La Guerre d’Espagne en mode athlétique

Sept athlètes, Kris et Bertrand Galic (scénario), David Morancho (dessin). Editions Delcourt, 64 pages, 15,50 euros.

Juillet 1936, En contrefeux aux jeux olympiques de Berlin, devenus instrument de propagande du régime nazi, la jeune république espagnole organise ses « Olimpiadas populares ». Cinq jeunes athlètes de l’Etoile rouge de Montreuil (qui « brise et passe tous les écueils »…) s’y inscrivent pour représenter la France. Dans le train qui les emmène à Barcelone, ils vont faire la connaissance de Rudi Rosenwald, juif allemand, qui participe à la compétition. Sur place, ils rencontreront un autre athlète étranger, Neil, colosse irlandais, membre de l’IRA et lanceur de poids. Mais la liesse de la fraternisation prolétaire et populaire va être courte. Le jour même de leur arrivée, le 18 juillet 1936, Franco a déclenché son putsch. S’engageant dans la défense de Barcelone, les sept athlètes vont se retrouver intégrés à la colonne de l’anarchiste Durruti. Mais l’un d’eux, le réfugié espagnol Francesco apprend que son village est passé sous la coupe des franquistes. Il décide alors de monter, de son propre chef, une opération-commando avec ses amis…

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Ce soir sur France 3 Picardie, fines fleurs de la bande dessinée et coquelicots de la mémoire

Ce lundi 14 novembre, après le soir 3 (soit donc vers 23h30), France 3 Picardie et Nord – Pas-de-Calais diffusent Là où poussent les coquelicots, jolie réflexion sur les rapports entre la Première Guerre mondiale et la bande dessinée.

4On va s’efforcer de trouver le temps de revenir plus en détails sur ce film – qui le mérite amplement – mais, d’ores et déjà et en dernière minute, une info urgente à noter : ce soir, après le Soir 3, France 3 Picardie et Nord – Pas-de-Calais proposent, dans leur case documentaire régionale, Là où poussent les Coquelicots, un film de Vincent Marie, sur la manière dont les dessinateurs de bande dessinée appréhendent la Grande Guerre.
Très bon spécialiste du sujet (on doit à cet universitaire montpellierien les deux expos sur Tardi et les dessinateurs de BD et 14-18 de l’Historial de Péronne en 2009), Vincent Marie évoque ici le sujet avec une dizaine d’auteurs, pour autant de portraits sensibles et de réflexions fines sur cette thématique…

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Notre espoir l’Amérique

notre-amerique-t1_couvNotre Amérique, premier mouvement : quitter l’hiver, Kris (scénario), Maël (dessin). Editions Futuropolis, 64 pages, 16 euros.

12 novembre 1918. La Guerre s’arrête en France et en Europe, mais l’effervescence notamment révolutionnaire, enclenchée par le premier conflit mondial continue. Notamment pour Max Brunner, Alsacien enrôlé dans l’armée allemande et qui, à peine démobilisé, cherche à rejoindre ses camarades à Paris. Le hasard va lui faire croiser Julien, jeune soldat français ramenant une voiture de l’Etat-Major dans la capitale. Une rencontre fortuite qui va influer sur leur destin. Et embarquer le jeune Français dans le sillage révolutionnaire de son ami. Détournant un cargo allemand capturé par les Français afin d’aller soutenir les Spartakistes à Berlin, ils vont se retrouver finalement au coeur de la révolution mexicaine, à cause d’une passagère clandestine qui ne s’en laisse pas compter. Début d’une grande aventure…

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Quand la Guerre d’Espagne refait surface en rade de Brest

Nuit noire sur brestNuit noire sur Brest, d’après l’essai Nuit franquiste sur Brest de Patrick Gourlay, Kris et Bertrand Galic (scénario), Damien Cuvillier (dessin). Editions Futuropolis, 80 pages, 16 euros.

Kris avait déjà dévoilé magnifiquement une page d’histoire méconnue de Brest, cette manifestation meurtrière de l’immédiat après-guerre évoquée dans Un homme est mort. Il récidive, avec l’aide Bertrand Galic en mettant en lumière un chapitre tout aussi méconnu et étonnant de l’immédiat avant-guerre : comment un sous-marin espagnol est venu accoster à Brest en 1937 et comment le bâtiment est devenu un enjeu très politique pour les franquistes et pour communistes et anarchistes locaux qui ont cherché à contrecarrer l’opération.

