« Pilote » et « Paris Match » accompagnent Valérian

La sortie de Valérian – le film – a suscité logiquement un intérêt renouvelé pour Valérian (et Laureline) – la série de bandes dessinées. Parmi les nombreuses évocations, on reviendra sur deux parutions récentes. Et complémentaires.

Après avoir relaté l’an passé l’histoire du Journal de Tintin, Paris-Match s’intéresse donc cet été à la saga de Pierre Christin et Jean-Claude Mezières, présentée comme « la BD qui a inspiré les plus grands films de science-fiction ». Ce magazine n’apprendra pas grand chose à qui connaît déjà la série. En revanche, à l’aide d’articles courts et richement illustrés, ce hors série apporte les éléments de base aux béotiens du space opera en général et à Valérian en particulier. En revenant notamment sur divers aspects de la série (ses thématiques, ses créatures, le goût des dessins architecturaux de Mezières), accompagné d’un entretien avec les auteurs. Le tout (plus une bonne moitié consacrée au film de Luc Besson) pour 6,95 euros.

Déjà rapidement évoqué, le « Méga Spirou hors-série » de Pilote (qui re-renaît pour l’occasion), joint-venture (?) entre Dargaud et Dupuis, est lui d’un tout autre intérêt. Et il s’adresse à un public plus bédéphile qui pourra y trouver beaucoup de choses…

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Valérian, le film : premières images et nouvelle pages

La première bande-annonce de « Valérian and the city of thousands planets« , le film (bien français, donc) de Luc Besson, est sortie ce jeudi 10 novembre. Sans forcément convaincre.
Plus réjouissant, finalement, la réédition de l’Atlas cosmique et, en prévision une deuxième adaptation de Valérian… vu par deux grands auteurs !

C’est « le » grand jour. Celui de la première révélation sur l’univers visuel du prochain film de Luc Besson, qui ne sera autre que l’adaptation des aventures de Valérian et Laureline.

Image de prévisualisation YouTube

Au vu de ces fameuses premières images, justement, ce blockbuster annoncé n’apparaît pas franchement si explosif que ça. Avec une ambiance qui rappelle Star Wars, le Cinquième élément voire même Arthur et les minimoys (dans l’ambiance chromatiques de certaines séquences de couloirs sombres). Rien de très surprenant, de fait. Tout comme il est logique que toutes les images nées de la vingtaine d’albums de la série fassent écran à cette tentative de création en chair et en os (et en effets spéciaux, surtout).

Et il serait de toute façon très injuste de baser un jugement sur 1,30 minutes d’images… Mais, pour l’heure, il faut quand même vraiment prendre sur soi pour voir dans le visage poupin de Dane DeHaan le célèbre voyageur spatio-temporel créé par Christin et Mezières. Quant à Cara Delevingne, si la plastique de l’ex-mannequin tient la comparaison avec Laureline – tout comme l’énergie batailleuse qu’elle manifeste dans la bande annonce – il reste à voir si elle s’extirpera du style bimbo.

Retour vers le futur des albums

autour-de-valerianBon, en attendant, il est possible de se replonger dans les intégrales que Dargaud ressort à rythme intensif (le tome 2 et le tome 3 sont ainsi annoncés pour ce 18 novembre, les intégrales 4 et 5 en janvier 2017, les opus 6 et 7 en mars, etc.).

Plus intéressant encore, en ce même mois de novembre, sort une nouvelle édition de l’almanach des Habitants du ciel, l’atlas cosmique de Valérian et Laureline.
Paru en 1991, étoffé d’un supplément en 2000, cet album compilant la plupart des planètes et créatures de la saga était épuisée. Cette nouvelle édition est enrichie de 30 pages supplémentaires, avec de nouveaux textes, de nouveaux dessins de Mezières, une nouvelle maquette et mêmes deux illustrations inédites signées Mathieu Lauffray (portrait « de commande » de la classe dirigeante galactique) et Jean-Michel Arroyo (double page d’esquisses de vaisseaux spatiaux).

Lauffray et lupano reprennent Valérian

Côté sorties, Dargaud annonce aussi dans son pré-programme 2017 un Valérian vu par… Mathieu Lauffray et Wilfrid Lupano pour septembre 2017 ! Après celui réussi de Larcenet et au vu du profil des auteurs, on en salive déjà… Et ça pourra consoler d’un éventuel crash sur les écrans en juillet.

En attendant son adaptation de Valérian à venir à l'automne 2017, voici déjà une première immersion de Mathieu Lauffray, à découvrir dans la nouvelle édition de "L'Atlas cosmique", qui sort ces jours-ci.

