Oms en fin de série

Oms en série, tome 3: La Vieille-Terr, Jean-David Morvan (scénario), Mike Hawthorne (dessin). Editions Ankama, 48 pages, 13,90 euros.

Ayant réussi à s’échapper de leur cité clandestine détruite par les Draags et ayant rejoint le continent perdu, les Oms sous la direction de Terr ont développé une nouvelle cité clandestine – mais nettement plus avancée – pour se protéger de leurs ennemis. Des années plus tard, un intrus Draag est repéré: c’est Tiwa, la jeune fille à qui on avait donné Terr comme « animal de compagnie ». Elle est venue prévenir celui dont elle n’avait cessé de suivre les péripéties de la menace d’une grande attaque Draag. Mais cette fois, les Oms ont de quoi répondre. Avant de songer à leur vrai grand projet d’avenir…

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Irena et sa Juste cause contre les nazis

Irena, tome 2: les Justes, Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël (scénario), David Evrard (dessin). Editions Glénat, 72 pages, 14,95 euros.

1942 à Varsovie. La Pologne est sous la férule de l’occupant Allemand depuis plus de deux ans. Les Juifs sont toujours enfermés dans le ghetto. Irena Senlerowa, qui avait décidé de sauver au moins les enfants, a commencé à mettre en place son réseau d’exfiltration. Celui-ci fonctionne avec des hommes et femmes très divers: un docteur qui signera les laissez-passer, une fonctionnaire du service d’aide sociale qui fournira les fausses cartes d’identité, le concierge du tribunal qui ouvrira le tunnel du sous-sol par où les enfants pourront sortir. Un chauffeur de tram ou un maçon qui pourront, eux aussi aider à cacher les enfants, tandis qu’une religieuse ou le propriétaire d’un orphelin pourront les recueillir une fois sortis du ghetto.

Un réseau fait d’amitié et de volonté, informel mais structuré qui va multiplier les astuces les plus habiles et surprenantes pour parvenir à ses fins, cachant des bébés dans un sac à main ou sous un tas de briques, tandis qu’Irena tient à jour scrupuleusement le registre de tous les enfants afin que les survivants puissent connaître un jour leurs vrais noms.

Tout vas va s’effondrer à l’automne 1943, lorsqu’Irena est arrêtée, après une de ses amies. Elle va alors être tomber dans les mains des SS…

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La Shoah à hauteur d’enfants

Irena, tome 1: le ghetto, Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël (scénario), David Evrard (dessin). Editions Glénat, 72 pages, 14,95 euros.

En 1940, dès l’envahissement de la Pologne, les juifs sont enfermés dans des ghettos, quartiers placés sous la surveillance sévère de l’armée qui empêche toute sortie. À Varsovie, les seuls qui peuvent y entrer sont les membres du comité d’aide sociale. Parmi ceux-ci, Irena Sendlerowa, une jeune femme modest et déterminée qui vient quotidiennement porter des vivres, mais surtout du soutien aux familles démunies et affamées. Un jour, une mère, sur le point de mourir, lui confie la vie de son fils. Irena prend alors la décision de faire échapper les orphelins du ghetto. Une décision qui pourrait lui coûter la vie et qui va en faire une « juste parmi les nations ». Mais aussi une femme, décédée en 2008, largement oubliée par l’histoire. C’est pourquoi Jean-David Morvan Séverine Tréfouël et David Evrard ont décidé de lui redonner un peu de lumière…

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Une adaptation ravageuse

capture-decran-2016-09-17-a-11-19-01Ravage, tome 1, Jean-David Morvan (scénario), Rey Macutay (dessin), d’après l’oeuvre de Barjavel. Editions Glénat, 48 pages, 13,90 euros.

René Barjavel et son célèbre roman Ravage fait à son tour l’objet d’une adaptation en bande dessinée en cette rentrée.

