Quand le passé re-débarque

Bleu, Blanc, Sang, tome 1 :  Provence, août 1944, Stalner, Moënard, éditions Soleil, 48 pages, 14,30 euros.

La couverture, avec son dessin typique de débarquement allié et sa manchette faisant un peu songer à celle de WW2.2, pourrait laisser penser à une nouvelle série historique sur le deuxième conflit mondial. Ce qui serait réducteur. Si la guerre est bien présente en arrière-fond de l’intrigue, cette nouvelle série (prévue en trois épisodes) se présente plus comme une enquête sur un passé enfoui et un drame familial tabou… entre deux guerres. L’histoire se déroule en fait, au début des années 60, sur la Côte d’Azur,avec d’importants flashbacks se déroulant autour de la période du débarquement de Provence.

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Revue de presse sur la BD
à l’occasion d’Angoulême

Marronnier médiatique traditionnel, et principal instant ou la bande dessinée à droit de cité à la « une », le Festival d’Angoulême, fin janvier, est aussi – quand même l’occasion – de trouver des éclairages intéressants sur le 9e art. Petite revue de presse, pas exhaustive et subjective.

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Enquêtes sur une bulle
prête à exploser…

Il est rare que la « grande presse » généraliste française consacre un large espace à la bande dessinée – hors rendez-vous rituel angoumoisin de janvier, ou best-seller incontournable. L’enquête « Grand angle » que publie Libération, ce mardi, est donc d’autant plus à saluer.

L’auteur, Quentin Girard brosse un portrait – plutôt sombre – de « l’envers de la bulle« , à travers essentiellement un zoom sur l’atelier Manjari (Merwan, Bastien Vivès, Marion Montaigne, etc), ce qui est en fait forcément les limites. Mais, malgré cet angle restrictif, les paradoxes du secteur sont bien abordés. Ainsi, jamais on n’a publié autant de bande dessinée – 5327 recensés par l’ACBD en 2011 – mais la situation des auteurs se précarise, en parallèle à une surproduction visant à soutenir la hausse des ventes globales par le nombre de titres publiés… Ce qui s’accompagne d’une diminution moyenne des tirages, donc des revenus des auteurs. CQFD.

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Moins de bulles dans la presse nationale cet été

L’an passé, la bande dessinée avait été particulièrement à l’honneur dans la presse estivale. Pour cet été 2012, la situation est, un peu à l’image de la météo, plus morose.

France-Soir n’est plus là. Et l’Humanité, tout comme Le Monde ne semblent pas vouloir ré-éditer leurs opérations de 2011. Bref, moins de bulles à feuilleter. Mais la tradition est préservée néanmoins par certains.

Au premier rang desquels, Libération. Le quotidien de la rue Béranger reste fidèle à son inclination pour le genre. Avec un double rendez-vous estival, qui a débuté en ce samedi 14 juillet. Dans le cahier été, on pourra retrouver « Deux strips par jour pour le prix d’un« , réalisés par Yassine et Toma Bletner, multiblogueurs et créateurs des bandes de « Monsieur Strip« . Un humour un peu trash et loufoque plutôt bien vu. Et en fin de journal, en lieu et place de la double page « Grand angle », Libération publiera, en pré-publication deux planches par jour jusqu’au 24 août de la nouvelle série du dessinateur espagnol Carlos Gimenez, Pepe (ed. Les Echappés / Charlie Hebdo ; album à paraître le 27 septembre). Un récit en noir et blanc sur la vie du bédéiste José Gonzales dans l’Espagne franquiste de l’après-guerre.
Deux rendez-vous complétés, dans cette édition de fête nationale par la présentation des deux multiblogueurs et d’un entretien avec Gimenez.

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Cette campagne présidentielle,
ça sent le Sapin

Je l’avais un peu zappé, samedi dernier. Occasion de se rattraper dès aujourd’hui dans le LeMag du samedi de Libération.

Après avoir été « embedded » pendant six mois au sein du quotidien (ou il tient désormais en blog un « journal de campagne« ) le dessinateur Mathieu Sapin récidive, au QG de campagne de François Hollande (pour un album de Bulles de campagne prévu pour parution le 22 mai chez Dargaud). Et donc, pendant encore cinq semaines, il livre ses carnet de dessins, en forme de double pages dans LeMag. La série a débuté, la semaine passée par le début d’une visite du candidat socialiste dans une usine de Vierzon, dont on découvre la fin cette semaine. Suivront des instantanés du meeting de Nicolas Sarkozy à Villepinte, puis de Jean-Luc Mélenchon place de la Bastille et enfin de François Bayrou.

C’est drôle, pertinent et avec un regard très frais et vrai sur les coulisses d’une campagne présidentielle. A suivre donc pendant encore 5 samedis (avec ce 7 avril) dans Libé.

