« La Revue dessinée » évolue mais ne change pas

Numéro de rentrée et « nouvelle formule » pour la Revue dessinée.

En cette fin d’été, le nouveau numéro de La Revue dessinée (17e du nom) a été précédé par l’annonce d’une « nouvelle formule ». Rien d’illégitime, quatre ans après le lancement de cette formule de presse incontestablement atypique. Et cette évolution s’est faite sur la base des résultats d’une enquête auprès des lecteurs, dont sont remontées quelques 1500 réponses.
Au final, le changement est plutôt homéopathique et ne devrait pas décontenancer les fans. La Revue conserve sa couverture à volet (permettant la reproduction d’un dessin ou peinture ample) et son principe de sujets d’enquêtes ou de reportages associant un journaliste et un dessinateur et traités uniquement en bande dessinée.
Graphiquement, la maquette est un petit peu plus aérée, avec des pictogrammes plus évidents pour s’y retrouver entre les reportages et les chroniques. Côté chemin de fer, les courriers des lecteurs ont basculé à la fin et l’alternance est plus stricte entre longs formats et rubriques courtes.
C’est dans le rythme que se situe peut-être l’évolution la plus visible. Avec un peu moins de sujets, mais des sujets plus développés (de 30 à 50 pages). Avec le risque, cette fois, de trop longs tunnels et d’un nouveau déséquilibre. Mais l’essentiel reste bien entendu le fond. Sur ce point, La Revue ne change pas. Ce numéro s’attaque en effet à des sujets de fond…

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Médiapart et La Revue dessinée et Arte s’unissent pour battre la campagne en dessins

La Revue dessinée et le site Médiapart, en partenariat avec Arte, s’associent pour couvrir la campagne électorale en dessins d’actualité.

Ce n’est pas tout à fait neuf, mais l’initiative va prendre toute sa saveur en de début d’année, avec le lancement de la primaire du PS puis le lancement véritable de la campagne présidentielle.

Le 14 novembre, Médiapart, la Revue dessinée et Arte ont lancé un site commun « Battre la campagne « pour « mieux raconter l’élection présidentielle 2017 ». « Battre la campagne, la présidentielle 2017 en dessins ». Avec une vingtaine de dessinateurs qui participeront à chroniquer les petites et grandes batailles du scrutin à venir…

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Petit « Topo » enthousiaste sur une nouvelle revue dessinée pour les jeunes

Topo, dont le premier numéro sort ce 1er septembre est le « petit frère » de la Revue dessinée, destinée aux 14-16. Mais pas que…

Topo_1_couvTrois ans après le lancement (et la réussite éditoriale) de La Revue dessinée, l’équipe dirigée par Sylvain Ricard et Franck Bourgeron lui donnent un « petit frère »: Topo, un bimestriel proposant de « l’actu dessinée pour les – 20 ans ».

Née du rêve initial de raconter le monde sous forme de reportages et d’enquêtes dessinée et du cauchemar, cette nouvelle revue ambitionne de « proposer aux moins de 20 ans une autre grille de lecture du monde » et une information « sérieuse et accessible aux jeunes ». Une ligne éditoriale résumée dans un « dessin éditorial » de François Ayrolles: « culture », « actualité », « société » tels sont les trois axes de la revue, qui vise à associer sujets journalistiques du moment, culture générale et fiction.

Mêlant sujets longs et rubriques, faisant appel à de nombreux auteurs (une trentaine dans ce numéro 1, de Frédérik Peeters à Nine Antico ou François Ayrolles), associant dessinateurs et journalistes, Topo ne cache pas sa ressemblance avec La Revue dessinée. La différence se fait sur les sujets traités…

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Un été sans futilité dans la Revue dessinée

Nouvelle livraison de la Revue dessinée. Un numéro 12 éclectique. Et plutôt avec des dossiers de fond.

revue dessinée 12_couvL’été est aussi un bon moment pour se plonger dans des dossiers de fond. Tel est en tout cas le parti-pris du nouveau numéro de la Revue dessinée, « été 2016 ».

