Le happening spatial de Kris et Martin Trystram

Infinity 8, tome 4: Guérilla symbolique, Lewis Trondheim et Kris (scénario), Martin Trystram (dessin). Editions Rue de Sèvres, 96 pages, 17 euros.

L’Infinity 8 arrive à mi-parcours du space opera cyclique conçu par Lewis Trondheim et Olivier Vatine. Le vaisseau spatial, lui, est toujours bloqué devant l’immense nécropole intergalactique « grande comme le système solaire » (avant que celui-ci ne soit détruit). Cette fois, c’est l’agent Patty Stardust, à la splendide coiffure afro, qui est convoquée par le capitaine de l’Infinity afin d’explorer l’amas galactique pendant une boucle temporelle de 8 heures. Et ce au risque de griller son travail d’infiltration auprès de la Guérilla symbolique. D’autant plus gênant que le gourou de ce groupe artistico-révolutionnaire, embarqué sur le vaisseau et suivi par tous les médias, est sur le point de créer un happening gigantesque impliquant le mausolée géant du « club des 27 » (Jim Morrison, Brian Jones, Kurt Cobain, etc.). Mais Patty devra aussi se débarrasser du collant Mister Moosh, journaliste auto-proclamé aux 87 millions de followers…

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Une grande victoire paternelle contre l’autisme

Les petites victoires, Yvon Roy. Edition Rue de Sèvres, 152 pages, 17 euros.

Marc a tout pour être heureux. Ce Québécois trentenaire est avec une femme qu’il aime, un métier passionnant (il est un dessinateur de bandes dessinées) et comble du bonheur vient d’être le papa d’un génial petit garçon, Olivier. Cependant ce tableau idyllique se fissure petit à petit. Observant un trouble du comportement chez leur enfant alors âgé de 3 ans, le couple décide de consulter. Le diagnostic tombe comme un couperet : leur fils est autiste !
C’est un coup de tonnerre dans la vie de Marc, qui d’abord s’enferme dans sa douleur et vient à se séparer de sa femme. Puis progressivement, il décide de redresser la tête pour tenter d’entrer dans celle mystérieuse et angoissée de son fils.  « Fiston, toi et moi, on va explorer » confie-t-il un jour à son fils… Commence alors  une longue et patiente exploration en terre inconnue.

Suivant son instinct, le père qui décide de se consacrer entièrement à son fils  tente de le sortir de sa forteresse mentale en expérimentant ses propres méthodes, parfois aux antipodes des conseils des spécialistes. A force de détermination et de courage, malgré les violentes crises de cette maladie mentale qui altère la communication, Marc et Olivier réussissent à nouer des liens extraordinaires,  déjouant tous les pronostics médicaux. Patiemment, ils engrangent des petites victoires au quotidien, en chassant les angoisses, à force de répétition : comme apprivoiser les petites poussières repoussantes dans l’eau du bain, bien regarder dans les yeux, goûter à une bonne partie de basket-hot dog ou encore pouvoir passer une nuit à la belle étoile sous une toile de tente ou aller pêcher en barque sur le lac…

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Le retour de Petit Vampire

Petit Vampire T.1 Le serment des pirates, Joann Sfar, éditions Rue de Sèvres, 64 pages, 13 euros.

Quand on a dix ans depuis 300 ans, on peut trouver le temps long… C’est ce que se dit Petit Vampire qui vit avec sa maman, la belle Pandora, au teint cadavérique, et son beau-papa en forme de squelette et surnommé le Capitaine des morts, dans une grande et belle villa du Cap d’Antibes. Malgré une bande d’amis tous aussi monstrueux les uns que les autres, des séances privées de ciné-club, exclusivement dédiées aux films de monstres (qui perdent toujours à la fin, pour le plus grand désespoir des spectateurs) et la fidèle amitié de son chien Fantomate, Petit Vampire a des envies d’ailleurs.  Et si dans le monde des vivants,  c’était plus rigolo que dans le monde des morts ? Ce gentil petit garçon aux dents longues apprendra à ses dépens que sortir de son univers protégé quoiqu’imparfait n’est pas sans danger pour lui et le siens…

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Gare au dragon qui s’éveille

Yin et le dragon, tome 2 : Les écailles d’or, Richard Marazano (scénario), Xu Yao (dessin et couleurs). Éditions Rue de Sèvres, 64 pages, 14 euros.

