Recherche fondamentale

Le chercheur fantôme, Robin Cousin, éditions FLBLB, 128 pages, 18 euros.

Théorie du chaos, étude des systèmes complexes, problème de complexité algorithmique. Dans Le chercheur fantôme, Robin Cousin n’a pas choisi la facilité pour son « thriller scientifique ». Un sujet né de rencontres avec un chercheur du CNRS, Stéphane Douady, qui lui a inspiré le personnage central de son album. Ce personnage, justement, vient d’intégrer la Fondation pour l’étude des systèmes complexes et dynamiques, un site accueillant en résidence vingt-quatre chercheurs, avec des moyens illimités mais des buts un peu mystérieux. Le mystère s’accentue quand Stéphane (Douasy, au pseudo transparent donc), Louise et Wilhem, découvrent la présence d’un 4e chercheur inconnu résidant dans leur bâtiment et que ce chercheur mystérieux travaillait sur la résolution de l’équation « P=NP », un des « sept problèmes du millénaire » en maths modernes… Leur tentative de tirer au clair cette présence « fantôme » va aller de pair à une déliquescence de la fondation, glissant vers un fonctionnement chaotique… A moins, justement, que cela ne fasse aussi partie de l’expérience.

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Mathieu Sapin, grand reporter à « Libération »

JOURNAL D’UN JOURNAL de Mathieu Sapin, éditions Shampoing (Delcourt),128 pages, 14,95 euros.

Au prime abord, on pourrait presque y voir un cadeau d’entreprise de luxe, ou un exercice narcissique d’auto-célébration. En fait, il n’en n’est rien.

L’auteur de Supermurgeman, qui s’était déjà adonné à la chronique des coulisses du tournage du film de Joan Sfar sur Gainsbourg, récidive ici avec une nouvelle « feuille de chou ». Support de circonstance, puisqu’il relate ici son séjour « embedded » au journal Libération pendant sept mois, de mars à septembre 2011. Envoyé très spécial au coeur d’une rédaction également assez singulière, Mathieu Sapin a bénéficié de la richesse de la période, en terme d’actualité (la mort de Ben Laden, Fukushima, l’affaire DSK, etc) tout comme au sein du journal (avec un printemps marqué par la succession à la direction du titre entre Laurent Joffrin et Nicolas Demorand). Il a pu aussi travailler dans une totale liberté.

Interrogeant les journalistes, les accompagnant dans leurs reportages, assistant au comités de rédaction, toujours le carnet de croquis à la main, il en retire ce joli petit livre, sur le vif, au ton très vrai, qui restitue toute la dimension humaine et les doutes qui émaillent la réalisation d’un quotidien.

Une chronique au plus près de la réalité de la vie d’une rédaction dans laquelle il n’hésite pas à se mettre en scène, en visiteur candide – et non sans auto-dérision. Croquées sur le vif,  ses planches sont chaleureuses et pleines de vie. Un vrai reportage, très journalistique dans son approche, sur la « fabrique de l’information » et sur ceux qui l’a font vivre.

En parallèle, le dessinateur poursuit son blog sur le sujet. Et, pour ceux qui seraient à Paris ce 7 octobre, il dédicacera son album dans les locaux du journal.
Lors du départ de Laurent Joffrin, en mars. Séquence qui ouvre ce « journal d’un journal ».
Et une mise en abîme : Mathieu Sapin dédicaçant son album aux journalistes de « Libé » qui sont croqués dedans…Mathieu Sapin dédicace à « Libé »

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