Une fois encore, les sujets sont divers. Avec une petite inclination pour des sujets macro-économiques, comme le reportage de Benjamin Flao sur le Bhoutan et son concept de « bonheur national brut ». Une enquête de terrain qui évite le manichéisme et les clichés pour faire découvrir ce petit pays himalayen et sa méthode de « gouvernance » qui pourrait inspirer de plus grands Etats.

Autre question économique atypique et étonnante, celle des « cats bonds », ou les « assurance catastrophe », obligations monétaires qui visent à financiariser la gestion des catastrophes naturelles ! Un brin aride mais didactique, l’enquête de Carole Suhas est illustrée de façon minimaliste et parlante par Pierre Lecrenier…

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Encore du beau travail fait par « La Revue dessinée »

Le onzième numéro de La Revue dessinée vient de sortir, en ce « printemps 2016 », avec une mise en application du célèbre adage qu’en journalisme, le grand reportage peut être « au coin de la rue ».

La Revue dessinée_11_couvEncore du beau travail, pour une Revue. Dans le niveau de qualité de cette nouvelle livraison. Et dans la thématique qui domine dans ce numéro 11. Le travail pris au plus près du quotidien et aussi près des réalités locales, venant prouver, une fois encore, que le grand reportage peut se pratiquer au coin de la rue. Ou, ici, au coeur de Paris.

C’est le cas en effet pour le grand dossier, passionnant, réalisé par la journaliste Amélie Mougey et le dessinateur Cyrille Pomès qui se sont « immergés » pendant un an… dans le Sentier, ce village du IIe arrondissement rayonnant autour de la station de métro Strasbourg – Saint-Denis. Ce « ventre de Paris » est abordé ici à travers ses travailleuses du sexe, ses salons de coiffure afro et ce qui reste de son industrie textile. Une plongée à la fois proche et pudique qui évite clichés et caricature…

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Quand « Charlie Hebdo » fait dans l’humour belge

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La une de « Charlie hebdo » de ce mercredi 30 mars…

Ainsi donc, une nouvelle fois, la une de Charlie hebdo aurait fait « polémique » cette semaine et suscité son lot de commentaires outrés sur les réseaux sociaux. Pas de petit garçon syrien mal (ré)interprété cette fois, ni de dénonciation anticléricale, mais un dessin de Riss sur les attentats du 22 mars à Bruxelles, à la finesse et à la pertinence, certes, toute relative.

Que Charlie hebdo manque parfois d’inspiration, que son équipe ait du mal à se reconstruire (dans tous les sens du terme) depuis un an, que sa ligne éditoriale verse de plus en plus ouvertement – et régulièrement – dans l’anti-islamisme (mais bon, non sans quelques raisons aussi) apparaît de plus en plus indéniable.
Mais il faudrait, une fois pour toute, accepter que si c’est la liberté de chacun de ne plus l’acheter ou de ne plus « être Charlie », c’est aussi celle de l’hebdo d’avoir le traitement qu’il entend. Et ne pas oublier que la raison d’être d’un journal satirique, c’est de rire de tout (le problème venant, sans doute, que désormais, tout le monde le lit ou au moins le voit).
Et comme le rappelle bien le Figaro (comme quoi…) sur son site, ce n’est pas d’aujourd’hui que Charlie hebdo est un journal « bête et méchant »…

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La Revue dessinée en forme

7e numéro de la Revue dessinée. Avec une livraison de printemps marquée par des questions historiques et judiciaires.

La Revue dessinée-7_couvC’est avec une bonne nouvelle que s’ouvre ce n°7 de la Revue dessinée (déjà auréolée de son prix du meilleur article financier de l’année): pour la deuxième année consécutive, le magazine a terminé l’année passée « par un exercice financier à l’équilibre ». Et il a passé en janvier la barre des 3000 abonnés. Bref, une revue « en forme » et qui affiche de nouvelles ambitions, qui devraient être prochainement dévoilées.