 

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Le bel hommage à Moebius
de « Libération » et Bilal

Connu samedi, le décès de Jean Giraud, alias Moebius n’a pu être traité par les quotidiens ne paraissant pas le dimanche. D’où quelques retours ce lundi 12 mars. Et le plus réussi – sans surprise – est le fait de Libération, qui consacre pas moins de cinq pages (dans sa nouvelle séquence « culture » remaniée), dont un joli billet de Bayon (par ailleurs auteur d’un autre article à lire sur « la bande à Moebius ») et, en « der », un portrait… de Blueberry lui-même ! Le tout annoncé par une magnifique « une » affiche réalisée par Enki Bilal.

Un numéro qui, sans atteindre bien sûr, l’ampleur du cultissime numéro consacré à la mort de Hergé, est un bel hommage rendu par un quotidien qui a toujours eu une inclination réelle envers la bande dessinée.

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Quand la presse redécouvre la BD
à l’occasion d’Angoulême

Une fois encore, le meilleur traitement BD à l'occasion d'Angoulême est fait par "Libé"

C’est devenu un des marronniers de la presse. Fin janvier, tandis que le monde de la bande dessinée se retrouve à Angoulême, la plupart des titres y vont de leur sujet, semblant découvrir, une fois par an, ce qu’ils ignorent assez largement le reste de l’année.

Cette année 2012, l’angle était d’autant plus facile que la présidence du festival est assurée par Art Spiegelman, l’auteur de Maus, qui a, par son traitement animalier et unique de l’holocauste, demontré qu’on pouvait dessiner des souris sans pour autant se restreindre à faire des « petits Mickeys« . D’où des sujets assez similaires, dès ce mercredi dans Télérama ou l’Express, entre autre, tournant autour du même jeu de mots : « Spiegelman, quel Art »La Croix, elle exhume de son côté « les BD nos enfances« , avec même une accroche en Une.

Les Inrocks font dans la BD régionale

Dans le registre, faux cul, ou mesquin, on notera que les Inrockuptibles consacrent un cahier 16 pages au Festival d’Angoulême, avec l’Axonais-grolandais Benoît Delépine, également scénariste de BD, en couverture, dessiné par Chantal Montellier et un contenu alléchant : Fred réédite son Petit Cirque à l’occasion du festival ; Les idées noires de Sardon ; Raretés suédoises et opulence ibérique : Mise à l’honneur des productions suédoises et espagnoles et tri dans la sélection officielle en quinze albums incontournables de 2011… Sauf qu’il ne s’agit que d’un supplément régional (hors  l’achat en ligne, payé quasiment deux fois le prix) ! Manière d’asséner qu’hormis quelques fous furieux rassemblés en Charente, la BD n’est vraiment pas un sujet digne d’intérêt ? Lors du 25e anniversaire, notamment, les Inrocks avaient consacré un numéro spécial Bande dessinée de haute volée… et diffusé nationalement cette fois !
Terminons en cependant avec deux traitements, tous aussi rituels et désormais traditionnels, mais d’une toute autre importance et intérêt.

Beaux Arts et drôle de beau travail

Le magazine Beaux Arts magazine a pris le parti, depuis quelques temps d’y aller d’un numéro hors-série consacré au neuvième art. Après les mangas, la BD et le sexe ou les comics US, c’est la bande dessinée d’humour qui est à l’honneur dans ce numéro de janvier. Joli résultat, une fois encore. Sous la rédaction en chef de Vincent Bernière, on peut y lire d’intéressantes (et jamais pédantes ni trop pointues) contributions sur les « grands maîtres de l’humour », « la comédie sociale » , les nouveaux satiristes, l’analyse des strips comiques ou du « rire universel » chez Tintin. Le tout complété par 70 planches et une belle bibliographie sélective.

Libération fait pétiller les bulles

Autre « must » associé au festival d’Angoulême : le « Libé tout en BD ». C’est devenu un classique, mais aussi un rendez-vous attendu, venant d’un quotidien qui a une légitimité graphique dans ce traitement, puisqu’il fait appel régulièrement à des dessinateurs de bande dessinée pour illustrer certains articles au quotidien.

On saluera la belle « une », de Dave Cooper (Ripple), très chaleureuse – et illustrant le lancement de la campagne d’Obama, mais aussi une superbe fresque de François Schuiten sur General Motors, un retour sur l’affaire Elodie Kulik illustré par un dessin très délicat (vu le sujet) de Frédérik Peeters, Vuillemin illustrant à la manière de ses sales blagues un sujet sur la recette du chou farci, un dessin magnifique de David Pruhomme pour la nécrologie de Théo Angelopoulos, Ludovic Debeurme et l’interdiction des gros paquebots à Venise ou encore Joost Swarte faisant, sur une pleine hauteur de page l’iconographie de l’enquête sur les marchés de CO2.

Les lecteurs de « Libé » sacrent Coucous bouzon

Spécial BD, également, le cahier livres du quotidien au losange. Toujours aussi avant-gardiste et underground, en revanche. Son ouverture est consacrée à l’album gagnant le « Prix BD des lecteurs de Libération », en l’occurrence Coucous Bouzon d’Anouk Ricard et sa satire de la vie de bureau. Puis vient, notamment, une enquête sur les « allumés suédois » et la nouvelle génération du pays scandinave, un zoom sur l’auteur finlandais Turunen, l’incontournable Art Spiegelman et la chronique illustrée de Willem. Avec son lot assuré de découvertes. A défaut d’aller au Festival, voilà au moins deux façons de conjuguer actu et BD.

