Creil, la ville aux mangas

La ville aux livres organise sa 6e convention manga le 25 mai prochain.

Le « premier et plus important évènement manga de la région Picardie » est de retour, fin mai. Cette 6e convention manga, organisée par La Ville Aux Livres en partenariat avec la Médiathèque Antoine-Chanut, ainsi que les librairies La maison de la Bande Dessinée et Entre les lignes se propose, une fois encore, de faire découvrir le temps d’une journée la diversité de la culture manga, avec des animations, des expos, un concours de dessin, mais aussi des démonstrations d’arts martiaux, des dégustations de spécialités japonaises, du jeu de go et du retro gaming de jeux vidéos. Et bien sûr des auteurs en dédicaces.

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Quartier lointain :
retour sur les planches

La Comédie de Picardie accueille pendant trois soirées l’adaptation théâtrale de Quartier lointain, le chef d’oeuvre de Jirô Taniguchi. Alléchant, forcément.

"Quartier Lointain" sur scène.

Les BD adaptées au cinéma, cela devient banal (et pas toujours une réussite. Pour un V pour Vendetta combien de Daredevil et pour un Astérix revu par Chabat combien de Boule et Bill…). Les albums transposés au théâtre, eux, sont plus rare. Autant donc ne pas manquer cette mise en scène de Quartier lointain, l’un des meilleurs récits de Jirô Taniguchi, que propose la Comédie de Picardie pendant trois jours à Amiens. Et cela d’autant plus que cette adaptation par le suisse Dorian Rossel arrive en Picardie précédée d’une bien belle réputation (la création remonte à 2011)…

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Les prix Japan Expo Awards
et Asie-ACBD 2012 décernés

Le festival Japan Expo, qui s’est ouvert ce jeudi, a remis ses différents prix. Tout comme l’ACBD Asie.

Les Japan Expo Awards 2012 ont été décernés en cette fin de semaine, dans le cadre du festival Japan Expo, qui se tient jusqu’à dimanche au Parc des Expos de La Villette.

Catégorie shônen (manga pour garçons), le prix a été décerné à GTO Shonan 14 Days de Tôru Fujisawa (Pika).

Catégorie shôjo (manga plutôt destiné aux adolescentes), c’est Dengeki Daisy de Kyousuke Motomi (Kazé) qui a été primé.

Catégorie seinen (manga plus axés vers les jeunes adultes), le prix revient à Ashita No Joe de Testuya Chiba et Asao Takamori (Glénat).

De son côté, l’Association des techniciens de l’édition et de la publicité (Atep) a choisi NonNonBâ de Shigeru Mizuki (Cornélius).

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5e convention Manga à Creil ce samedi

En cinq ans, elle s’est positionnée comme le premier rendez-vous du genre en Picardie. Pour cette 5e convention manga, ce samedi 14 avril, plus d’un millier de visiteurs sont attendus. Au programme, des auteurs, mais aussi des expos et de nombreuses animations, dont le désormais traditionnel – et souvent spectaculaire – défilé de « cosplay » (à 17 heures, qui précédera un défilé de « mode manga », avec les créations Lolitabulle)

Côté auteurs, sont annoncés Loïc Chevallier pour Kenji le Ninja (Clair de Lune), Valérie Dumas pour Le Duc aime le dragon (Hongfei), Klem pour Satori (Humanoïdes associés), Madd pour Break ! (12 Bis), Chiaki Miyamoto pour les Couleurs de Bilo (Nobi), Morja pour Malice et Catastrophe (Dargaud), Rann pour Memento Mori (Tonkam), Sinath pour Le Carnet de Théo et Dans ma bulle (Rageot). Ainsi qu’Amandine et Greg Tessier pour Mistinguette (pas vraiment manga, mais Greg Tessier étant le coordonateur de la manifestation, autant en profiter, surtout pour un album des plus sympathique).

Histoire d’enfoncer le clou, dès l’année prochaine, la manifestation s’appellera d’ailleurs tout simplement « Manga Creil ».

