Reine d’Égypte, aux origines (pharaoniques) du féminisme

Reine d’Égypte, tome 1, Chie Inudoh (scénario et dessin). Éditions Ki-oon, 200 pages, 7,90 euros.

Après Bride stories, poignante et passionnante fresque sociale ayant pour cadre les majestueuses steppes de la mystérieuse Mongolie du XIXe siècle, les Éditions Ki-oon (dans sa collection Kizuna, pour tout âge) nous plonge cette fois au cœur de l’Égypte antique avec Reine d’Égypte de Chie Inudoh. Un nouveau manga historique et une nouvelle héroïne personnifiée par Hatchepsout, « la première femme dont l’histoire ait gardé le nom », écrivait, au début du XXe siècle, le grand égyptologue et archéologue américain James Henry Breasted. Une fois n’est pas coutume, ce n’est pas Cléopâtre qui est croquée en bande dessinée mais la première reine-pharaon qui vécut au quinzième siècle avant notre ère. Et peut-être bien la première féministe, tant Hatchepsout a dû se battre pour s’imposer comme l’égal de son époux (et demi-frère) Séthi devenu Thoutmosis II. Tous les deux règneront ensemble pendant quelques années jusqu’à la mort de Séthi. Hatchepsout prendra alors, seule, les rênes du pouvoir pendant vingt-deux ans, non sans avoir marqué son époque par un sens aigu de la gouvernance et une appétence pour les constructions tel « Deir el Bahari », un complexe cultuel, près de Louxor, composé de temples et de tombes et dont la particularité est d’avoir été creusé à même la roche sur trois niveaux…

Lire la suite

Man in the window, captivante fenêtre temporelle

Man in the window, tome 1, Masatoki (scenario), Anajiro (dessin). Editions Ki-oon, 216 pages, 7,90 euros.

Après avoir lu le premier tome de Man in the window, vous ne regarderez certainement plus les fenêtres qui vous entourent du même œil. Et si elles s’ouvraient sur votre futur ? C’est le point de départ choisi par le mangaka coréen Masatoki, qui signe ici un thriller temporel haletant, plein de rebondissements.

On suit Shuhei, 17 ans, qui aspire à une carrière de médecin. Très bon élève, le lycéen rêve d’intégrer Todai, la prestigieuse université de Tokyo. Un jour, il reçoit un mot d’Ayaka, une camarade de classe qu’il aime en secret. Ce bout de papier le mène à une ruelle pas franchement accueillante, près d’une librairie. Il est censé taper à la dernière fenêtre de droite. Sceptique au départ (d’autant qu’Ayaka ne semble pas être à l’origine du mot), le timide Shuhei s’exécute. Quelques instants après avoir toqué à cette fenêtre verrouillée, un homme un peu plus âgé lui répond. Etrangement, cet homme au visage balafré semble tout connaître de Shuhei. Et pour cause, il s’agit de son moi âgé de 20 ans…

Lire la suite

Golden kamui, rendez-vous en terre Aïnou

Golden kamui, tomes 1 à 3, Satoru Noda (scénario et dessin). Éditions Ki-oon, 196 pages, 7,90 euros.

Commencer à lire Golden kamui de Satoru Noda, c’est s’apprêter à partir en voyage. Un long et beau périple à travers l’île d’Hokkaido, à la rencontre des Aïnous, une ethnie vivant au nord du Japon et à l’est de la Russie. Un dépaysement total mais pas seulement puisqu’il y est aussi question d’Aventure avec un grand A.

