Apocalypse maintenant sur l’Infinity 8

Infinity, tome 5: Le jour de l’apocalypse, Davy Mourier et Lewis Trondheim (scénario), Lorenzo de Felici (dessin). Editions Rue de Sèvres, 96 pages, 17 euros. Sortie le 13 septembre 2017.

Les « reboots » se suivent et ne se ressemblent toujours pas sur le vaisseau spatial Infinity. Cette fois, c’est le major Ann Ninurta qui est appelée par le capitaine pour tenter de découvrir le mystère de la gigantesque nécropole galactique inconnue qui bloque le navire. Ayant déjà bien à faire avec sa petite fille, son ex-mari qui l’horripile et en attente d’un rencart avec un beau mercenaire, Casey Brooks, elle va se voir balancée en pleine « apocalypse ». Suite à une expérience avortée, les zombies se multiplient à l’intérieur de l’Inifinity – puisqu’il suffit d’une morsure pour être contaminée – mais aussi à l’extérieur (et, forcément, dans une nécropole galactique, ça fait du monde). Ann ne sera pas épargnée par la pandémie, mais continuera valeureusement sa mission, aidée par Casey Brooks. A moins que d’autres priorités, familiales, ne l’incitent finalement à changer de point de vue…

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Chroniques guerrières des apaches

Géronimo de Matz et Jef, edition Rue de Sèvres, 120 pages 18 euros

C’est par une tragédie que démarre l’histoire de Géronimo. En 1850, l’armée mexicaine commet un massacre dans un village apache tuant hommes, femmes et enfants. De retour d’un voyage, Goyahkla, l’homme-médecine, découvre le carnage ayant coûté la vie à sa mère, sa femme et son bébé. Depuis le chaman emprunte avec les autres tribus apaches le sentier de la guerre. Impitoyable, il massacre à son tour les Mexicains qu’il croise sur sa route et qui bien malgré eux lui donneront son nom de guerre : Géronimo. Pendant trente ans, il se battra sans relâche et sans pitié contre les Mexicains mais aussi un nouvel ennemi nettement plus puissant et sournois, venu du nord appelés« les yeux clairs ». Cette épopée s’arrêtera en 1886 lors de sa reddition au chef de la jeune nation des Etats-Unis d’Amérique et son exil en Floride. Mais un mythe est né.

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Le happening spatial de Kris et Martin Trystram

Infinity 8, tome 4: Guérilla symbolique, Lewis Trondheim et Kris (scénario), Martin Trystram (dessin). Editions Rue de Sèvres, 96 pages, 17 euros.

L’Infinity 8 arrive à mi-parcours du space opera cyclique conçu par Lewis Trondheim et Olivier Vatine. Le vaisseau spatial, lui, est toujours bloqué devant l’immense nécropole intergalactique « grande comme le système solaire » (avant que celui-ci ne soit détruit). Cette fois, c’est l’agent Patty Stardust, à la splendide coiffure afro, qui est convoquée par le capitaine de l’Infinity afin d’explorer l’amas galactique pendant une boucle temporelle de 8 heures. Et ce au risque de griller son travail d’infiltration auprès de la Guérilla symbolique. D’autant plus gênant que le gourou de ce groupe artistico-révolutionnaire, embarqué sur le vaisseau et suivi par tous les médias, est sur le point de créer un happening gigantesque impliquant le mausolée géant du « club des 27 » (Jim Morrison, Brian Jones, Kurt Cobain, etc.). Mais Patty devra aussi se débarrasser du collant Mister Moosh, journaliste auto-proclamé aux 87 millions de followers…

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Une grande victoire paternelle contre l’autisme

Les petites victoires, Yvon Roy. Edition Rue de Sèvres, 152 pages, 17 euros.

Marc a tout pour être heureux. Ce Québécois trentenaire est avec une femme qu’il aime, un métier passionnant (il est un dessinateur de bandes dessinées) et comble du bonheur vient d’être le papa d’un génial petit garçon, Olivier. Cependant ce tableau idyllique se fissure petit à petit. Observant un trouble du comportement chez leur enfant alors âgé de 3 ans, le couple décide de consulter. Le diagnostic tombe comme un couperet : leur fils est autiste !
C’est un coup de tonnerre dans la vie de Marc, qui d’abord s’enferme dans sa douleur et vient à se séparer de sa femme. Puis progressivement, il décide de redresser la tête pour tenter d’entrer dans celle mystérieuse et angoissée de son fils.  « Fiston, toi et moi, on va explorer » confie-t-il un jour à son fils… Commence alors  une longue et patiente exploration en terre inconnue.

