Bolides à toute vitesse !

Streamliner, tome 1: Bye-bye Lisa Dora, ‘Fane, Edition Rue de Sèvres, 158 pages, 22,50 euros.

Des bolides vrombissant dans un désert à perte de vue, des aventuriers de la pire espèce et de jolies pépées… Streamliner, la nouvelle BD de ‘Fane – l’auteur de la fameuse série Joe Bar Team – va séduire les amateurs du genre : un western déjanté avec grosses bagnoles entre Mad Max et la Fureur de vivre.

L’action se déroule dans les années 1960 au cœur de l’Amérique, où une station-service Lisa Dora Station perdue dans le désert va devenir le lieu de rendez-vous du plus grand « Streamliner » du siècle, cette course automobile extrême où tous les coups sont permis.

Ce n’est peut-être pas un hasard si ce lieu improbable a été choisi par Billy Joe, baroudeur du désert, blouson et lunettes noires, toujours accompagné de sa  Winchester. En effet, le vieux pompiste Evel O’Neil qui vit seul dans ce trou paumé avec sa fille Cristal, est un ancien pilote de run légendaire dont le passé  le rattrape aujourd’hui. En l’espace de quelques heures, la Lisa Dora Station rameute tous les pilotes chevronnés et marginaux des States !  Il faut dire que l’enjeu est d’importance : il s’agit ni plus ni moins d’être le nouveau chef de bande des Red Noses en s’emparant de la Winchester, le Graal suprême pour tous ces mordus de sensations fortes…

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La guerre de Catherine et celle de Guy-Pierre, deux témoignages émouvants sur 39-45

La guerre de Catherine, Julia Billet (scénario), Claire Fauvel (dessin). Editions Rue de Sèvres, 168 pages, 15 euros.
Ma guerre de La Rochelle à Dachau, Tiburce Ogier, d’après le livre de Guy-Pierre Gautier. Editions Rue de Sèvres, 80 pages, 18 euros.

Les éditions Rue de Sèvres publient en ce printemps deux récits ayant pour cadre la Seconde Guerre mondiale. Deux témoignages et deux regards forts sur deux traversées du conflit. Deux faces d’une même volonté de survie.

Adaptation de son roman, paru à l’Ecole des loisirs, La Guerre de Catherine a un petit côté Un sac de billes. Sauf que le périple, de Sèvres jusqu’aux Pyrénées est celui d’une jeune fille juive et de son appareil photo. En chemin, elle va rencontrer un certain nombre de « justes », paysans ou religieuses, tous dévoués pour la sauver, elle et les autres petits enfants juifs qu’elle va croiser. Ce récit émouvant et chaleureux est renforcée par une mise en images pleine de grâce et de lumière. Un dessin plutôt rond et un joli traitement à l’aquarelle qui vont bien avec cette démonstration bienveillante de courage et de générosité.

Après la face lumineuse – quelque part – de ce conflit, Ma guerre de Tiburce Ogier en évoque une approche beaucoup plus sombre. Inspiré des épreuves vécues par son propre grand-père, Guy-Pierre Gautier, l’album raconte assez classiquement son itinéraire de jeune résistant et déporté communiste. L’enfance à Saintes puis La Rochelle, l’engagement progressif dans la résistance avec son groupe de jeunes athlètes. Puis l’arrestation…

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Le château des étoiles passe au rouge

Le château des étoiles, tome 3: Les chevaliers de Mars, Alex Alice. Editions Rue de Sèvres, 64 pages, 14 euros. Sortie le 26 avril.

Après la « gazette », place de nouveau à l’album. Troisième de la série et premier d’un nouveau diptyque désormais orienté vers Mars.
De retour de leur fabuleux voyage sur la Lune – où ils ont laissé le prince Ludwig de Bavière, semble-t-il emporté par une machinerie inexplicable vers Mars – Séraphin, Sophie et leurs amis ont été contraints d’aller se cacher au fin fond de la Bretagne, afin d’éviter les espions prussiens de Bismarck, qui entendent toujours récupérer l’Ethernef et le secret de l’Etherite pour aller conquérir leur « empire des étoiles ». L’espoir d’une internationale des scientifiques ayant échoué et après avoir vu disparaître leur père (après leur mère en tout début du tome 1), les enfants vont être obligés de s’envoler de nouveau. Vers la planète rouge cette fois. Et le voyage ne s’annonce pas non plus de tout repos.

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Marius Jacob, le Travailleur de la nuit remis au goût du jour

Le travailleur de la nuit, Matz (scénario), Léonard Chemineau (dessin). Editions Rue de Sèvres, 128 pages, 18 euros.

