« Pilote » et « Paris Match » accompagnent Valérian

La sortie de Valérian – le film – a suscité logiquement un intérêt renouvelé pour Valérian (et Laureline) – la série de bandes dessinées. Parmi les nombreuses évocations, on reviendra sur deux parutions récentes. Et complémentaires.

Après avoir relaté l’an passé l’histoire du Journal de Tintin, Paris-Match s’intéresse donc cet été à la saga de Pierre Christin et Jean-Claude Mezières, présentée comme « la BD qui a inspiré les plus grands films de science-fiction ». Ce magazine n’apprendra pas grand chose à qui connaît déjà la série. En revanche, à l’aide d’articles courts et richement illustrés, ce hors série apporte les éléments de base aux béotiens du space opera en général et à Valérian en particulier. En revenant notamment sur divers aspects de la série (ses thématiques, ses créatures, le goût des dessins architecturaux de Mezières), accompagné d’un entretien avec les auteurs. Le tout (plus une bonne moitié consacrée au film de Luc Besson) pour 6,95 euros.

Déjà rapidement évoqué, le « Méga Spirou hors-série » de Pilote (qui re-renaît pour l’occasion), joint-venture (?) entre Dargaud et Dupuis, est lui d’un tout autre intérêt. Et il s’adresse à un public plus bédéphile qui pourra y trouver beaucoup de choses…

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Valérian et Laureline sous l’oeil de la sciences à la Cité

La Cité des sciences, à Paris, accueille pour six mois une exposition ludique et scientifique sur « Valérian et Laureline ». A voir ! Avant de lire les nouveautés éditoriales autour de la série BD culte de Christin et Mezières, qui arrivent en ce début d’été puis à l’automne.

On va beaucoup entendre parler de Valérian et Laureline dans les semaines qui viennent, avec la sortie du blockbuster de Luc besson programmé le 26 juillet (lire à ce sujet dans le dernier numéro du magazine Casemate un gros et intéressant dossier, avec interview du réalisateur et des deux auteurs, qui donnent d’ailleurs quitus au film, vu en avant-première). Mais on peut déjà retrouver les agents spatio-temporels de Christin et Mezières à la Cité des sciences. Une expo qui « s’amuse à réfléchir » avec la série, pour reprendre le slogan du journal Pilote où cette dernière a vu le jour voilà cinquante ans…

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Autant en rapporte le temps

Time is money_couv Time is money, l’intégrale, Fred (scénario), Alexis (dessin). Editions Dargaud, 208 pages, 29 euros.

C’est comme un voyage dans le temps que propose les éditions Dargaud avec cet album. Et ils reviennent du passé, sans avoir pris une ride : Stanislas, l’inventeur de la machine à voyager dans le temps – mais dans le but de faire fortune cette fois – dans son éternelle robe de chambre et Timoléon, le vendeur-colporteur de machine à vapeur pour rouler les cigarettes devenu son assistant et camelot potentiel. Car il s’agit bien pour les deux acolytes d’appliquer à la lettre la célèbre maxime: « le temps, c’est de l’argent ». Time is money, donc même si dans la pratique, c’est nettement moins simple.

Envoyé à Florence rencontrer Léonard de Vinci jeune afin de lui extorquer un portrait de Mona Lisa à moindre prix, Timoléon va connaître un premier échec. Puis il sera à l’origine, pour avoir jeté une peau de banane, des effets d’un paradoxe temporel et du dédoublement de son inventeur de patron. Et l’idée d’aller voyager dans le futur sera tout aussi catastrophique. Sans compter l’apparition d’un étrange neveu dangereux puis carrément d’un jeune dinosaure…

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Le talent d’Achille

AchilleTalon-couvLes impétueuses tribulations d’Achille Talon, tome 1: Achille Talon est un homme moderne, Fabcaro (scénario), Serge Carrère (dessin). Editions Dargaud, 48 pages, 10,60 euros.

Même s’il n’atteint pas la notoriété d’Astérix, Achille talon fait partie des grands anciens de la bande dessinée franco-belge, dont la reprise attise toujours la curiosité. Certes, depuis Greg, son créateur qui avait fait du personnage une des figures emblématiques de Pilote, la « franchise » Achille Talon a été reprise par plusieurs auteurs (Widenlocher, Godard, Herlé puis Veys et Moski). Mais cette relance par Fabcaro (l’une des valeurs montantes de l’humour débridé) avait de quoi exciter.

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Gotlib, historique, forcément historique

Et ça se rapproche ! Sortie annoncée pour la semaine prochaine en kiosques d’un numéro collector historique pour les 80 ans de Gotlib.

Pour l’occasion, Dargaud et Audie/Fluide glacial s’associent pour faire paraître ce magazine unique, consacré au grand maître de la bande dessinée. On devrait y retrouver tous les grands personnages gotlibiens : Gai-Luron, Superdupont, les deux inspecteurs Bougrat et Charolles, Isaac Newton et sa pomme, etc.

Prélude à une célébration qui sera marquée aussi par une grande exposition sur les Mondes de Gotlib, au Musée d’art et d’histoire du judaïsme, à Paris (du 12 mars à fin juillet).