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Soleil Manga continue à réviser ses classiques

LE ROUGE ET LE NOIR et LES MISERABLES,  Variety art works, 192 pages, 6,95 €

Soleil Manga poursuit, comme annoncé, son offre de « classiques ». Après l’adaptation réussie du Kapital de Karl Marx – de fait moins problématique par son contenu de « vulgarisation scientifique » d’un texte d’économie politique ardu – c’est au tour de Stendhal et de Victor Hugo de connaître leur version dessinée made in Japan. Avec quelques libertés forcément (fort honnêtement précisés dans les cas les plus flagrants).

En allant à l’essentiel, le Rouge et le noir, fait cependant ressortir les lignes de force du roman de Stendhal:  l’arrivisme social perturbé par l’amour romantique, la critique de la société de la Restauration que l’auteur grenoblois abhorrait. On suit donc l’ascension, contrariée, de Julien Sorel, fils de charpentier et fan de Napoléon qui, par son intelligence devient d’abord précepteur des enfants de Rênal, où il séduit la maîtresse de maison. Puis, dans un second temps,  le héros monté à Paris après un passage au séminaire devient secrétaire de monsieur de La Mole, ou son amour pour la fille de son nouveau maître l’entraînera vers sa perte, suite à une machination aboutissant à sa tentative de meurtre contre Madame de Rênal, puis sa condamnation à mort.

Suivant fidèlement la trame du roman, ce manga, une fois assimilés les personnages aux grands yeux ébahis et quelques onomatopées propres au langage du manga, le résultat s’avère étonnement efficace et séduisant.

C’était un autre défi, encore, avec Les Misérables. Là, c’est carrément un monument de la littérature française auquel se frotte le manga. Là encore, l’approche se veut fidèle, et retrace les principaux épisodes de la saga hugolienne, à travers la vie de Jean Valjean, l’ancien bagnard en phase de rédemption, poursuivi par le tenace inspecteur Javert…  Cosette, les Thénardier, l’épisode de la charrette qui démasque Valjean, etc. Tout (du moins l’essentiel y est). Mais si le romantisme stendhalien fonctionne bien avec le style du manga, le réalisme social épique de Victor Hugo s’avère plus rétif à l’adaptation. Très – trop – expressionniste, le dessin caricature l’oeuvre. Et ses personnages, avec un Javert quasi démoniaque et un Jean Valjean bizarrement chauve.

Malgré tout, le but revendiqué de la collection – vulgariser et faire connaître à un nouveau public des classiques – est atteint. On tourne la dernière page de ces deux albums avec l’envie d’aller se replonger dans les illustres originaux. Pari éditorial gagné.

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Dofus millionnaire !

Dofus manga fête son millionième exemplaire vendu en ce mois de mai 2011. Dix ans tout juste après sa création, un anniversaire qui mérite d’être salué pour la boîte nordiste Ankama.

Dofus, c’est bien sûr d’abord – et cela reste -  un jeu MMORPG soit un jeu en ligne associant des milliers, voire, plus de joueurs, dans un univers et des aventures d’héroïc-fantasy qui le rapproche du l’emblématique World of Warcraft, en plus juvénile et avec aussi beaucoup plus d’humour dans la caractérisation des personnages.

L’aventure d’Ankama a aussi tout de la success story qu’on imagine mieux dans la Silicon Valley que dans la banlieue lilloise… Pourtant,  la société roubaisienne fondée par les trois jeunes amis Camille Chafer, Emmanuel Darras et Anthony Roux, c’est dix ans après sa création, plus de 450 personnes réparties entre Roubaix, Paris et Tokyo, qui font aussi de  la vidéo, des dessins animés, des produits dérivés… et de l’édition (non sans logique). Ce dernier département se consacre à produire de jolis artbooks (que la société distribue généreusement aux participants à ses conventions), un magazine et des adaptation en mangas.

Et en ce mois de mai 2011, Ankama célèbre son millionième exemplaire de manga vendu, en se félicitant d’être l’éditeur de manga le plus lu en France.