La France, autour de l’an 20150. Deux bandes armées hétéroclites se font face dans un monde post-apocalyptique. Les assaillants, menés par « le Patriarche » – leur charismatique chef âgé de 130 ans –  veulent absolument détruire « la machine » des villageois, un véhicule à vapeur bricolé. Car le Patriarche proscrit toutes technologies ou forme de progrès technique. Un engagement qui trouve sa source un siècle plus tôt quand il n’était qu’un jeune étudiant en chimie et se nommait François Deschamps. En cette année 2052, la vie s’ouvre à lui et à sa fiancée, Blanche. Mais cette dernière va se voir instrumentalisée par un magnat du show-bizz. Et, surtout, la « catastrophe » va tout bouleverser, stoppant d’un coup toutes les machines…

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Le retour des petits Oms

Oms en série-t2-couvOms en série, tome 2: l’exom, Jean-David Morvan (scénario), d’après le roman de Stefan Wul, Mike Hawthorne (dessin). Editions Ankama,

La révolte des Oms a pris de l’ampleur. Aidé par la vieille shamane, Terr est devenu le leader des Oms libres. Et ceux-ci, grâce aux connaissances accumulées par leur chef ont bâti leur propre cité clandestine et souterraine et commencent à maîtriser les technologies qui pourront leur permettre de s’échapper et de rejoindre, peut-être leur planète (la Terre, dévastée dans un lointain futur), notamment des sous-marins capables de les emmener vers l’île où leurs anciens maîtres lancent leurs fusées spatiales. Mais une expédition menée pour sauver son frère, devenu « étalon reproducteur » va entraîner une réaction en chaîne dévastatrice. Les Draags prennent conscience de l’évolution de leurs « animaux de compagnie » et décident de les éradiquer pour de bon…

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SPECIAL COMMEMORATION: Jaurès en toute humanité

Jaurès-couvJaurès, Jean-David Morvan, Frédérique Voulyzé, Ray Macutay, Vincent Duclert. Editions Glénat (collection Ils ont fait l’Histoire), 56 pages, 14,50 euros.

Avec Jaurès, sujet de saison en cet été, date centenaire de sa mort, la collection Ils ont fait l’Histoire fait ses premiers pas dans la période contemporaine, après avoir privilégié jusqu’ici le Moyen-âge (avec Philippe Le Bel et Charlemagne) et la période gallo-romaine (Vercingétorix).

Entre deux assassinats symboliques, celui de François-Ferdinand à Sarajevo, le 28 juin, et celui de Jean Jaurès, le 31 juillet à Paris, cet album se centre sur le dernier mois de la vie du leader socialiste (tout en s’autorisant quelques flash-back). Et il s’attache surtout à évoquer le dernier combat du fondateur de L’Humanité: son engagement pour la paix et contre la guerre qui arrive. Ultime action d’un engagement débuté dans les années 1880 aux côtés des mineurs de Carmaux. Lire la suite

Zaya, sans temps morts

Zaya, tome 3, Jean-David Morvan, Huangjiawei, éditions Dargaud, 64 pages, 14,99 euros. Parution le 25 janvier 2013.

On avait déjà connu pas mal de surprises avec la superbe Zaya, qui sur la planète Anapafé 6 et dans un futur indeterminé, cachait derrière son activité d’holo-sculptrice un passé de tueuse hors pair pour la Spirale, une organisation mafieuse. Ré-activée pour aller stopper un tueur qui massacre tous les pontes du clan, Zaya, s’était retrouvée embarquée, dans le deuxième tome de ce triptyque – malheureusement non chroniqué, faute de temps – dans un univers parallèle, un « contre-espace » ou apparemment plus personne ne la connaissait, comme si son existence avait été effacée et que l’univers s’était recomposé sans elle.

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Petit Oms de bonne compagnie

Oms en série, tome 1: Terr, sauvage, Morvan, Hawthorne, éditions Ankama, Coll. Univers de Stefan Wul, 56 pages, 13,90 euros.

Sorti en parallèle, cet automne, avec le premier tome de Niourk, d’Olivier Vatine, Oms en série a l’avantage – qui est aussi un sérieux inconvénient – d’être l’un des récits de Stefan Wul les plus connus, grâce au succès du film marquant qu’en ont fait Roland Topor et René Laloux en 1973 : La planète sauvage. Une planète, celle des draags, pas si sauvage, en tout cas plus civilisée ici, dans la vision qu’en donnent Jean-David Morvan et Mike Hawthorne. Ces aliens humanoïdes géants se montrant assez proches des hommes dans leur façon de vivre. Et leur manière de considérer les petits « Oms » s’apparente toujours à l’attitude que l’on peut avoir pour son animal de compagnie : attentionné, mais bien entendu très distant. Ce renversement de situation, plaçant les « hommes » en état d’animal domestique d’êtres géants et plus évolués, au centre du livre de Stefan Wul, fonctionne toujours aussi bien, créant un malaise indéniable.

