Les éditions de la Gouttière
dessinent bien la crise

La crise, quelle crise ? collectif, éditions de la Gouttière, 64 pages, 12,70 euros.

Après Cicatrices de guerre(s), sur 14-18, place à une autre guerre, économique celle-là. Et qui fait aussi son lot de victimes. Mais les fronts sont plus mouvants et divers encore. Et les armes souvent plus inégales, entre traders et financiers d’un côté, salariés ou laissés pour compte de l’autre. Ce recueil aborde ces différentes facettes d’une situation dans laquelle on baigne, au bas mot, depuis… un demi-siècle. Car, pour toute une génération – voire même plusieurs depuis les années 70 – ce « changement subit », cette manifestation « soudaine » est devenu un état de fait, un tunnel dont on ne voit jamais le bout – depuis Raymond Barre… Généralisée et omniprésente, elle est pourtant difficilement définissable. Dans ce nouvel album collectif, les éditions de la Gouttière y posent donc un regard subjectif. Neuf regards plutôt, pour autant d’histoires courtes au ton au départ plutôt doux amer, pas si catastrophiste donc. Ou souvent, la vie reste la plus forte. Comme si à force d’y vivre, elle était assimilée, à défaut d’être acceptée.

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Ils vont vous faire aimer La Crise !

L’album collectif des éditions amiénoises de la Gouttière, La Crise, quelle crise, arrive dans les rayonnages le 15 février (et même avant à Amiens). Une sortie accompagnée d’une méga-séance de dédicaces, samedi 16 février et d’un cahier spécial « collector » du Courrier picard,  aujourd’hui, 14 février.

La Crise, quelle Crise ? est le nouvel album collectif des éditions de la Gouttière, d’Amiens (on y reviens plus en détails ici). Sa sortie, prévue le 15 février, sera accompagnée – précédée et suivie – de deux manières, complémentaires.

Avant : Un cahier spécial
dans le Courrier picard

Jeudi 14 février, dans l’esprit de celui réalisé pour cette autre création éminement picarde (et plutôt bien partie selon les premiers retours – et on s’en félicite) qu’est La Guerre des Lulus, le Courrier picard consacrera un cahier spécial à ce nouvel événement éditorial régional (à retrouver ici). Avec tout ce qu’il y a savoir sur l’album et sa conception, ainsi que les points de vue d’auteurs, ayant contribué à la BD, sur la question.

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Mers-les-Livres et les BD du coin

7e salon Mers-les-Livres les 7 et 8 juillet à Mers-les-Bains. Avec, côté BD, des productions régionales à l’honneur.

La septième édition de Mers-les-Livres débutera, le 7 juillet. En toute logique, donc. Et, selon la même logique, le salon accueillera encore des auteurs écclectiques, dont plusieurs scénaristes et dessinateurs de bande dessinée.

Cette année, la production samarienne sera à l’honneur. On comptera en effet, dans le « Pôle BD » Greg Blondin et Francis Laboutique (pour leur récent Inspecteur Pidmer), mais aussi Hardoc. Ainsi que trois auteurs, certes non Picards mais qui viennent d’être publiés par les éditions amiénoises de La Gouttière : Marc Lizano, scénariste d’Hugo et Cagoule, ainsi que Frédéric Maupomé et Stéphane Sénégas, le duo des albums d‘Anuki.

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Une Somme d’albums en vue

Les auteurs locaux – disons de la Somme – sont productifs en ce moment.

Une vignette du tome 3 de Dog Fights, de Fraco (dessin) et Régis Hautière.

Après Pidmer, de Greg Blondin (qui participe aussi en ce moment à un travail avec des scolaires d’Havernas, dans la Somme) et Francis Laboutique, sorti voilà deux mois, Sur les bords du monde d’Olivier Frasier, paru la semaine passée et La guerre secrète de l’espace, tome 2, de Damien Cuvillier et Régis Hautière qui vient juste de les rejoindre dans les bacs (et sur lequel nous reviendrons très prochainement, plus en détail, avec son dessinateur, Damien Cuvillier), c’est un autre décollage qui se prépare, celui du troisième tome de Dog Fights, de Fraco et toujours Hautière au scénario. Les dernières planches seront transmises à l’éditeur cet été. Ce qui laisse augurer d’une sortie à la rentrée ou avant Noël (avec peut-être dans ce cas, le coffret des trois ?).