Petite fille intrépide et innocente, Yin est de retour dans le deuxième et avant-dernier tome d’une aventure envoutante et trépidante sur fond de guerre sino-japonaise et de légendes traditionnelles.
Après avoir été recueilli par la jeune fille et son grand-père pêcheur, Guang Xinshi le dragon d’or est quasiment devenu un membre de la famille, aidant même à la pêche quotidienne, au large de Shanghai. Et cela en pleine occupation japonaise et à la veille du déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale…

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Bolides à toute vitesse !

Streamliner, tome 1: Bye-bye Lisa Dora, ‘Fane, Edition Rue de Sèvres, 158 pages, 22,50 euros.

Des bolides vrombissant dans un désert à perte de vue, des aventuriers de la pire espèce et de jolies pépées… Streamliner, la nouvelle BD de ‘Fane – l’auteur de la fameuse série Joe Bar Team – va séduire les amateurs du genre : un western déjanté avec grosses bagnoles entre Mad Max et la Fureur de vivre.

L’action se déroule dans les années 1960 au cœur de l’Amérique, où une station-service Lisa Dora Station perdue dans le désert va devenir le lieu de rendez-vous du plus grand « Streamliner » du siècle, cette course automobile extrême où tous les coups sont permis.

Ce n’est peut-être pas un hasard si ce lieu improbable a été choisi par Billy Joe, baroudeur du désert, blouson et lunettes noires, toujours accompagné de sa  Winchester. En effet, le vieux pompiste Evel O’Neil qui vit seul dans ce trou paumé avec sa fille Cristal, est un ancien pilote de run légendaire dont le passé  le rattrape aujourd’hui. En l’espace de quelques heures, la Lisa Dora Station rameute tous les pilotes chevronnés et marginaux des States !  Il faut dire que l’enjeu est d’importance : il s’agit ni plus ni moins d’être le nouveau chef de bande des Red Noses en s’emparant de la Winchester, le Graal suprême pour tous ces mordus de sensations fortes…

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La guerre de Catherine et celle de Guy-Pierre, deux témoignages émouvants sur 39-45

La guerre de Catherine, Julia Billet (scénario), Claire Fauvel (dessin). Editions Rue de Sèvres, 168 pages, 15 euros.
Ma guerre de La Rochelle à Dachau, Tiburce Ogier, d’après le livre de Guy-Pierre Gautier. Editions Rue de Sèvres, 80 pages, 18 euros.

Les éditions Rue de Sèvres publient en ce printemps deux récits ayant pour cadre la Seconde Guerre mondiale. Deux témoignages et deux regards forts sur deux traversées du conflit. Deux faces d’une même volonté de survie.

Adaptation de son roman, paru à l’Ecole des loisirs, La Guerre de Catherine a un petit côté Un sac de billes. Sauf que le périple, de Sèvres jusqu’aux Pyrénées est celui d’une jeune fille juive et de son appareil photo. En chemin, elle va rencontrer un certain nombre de « justes », paysans ou religieuses, tous dévoués pour la sauver, elle et les autres petits enfants juifs qu’elle va croiser. Ce récit émouvant et chaleureux est renforcée par une mise en images pleine de grâce et de lumière. Un dessin plutôt rond et un joli traitement à l’aquarelle qui vont bien avec cette démonstration bienveillante de courage et de générosité.

Après la face lumineuse – quelque part – de ce conflit, Ma guerre de Tiburce Ogier en évoque une approche beaucoup plus sombre. Inspiré des épreuves vécues par son propre grand-père, Guy-Pierre Gautier, l’album raconte assez classiquement son itinéraire de jeune résistant et déporté communiste. L’enfance à Saintes puis La Rochelle, l’engagement progressif dans la résistance avec son groupe de jeunes athlètes. Puis l’arrestation…

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Le château des étoiles passe au rouge

Le château des étoiles, tome 3: Les chevaliers de Mars, Alex Alice. Editions Rue de Sèvres, 64 pages, 14 euros. Sortie le 26 avril.

Après la « gazette », place de nouveau à l’album. Troisième de la série et premier d’un nouveau diptyque désormais orienté vers Mars.
De retour de leur fabuleux voyage sur la Lune – où ils ont laissé le prince Ludwig de Bavière, semble-t-il emporté par une machinerie inexplicable vers Mars – Séraphin, Sophie et leurs amis ont été contraints d’aller se cacher au fin fond de la Bretagne, afin d’éviter les espions prussiens de Bismarck, qui entendent toujours récupérer l’Ethernef et le secret de l’Etherite pour aller conquérir leur « empire des étoiles ». L’espoir d’une internationale des scientifiques ayant échoué et après avoir vu disparaître leur père (après leur mère en tout début du tome 1), les enfants vont être obligés de s’envoler de nouveau. Vers la planète rouge cette fois. Et le voyage ne s’annonce pas non plus de tout repos.