Le dimanche 29 août 1937, le C-2, sous-marin républicain espagnol, fait surface au large de la rade de Brest. Souffrant d’avaries, il doit être réparé. Mais alors que la guerre d’Espagne fait rage et que la France suit sa ligne de non-intervention, sa présence devient un enjeu sensible. Sous la direction de Troncoso, chef militaire de la région d’Irun (qui sera la futur président de la fédération de football espagnol et vice-président du Real Madrid !), des partisans de Franco vont s’activer pour récupérer le bâtiment. Ils pourront compter sur l’aide d’un contact parmi l’équipage, mais aussi sur la jolie Mingua, entraîneuse au dancing de l’Ermitage et qui va séduire le capitaine du C-2, tout comme sur les militants français d’extrême droite, Croix de feu ou membres de la Cagoule, force croissante dans ces heures de crépuscule du Front populaire. En face, les partisans de la République ne sont cependant pas inertes, avec notamment un très actif agent secret anarchiste qui saura désamorcer l’action fasciste…

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Le boxeur était surtout son père

mon père était boxeur_couvMon père était boxeur, Barbara Pellerin et Kris (scénario), Vincent Bailly (dessin). Editions Futuropolis, 80 pages (plus un DVD du film de Barbara Pellerin), 20 euros.

Son père était boxeur, elle est photographe et cinéaste et entreprend, à travers un film, de renouer le fils d’une relation rompue, ou du moins hâchée.

Débutée sous le faux prétexte de réaliser un documentaire sur la boxe, au printemps 2011, cette captation va se poursuivre jusqu’au décès du père, en novembre 2012. Hubert Pellerin, trois fois finaliste du championnat de France poids lourds au début des années 80, est décédé à l’hôpital psychiatrique normand où il était en traitement pour dépression.

Partant de l’enterrement de son père, Barbara Pellerin porte un regard subjectif et impliqué sur ce dernier. Se mettant souvent en scène, elle restitue ce père à travers son propre regard, passé et présent. Un regard qui ne cache rien des déchirements familiaux, de l’éloignement ressenti de ce père qui pouvait être violent à l’égard de la mère de Barbara, ours maladroit parfois  et capable d’apprendre à nager à sa fille en la menant en pleine mer.
Un père boxeur dont la présence sur le ring n’est évoquée qu’en filigrane, ou comme un fil rouge, une porte d’entrée vers l’homme…

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Une somme sur la Grande Guerre en BD

Grande Guerre et BD_luc révillonLa Grande guerre dans la BD, un siècle d’histoires, Luc Révillon. Beaux Arts édition – Musée de la Grande Guerre du pays de Meaux, 240 pages, 29 euros.

Alors que le Musée de la Grande Guerre de Meaux accueille, ce samedi 28 mai, son premier salon de la bande dessinée sur 14-18, c’est l’occasion rêvée d’évoquer et de revenir sur ce livre de l’historien Luc Révillon, commandité justement par le musée dirigé par Michel Rouger, qui s’affiche volontiers grand fan du 9e art. Et dans sa préface, il souligne combien son musée « entretient des liens étroits avec la BD: des exemplaires du Bon-Point amusant, de la Semaine de Suzette ou encore des Trois couleurs au sein des collections ; une fresque dans la salle d’introduction tirée d’un dessin original ; des ateliers d’initiation à la bande dessinée pour les groupes scolaires ; un rayon BD au sein de la boutique qui connaît un beau succès... » Auxquels on pourrait encore ajouter l’expo consacrée, l’an passé à Pat Mills et la Grande Guerre de Charlie et le fait que le musée est né, en grande partie, des collections cédées par Jean-Pierre Verney, collaborateur attitré de Tardi. Bref, ces liens entre Grande Guerre et BD ne sont plus à démontrer. Et ils se concrétisent dans cette Grande Guerre dans la BD. Et dans la superbe double couverture originale réalisée par Maël…

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Le FLN droit au but

Un maillot pour l'Algérie_couvUn maillot pour l’Algérie, Kris, Bertrand Galic (Scénario), Javi Rey (dessin). Editions Aire Libre / Dupuis, 136 pages, 24 euros.

Avril 1958, alors que les « événements » d’Algérie s’enfoncent dans une répression forcenée et à deux mois de la Coupe du monde en Suède, le football tricolore découvre la disparition soudaine d’une douzaine de joueurs d’origine algérienne, dont quelques vedettes appelés à endosser le maillot des Bleus, comme Rachid Mekhloufi, attaquant de Saint-Etienne (qui avait été confronté dès 1945 à Sétif, alors enfant, à la violence et au prélude de la lutte anti-coloniale), Hamid Kermali, la vedette de l’Olympique lyonnais, Amar Rouaï attaquant d’Angers ou Mustapha Zitouni, le patron de la défense de Monaco et de l’équipe de France. Tous quittent clandestinement l’Hexagone pour rejoindre Tunis, allant former la première « équipe nationale algérienne ».  L’idée en serait venue à Mohamed Boumezrag, un des responsables de la Fédération de France du FLN : utiliser une équipe de sportifs, dans le plus médiatique des sports, pour casser la censure sur le combat pour l’indépendance de l’Algérie et faire de cette équipe un outil de propagande en faveur du futur Etat.
Partis pour quelques mois, cette équipe va jouer dans le monde entier pendant près de quatre ans, du moins dans les pays frères d’Afrique ou du bloc de l’Est. Ces « footballeurs fellaghas », combattants du ballon rond vont disputer plus de quatre-vingt matchs, contre des clubs irakiens ou roumains, mais aussi contre la sélection nationale de Yougoslavie, battue 6-1 à Belgrade. A chaque fois, moins que l’exploit sportif, c’est la reconnaissance politique de la future nation algérienne qui est en jeu.
En 1962, au lendemain des accords d’Evian, Ben Bella, premier président de l’Algérie leur rendra hommage, en saluant, à travers leurs matchs, le fait d’avoir « conquis plusieurs années de paix, épargnant ainsi des milliers de vies« …