En attendant, à défaut d’être très réjouissant, le sommaire de ce numéro de printemps (derrière la traditionnelle couv’ dépliable signée cette fois Charles Berberian) décrypte la réalité sous diverses facettes. Avant la parution d’un album (chez Futuropolis) en fin d’année, Etienne Davodeau et le journaliste Benoît Collombat continuent de fouiller dans les arrières-fonds glauques de notre république, en mettant en lumière le SAC, ce service d’action civique gaulliste de « barbouzes de la République » qui se révéla aux yeux de tous lors de la tuerie d’Auriol, en 1982. Autre dévoilement impressionnant – et également angoissant quelque part – celui du dispositif croissant de protection contre les migrants mis en place par l’Union européenne depuis quinze ans, disséqué brillamment par Jeff Pourquié et Taina Tervonen. Xavier Harel et Julien Solé, eux, reviennent sur le scandale des « biens mal acquis » de différents tyrans africains et de la difficile mise en oeuvre des poursuites judiciaires à leur encontre…

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Une Revue dessinée très bankable !

Prix du meilleur article financier de l’année pour La Revue Dessinée.

0o0m2La Revue dessinée vient de recevoir, aujourd’hui, le Prix du meilleur article financier 2015, décerné par l’Association des journalistes économiques et financiers (AJEF) et la Banque de France, pour un sujet paru dans son numéro 5: Dommages et intérêts, les emprunts toxiques, par Catherine Le Gall et Benjamin Adam.

Ce reportage, en effet très pédagogique et clair, démontait la mécanique désastreuse des emprunts toxiques et montrait les lourdes conséquences économiques sur les collectivités locales concernées.

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Desseins d’aujourd’hui dans la Revue dessinée n°6

Sixième parution pour la Revue dessinée en cet hiver 2014-2015. Avec un numéro toujours aussi éclectique et éclairant.

Revue dessinée_6_couvEn ces temps (légèrement passés) de fête, la couverture de Killofer (qui prend tout son sens les 4 volets déployés) interroge judicieusement la société de consommation dans la jungle néolibérale. Et, à l’intérieur de ce sixième numéro, la Revue dessinée poursuit ses propositions de reportages et récits éclectiques et souvent éclairants.

Le débat (lancé en courrier des lecteurs) sur les reportages illustrés trouvera matière à rebondir avec l’immersion de Raynal Pellicier et Titwane (auteurs d’Enquêtes générales) à la crim’ au 36 quai des orfèvres tout comme avec le rappel des diverses affaires judiciaires collant aux basques de Nicolas Sarkozy par Fabrice Tassel et Benjamin Adam. objectivement, et même s’ils sont dans un style différent, les deux sujets s’avèrent un peu austères et pas franchement attractifs au prime abord (plus proches du monde diplomatique que de fluide glacial, quoi). Mais cette enquête criminelle sur un crime au Père Lachaise, vécue de l’intérieur, au plus près d’une équipe de policiers est assez saisissante pour comprendre le fonctionnement de la PJ. Et les résumés des « affaires » Bettencourt, Karachi, Tapie, Bygmalion, etc à travers le dessin minimaliste de Benjamin Adam sont presque de salubrité publique.

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Une Revue toujours aussi essentielle

Le n°4 de la Revue dessinée vient de paraître. Une livraison estivale encore une fois passionnante et qui porte un regard marquant sur les « mutations » en cours.

A force, cela en deviendrait presque suspect. Et pourtant, ce quatrième numéro de la Revue dessinée est vraiment aussi emballant que les trois précédents. Le « coup de coeur » du jury du prix de la presse magazine est bien mérité. Tout comme celui des 12 000 à 20 000 lecteurs qui achètent le magazine tous les trimestres.

Et pour cette livraison de juin, malgré une couverture colorée et légère, très « ligne claire » de Stanislas, la Revue n’a pas choisi de se fondre dans la futilité estivale, à l’image d’un éditorial existentialiste en forme de manifeste, dont le dernier paragraphe donne le ton au numéro : « A l’heure où l’on perçoit que des choix fondamentaux sont à faire, pour ne pas subir ceux qui nous seront imposés, il importe de cerner précisément les processus et les mutations en cours« .

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