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Inspecteur Pidmer : Vincent Caron
la plume derrière l’oiseau

Guide nature dans le Marquenterre, en Picardie maritime, Vincent Caron a transposé ses écrits sur les oiseaux en bande dessinée, avec l’aide du trio amiénois Greg Blondin, Noredine Allam et Francis Laboutique. L’Inspecteur Pidmer vient de sortir, en plein pour le Festival de l’oiseau et de la nature. Dimanche, son inspirateur avait donné une interview au Courrier picard. La voici.

Vincent Caron, expliquez-nous la genèse de cette bande dessinée ?

C’est un projet très ancien. Ayant été guide au parc du Marquenterre (de 1983 à 1989) et à la Maison de l’oiseau (de 1994 à 2001), j’ai commencé à écrire des histoires en 1996, afin d’adapter les visites pour les enfants. J’ai créé un personnage, l’inspecteur Pidmer, un huîtrier pie, qui fréquente les estuaires et raffole de mollusques et coquillages. Ce volatile partait à la découverte des oiseaux de la baie de Somme. J’ai ensuite évoqué ce projet de bande dessinée à Gérard Désérable, de l’équipe du Festival de l’oiseau, en 2007.

Comment ces histoires ont-elles été transposées en bande dessinée ?

Après avoir écrit 150 textes, nous avons cherché un dessinateur. J’ai alors fait la connaissance de Greg Blondin, au salon de la BD, à Amiens, en 2009. Il m’a mis en rapport avec Francis Laboutique, un scénariste de BD. Comme ils avaient des projets en cours, nous n’avons commencé à travailler qu’à partir de mars 2011. On a alors fait appel à un coloriste, Noredine Allam, qui a participé aux adaptations de dessins animés comme Astérix et Cléopâtre. Les trois sont originaires d’Amiens. En septembre 2011, les premières planches sont apparues.

Quelle a été votre contribution à la conception de la bande dessinée, outre votre travail d’auteur ?

Dans un premier temps, j’ai sélectionné une vingtaine histoires sur les 150 écrites. Dix ont été choisies de façon collégiale. J’ai ensuite relu les planches et bulles, afin d’apporter des corrections et petites retouches. J’ai veillé à redonner un peu plus d’importances aux textes, afin de ne pas oublier des informations permettant de comprendre l’histoire. Cela n’a pas toujours été évident de les retranscrire en bande dessinée. Rendre compte de textes très denses en quelques planches n’est pas facile. Et il y a environ un mois, peu après la mi-mars, nous avons envoyé « le bébé » à l’imprimerie. Les éditions Nord Média, pour qui c’est la première expérience en bande dessinée, nous ont souvent titillés pour que l’on livre les planches à temps.

Comment jugez-vous le résultat ?

La bande dessinée est divisée en 46 planches, relatant dix histoires dans un format plus petit qu’une BD classique, afin qu’elle soit maniable facilement. Elle est tirée à 3 500 exemplaires et sera en vente durant le Festival de l’oiseau, puis dans des librairies du Nord – Pas-de-Calais, de Picardie et de Normandie.

Une suite des aventures de L’inspecteur Pidmer est-elle envisagée ?

Nous songeons effectivement à adapter L’inspecteur Pidmer dans une série d’enquêtes policières.

Propos recueillis par ALEXANDRE BOUDARD

« L’inspecteur Pidmer »,  de Vincent Caron, Greg Blondin, Noredine Allam, Francis Laboutique, éditions Nord Média,  12,50 euros. Exposition sur la BD à la bibliothèque municipale d’Abbeville jusqu’au 25 avril, de 10 à 12 heures et de 14 à 18 heures (fermé le lundi)
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À Amiens, 2030, c’est vraiment demain !