L’histoire se déroule au début du XXe siècle, peu de temps après la guerre russo-japonaise. On suit Saichi Sugimoto, un vétéran de l’armée japonaise surnommé «L’Immortel ». Un sobriquet qu’il doit à sa capacité à survivre sur les pires champs de bataille (pour rappel historique, le Japon, bien que vainqueur, a perdu 85 000 hommes contre 71 000 pour l’empire tsariste au cours de ce conflit). Doté d’une grande résistance à la douleur, ce combattant de légende présente un visage et un corps lardés de cicatrices. Un peu perdu à la fin de la guerre, il devient chercheur d’or au fin fond des montages de l’île d’Hokkaido avec un compagnon d’infortune beaucoup plus penché sur la bouteille que sur le tamis ou la pioche. Tourmenté par la mort au combat de son meilleur ami qui a épousé la femme qu’il aime (Umeko), Saichi n’a qu’une obsession : faire fortune et soigner Umeko dont la vue décline. En pleine forêt, son compagnon lui conte alors une drôle d’histoire. Un fabuleux trésor appartenant aux Aïnous, un peuple autochtone vivant en symbiose avec la nature, a été dérobé par un homme sans pitié et…sans-visage. Au total, ce sont 75 kilos d’or qui ont été cachés par le voleur peu de temps après sa capture et son emprisonnement. Les seuls indices menant au butin sont d’énigmatiques tatouages inscrits sur la peau de criminels évadés. Rassemblés, ces tatouages conduiraient au magot. Une « fable » qui se révèle bien réelle…

Lire la suite

La passionnante quête du chat de Sho

Pandemonium_couvPandemonium, tome 1, Sho Shibamoto, Ki-oon, 2008 pages, 15 euros.

Des couleurs sombres et chaudes, un univers mystérieux et délicieusement macabre, des personnages anthropomorphiques attachants, des secrets, de l’amour et une quête. De nombreux ingrédients alléchants dans cette aventure rythmée qui se dévore avec gourmandise…

Le personnage central est un chat du nom de Zipher. Celui-ci a parcouru un long et épuisant voyage avec un énorme coffre sur le dos. Sa destination est un village de sorciers et c’est à bout de souffle qu’il y parvient. Les habitants, quoique très méfiants, prennent soin de lui et le remettent sur pied en un tour de main. Zipher fait tout pour se faire aimer des autochtones, notamment en leur faisant découvrir les feux d’artifices. Une certaine Domika le prend sous son aile. Ce qui n’est pas sans attendrir le félin.
Mais ce dernier n’a pas fait ce périple pour conter fleurette. Non. Car dans son mystérieux coffre se trouve… Le corps de sa défunte femme. Celle-ci a été victime d’un étrange phénomène dans le monde des vivants : la foudre rectiligne. Zipher a amené le corps de sa femme jusqu’au village des Difformes pensant que ces derniers, réputés comme étant de puissants sorciers, pouvaient lui rendre la vie. Zipher serait prêt à donner sa propre vie pour qu’elle respire à nouveau. Mais voilà, le représentant du village, une espèce d’énorme crocodile terrifiant, prétend que ressusciter les morts leur est impossible. Zipher s’écroule mais n’abandonne pas pour autant.

Ce manga, écrit dans le sens de la lecture occidentale, présage une épopée passionnante. Une fois le livre ouvert, impossible de le refermer tant la tension narrative est intense tout du long. Dès les premières pages, on est happé dans un autre monde tour à tour inquiétant et chaleureux. Univers que le grand format du tirage permet d’apprécier sans froncer les yeux.

Pandemonium est prévu pour être un diptyque et le seul regret sera de devoir patienter (bon, jusqu’à fin mars, date prévue de sortie du second volet) pour poursuivre la lecture de cette série trépidante.

pandemonium-planche

Kamisana, la mélodie du bon air

Kamisana_couvKamisama, La mélodie du vent, Keisuke Kotobuki. Editions Ki-oon, 112 pages, 11,10 euros.

Voici une jolie série que les enfants devraient adorer et leurs parents leur piquer. De prime abord, ce petit manga semble gentillet, sans plus. Mais à s’y pencher plus sérieusement cette suite de petites histoires est une véritable invitation à la rêverie à la réflexion.

Dans la première histoire, Lucie, une fillette, rencontre au cours d’une balade solitaire un chien qui parle. Celui-ci l’emmène voir un chat géant qui mange des fleurs… au goût de pâtée pour chat, un pommier-animal… Puis, comme elle s’inquiète de rentrer chez elle à temps pour le dîner, un chat l’avale pour la recracher dans sa chambre de jeune fille avant de disparaître ! Mais ces péripéties ne sont qu’une mise en bouche. Les histoires suivantes sont plus substantielles…

Lire la suite