Suivant son instinct, le père qui décide de se consacrer entièrement à son fils  tente de le sortir de sa forteresse mentale en expérimentant ses propres méthodes, parfois aux antipodes des conseils des spécialistes. A force de détermination et de courage, malgré les violentes crises de cette maladie mentale qui altère la communication, Marc et Olivier réussissent à nouer des liens extraordinaires,  déjouant tous les pronostics médicaux. Patiemment, ils engrangent des petites victoires au quotidien, en chassant les angoisses, à force de répétition : comme apprivoiser les petites poussières repoussantes dans l’eau du bain, bien regarder dans les yeux, goûter à une bonne partie de basket-hot dog ou encore pouvoir passer une nuit à la belle étoile sous une toile de tente ou aller pêcher en barque sur le lac…

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Le retour de Petit Vampire

Petit Vampire T.1 Le serment des pirates, Joann Sfar, éditions Rue de Sèvres, 64 pages, 13 euros.

Quand on a dix ans depuis 300 ans, on peut trouver le temps long… C’est ce que se dit Petit Vampire qui vit avec sa maman, la belle Pandora, au teint cadavérique, et son beau-papa en forme de squelette et surnommé le Capitaine des morts, dans une grande et belle villa du Cap d’Antibes. Malgré une bande d’amis tous aussi monstrueux les uns que les autres, des séances privées de ciné-club, exclusivement dédiées aux films de monstres (qui perdent toujours à la fin, pour le plus grand désespoir des spectateurs) et la fidèle amitié de son chien Fantomate, Petit Vampire a des envies d’ailleurs.  Et si dans le monde des vivants,  c’était plus rigolo que dans le monde des morts ? Ce gentil petit garçon aux dents longues apprendra à ses dépens que sortir de son univers protégé quoiqu’imparfait n’est pas sans danger pour lui et le siens…

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Gare au dragon qui s’éveille

Yin et le dragon, tome 2 : Les écailles d’or, Richard Marazano (scénario), Xu Yao (dessin et couleurs). Éditions Rue de Sèvres, 64 pages, 14 euros.

Petite fille intrépide et innocente, Yin est de retour dans le deuxième et avant-dernier tome d’une aventure envoutante et trépidante sur fond de guerre sino-japonaise et de légendes traditionnelles.
Après avoir été recueilli par la jeune fille et son grand-père pêcheur, Guang Xinshi le dragon d’or est quasiment devenu un membre de la famille, aidant même à la pêche quotidienne, au large de Shanghai. Et cela en pleine occupation japonaise et à la veille du déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale…

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Bolides à toute vitesse !

Streamliner, tome 1: Bye-bye Lisa Dora, ‘Fane, Edition Rue de Sèvres, 158 pages, 22,50 euros.

Des bolides vrombissant dans un désert à perte de vue, des aventuriers de la pire espèce et de jolies pépées… Streamliner, la nouvelle BD de ‘Fane – l’auteur de la fameuse série Joe Bar Team – va séduire les amateurs du genre : un western déjanté avec grosses bagnoles entre Mad Max et la Fureur de vivre.

L’action se déroule dans les années 1960 au cœur de l’Amérique, où une station-service Lisa Dora Station perdue dans le désert va devenir le lieu de rendez-vous du plus grand « Streamliner » du siècle, cette course automobile extrême où tous les coups sont permis.

Ce n’est peut-être pas un hasard si ce lieu improbable a été choisi par Billy Joe, baroudeur du désert, blouson et lunettes noires, toujours accompagné de sa  Winchester. En effet, le vieux pompiste Evel O’Neil qui vit seul dans ce trou paumé avec sa fille Cristal, est un ancien pilote de run légendaire dont le passé  le rattrape aujourd’hui. En l’espace de quelques heures, la Lisa Dora Station rameute tous les pilotes chevronnés et marginaux des States !  Il faut dire que l’enjeu est d’importance : il s’agit ni plus ni moins d’être le nouveau chef de bande des Red Noses en s’emparant de la Winchester, le Graal suprême pour tous ces mordus de sensations fortes…

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La guerre de Catherine et celle de Guy-Pierre, deux témoignages émouvants sur 39-45

La guerre de Catherine, Julia Billet (scénario), Claire Fauvel (dessin). Editions Rue de Sèvres, 168 pages, 15 euros.
Ma guerre de La Rochelle à Dachau, Tiburce Ogier, d’après le livre de Guy-Pierre Gautier. Editions Rue de Sèvres, 80 pages, 18 euros.