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Marius Jacob, le Travailleur de la nuit remis au goût du jour

Le travailleur de la nuit, Matz (scénario), Léonard Chemineau (dessin). Editions Rue de Sèvres, 128 pages, 18 euros.

C’est un accusé pas comme les autres qui comparait ce 8 mars 1905 au palais de Justice d’Amiens. Et sa désinvolture ironique et cinglante à l’égard des juges révèle une personnalité bien plus puissante que celle du « cambrioleur » qui est jugé là.

Avec ses «Travailleurs de la nuit », Alexandre Jacob a écumé la France de la Belle Epoque, défrayant la chronique par ses opérations audacieuses et son panache (il laissait sa carte avec un mot d’humour à ses victimes, il redistribue l’argent de son butin aux nécessiteux). Il mettait ainsi en pratique la pratique de la « reprise individuelle », théorisée par l’anarchiste Elisée Reclus, dans la lignée d’un Proudhon affirmant que « la propriété, c’est le vol« .

Jacob était surtout mu par un esprit de révolte nourri de son expérience passée. Rêvant d’aventures maritimes exotiques et mousse dès l’âge de 11 ans, il a vite déchanté, découvrant la dureté d’un monde brutal et colonial, qui, ajouté aux difficultés familiales ont nourri ses convictions anarchistes. Et c’est encore l’injustice du sytème – qui l’empêche de travailler en raisons de ses engagements politiques – qui va le jeter dans la carrière criminelle. Le procès d’Amiens marquera une bascule dans sa vie. Condamné au bagne, envoyé à Cayenne, il poursuivra son combat contre l’injustice là-bas pendant ses dix ans de détention, avec une énergie inouïe. De retour en France, il ne fera plus vraiment parler de lui, retiré dans l’Indre ou il traversera la Seconde Guerre mondiale, avant de choisir son heure pour partir, en 1950. Toujours en homme libre…

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Dieu le pire pour l’Infinity 8

Infinity 8, tome 3: l’évangile selon Emma, Lewis Trondheim, Fabien Vehlmann (scénario), Olivier Balez (dessin). Editions Rue de Sèvres, 96 pages, 17 euros.

Troisième « boucle » temporelle pour l’Infinity 8. Après les deux précédents reboot, le capitaine du vaisseau spatial bloqué dans la gigantesque nécropole galactique est déjà parvenu à neutraliser une horde de Kornaliens nécrophages puis à empêcher l’instauration d’un IVe Reich robotique. Cette fois, c’est au tour de l’agent Emma O’Mara d’intervenir.
Pacifiste, pieuse, adepte de la religion pax-tholmaniste, celle-ci cache cependant son jeu. Elle ne va pas hésiter à sacrifier la vie de l’équipage pour une quête plus élevée: retrouver le dernier évangile perdu de son dieu afin d’en finir avec la guerre sainte. Pour cela, elle se retrouve à faire équipe avec une bande de malfrats aux objectifs nettement moins nobles. Et elle risque même, a contrario de son plan, de mettre en péril l’ensemble des races de l’univers…

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Leur compte (bancaire) est bon avec Prado

Proies faciles, Miguelanxo Prado. Editions Rue de Sèvres, 96 pages, 18 euros.

Au printemps 2014, dans une Espagne toujours marquée par la crise, c’est une étrange affaire que vont avoir à démêler l’inspectrice Olga Tabares et son adjoint Carlos Sotillo. Une série de décès suspects est constatée dans cette grande ville balnéaire de Galice: un commercial, célibataire, est retrouvé décédé à son domicile, la directrice d’une agence bancaire s’effondre sans vie dans un bar. Puis l’ex-président de la CaixatAtlantica est retrouvé mort sur une plage et une contrôleuse financière meurt à son bureau… Et la série noire continue, laissant entrevoir un tueur en série, voire une action terroriste.

Aucun ne se connaissait, mais tous semblent avoir été empoisonnés. Et tous ont comme point commun de travailler dans le secteur bancaire. Et cette série morbide pourrait bien aussi être en lien avec le suicide d’un couple de personnes âgées survenue l’automne précédent…

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