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Des Colères toujours bien au présent à Arras

Le 14e Salon du livre d’expression populaire et de critique social « Colères du présent, a lieu cette fois du 30 avril au 2 mai à Arras (Pas-de-Calais). Avec toujours des auteurs de BD. Et un débat autour de Charlie hebdo.

salon-du-livre-2015-webCela fait quatorze ans que l’association Colères du présent agit à Arras pour, comme elle le note dans sa présentation « faire connaître et développer le champ littéraire particulier qui la préoccupe autant dans les secteurs de la bande dessinée, de la jeunesse que des secteurs plus généralistes« . Cette approche, déjà, mêlant, sur le même niveau, littérature blanche et noire, ouvrages jeunesse et bande dessinée, est à saluer.  Surtout dans « un champ en perpétuel labour : l’expression populaire et la critique sociale« . Et cela fait aussi quatorze ans que l’association concrétise et met en lumière cette démarche avec son festival littéraire du 1er mai.  Et, désormais, elle occupera les pavés de la ville d’Arras dès le 30 avril et jusqu’au 2 mai. Avec deux jours supplémentaires et complémentaires: le 1er mai reste une journée où le livre est en débat ; le 30 avril sera une journée où le livre se déguste, s’écoute, se lit, se vit. Le 2 mai sera davantage tourné vers le lien entre image et texte, illustrations, photos, performances, dessins, documentaires ». Tout un programme, donc. Un programme qui, pour s’en tenir à l’univers de la bande dessinée et du roman graphique, a de la prestance…

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Pandora Beach: Sur la plage, abandonnés…

Pandora Beach_couvPandora Beach, Eric Borg (scénario), Alex Talamba (dessin). Editions BigFoot, 72 pages, 13,90 euros.

Première parution d’un nouveau label, BigFoot, né dans la mouvance de la plateforme de financement participatif Sandawe. Un album déroutant et prenant.

Medhi, Albane, Stéphanie et Antoine, quatre jeunes Français partent en vacances low cost dans un pays méditerranéen en crise, qui pourrait être la Grèce. Sur la promesse d’un vieux guide de voyages défraîchi, ils débarquent dans ce qui fut un « joli village de pêcheurs » et qui ressemble désormais à une ville fantôme, Zarkos. Là, une vieille femme les incite à loger chez elle et cherche à les retenir. Amusés par cette insistance et par la découverte d’une belle plage toute proche (jouxtant une décharge, certes…), les jeunes décident de rester quelques jours. Mais, la nuit, Medhi découvre les étranges agissements de la vieille dame et l’angoisse s’insinue au sein du groupe…

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Notre Mère la Guerre, Chroniques : devoir d’Histoires à Verdun

Retour (en texte et en images – galerie à la fin de l’article) sur le lancement officiel de Notre Mère la Guerre, Chroniques, l’ouvrage co-édité par Futuropolis et les éditions amiénoises de La Gouttière, ce jeudi à Verdun. Dans le cadre d’une opération de la Mission du centenaire 14-18.

Lors de la présentation de l'album, de gauche à droite: Damien Cuvillier, Hardoc, Maël, Pascal Mériaux, Kris et Vincent Bailly

Lors de la présentation de l’album, de gauche à droite: Damien Cuvillier, Hardoc, Maël, Pascal Mériaux, Kris et Vincent Bailly

C’est la deuxième grosse opération du centenaire de 14-18 en matière de bande dessinée, toujours pilotée par l’association amiénoise On a marché sur la bulle, référent de la Mission du centenaire en matière de 9e art.

Après l’installation de la fresque de Joe Sacco dans le métro parisien cet été, voilà la labellisation de l’album Notre Mère la Guerre, chroniques, épilogue de la série éponyme de Kris et Maël. Une reconnaissance officielle qui a du sens, tant cette série, derrière un habillage de roman policier est devenue, après Tardi, une référence sur la Grande Guerre en BD, évocant et interrogeant le conflit sous bien des aspects.
Et cet ultime volume – prolongement sur les sources et références qui ont nourri l’oeuvre – peut servir de jolie porte d’entrée vers cet univers fictionnel mais aussi déclencher un intérêt renouvelé envers la mémoire et les oeuvres initiées par la Première Guerre mondiale. Le lancement officiel de l’ouvrage, ce jeudi 20 novembre à Verdun avait également tout son sens. Symbolique et artistique.

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