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Entraînés dans la spirale avec Zaya

Zaya, tome 1, de Jean-David Morvan, Huangjiawei, éditions Dargaud, 80 pages, 14,95 euros.

Dans un lointain futur, sur la planète Anapafé 6, un étrange tueur décime les grands pontes d’une organisation mafieuse, « la Spirale ». De son côté, Zaya Oblidine est une mère épanouie de deux jumelles,  jeune artiste dont les holo-sculptures connaissent une renommée croissante sur cette terre pas si éloignée de la nôtre. Jusqu’à la moitié de ce premier tome, l’intrigue de Zaya paraît aussi obscure et chantournée que peuvent l’être les dessins – superbes au demeurant – de Huangjiawei. Mais, et c’est un premier signe de réussite, ce flou n’est pas un frein à la lecture. Au contraire, cette longue séquence d’exposition (qui ne manque cependant pas d’action) permet de s’attacher à l’héroïne, tout comme d’accroître la curiosité sur les motivations du mystérieux assassin et de ses victimes.
La révélation – amenée par quelques indications, comme les capacités au close-combat de la jeune artiste – et la jonction entre ces deux histoires parallèles ont lieu page 41: Zaya est une ancienne employée de la Spirale. Libérée temporairement, elle ne peut refuser la mission qui lui est donnée: éliminer le fameux danger de ses patrons. Embarquée dans un vaisseau spatial en compagnie d’une intelligence artificielle, qu’elle se dépêche de reprogrammer, elle lance véritablement l’aventure de ce polar interplanétaire déjà envoûtant.
Au scénario, toujours très professionnel et virtuose de Jean-David Morvan, s’ajoute en effet le trait « biomécanique » du jeune dessinateur chinois Huangjiawei, aussi à l’aise pour croquer de belles jeunes femmes expressives (à l’image du dessin de couverture) que des séquences de combats dantesques, des villes à l’architecture florissante et baroque ou quelques séquences spatiales assez étonnantes.
Avec ses teintes gris-métalliques enrichies de quelques touches de couleurs, et son découpage très dynamique, un premier album qui emporte déjà totalement dans cette spirale infernale.

Univerne revisite avec bonheur l’univers de Jules Verne

UNIVERNE, t.1, Paname de Morvan et Nesmo, ed.Soleil,  48 pages, 13,50 euros.

Par la faute d’un train raté lors de sa tentative de fuite avec Victor Hugo, Pierre-Jules Hetzel n’arriva jamais à Bruxelles après le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte et, en conséquence, il ne revint pas en France en 1860 réaliser son rêve d’éditeur, publiant notamment Jules Verne. Effet collatéral, Verne n’est jamais devenu romancier. Mais il a fait mieux dans cette histoire imaginée par Morvan et Nesmo (Alexandre Nesme, qui s’imposait ici, au vu de son pseudo !) que d’écrire des livres : il a carrément bâti une société utopique sur une île déserte, Univerne. Une si belle réalisation qu’une coalition internationale se charge vite de piller et de détruire, comme on l’apprendra en suivant Juliette Hénin, une jeune journaliste qui, en 1900 enquête sur cette histoire et reçoit les confidences de la maîtresse de Jules Verne, enfermée à la Santé.

L’uchronie permettant toutes les fantaisies, cette série n’en manque pas. Dans une ambiance steampunk débridée, le dessin semi-réaliste virtuose de Nesmo, avec un graphisme flirtant parfois avec le manga, se déploie ainsi dans les décors somptueux et les machines étonnantes de ce Paris 1900 revisité : entre les pavillons rétro-futuristes de l’expo universelle, la teslavision inventée par un proche de Verne, mégalomane ayant trahi son mentor ou la commune libre de Montmartre – la « Paname » du titre, toujours communarde et anar, cultivant son ambiance canaille derrière ses murailles. Les personnages ne sont pas en reste, à l’image de l’héroïne, étonnant et fort personnage de suffragette effrontée.

Rythmé et réjouissant, ce premier album, plonge directement dans l’intrigue et laisse espérer de beaux développements. Ainsi, notre cher Jules Verne pourrait être moins mort qu’on ne le croyait, à l’abri d’une station orbitale. Et pour la suite, les auteurs promettent d’embarquer son héroïne du Château des carpates à l’île mystérieuse, en passant par un nouveau voyage au centre de la Terre,  jusqu’à 20000 lieues sous les mers et sur la Lune. Une façon ludique et très sympathique de revisiter l’oeuvre de Jules Verne.