Edelweiss, une vie à gravir à deux

Edelweiss, Cédric Mayen (scénario), Lucy Mazel (dessin). Editions Vents d’Ouest, 96 pages, 17,50 euros.

C’est au cours d’un bal typique de l’après-guerre qu’Edmond (dit « Mommon ») jeune ouvrier chez Renault, rencontre Olympe, fille d’un riche bourgeois et en quête d’émancipation. Désireuse de gagner sa vie toute seule, grâce à son travail de couturière, elle partage néanmoins la passion familiale pour la haute montagne, depuis que l’arrière-grande tante, Henriette d’Angeville, a été la première femme à avoir gravi le Mont-Blanc. Et elle entend bien s’inscrire dans les pas de son aïeule.
Différents obstacles vont se dresser devant le jeune couple: les réticences du père d’Olympe de voir sa fille mariée à un simple ouvrier, le départ d’Edmond au service militaire, au 13e BCA de Chambéry, ce qui ne ravit pas le parigot pure souche qui n’a jamais quitté la capitale. Une double opportunité les rapprochera ensuite de cette montagne qui va les unir pour le meilleur et le pire. Et malgré les a-coups de l’existence, qui ne les épargneront pas, ils vont conserver cette détermination à atteindre ce rêve désormais partagé…

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Cause Commune

501 COMMUNARDES ELEPHANT T02[VO].indd.indd Communardes_aristocrate fantôme_couvCommunardes: les éléphants rouges, Wilfrid Lupano (scénario), Lucy Mazel (dessin).
Communardes: l’aristocrate fantôme, Wilfrid Lupano (scénario), Anthony Jean (dessin).Editions Vents d’Ouest, 56 pages, 14,50 euros.

La Commune de Paris reste un épisode mythique, mais finalement peu traité en bande dessinée (hormis l’adaptation du Cri du peuple par Tardi).  Quelques mois, entre le départ de Napoléon III après son fiasco face aux Prussiens et le massacre des derniers communards par les « versaillais » de Thiers, qui demeurent un symbole fort dans le récit des grands épisodes révolutionnaires. Et parmi ces « communards », il y avait aussi des « communardes ». Louise Michel en demeure la plus emblématique, mais ce sont d’autres destins, plus anonymes qui sont évoquées dans cette nouvelle série scénarisée par Wilfrid Lupano et annoncée en trois albums.

S’ils sont parus simultanément, cet automne, Les éléphants rouges arrive, chronologiquement, en premier. Et avant même l’instauration de la Commune, en mars 1871. C’est encore l’hiver 1870. Paris est assiégée par l’armée prussienne, la famine règne dans la capitale. Tandis que le gouvernement de défense nationale réfléchit à créer un bataillon féminin « d’amazones », la jeune Victorine passe son temps avec sa bande ou au Jardin des Plantes, pour s’occuper des deux éléphants: Castor et Pollux. Pleine d’imagination, s’inspirant d’Hannibal, la fillette entend utiliser les pachydermes pour libérer Paris. Mais le temps n’est pas aux rêveries enfantines et le destin sera plus terre et à terre et cruel…

L’aristocrate fantôme se déroule, cette fois, en plein durant les trois mois de la Commune. Sous la menace d’une offensive versaillaise, une aristocrate russe, passionaria socialiste Elisabeth Dmitrieff, va créer la première organisation féministe d’Europe, l’union des femmes pour la défense de Paris. Ce combat pour les droits des femmes, Elisabeth et ses camarades le mèneront jusqu’au bout… sur les barricades.

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