Les visions dessinées d’Amiens dans vingt ans sont à découvrir ce samedi 21 avril après-midi à la bibliothèque Louis-Aragon.

On les avait découvertes, un peu par hasard – j’avais été assez scotché, pour tout dire – pour la première fois lors du dernier festival de BD d’Amiens, puis revues dans un cahier spécial et un diaporama sur le site du Courrier picard. Cette fois, on pourra vraiment apprécier à leur juste valeur le travail réalisé par plusieurs dessinateurs de la région dans le cadre du projet urbain d’Amiens Métropole pensé pour l’horizon 2030.

Pour ce qui est de l’aspect bande dessinée, Amiens 2030, c’est donc demain ! Au sens littéral du terme : ce samedi 21 avril à la bibliothèque Louis-Aragon où la municipalité consacre une journée à ce grand projet participatif.

La bande dessinée, Métropole en ébullition, qui retranscrit l’expérience vécue par les personnes ayant participé aux ateliers à travers deux bd-reportages et la reprise des vingt dessins créés à cette occasion.
Des créations dues, entre autre, à Noredine Allam, Fraco, Nicolas Hitori Dé, Greg Blondin, Olivier Frasier, Alex-Imé, Damien Cuvillier ou encore Antoine Dodé.

Une journée, doublement, à marque d’une pierre blanche. Car, d’une part, il sera possible de faire dédicacer son ouvrage par les auteurs ayant participé au projet. Mais, en plus, l’album sera offerte à tous les participants à ce 21 avril (pour les autres, elle sera également disponible, toujours gratuitement et dans la limite des stocks disponibles, en faisant une demande à projetmetropolitain@amiens-metropole.com).

 Amiens 2030 s’expose, samedi 21 avril à la bibliothèque Louis-Aragon, rue de la République à Amiens.  15h15, visite guidée de l’exposition « Amiens 2030 ». 16 heures, présentation de la bande dessinée Métropole en ébullition et dédicaces par les auteurs. L’exposition est visible du 16 au 28 avril à la bibliothèque Louis-Aragon.

 

 

 

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La BD, de Hergé à la Côte picarde,
à l’honneur dans « Pays du Nord »

Pays du Nord consacre le dossier de son numéro actuellement en kiosque à la BD, plus particulièrement à Hergé et la Belgique.

On l’a découvert avec un peu de retard – mais le numéro est encore en maisons de la presse jusqu’à la fin du mois. Pays du Nord, le magazine « tourisme – patrimoine – art de vivre » nordiste a fait une échappée, géographique et thématique, dans son numéro de janvier et février en Belgique et sur la bande dessinée.

Au sommaire du mensuel, toujours joliment mis en scène et avec une très riche iconographie, on commence par une interview de Philippe Geluck, qui parle plus de son pays que de son célèbre chat, avant un dossier d’une trentaine de pages sur Hergé et son territoire de prédilection, comprenant une bio plutôt bien informée par Francis Bergeron, puis une balade dans le Bruxelles « bédéphile », les « jardins secrets » et lieux d’inspiration du père de Tintin, pour conclure sur la présentation des principaux personnages et du Musée Hergé à Louvain-la-Neuve. Un beau numéro donc.

Pidmer prend son envol en Picardie maritime

Mais, pour les Picards, l’autre info concernant la BD dans ce numéro porte sur la sortie prochaine des Enquêtes de l’inspecteur Pidmer. Un polar animalier (avec en vedette un inspecteur huîtrier-pie et son accolyte courlis cendré) à but pédagogique et à destination des jeunes, créé par Vincent Caron – par ailleurs guide nature en Baie de Somme – avec l’appui des Amiénois Greg Blondin (dessin), Francis Laboutique (scénario) et Noredine Allam (coloriste).