C’est un accusé pas comme les autres qui comparait ce 8 mars 1905 au palais de Justice d’Amiens. Et sa désinvolture ironique et cinglante à l’égard des juges révèle une personnalité bien plus puissante que celle du « cambrioleur » qui est jugé là.

Avec ses «Travailleurs de la nuit », Alexandre Jacob a écumé la France de la Belle Epoque, défrayant la chronique par ses opérations audacieuses et son panache (il laissait sa carte avec un mot d’humour à ses victimes, il redistribue l’argent de son butin aux nécessiteux). Il mettait ainsi en pratique la pratique de la « reprise individuelle », théorisée par l’anarchiste Elisée Reclus, dans la lignée d’un Proudhon affirmant que « la propriété, c’est le vol« .

Jacob était surtout mu par un esprit de révolte nourri de son expérience passée. Rêvant d’aventures maritimes exotiques et mousse dès l’âge de 11 ans, il a vite déchanté, découvrant la dureté d’un monde brutal et colonial, qui, ajouté aux difficultés familiales ont nourri ses convictions anarchistes. Et c’est encore l’injustice du sytème – qui l’empêche de travailler en raisons de ses engagements politiques – qui va le jeter dans la carrière criminelle. Le procès d’Amiens marquera une bascule dans sa vie. Condamné au bagne, envoyé à Cayenne, il poursuivra son combat contre l’injustice là-bas pendant ses dix ans de détention, avec une énergie inouïe. De retour en France, il ne fera plus vraiment parler de lui, retiré dans l’Indre ou il traversera la Seconde Guerre mondiale, avant de choisir son heure pour partir, en 1950. Toujours en homme libre…

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Dieu le pire pour l’Infinity 8

Infinity 8, tome 3: l’évangile selon Emma, Lewis Trondheim, Fabien Vehlmann (scénario), Olivier Balez (dessin). Editions Rue de Sèvres, 96 pages, 17 euros.

Troisième « boucle » temporelle pour l’Infinity 8. Après les deux précédents reboot, le capitaine du vaisseau spatial bloqué dans la gigantesque nécropole galactique est déjà parvenu à neutraliser une horde de Kornaliens nécrophages puis à empêcher l’instauration d’un IVe Reich robotique. Cette fois, c’est au tour de l’agent Emma O’Mara d’intervenir.
Pacifiste, pieuse, adepte de la religion pax-tholmaniste, celle-ci cache cependant son jeu. Elle ne va pas hésiter à sacrifier la vie de l’équipage pour une quête plus élevée: retrouver le dernier évangile perdu de son dieu afin d’en finir avec la guerre sainte. Pour cela, elle se retrouve à faire équipe avec une bande de malfrats aux objectifs nettement moins nobles. Et elle risque même, a contrario de son plan, de mettre en péril l’ensemble des races de l’univers…

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Leur compte (bancaire) est bon avec Prado

Proies faciles, Miguelanxo Prado. Editions Rue de Sèvres, 96 pages, 18 euros.

Au printemps 2014, dans une Espagne toujours marquée par la crise, c’est une étrange affaire que vont avoir à démêler l’inspectrice Olga Tabares et son adjoint Carlos Sotillo. Une série de décès suspects est constatée dans cette grande ville balnéaire de Galice: un commercial, célibataire, est retrouvé décédé à son domicile, la directrice d’une agence bancaire s’effondre sans vie dans un bar. Puis l’ex-président de la CaixatAtlantica est retrouvé mort sur une plage et une contrôleuse financière meurt à son bureau… Et la série noire continue, laissant entrevoir un tueur en série, voire une action terroriste.

Aucun ne se connaissait, mais tous semblent avoir été empoisonnés. Et tous ont comme point commun de travailler dans le secteur bancaire. Et cette série morbide pourrait bien aussi être en lien avec le suicide d’un couple de personnes âgées survenue l’automne précédent…

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Infinity 8 prend du volume

Infinity 8, Lewis Trondheim, Zep (scénario). Editions Rue de Sèvres, 96 pages. 17 euros. Parution le 25 janvier.
Tome 1: Romance et macchabées, Dominique Bertail (dessin)
Tome 2: Retour vers le Fuhrer, Olivier Vatine (dessin).

Trois mois après leur parution en 6 fascicules souples, les deux premiers « reboots » de l’Infinity 8 paraissent en albums complets, tout en conservant un format proches du comics.
Réunis en histoires complètes, les récits n’ont pas changé. Le vaisseau intergalactique Inifinity 8 se voit immobilisé par un immense amas d’artefacts, une nécropole stellaire qui lui bloque le passage. Pour en savoir plus, le capitaine du vaisseau, qui a la capacité de pouvoir explorer l’avenir à travers huit boucles temporelles successives déclenche la procédure. La première mission va confronter l’agent Yoko Keren à des nécrophages aux pulsions dangereuses. La seconde mission, confiée à l’agent Stella Moonkicker est encore plus folle, avec la réapparition de la tête d’Hitler et sa volonté de réaliser, une fois de plus un nouveau reich…

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Un an dans le Château des Etoiles en attendant le départ vers Mars

Le château des étoiles: une année dans le Château des étoiles, Alex Alice. Coffret, 25 euros.

