-bas il se laisse aller, boit sans soif, parle avec son chat, traine sa tristesse comme une croix. Jusqu’au jour où… l’amour refait son apparition. Elle est belle, insoumise et ne se laisse pas enfermer dans un rôle qu’elle n’a pas choisi. Dans aucun rôle d’ailleurs. Elle est elle-même. En tout simplicité. « Si un jour je fais un livre sur elle, je mettrai son vrai nom. » C’est le dernier album de Joan Sfar…

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Juan Diaz Canales au fil de l’eau et au dessin aussi

au-fil-de-leau_couvAu fil de l’eau, Juan Diaz Canales. Editions Rue de Sèvres, 108 pages, 17 euros.

Scénariste à succès de la série Blacksad et « repreneur » de Corto Maltese, Juan Dias Canales revient dans l’actualité en cette rentrée de façon doublement surprenante: en auteur complet et avec un récit réaliste intimiste dans l’Espagne contemporaine.

A Madrid, comme partout ailleurs dans le pays, la crise a laissé des traces. Même les retraités doivent trouver des plans pour s’en sortir. Niceto, 80 ans bien tassés et ses vieux copains se sont fait vendeurs à la sauvette, au grand dam de son petit-fils Alvaro, policier, qui tente d’éviter que son propre père, médecin légiste, soit au courant des arrestations de l’aïeul. La situation se complique quand les amis de Niceto se mettent à mourir dans des conditions suspectes. Et c’est bientôt au tour de Niceto de disparaître. Parce qu’il en savait trop sur un secret devenant trop pesant pour lui ?

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Aliénor appuie sur le champignon

AlienorT2_Couv_v2.inddAliénor Mandragore, t.2 : Trompe-la-mort, Séverine Gauthier (scénario), Thomas Labourot (dessin). Editions Rue de Sèvres, 54 pages, 12 euros.

Changement de ton et d’ambiance pour ce deuxième tome des aventures de la fille de Merlin l’enchanteur. Moins burlesque et plus héroïc-fantasy.

Aliénor cherche toujours le moyen de ressusciter (et même de ré-ressusciter) Merlin, foudroyé par le cri d’un racine de mandragore. Et d’éloigner la présence de l’Ankou, cette incarnation de la mort venant avec sa charrette récupérer les défunts pour les emmener vers l’au-delà. D’autant que, mauvais signe prémonitoire, la jeune Aliénor voit désormais l’Ankou (présage d’une mort dans l’année). Aidée par le jeune Lancelot du Lac, l’apprenti chevalier recueilli par Viviane, la Dame du lac, et guidée par une prophétie de cette dernière, Aliénor va se rendre sur les monts d’Arrée, terre de l’Ankou. Elle aura à braver de nouveaux dangers et découvrira une fameuse épée, appelée à être figée dans le rocher. Et des champignons aux vertus magiques…

Toujours aussi dynamique et pleine de rebondissements, cette relecture fantaisiste et à destination des jeunes lecteurs du mythe arthurien. Cette fois, c’est Excalibur qui apparaît dans l’épisode. Mais aussi des références centrées sur les légendes bretonnes. Et le récit bifurque largement par rapport au tome 1. Morgane (nettement plus méchante et « classique » que chez Stéphane Fert et Simon Kansara) n’est visible qu’à la dernière planche et Merlin ne fait que quelques apparitions. L’essentiel de l’aventure tient de la quête, entravée par le réveil d’un dragon. De quoi déconcerter un peu. Ou pas d’ailleurs.

En complèment, l’album s’enrichit de quelques pages de « l’Echo de Brocéliande », avec test, échos et quelques infos plus pédagogiques sur certaines références bretonnes.

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Black sands, une île guère pacifique

black sands_couv_lightBlack sands, Unité 731, Tiburce Ogier (scénario), Mathieu Contis (dessin). Editions Rue de Sèvres, 112 pages, 18 euros.

Tiburce Ogier est de retour aux éditions Rue de Sèvres. Après l’ouest sauvage et onirique de Buffalo Runner, c’est une île guère plus pacifique qui sert de cadre à cette histoire surprenante, mixant récit de guerre, attaque de zombies et fait historique.

En cet été 1943, la guerre bat donc son plein entre Américains et Japonais dans le Pacifique. Une guerre sans merci doublée d’opérations spéciales comme celle qui fait l’objet du débarquement nocturne d’un petit commando sur une île au large de la Nouvelle-Guinée. Quelques jours plus tard, six rescapés du naufrage de leur destroyer s’échouent à leur tour sur cette île mystérieuse et très dangereuse. Car en plus des patrouilles japonaises, les hommes sont assaillis par zombies agressifs qui vont progressivement les décimer. L’un des rares survivants, le caporal Joseph Gregovitkz, découvrira alors le secret de l’île et une horreur encore plus grande. Et plus humaine…

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Corps à corps avec un tueur en plein état d’âme

Corps et âme_couvCorps et âme, Walter Hill et Matz (scénario), Jef (dessin). Editions Rue de Sèvres, 136 pages, 18 euros.

Le trio de Balles perdues, une des surprises BD de l’an passé, se reconstitue: avec le réalisateur et producteur Walter Hill au scénario original, Matz à son adaptation en BD et Jef au dessin pour une nouvelle histoire de gangsters. Contemporaine cette fois.

Frank Kitchen est un tueur en gages très professionnel et réputé. Discret, efficace et répondant à toutes les commandes avec la froideur voulue, même s’il s’agit de descendre un grand couturier en pleine Fashion Week à New York. Sollicité ensuite pour un nouveau contrat à San Fransisco, il va tomber dans un piège scabreux. Et se retrouver victime d’une vengeance d’un nouveau genre dont il aura bien du mal à se remettre. Et à se sortir…

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Tritons, amphibien qui commence bien

Tritons_couvTritons, tome 1: L’invasion des lezzarks sanguinaires, Doug Tennapel. Editions Rue de Sèvres, 192 pages, 12,50 euros.

Après Zita, la fille de l’espace, nouvelle série SF/fantastique jeunesse petit format chez Rue de Sèvres. Et nouvelle plongée dans un monde singulier.

Cette fois sur la planète des tritons. A Tritonville, dans laquelle on pénètre par une vue aérienne en pages d’ouverture, la vie suit son cours tranquillement. Gullimar le magicien travaille dans son laboratoire, sa femme s’occupe des enfants, Sissy la petite soeur et Zak, le grand frère. Mais celui-ci doit faire avec ses pattes atrophiées qui l’empêchent de quitter le milieu aquatique. Cette harmonie va être rompue violemment. D’abord par un monstre qui paraît tuer Gullimar, parti découvrir avec des chasseurs l’origine de mystérieuses traces luminescentes. Puis par l’arrivée d’une bande de Lezzarks sanguinaires à Tritonville, qui vont massacrer ou disperser les paisibles habitants. Zak parvient à s’enfuir, mais se retrouve séparé de sa famille. C’est le début d’une grande aventure, où il croisera des personnages légendaires (roi fantôme ou constellations céleste), retrouvera ses vraies jambes, avant de découvrir d’autres facettes inconnues de sa planète. Mais le danger plane toujours sur lui, car il semble bien être l’enjeu principal d’un combat qui le dépasse…

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