20 ans, toujours pas le plus bel âge…

Le bel âge, tome 2: territoire, Merwan, éditions Dargaud, 72 pages, 14,95 euros.

On les avait découvertes, voilà cinq mois. Trois jeunes filles, tout juste sorties de l’âge ingrat de l’adolescent, à peine entrées dans « le bel âge » pas si réjouissant. Trois destins parallèles et également en crise. Lila qui rompait avec sa famille, Violette qui s’éloignait de ses amies après une trahison qui l’avait meurtrie et la gentille et sage Hélène qui doutait de son travail de thèse. A la fin du précédent tome, les trois convergeaient vers un même appartement. Devenues colocataires, la vie n’est pas plus facile pour autant. Avec un espace limité à se partager, de nouvelles amours, des clashs et des remises en cause comme ceux qui achèvent ce deuxième album de ce triptyque toujours aussi touchant. Chroniquant la banalité de la vie à 20 ans, Merwan Chabane l’illustre de manière sensible et vraie. Toujours avec le même dispositif narratif développé dans le premier tome : trois petits chapitres consacrés à une des héroïnes – comme l’annonce la couv’ kaléidoscope – suivi d’un final confrontant les trois. Pour finir par un « rebond » entretenant le suspense. Le trait est toujours aussi léger et épuré, donnant beaucoup de charme à son trio de drôles de (jeunes) dames et les rendant d’autant plus attachantes. Bref, de quoi donner envie de continuer encore la coloc’.

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Avoir 20 ans et des galères
de jeunes filles d’aujourd’hui

Le bel âge, tome 1: désordre, de Merwan, éditions Dargaud, 72 pages, 14,99 euros.

Paul Nizan est décidément à la mode en ce début d’année. Au-delà des Nouveaux chiens de garde, qui rendent hommage à son pamphlet, c’est la – célèbre – première phrase de son ouvrage Aden Arabie,  «J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie», qui semble inspirer cette nouvelle série de Merwan.
Particulièrement éclectique, après son péplum en cours Pour l’empire avec Bastien Vivès (Pour l’Empire) ou son conte russe l’Ourso, il se plonge avec cette nouvelle série dans les émois de trois jeunes filles et les drames de la post-adolescence. Violette, aux cheveux noirs, qui vit toujours chez ses parents et vivote avec un job à mi-temps, vient de se séparer de son petit ami et ne s’en remet pas ; Hélène, la brune, se débat avec une thèse dont elle ne parvient à voir le bout. Lila, la blonde platine, elle se retrouve ostracisée par tout le monde depuis qu’elle a couché avec le copain de sa colocataire. Trois filles qui ne se connaissent pas, dont l’histoire avance en parallèle, en courts chapitres de quelques planches, avant que, par le ressaisissement de chacune, elles ne se retrouvent toutes trois devant la même porte d’appartement. A la dernière case de la dernière page, vrai « cliffhanger » pour le tome 2 qui semble indiquer le début d’une nouvelle histoire, désormais unique ?
Joli exercice sensible et bien senti, Le Bel âge s’apparente, notamment par son découpage très séquencé, son montage « cut », ses cadrages souvent très serrés et son « pré-générique » à l’univers du cinéma. Mais son style, avec son graphisme épuré, très expressifs et ses applats de couleur dense, apporte une incontestable personnalité à ce premier album. De quoi donner envie de connaître la suite de l’histoire de ce trio attachant.

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