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Quinze titres pour un prix « Libération »

Le journal Libération y va aussi (de nouveau) de son concours de la meilleure bande dessinée. Quinze albums sont pré-sélectionnés pour le « Prix 2012 des lecteurs de Libération ». Le lauréat sera dévoilé le 26 janvier, veille du Festival d’Angoulême.

Toujours underground et (très) pointue, ou, en tout cas, « affirmation d’une certaine idée de la BD« , ce « visage multiple d’un certain goût » de Libération pour le neuvième art comprend donc quinze faces. On y trouve quelques albums déjà primés (Polina de Bastien Vivès, Casterman ; grand prix de l’ACBD) ou largement évoqués (Reportages de Joe Sacco, Futuropolis, Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle, Delcourt). Mais la majorité de la sélection est issue de la production d’éditeurs indépendants : Lemon Jefferson et la grande aventure de Simon Roussin (editions 2024), Mambo de Claire Braud (l’Association), Le miroir de Mowgli de Ollie Schrauwen (Ouvroir humoir), Ovnis à Lahti de Marko Turunen (Fremok), Soldats de sable de Susumu Higa (Lézard noir), Blackbird de Pierre Maurel (L’employé du moi), Mister Wonderful de Daniel Clowes (Cornélius) ou marginaux en BD :  Les Amateurs de Brecht Evens (Actes Sud), Coucous Bouzons d’Anouk Ricard (Gallimard). Ou des oeuvres décalées d’auteurs connus par ailleurs : Jukebox de Berberian (Fluide glacial), Parlez moi d’Amour de Robert et Aline Crumb (Denoël Graphic) ou des albums singuliers dans le catalogue de grandes maisons : Lomax, collectionneurs de folk songs, de Duchazeau (Dargaud),

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« Libé » aux prunes

Actualité oblige, mais pas que, Libération fait la part belle à la bande dessinée, cette semaine. Après un dossier, anticipé – et un peu mitigé – sur Tintin revu par Spielberg, c’est Marjane Satrapi et Vincent Parronaud, alias Winschluss, qui sont à l’honneur ce mardi 25 octobre, pour un numéro spécial lié à la sortie, ce mercredi de Poulet aux prunes, leur deuxième film en commun. 

En plus d’une belle « une » et de deux planches de récit sur la genèse du film, les propos des deux réalisateurs-dessinateurs s’avèrent plutôt pertinents. Et bien d’actualité, puisque Persépolis a aussi fait, bien malgré lui, l’actualité en Tunisie, ces derniers jours.

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Mathieu Sapin, grand reporter à « Libération »

JOURNAL D’UN JOURNAL de Mathieu Sapin, éditions Shampoing (Delcourt),128 pages, 14,95 euros.

Au prime abord, on pourrait presque y voir un cadeau d’entreprise de luxe, ou un exercice narcissique d’auto-célébration. En fait, il n’en n’est rien.

L’auteur de Supermurgeman, qui s’était déjà adonné à la chronique des coulisses du tournage du film de Joan Sfar sur Gainsbourg, récidive ici avec une nouvelle « feuille de chou ». Support de circonstance, puisqu’il relate ici son séjour « embedded » au journal Libération pendant sept mois, de mars à septembre 2011. Envoyé très spécial au coeur d’une rédaction également assez singulière, Mathieu Sapin a bénéficié de la richesse de la période, en terme d’actualité (la mort de Ben Laden, Fukushima, l’affaire DSK, etc) tout comme au sein du journal (avec un printemps marqué par la succession à la direction du titre entre Laurent Joffrin et Nicolas Demorand). Il a pu aussi travailler dans une totale liberté.

Interrogeant les journalistes, les accompagnant dans leurs reportages, assistant au comités de rédaction, toujours le carnet de croquis à la main, il en retire ce joli petit livre, sur le vif, au ton très vrai, qui restitue toute la dimension humaine et les doutes qui émaillent la réalisation d’un quotidien.

Une chronique au plus près de la réalité de la vie d’une rédaction dans laquelle il n’hésite pas à se mettre en scène, en visiteur candide – et non sans auto-dérision. Croquées sur le vif,  ses planches sont chaleureuses et pleines de vie. Un vrai reportage, très journalistique dans son approche, sur la « fabrique de l’information » et sur ceux qui l’a font vivre.

En parallèle, le dessinateur poursuit son blog sur le sujet. Et, pour ceux qui seraient à Paris ce 7 octobre, il dédicacera son album dans les locaux du journal.
Lors du départ de Laurent Joffrin, en mars. Séquence qui ouvre ce « journal d’un journal ».
Et une mise en abîme : Mathieu Sapin dédicaçant son album aux journalistes de « Libé » qui sont croqués dedans…Mathieu Sapin dédicace à « Libé »

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