Les éditions Rue de Sèvres publient en ce printemps deux récits ayant pour cadre la Seconde Guerre mondiale. Deux témoignages et deux regards forts sur deux traversées du conflit. Deux faces d’une même volonté de survie.

Adaptation de son roman, paru à l’Ecole des loisirs, La Guerre de Catherine a un petit côté Un sac de billes. Sauf que le périple, de Sèvres jusqu’aux Pyrénées est celui d’une jeune fille juive et de son appareil photo. En chemin, elle va rencontrer un certain nombre de « justes », paysans ou religieuses, tous dévoués pour la sauver, elle et les autres petits enfants juifs qu’elle va croiser. Ce récit émouvant et chaleureux est renforcée par une mise en images pleine de grâce et de lumière. Un dessin plutôt rond et un joli traitement à l’aquarelle qui vont bien avec cette démonstration bienveillante de courage et de générosité.

Après la face lumineuse – quelque part – de ce conflit, Ma guerre de Tiburce Ogier en évoque une approche beaucoup plus sombre. Inspiré des épreuves vécues par son propre grand-père, Guy-Pierre Gautier, l’album raconte assez classiquement son itinéraire de jeune résistant et déporté communiste. L’enfance à Saintes puis La Rochelle, l’engagement progressif dans la résistance avec son groupe de jeunes athlètes. Puis l’arrestation…

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Le château des étoiles passe au rouge

Le château des étoiles, tome 3: Les chevaliers de Mars, Alex Alice. Editions Rue de Sèvres, 64 pages, 14 euros. Sortie le 26 avril.

Après la « gazette », place de nouveau à l’album. Troisième de la série et premier d’un nouveau diptyque désormais orienté vers Mars.
De retour de leur fabuleux voyage sur la Lune – où ils ont laissé le prince Ludwig de Bavière, semble-t-il emporté par une machinerie inexplicable vers Mars – Séraphin, Sophie et leurs amis ont été contraints d’aller se cacher au fin fond de la Bretagne, afin d’éviter les espions prussiens de Bismarck, qui entendent toujours récupérer l’Ethernef et le secret de l’Etherite pour aller conquérir leur « empire des étoiles ». L’espoir d’une internationale des scientifiques ayant échoué et après avoir vu disparaître leur père (après leur mère en tout début du tome 1), les enfants vont être obligés de s’envoler de nouveau. Vers la planète rouge cette fois. Et le voyage ne s’annonce pas non plus de tout repos.

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Marius Jacob, le Travailleur de la nuit remis au goût du jour

Le travailleur de la nuit, Matz (scénario), Léonard Chemineau (dessin). Editions Rue de Sèvres, 128 pages, 18 euros.

C’est un accusé pas comme les autres qui comparait ce 8 mars 1905 au palais de Justice d’Amiens. Et sa désinvolture ironique et cinglante à l’égard des juges révèle une personnalité bien plus puissante que celle du « cambrioleur » qui est jugé là.

Avec ses «Travailleurs de la nuit », Alexandre Jacob a écumé la France de la Belle Epoque, défrayant la chronique par ses opérations audacieuses et son panache (il laissait sa carte avec un mot d’humour à ses victimes, il redistribue l’argent de son butin aux nécessiteux). Il mettait ainsi en pratique la pratique de la « reprise individuelle », théorisée par l’anarchiste Elisée Reclus, dans la lignée d’un Proudhon affirmant que « la propriété, c’est le vol« .

Jacob était surtout mu par un esprit de révolte nourri de son expérience passée. Rêvant d’aventures maritimes exotiques et mousse dès l’âge de 11 ans, il a vite déchanté, découvrant la dureté d’un monde brutal et colonial, qui, ajouté aux difficultés familiales ont nourri ses convictions anarchistes. Et c’est encore l’injustice du sytème – qui l’empêche de travailler en raisons de ses engagements politiques – qui va le jeter dans la carrière criminelle. Le procès d’Amiens marquera une bascule dans sa vie. Condamné au bagne, envoyé à Cayenne, il poursuivra son combat contre l’injustice là-bas pendant ses dix ans de détention, avec une énergie inouïe. De retour en France, il ne fera plus vraiment parler de lui, retiré dans l’Indre ou il traversera la Seconde Guerre mondiale, avant de choisir son heure pour partir, en 1950. Toujours en homme libre…

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