In memorian Jean Giraud, Gir, Moebius

Né le 8 mai 1938 à Nogent-sur-Marne, Jean Giraud alias Gir, alias Moebius s’est éteint le 10 mars 2012. Dessinateur éclectique il fut le créateur de plusieurs séries marquantes de la BD européenne.

Gamin, il dessinait déjà : « A 7 ans, je gribouillais des colts dans les marges de mes cahiers. Leurs formes mystérieuses, changeantes, me fascinaient », confie-t-il dans une interview à L’Express. Il n’a que 15 ans quand il vend sa première histoire à Marijac, patron de Coq Hardi. Après deux années à l’École des arts appliqués il publie ses premières illustrations. Ce sont des travaux pour la publicité, la mode ou la décoration mais il a le temps de réaliser sa première bande dessinée, Frank et Jérémie, publiée en 1956, dans le mensuel Far-West. À partir de cette même année, il décide de se consacrer exclusivement à la BD et collabore comme dessinateur à des revues telles que Fripounet et Marisette, Cœurs Vaillants et Sitting-Bull. Après le service militaire Jean Giraud devient l’assistant de Jijé et il retrouve le western de son enfance avec Jerry Spring. Nouvelle rencontre importante pour cet amoureux de science-fiction, avec Jean-Claude Mézières (qui va créer Valérian et Laureline) il travaille sur la collection L’Histoire des civilisations pour Hachette.

Et Georges Dargaud sort le magazine Pilote (qui ne s’amuse pas encore à réfléchir). Jean-Michel Charlier, l’un des fondateurs du journal, lui propose le dessin d’une série de western : Blueberry ! Giraud, pour modèle de son personnage, buveur, tricheur et « pouilleux » va prendre l’acteur Jean-Paul Belmondo. Tout de suite c’est le succès. Le scénario solide et bien charpenté est appuyé par le graphisme tout à la fois classique et moderne du dessinateur. Le côté réaliste, voire outrancier du personnage, éloigné des Tom Mix ou Kit Carson  renvoie plus sur les westerns spaghetti de Sergio Leone qu’aux films de Gary Cooper ou John Wayne.

C’est pour Hara-Kiri, journal bête et méchant, que Jean Giraud invente Moebius pour des récits de science-fiction. Dès lors, ce va être une explosion de créativité, L’Écho des savanes et Métal Hurlant accueillent Le Garage Hermétique et Le Major Fatal, Arzach ou Le Bandard fou, Les Yeux du chat qui vont ouvrir les portes de nouveaux territoires aux artistes et aux amoureux de la découverte. Ses univers sont souvent teintés d’une science-fiction fantasmagorique et délirante ainsi que d’une poésie nimbée de métaphysique.

Jean Giraud est pressenti pour les décors d’un film issu de Dune de Franck Herbert avec Salvador Dali dans l’un des rôles phares, faute de moyens, le film ne sera pas réalisé mais les travaux préparatoires lui permettent de rencontrer Alejandro Jodorowsky avec qui il va créer L’Incal, une saga de science-fiction en six volumes parus entre 1980 et 1988. Mais l’aventure hollywoodienne de Jean Giraud n’est pas finie car il est engagé en 1977 par Ridley Scott pour participer à la conception graphique de Alien, le huitième passager. Par la suite, il travaillera encore pour le cinéma avec Les Maîtres du Temps de René Laloux, Tron de Steven Lisberger, Master of the Universe de Gary Goddart, Willow de Ron Howard, Abyss de James Cameron, Little Nemo de Masanori Hata, Space Jam de Poe Pytka et le Cinquième Elément de Luc Besson . Amérique et science-fiction toujours, en 1988, Jean Giraud part à Los Angeles et illustre une histoire du Surfer d’Argent en collaboration avec Stan Lee. Circonstance rare pour un auteur européen, cette contribution a influencé plusieurs auteurs de comics, comme Jim Lee ou Mike Mignola.

Jean Giraud s’est donc éteint, mais son œuvre demeure vivante, d’autant plus que, depuis quelques mois, les Humanoïdes associés ont entrepris la réédition des albums de Moebius.

Merci, Monsieur pour nous avoir offert ces moments de liberté, une liberté que goûte aussi le Silver Surfer.

 

Delépine fait son cinéma dans « Pilote »

Le journal qui s'amuse à revenir à sa guise.Depuis une poignée d’années, Pilote, le célèbre magazine arrêté sous sa forme mensuelle en 1989 revient en parfait irrégulomadaire thématique souvent de très bonne facture.

C’est encore le cas avec la sortie de ce numéro de juin sur « Bande & ciné »… Malgré une couverture un peu mièvre du surestimé Jul, c’est un festival tout au long des quelque 130 pages. 120 auteurs, dessinateurs et réalisateurs racontent leurs rapports entre 7e et 9e art. En dessins ou en interview, comme l’axonais Benoît Delépine , qui livre quelques « confidences d’un grand guignol« .

Benoît Delépine dessiné par Pascal Rabaté

Benoît Delépine dessiné par Pascal Rabaté

Une très agréable lecture de vacances.