En attendant son adaptation de Valérian à venir à l’automne 2017, voici déjà une première immersion de Mathieu Lauffray, à découvrir dans la nouvelle édition de « L’Atlas cosmique », qui sort ces jours-ci.

Valérian et Laureline ressurgissent de l’espace-temps pour accompagner Luc Besson

valerian-integrales-tome-1-valerian-integrale-tome-1Valérian, l’intégrale volume 1, Pierre Christin (scénario), Jean-Claude Mezières (dessin). Editions Dargaud, 160 pages, 20,50 euros. Sortie le 16 septembre.

Luc Besson vient d’achever le tournage de son adaptation de Valérian au cinéma. Sortie prévue à l’été 2017. Et ceux qui ne le sauraient pas encore ne devraient pas demeurer longtemps dans l’ignorance : la machine marketing commence déjà à se mette en place. Avec opportunisme – mais non sans légitimité – Dargaud y participe en relançant donc une nouvelle série d’intégrales des aventures spatio-temporelles de son héros. Un peu dans l’esprit de ce qu’avait fait Casterman lors de la sortie en salles d’Adèle Blanc-Sec de, déjà, Luc Besson.

Ce premier tome reprend les trois premiers albums de la saga, à l’identique du premier tome de la précédente intégrale, parue en 2007 : Les mauvais rêves, où se noue la rencontre, au XIIe siècle entre Valérian et l’effrontée Laureline ; La cité des eaux mouvantes (dans son intégralité avec Terres en flammes), première aventure commune dans une cité de New-York de 1986 envahie par les eaux ; L’Empire des mille planètes et son enquête sur Syrte-la-magnifique (dont le nom va inspirer celui du film de Besson)…

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Valérian et Laureline sur la planète Besson en 2017

Valérian-Laureline21 juillet 2017. Un peu lointaine, mais une date à noter. C’est ce jour qu’est annoncée la sortie au cinéma de Valerian and the City of a Thousand Planets, adaptation – sans doute – par Luc Besson de l’album L’empire des mille planètes de Valérian et Laureline.

Le casting devrait notamment comprendre Dane DeHaan (The Amazing Spider-Man 2) et Cara Delevingne (Suicide Squad) dans les rôles titre.

Ce serait là en tout cas la fin d’un vieux serpent de mer sur un passage sur grand écran de la fameuse saga de science-fiction de Christin et Mezières. Une série culte dont Le 5e élément apparaissait déjà comme une ébauche. Reste à espérer, maintenant que, justement, cette adaptation-là sera du niveau au-dessus. Si la sincérité de l’intérêt de Luc Besson n’est pas contestable, la réussite artistique de ces derniers films (euh, en fait de tous ces films depuis Le Dernier combat, vraie petite merveille singulière de film post-apo) peut quand même inquiéter.

Au moins cela devrait-il redonner un coup de projecteur sur les albums qui, eux, conservent toute leur classe et leurs qualités. Et s’avèrent, malgré le passage des ans, toujours aussi distrayants et intéressants.

La bande annonce participative de BD6né

Le festival BD6né, ce n’est certes que dans un mois. Mais pour participer au financement participatif de l’événement, il ne reste en revanche plus que deux jours !

3973a1cd4ac7ab9ffdfbbc9f1a881cUne poignée de bénévoles passionnés de BD et de cinéma ont monté, depuis trois ans, un festival à Nanterre et Saint-Ouen (et Paris), répondant à l’amusant nom de BD6Né. Et visant à créer un pont entre le 7e art et le 9 art.

Cette année la 3e édition annonce la venue de Jean-Claude Mézières, d’Alfred, de Chantal Montellier, mais aussi de Pascal Chind, Anne Simon, Bruno Terrier ou Nicolas Bary. Le programme complet est déjà visible en ligne, lui aussi.

La manifestation, sur la plateforme participative ulule, a fait le plus gros de l’effort d’ailleurs, en en étant à 73% de l’objectif affiché. Reste un dernier rush de participation d’ici dimanche !

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Jean-Claude Mezières raconte la genèse de Valérian

Venu pour l’inauguration de l’exposition qui est consacrée à son travail, à la bibliothèque Louis-Aragon d’Amiens, Jean-Claude Mezières sera aux Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens ce samedi. En attendant, il est revenu pour nous sur la naissance de son personnage fétiche, dans le cahier spécial du Courrier picard paru ce jour sur le festival d’Amiens.

