« Pandora » se coupe en deux et se met en trois

Troisième opus pour la revue de Casterman, Pandora. Un numéro se voulant toujours inédit et « renversant » en plus. 31 histoires courtes plus quelques mini-strips qui présentent une palette éclectique de la bande dessinée contemporaine.

Le modèle de la publication « tête-bêche » appliquée par la revue picarde Pierre, Papier, Chicon ferait-elle école ? En tout cas, Pandora se met aussi, pour son troisième numéro à la mise en page inversée. Occasion, là aussi, de proposer deux couvertures attractives déjà : Corto Maltese dessiné par Ruben Pellejero d’une part et Jean-Claude Menu auto-portraituré en tête de mort de l’autre.
Un seul éditorial, en revanche, toujours signé Benoît Mouchart, directeur éditorial chez Casterman et rédacteur en chef de Pandora, rappelle et insiste sur le parti-pris de sa revue: réunir en un seul volume des horizons très différents géographiquement, esthétiquement et thématiquement. Un « brassage sans frontières« , une « diversité de styles et d’imagination » assumées donc comme un acte délibéré, donc. Quitte à y perdre justement toute ligne éditoriale, hormis la volonté de « présenter de la bande dessinée dans ses dimensions les plus variées, depuis l’avant-garde jusqu’au classicisme« …

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« Pandora » n°2 est parue

Deuxième livraison de la nouvelle revue de Casterman, Pandora. Avec toujours de grands auteurs et d’autres, moins connus, à découvrir.

« 100% bande dessinée, 100% fiction et 100% inédit ». Trois affirmations en forme de parti-pris et de ligne de conduite pour Pandora, la revue des éditions Casterman.
En l’occurrence, pour ce deuxième numéro, 37 récits courts réalisés notamment par quelques grands noms du 9e art…

pandora_2_couvJean-Marc Rochette se penche ainsi sur notre déshumanisation à travers le regard humide d’un grand singe, avec toujours son trait sombre et charbonneux qui est sa marque ; Taniguchi et Kusumi proposent un nouveau chapitre aux déambulations culinaires de leur « gourmet pressé », contraint ici à savourer les plats de l’hôpital ; Jean-Claude Götting livre, après Watertown, une nouvelle petite chronique américaine rétro ; Giardino revient en deux planches sèches et implacables sur le souvenir de la Guerre d’Espagne qu’il avait déjà si bien rappelé dans Max Fridman ; Otomo est toujours là pour illustrer un futur mécanique et désenchanté ; Loustal et Villard propose une balade noire « du côté des Docks » ; Killofer illustre magistralement un cauchemar dans un noir et blanc resplendissant tandis que Jean-Christophe Menu lâche un nouveau souvenir onirique énervé.
D’autres auteurs, moins « connus » démontrent aussi leurs qualités, comme Grégory Panaccione (Un océan d’amour)  qui parodie bien le Shining de Kubrick avec ses personnages de Match. Ou Terreur Graphique qui, dans un trait très jeté et distinct de son style habituel s’attaque avec ironie à un collectionneur obsessionnel. Ou encore Matthias Lehmann (dans un style graphique cette fois proche de son dernier livre ) qui livre une petite chronique guinéenne haute en couleurs. Johan De Moor et Gilles Dal réussissent eux l’exploit de résumer – fort bien – 79 ans d’existence en… un regard et 9 cases.
Jean Harambat s’est inspiré, lui, de Ronald Searle pour restituer une anecdote de guerre qui redonne toute sa dimension première à l’art du dessin.
Cette mise à l’honneur du dessin, à travers la diversité des approches, des genres et des styles est bien aussi l’ambition de Pandora.

Toujours aussi sobre dans l’accompagnement des planches (avec un très court texte de présentation qui représente, soit dit en passant, un bel exercice de style rédactionnel), la revue s’apparente encore un peu à une sorte de port-folio ou de « teaser » de luxe pour les auteurs au sommaire. Car son éclectisme affiché empêche de saisir une ligne rédactionnelle ou même des lignes de forces éditoriales affirmées. Mais certaines « short stories » de ce numéro 2 se suffisent pleinement en elles-mêmes pour offrir cet instant d’imagination, cet « espoir d’une déviation » dont Pandora aspire à être l’écrin.

Pandora, Casterman passé en revue

Une nouvelle revue de bande dessinée, ça se fête. Surtout quand elle réunit, comme Pandora, des grands noms du 9e art.

Pandora_couvPandora est dans la mythologie grecque la première femme de l’humanité. Elle est aussi, dans l’univers du 9e art, une jeune femme qui ne laissait pas Corto Maltese indifférent dans la Ballade de la mer salée. Pandora est désormais également une revue de bande dessinée, plus proche du « mook » que du magazine, lancée par les éditions Casterman.
L’initiative vise, comme l’explique Benoît Mouchart, son rédacteur en chef, à combler le vide d’une revue qui « permette d’explorer des formes nouvelles, non pas seulement pour les auteurs en devenir mais aussi pour les artistes confirmés ; un support qui reste accessible à la lecture d’un public non non bédéphile mais curieux de dessins et d’histoires : un support qui permette de nourrir d’un souffle nouveau le segment du divertissement« .

De fait, ce n°1 affiche un sommaire prestigieux, avec des auteurs plus que confirmés (d’Art Spiegelman à Blutch, de Mattoti à Otomo, de Jean-Christophe Menu à Loustal) mais aussi des plus jeunes auteurs (comme Florence Dupré la Tour) et une ouverture vers des contrées plus méconnues du 9e art comme la Finlande…

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