Lady Whisky, un album pur Malt

Lady Whisky, Joël Alessandra. Editions Casterman, 136 pages, 22 euros.

Joël Alessandra a une famille intéressante. Ou plutôt une manière intéressante de parler d’elle, de la faire revivre. Après un retour sur les traces de ses grand-parents en Algérie, c’est sa tante par alliance qu’il évoque ici. Helen Arthur, un personnage. Epouse de militaire et jeune veuve, elle devient une critique experte renommée dans le domaine du whisky, au point de lancer son propre label et de chercher « le » whisky tourbé, malté, salé, marin et au goût d’algue.
Ce rêve, découverte dans un des carnets de voyage d’Helen – une passion qu’elle partageait donc avec le mari de sa nièce – est au départ de cet album et de cette quête. Aidée par une amie journaliste spécialiste en whisky, Joël Alessandra va se rendre jusque sur l’île écossaise d’Islay à la recheche de ce nectar unique et à la découverte du monde si particulier des producteurs de whisky…

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Louise Brooks, belle et rebelle

Louise Brooks_couvLouise, le venin du scorpion, Chantal Van den Heuvel (scénario), Joël Allessandra (dessin). Editions Casterman, 128 pages, 22 euros.

Pour l’histoire du cinéma, elle restera la « Loulou » de Georg Pabst. Une coupe au carré et une frange noire, très année 20, un regard ardent. Henri Langlois, le grand Monsieur de la cinémathèque française en fit l’égérie de sa grande expo « 60 ans de cinéma » en 1955 – subjugua les hommes. Et pas qu’au cinéma. Rejetant la morale étriquée, elle fut durant toute sa vie une insoumise, une rebelle, libre de son corps et affranchie.

C’est encore une rébellion qui l’amena à Berlin tourner avec Pabst, séquence qui ouvre cette biographie dessinée : son refus de voir son salaire diminuer pour cause de basculement d’Hollywood vers le cinéma parlant. Auparavant, la jeune fille de l’Arkansas, mal aimée par sa mère, avait pris son envol via la danse et Broadway, ou elle s’illustra ensuite parmi les « girls » des Ziegfeld Follies. Après sa révolte contre Hollywood, la suite de sa carrière, au tournant des années 30, fut nettement moins brillante. « Black-listée », elle tourna dans des séries Z, retournant vivre chez sa mère pour tenter de subsister avec une petite école de danse. Jusqu’à une reconnaissance tardive par le monde du cinéma et grâce à ses écrits – elle qui n’avait pas qu’une jolie tête, mais aussi un vrai talent d’écrivain.

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