Valérian et Laureline, les merveilleux agents spatio-temporels de Mezières et Christin ont atterri à la bibliothèque Aragon depuis fin mai (et y resteront basés jusqu’à la mi-août). Leur « papa » dessinateur, lui, sera aussi là ce samedi. Comme il était venu lors de l’inauguration, le 27 mai. Date à laquelle il avait bien voulu nous consacrer quelques instants. Histoire de revenir sur les débuts d’une des plus fabuleuses sagas de la SF française.

Jean-Claude Mezières, Valérian est apparu en 1967, comment est-il né?
Christin et moi étions des amis d’enfance. J’avais toujours pratiqué la bande dessinée, mais avec beaucoup de doutes. J’étais aussi copain avec Jean Giraud – Moebius. Forcément, c’était très dur pour moi! Après avoir beaucoup tergiversé, avoir travaillé dans la pub, dans l’illustration, avoir été cow-boy aux États-Unis, je suis allé voir Christin. Lui avait une approche très journalistique, mais il me laissait très libre sur ma manière de dessiner. Il me donnait des ambiances et la psychologie des personnages. Et ça, c’était très important, car cela a nourri dès le début nos personnages – dont on ne savait bien sûr pas qu’on allait faire pendant 45 ans les aventures!

 C’était assez original pour l’époque…
Oui, c’était de la science-fiction, et il n’y en avait pas dans Pilote. Il n’y en avait d’ailleurs nulle part en France! Il y avait eu un peu avant Barbarella, mais elle n’était pas du tout connue.

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Les Rendez-Vous de la bande dessinée d’Amiens, dans le Courrier picard ce mercredi

Cahier spécial à paraître ce mercredi 4 juin dans le Courrier picard (toutes éditions) sur les Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens. Quatre pages avec, des entretiens avec Riff Reb’s et Jean-Claude Mezières, un dossier sur le 9e art et la Grande Guerre à Amiens et toutes les infos à savoir sur ce 19e rendez-vous en bord de Somme.

Et voici déjà la Une…

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Luc Besson veut adapter Valérian
au cinéma

Une planche des "Cercles du pouvoir". Avec son taxi volant proche de celui du 5e élément.

Après Adèle Blanc-Sec, Luc Besson à l’intention d’adapter à l’écran les aventures de Valérian et Laureline, de Pierre Christin et Jean-Claude Mezières, dont il vient d’acquérir les droits. Annoncé voilà quelques jours, le projet ne se fera pas tout de suite. Le réalisateur du Grand Bleu ayant, avant cela d’autres projets (dont une adaptation d’un roman de Tonino Benacquista).
Il y aurait, de fait, une certaine logique à voir l’ex-wonder boy français – qui se déclare lecteur de longue date de Valérian – mettre en scène les aventures des deux agents spatio-temporels, au vu du travail fait par Jean-Claude Mezières pour la préparation du Cinquième élément. Travail que l’on retrouva d’ailleurs, en partie, avant même la sortie du film dans Les Cercles du pouvoir, dont les fameux taxis volants jaunes.
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In memorian Jean Giraud, Gir, Moebius

Né le 8 mai 1938 à Nogent-sur-Marne, Jean Giraud alias Gir, alias Moebius s’est éteint le 10 mars 2012. Dessinateur éclectique il fut le créateur de plusieurs séries marquantes de la BD européenne.

Gamin, il dessinait déjà : « A 7 ans, je gribouillais des colts dans les marges de mes cahiers. Leurs formes mystérieuses, changeantes, me fascinaient », confie-t-il dans une interview à L’Express. Il n’a que 15 ans quand il vend sa première histoire à Marijac, patron de Coq Hardi. Après deux années à l’École des arts appliqués il publie ses premières illustrations. Ce sont des travaux pour la publicité, la mode ou la décoration mais il a le temps de réaliser sa première bande dessinée, Frank et Jérémie, publiée en 1956, dans le mensuel Far-West. À partir de cette même année, il décide de se consacrer exclusivement à la BD et collabore comme dessinateur à des revues telles que Fripounet et Marisette, Cœurs Vaillants et Sitting-Bull. Après le service militaire Jean Giraud devient l’assistant de Jijé et il retrouve le western de son enfance avec Jerry Spring. Nouvelle rencontre importante pour cet amoureux de science-fiction, avec Jean-Claude Mézières (qui va créer Valérian et Laureline) il travaille sur la collection L’Histoire des civilisations pour Hachette.