Lancé voila bientôt trois ans, le Château d’Alex Alice n’a pas fini de faire briller des étoiles dans les yeux de ses nombreux lecteurs.
La première expédition dans l’éther et jusqu’à la Lune s’est achevée. Mais avec la promesse d’un nouveau voyage encore plus fantastique, jusqu’à Mars cette fois. Celui-ci débutera en ce début 2017 par la parution, comme pour les deux précédents volumes, de trois « Gazettes », journaux grand format qui paraîtront respectivement le 11 janvier (épisode n°7), le 22 février (n°8) et le 15 mars (n°9). Avant la parution du troisième volume, réunissant les trois épisodes des gazettes.
Mais avant cela, donc, en cadeau « bonus », c’est un coffret assez magique qui a été proposé aux lecteurs, pour passer « une année dans le château des étoiles« …

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Yin et le dragon, la belle prise

yin-et-le-dragon_couvYin et le dragon, tome 1: Créatures célestes, Richard Marazano (scénario), Xu Yao (dessin et couleurs). Éditions Rue de Sèvres, 60 pages, 14 euros.

La pêche, c’est comme une boîte de chocolats, on ne sait jamais vraiment sur quoi on va tomber… Dans Yin et le dragon, Richard Marazano, auteur prolifique, nous le fait vérifier.

Son histoire nous mène en Chine, dans la banlieue de Shanghai, à l’été 1937, à la veille de l’invasion japonaise qui marquera le début de la seconde guerre sino-japonaise. On y suit Yin, jeune vendeuse de poissons (frais) que son grand-père Li pêche la veille, au large de la mer de Chine et parfois au péril de sa vie. Plutôt dégourdie sous son chapeau de paille conique et ses deux couettes tressées, Yin l’orpheline vit avec le vieux Li dans des conditions spartiates. Alors que son grand-père refuse encore et toujours de l’emmener pêcher, elle décide, un soir, de braver l’interdit en embarquant en cachette à bord du bateau. Le vieil homme n’y voit que du feu.

Habitué à prendre des anguilles dans ses filets, il capture cette fois, involontairement, un tout autre animal : un dragon irradiant une lumière dorée. La prise légendaire se débat, blessant au passage le vieux pêcheur, avant finalement d’être mise K-O. par un obus tiré depuis un navire de guerre japonais se préparant à l’offensive. Aidé de l’intrépide Yin, Li parvient à ramener le dragon blessé sur la terre ferme où les militaires impériaux japonais ont débarqué pour imposer « une nouvelle ère » et « porter un coup d’arrêt à la dégénérescence des peuples d’Asie« . Une nouvelle réalité et de nouvelles épreuves à gérer pour le grand-père et sa petite-fille sachant qu’il faut cacher le dragon et satisfaire son appétit gargantuesque en dépit des restrictions imposées par les militaires japonais…

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Trondheim et Vatine vers l’Infinity et au-delà !

infinity-8_1_6-vraie_couvInfinity 8, comics 1,2,3: Romance et maccabées, Lewis Trondheim et Zep (scénario), Dominique Bertail (dessin) – octobre 2016 ; comics 4,5 : Retour vers le Führer, Lewis Trondheim (scénario), Olivier Vatine (dessin) – novembre 2016. Chaque fascicule : 36 pages, 3,50 euros.

Après le Château dans les étoiles et sa jolie prépublication sous forme de « gazette » fin XIXe siècle, voici Infinity 8 et ses comics façon « pulp », préfiguration des premiers albums à paraître en janvier de cette série-concept événement de 2017.
Mais avant d’en venir aux récits proprement dit, quelques mots s’imposent sur le concept, justement, de cet univers appelé à poursuivre son expansion sur huit albums, avec « 8 agents, 8 missions et 8 reboots temporels ».
On trouve aux commandes de ce space opera très spécial deux pilotes très expérimentés: Lewis Trondheim et Olivier Vatine. Chaque album est ensuite co-écrit avec un des scénaristes de l’infiniteam (Velhmann, Zep, Kris, Mourier, Emmanuel Guibert…) puis mis en image par un dessinateur différent (Killofer, Olivier Balez, Martin Trystram, Boulet…). Un casting qui laisse rêveur. Et ce n’est – presque – rien au vu des histoires qu’ils vont conter…

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