L’album (édité par Pays du Nord avec le Festival de l’Oiseau d’Abbeville et de Picardie maritime) étant prévu pour sortir fin mars, quelques jours avant la manifestation abbevilloise, on y reviendra dès que possible… dès qu’on aura vu de plus près la chose.

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Un mariage musulman pour le meilleur et pour le rire

MUSLIM SHOW, t.2 : Mariage, Noredine Allam et Greg Blondin, ed. du BDouin, 48 p., 10,45 euros. Sortie le 18 juin.

Tout juste un an après leur premier album, les deux Amienois Noredine Allam (au scénario) et Greg Blondin (au dessin) avec un nouvel épisode de cette « chronique drôle et légère de la vie quotidienne des musulmans en occident », qu’ils entendent livrer. Un second « muslim show » consacré, après le ramadan, au mariage. De la demande auprès des beaux-parents au voyage de noces final, en une quarantaine de planches, on aura tout vu, pas mal appris et beaucoup souri sur le mariage à l’orientale. Gestion de la famille, des amis, henné party, choix de la neggafa (l’habilleuse – chef d’orchestre du mariage), défilé en mairie, cérémonie et soirée finale, tout est prétexte à un regard drôle et empathique.

Nettement plus dans le partage que dans le prosélytisme, cet album se moque gentiment des travers et des galères vécues par son jeune (futur) couple. Mais tout est traité avec la légèreté et l’humour qui s’imposent.

Allam et Blondin épinglent parfois de façon aiguisée, mais jamais méchante des ridicules de chacun. Une approche et un ton qui sonnent toujours aussi justes, renforcés par le dessin rond et chaleureux de Greg Blondin, allant parfois vers le cartoon « gros nez », mais capable d’une belle finesse de trait dans la description, par exemples, des différentes robes traditionnelles.

Même s’il vise un  public ouvertement musulman, possédant toutes les clés des situations décrites ici, ce Muslim show n’a rien de communautariste. Une fois encore, on ne rit pas des musulmans, ici, mais bien avec eux. Par les temps qui courent et les tentatives politiques récurrentes d’exacerber faussement les clivages, cet album n’en devient que plus recommandable. Et cette approche, sans prétention, de l’islam en France vaut beaucoup de « grands débats » sur la question.

A lire, ce dimanche 5 juin dans le Courrier picard, un entretien avec les deux auteurs autour de la sortie de cet album.
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Après l’humour juif, la bd d’humour musulman

MUSLIM’SHOW, t.1 : le mois sacré du ramadan, Noredine Allam et Greg Blondin, ed. du BDouin (Dargaud), 48 p., 9,95 euros. Sortie le 11 juin. 
L’humour juif, on connaissait. Avec Muslim’Show, l’humour islamique, lui, gagne à être connu.
 
Né sur un blog d’internet, le « Muslim’Show » passe le cap de l’édition en album cette semaine. Et, graphiquement et dans le ton, le pari des Amienois Noredine Allam et Greg Blondin est largement gagné. 

Noredine Allam, par ailleurs responsable du studio de coloristes 2HB et juste scénariste pour l’occasion, borne son sujet : pas de grossièretés, d’évocation tendancieuse de l’islam ou, bien sûr, de représentation du prophète.

Mais cela n’empêche pas les deux jeunes auteurs de pratiquer la dérision, non sur la religion, mais sur la manière dont certains la pratiquent.

Ce premier tome, qui raconte plus particulièrement le quotidien des musulmans pendant le ramadan, offre ainsi de savoureux portraits et dépasse avec talent les clichés. On y voit des jeunes faire des kilomètres afin de pouvoir manger, d’autres fantasmer sur la nourriture,  une jeune fille renvoyer les questionnements sur sa pratique à une interrogation plus fondamentale, etc.

Voulant s’adresser aux musulmans d’occident, l’album permet aussi de faire prendre conscience avec humour à ceux qui ne le sont pas… des similitudes de la pratique de l’Islam avec les autres cultes… Au premier rang desquelles la religion catholique.

Bref, ici, on ne rit pas de l’Islam, mais on peut rire avec les musulmans.
 
 

 

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