Un Yen, deux héros, trois débiles masqués

Pour l’occasion, la sortie du numéro 15, le Yen intrépide (par Ancestral Z et Mojojojo, 224 pages, 6,40 euros) attendue pour le 26 mai, va s’accompagner d’une édition spéciale strictement limitée à 15 000 exemplaires (et 7,90 euros). Avec une « luxueuse jaquette
alternative inédite », des autocollants repositionnables pour la customiser, et une
carte de loterie  offrant aux joueurs la « panoplie o’poil » !

Et pour tout le monde, voici un résumé de ce nouvel épisode, qui donne un bon aperçu de l’ambiance déconnante de ce petit monde très sympathique : « Alors que Dodge a enfin retrouvé les faveurs d’Ecaflip et vogue vers le royaume des morts avec son nouveau pote Ejipe, Arty et Goultard ont choisi de faire les malins et de voyager à dos de Kralamoure… Le temps de réaliser qu’ils se sont totalement paumés au coeur d’une contrée inhospitalière, et notre duo commence à déchanter. La rencontre avec trois débiles masqués n’est pas non plus pour les rassurer… Mais où sont-ils tombés ? Sur le territoire d’une civilisation cachée de montagnards : les Zobals. L’occasion pour eux de faire un petit peu d’anthropologie : que se passe-t-il quand un Zobal masqué est gravement offensé ? Il demande réparation en provoquant une bonne baston, pardi ! »

Un univers éditorial lui-même en extension. A côté de la série principale se développent ainsi  la série DOFUS Arena, qui entraîne le lecteur à la découverte de l’univers des gladiateurs et des coachs du jeu de combat stratégique en ligne et, plus intéressante, la collection  DOFUS Monster, autour des principaux monstres issus du jeu de rôle. A chaque fois, un auteur différent livre une histoire complète, qui fait découvrir un nouveau monstre. Un espace d’expression pour les auteurs confirmés et un tremplin
pour de jeunes auteurs.

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Marx attaque en manga

LE CAPITAL, deux tomes, Karl Marx, ed. Soleil Manga/Démopolis, 192 p. 6,95 euros.

Après le pape (ou plutôt avant) Karl Marx ! Décidément le manga se prête à tout. Dans ce diptyque qui a connu un beau succès au Japon (40 000 exemplaires vendus par Variety ArtWorks/East Press depuis la parution en décembre 2008), il n’est pas question d’une adaptation littérale du Capital, l’oeuvre maîtresse de Marx et Engels.

Cette approche de manga « à l’européenne » (c’est-à-dire dans le sens de lecture européen)  a été revue et adaptée par les éditions Demopolis, jeune maison spécialisée dans les ouvrages politiques, et préfacée par Olivier Besancenot (plutôt sobrement et efficacement soit dit en passant).

Vulgarisation efficace

Dans le premier tome, c’est à travers une histoire, volontairement édifiante, d’un fabricant de fromages de chèvres du milieu du XIXe siècle que se dévoilent les notions fortes de « marchandise », de « force de travail », « d’exploitation » ou de « valeur ». Robin vend donc au marché les fromages qu’il fabrique avec son père à la ferme. Mais un financier vient lui faire miroiter la possibilité d’étendre sa production. Par désir d’avoir plus d’argent (et en souvenir de sa pauvre mère morte faute d’avoir pu acquérir des médicaments), le fermier accepte. Il acquiert une fabrique, embauche des ouvriers, augmente les cadences, rationnalise la production et commence à connaître les affres du système…

Dans le deuxième tome, plus théorique, Friedrich Engels lui-même (qui a achevé l’oeuvre de Marx) vient commenter la suite de la marche des affaires de Robin et ses déboires, développant le concept de la « plus value », évoquant la recherche effrénée du profit et les contradictions, notamment en terme de crises de surproduction, que cela entraîne. Et la nécessité de mettre fin à un tel système aberrant.

Un exercice de vulgarisation qui, avec toutes les limites du genre, est une sorte de petit exploit. Graphiquement pauvre, l’adaptation en bande dessinée se montre efficace.

A l’heure ou le capitalisme se débat dans une nouvelle crise majeure et où l’on en vient même dans les plus hautes sphères à remettre en cause (du moins en discours) certaines de ses plus récentes déviances, il est tout  a fait d’actualité de revoir ses fondamentaux en la matière. Ces deux petits livres y contribuent bien à leur manière.