Et Georges Dargaud sort le magazine Pilote (qui ne s’amuse pas encore à réfléchir). Jean-Michel Charlier, l’un des fondateurs du journal, lui propose le dessin d’une série de western : Blueberry ! Giraud, pour modèle de son personnage, buveur, tricheur et « pouilleux » va prendre l’acteur Jean-Paul Belmondo. Tout de suite c’est le succès. Le scénario solide et bien charpenté est appuyé par le graphisme tout à la fois classique et moderne du dessinateur. Le côté réaliste, voire outrancier du personnage, éloigné des Tom Mix ou Kit Carson  renvoie plus sur les westerns spaghetti de Sergio Leone qu’aux films de Gary Cooper ou John Wayne.

C’est pour Hara-Kiri, journal bête et méchant, que Jean Giraud invente Moebius pour des récits de science-fiction. Dès lors, ce va être une explosion de créativité, L’Écho des savanes et Métal Hurlant accueillent Le Garage Hermétique et Le Major Fatal, Arzach ou Le Bandard fou, Les Yeux du chat qui vont ouvrir les portes de nouveaux territoires aux artistes et aux amoureux de la découverte. Ses univers sont souvent teintés d’une science-fiction fantasmagorique et délirante ainsi que d’une poésie nimbée de métaphysique.

Jean Giraud est pressenti pour les décors d’un film issu de Dune de Franck Herbert avec Salvador Dali dans l’un des rôles phares, faute de moyens, le film ne sera pas réalisé mais les travaux préparatoires lui permettent de rencontrer Alejandro Jodorowsky avec qui il va créer L’Incal, une saga de science-fiction en six volumes parus entre 1980 et 1988. Mais l’aventure hollywoodienne de Jean Giraud n’est pas finie car il est engagé en 1977 par Ridley Scott pour participer à la conception graphique de Alien, le huitième passager. Par la suite, il travaillera encore pour le cinéma avec Les Maîtres du Temps de René Laloux, Tron de Steven Lisberger, Master of the Universe de Gary Goddart, Willow de Ron Howard, Abyss de James Cameron, Little Nemo de Masanori Hata, Space Jam de Poe Pytka et le Cinquième Elément de Luc Besson . Amérique et science-fiction toujours, en 1988, Jean Giraud part à Los Angeles et illustre une histoire du Surfer d’Argent en collaboration avec Stan Lee. Circonstance rare pour un auteur européen, cette contribution a influencé plusieurs auteurs de comics, comme Jim Lee ou Mike Mignola.

Jean Giraud s’est donc éteint, mais son œuvre demeure vivante, d’autant plus que, depuis quelques mois, les Humanoïdes associés ont entrepris la réédition des albums de Moebius.

Merci, Monsieur pour nous avoir offert ces moments de liberté, une liberté que goûte aussi le Silver Surfer.

 

Valérian revit grâce à Larcenet

Valérian vu par… Larcenet, t.1 : l’armure du Jakolass, éditions Dargaud, 48 pages, 11,95 euros.

Lorsque Pierre Christin et Jean-Claude Mezières m’avaient dit leur refus de voir des suites purement commerciales aux aventures de Valérian, mais leur soutien à des « coups de sonde« , des « expériences avec des gens qui ont un style complètement différent, qui vont s’y prendre d’une autre manière pour explorer des trucs qui n’ont pas été racontés jusqu’ici« , j’avais trouvé l’idée très sympathique… tout en étant plutôt dubitatif sur les possibilités d’en voir un jour la concrétisation. Et bien, il n’aura pas fallu deux ans pour une première démonstration, très convaincante, grâce à Manu Larcenet.

Si l’on se situe bien dans l’univers de Christin et Mezières ; côté dessin « complètement différent« , le contrat est rempli. Côté « autre manière d’explorer des trucs inédits« , aussi. Et de belle manière

On retrouve donc ici un Valérian loin du fringant agent spatio-temporel, téléporté dans le corps d’un pilier de bistrot chauve, rabougri et moustachu, perdu au comptoir de « Chez Francisque » (un clin d’oeil parmi bien d’autres). Heureusement, Monsieur Albert, Laureline et les inoubliables Shingouz vont l’expirter de sa banlieue sordide pour l’emmener dans « l’espace infini qui éblouit l’imagination du pauvre attracté terrestre… » et le remettre sur la piste de Jesperiank le Jakolass, responsable de l’enchantement diabolique et seul capable d’y mettre fin. Direction la planète carcérale Walawalla où va se dénouer l’intrigue…

Ni hommage besogneux, ni pastiche parodique, l’auteur du Retour à la Terre prend son départ pour l’espace et fend l’armure (du Jakolass, donc) avec un album délicieux, qui poursuit et ouvre une autre dimension aux péripéties des deux héros de Christin et Mezières.

Le retour de Valérian... avec des moustaches et au comptoir.