Stendhal et Hugo en mai

A noter qu’il ne s’agit pas, pour Soleil Manga, qui édite les albums, seulement d’une brusque poussée de gauchisme echevelé. Sont déjà annoncés, à paraître en mai deux autres mangas « classiques », « adaptation du patrimoine littéraire mondial ». A savoir Les Misérables de Victor Hugo et Le Rouge et le noir de Stendhal.

Avec l’objectif affiché de développer deux axes :  l’adaptation d’oeuvres littéraires et celle d’oeuvres de réflexion, en publiant « des manga de vulgarisation d’oeuvres très connues de la littérature mais d’approche difficile et, d’autre part, de donner aux lecteurs
curieux une vision manga d’oeuvres qu’ils ont déjà lues dans le texte ». Avec un nouveau support apte à sensibiliser un public ado, notamment, à ces épopées littéraires majeures.

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Les bulles du Pape…

Après Naruto, et Dragon Ball Z… Benoît XVI. L’église catholique joue la carte du Manga…

Si la dépêche qui annonce l’information avait été datée du lendemain, on aurait pu en douter. Mais c’est le 30 mars que l’AFP annonce qu’un manga sur la vie du pape sera distribué à l’occasion des JMJ à Madrid, en août prochain.
Plus de 300 000 exemplaires de cet album, intitulé Habemus Papam !, devraient être imprimés en espagnol et en anglais (et tant pis pour les bédéphiles cathos de l’Hexagone) et distribués dans les églises, les hôtels et les stations de métro de la capitale espagnole.
Les auteurs de ce manga sont Sean Lam, de Singapour, côté dessin et Gabrielle Gniewek, étudiante à l’université JP Catholic de San Diego, fondée en 2006, « dans le but de rapprocher le Christ de la culture populaire à travers divers modes de communication, notamment les nouvelles technologies« .
«Nous espérons que cette initiative pourra rapprocher les gens du Saint 
Père et montrer l’importance, la visibilité et l’activité de l’Eglise dans la 
culture moderne», précise Jonathan Lin, l’éditeur californien du site.
Pour ce qui est de l’apport de l’Eglise à la culture moderne, on reste dubitatif, mais il y a là tous les ingrédients pour assurer une bonne vieille hagiographie catholiquement correcte.
Bon, il n’est pas sûr qu’on fera le pèlerinage jusqu’à Madrid pour ça, mais on est curieux de voir quand même comment sera traité la propre jeunesse de Benoît XVI, du temps où il était enrôlé dans les jeunesses hitlériennes…

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L’amour en pente douce

LES ANNEES DOUCES, t.2, de Jirô Taniguchi, ed.Casterman, 232 pages, 16 euros.

La toute dernière série de Jirô Taniguchi – diptyque adapté d’un célèbre roman de Hiromi Kawakami, dont le deuxième volet vient de paraître en ce mois de février – ne déparera pas dans l’oeuvre du plus européen des mangaka.

On retrouve ici le trait accessible et l’univers sensible de l’auteur de Quartier lointain et le même intérêt pour l’étude des rapports humains.

Tout était parti d’un hasard, ou du destin. Dans un café, une trentenaire, Tsukiko, retrouve son ancien professeur de japonais,  de plus de trente ans son aîné. Entre la jeune femme célibataire et l’homme veuf, une complicité va naître, au fil de leurs rencontres, autour d’un verre de saké dans un café. Puis leurs rendez-vous vont s’élargir à une balade dans un marché, un jour de cueuillette de champignons en montagne, rogressivement, par touches légères, de la connivence, ils vont passer à une véritable affection, et peut-être même plus … C’est l’objet de ce deuxième tome, cette montée progressive vers un désir attendu, espéré, mais qui marquera aussi la fin de l’histoire. Et lui donnera toute sa force. Taniguchi dessine cela avec toute la délicatesse et la pudeur requise. Des années douces pour une liaison qui dure, et qui restera longtemps dans la mémoire et la rétine de ses lecteurs.

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