Pas si mortelle randonnée

Adieu monde cruel ! Stéphane Massard et Jean Rousselot (scénario), Nicolas Delestret (dessin). Editions Grand Angle / Bamboo, 80 pages, 17,90 euros.

Une jeune femme désenchantée et un peu tête en l’air, un homme vieillissant frappé d’un drame intime et hanté par l’image d’un fantôme japonais, un jeune au look de banlieue mutique, un trader accablé. Ils ne se connaissaient pas mais partageaient un même mal-être et le sentiment de ne plus rien avoir à attendre de la vie. Par l’intermédiaire d’Internet, trois hommes et une femme se donnent rendez-vous, à l’aube, pour embarquer dans la voiture de l’un des volontaires à ce suicide collectif. Direction: la forêt de Fontainebleau où ils ont décidé d’en finir, mais sans mort violente, en s’asphyxiant doucement avec les gaz d’échappement renvoyés dans l’habitacle. Sauf que rien ne va s’enchaîner comme prévu. Et qu’il va leur être aussi difficile de mourir que de vivre…

Lire la suite

Verdun, parce que je le Vaux bien

Verdun, tome 2: L’agonie du fort de Vaux, Jean-Yves Le Naour (scénario), Marko et Holgado (dessin). Editions Grand Angle / Bamboo, 56 pages, 13,90 euros.

Un « symbole de l’acharnement des combats menés à Verdun ». La résistance des soldats français dans le fort de Vaux assiégé par les Allemands, début juin 1916, restera comme l’un des moments forts, entrés dans l’Histoire, de cette bataille symbole de la Première Guerre mondiale.

Le destin de Vaux commence à se jouer le 23 mai 1916. La situation s’est plus ou moins stabilisée depuis l’attaque allemande de février. Après la chute de celui de Douaumont, le fort de Vaux est un point-clé pour avancer sur Verdun. Déjà pilonnée par les bombardements, dans un décor devenu lunaire, la place-forte voit arriver son nouveau chef, le commandant Raynal. Blessé trois fois déjà, souffrant du paludisme, il s’est déclaré volontaire pour cet avant-poste. Il découvre un fort avec un sur-effectif d’hommes, venus se replier là des tranchées voisines et mal défendu. Il organise la défense en prévision de l’attaque allemande qui s’annonce. Celle-ci se déclenche le 1er juin. Encerclés, sans possibilité de renforts ou de ravitaillement, les 600 assiégés tiennent le choc des premiers assauts. Le 3 juin, une nouvelle attaque massive est repoussée. Mais les conditions de vie à l’intérieur de l’édifice sont dantesques. Calfeutrés dans leur casemate, dans la pénombre, l’atmosphère est asphyxiante, l’odeur insoutenable, es hommes n’ont plus d’eau, ils sont contraints de lécher les murs ou de boire leur urine, Les Français espèrent une contre-attaque alliée pour le 4 juin. Celle-ci échoue, faute de moyens suffisants. Tout comme une deuxième tentative le 6 juin.
Le 7 juin 1916, Raynal décide la reddition du fort. Impressionnés par la résistance héroïque des « poilus », les Allemands leur font une haie d’honneur et le commandant est même reçu par le Kronprinz.
Les Français ont eu 93 victimes (dont 17 morts), les Allemands ont perdu près de 2800 hommes. Quant au fort, il sera repris début novembre 1916. Sans bataille, il a été abandonné par les Allemands…

Lire la suite

Partie de chasse à Pripyat

Les chiens de Pripyat, tome 1: Saint-Christophe, Aurélien Ducoudray (scénario), Christophe Alliel (dessin). Editions Grand Angle / Bamboo. 56 pages, 13,90 euros.

Plus de trente ans déjà. La centrale de Tchernobyl explose, contaminant tout dans un rayon de 200 km dans ce coin d’Ukraine. Une fois la zone évacuée, dont la ville modèle de Pripyat, à 3 km de la centrale, des chasseurs sont embauchés pour aller abattre les animaux touchés par les radiations, afin qu’ils ne puissent contaminer d’autres secteurs. Pour 30 roubles la tête, Nicolaï, un solide fermier, embarque dans cette aventure son fils de 16 ans, Kolia, ainsi que ses amis Sputnik (adepte de la vodka et du hard rock), Pravda (ex-spetsnaz, vétéran d’Afghanistan) et Petit Père (quasi sosie de Staline, en nettement plus calme et pacifique).
Dans la ville fantôme, ils auront à affronter d’autres bandes de chasseurs, mais Kolia croisera également de mystérieux personnages en combinaisons anti-radiation, qui s’enfuient à leur arrivée. L’innocent adolescent va alors découvrir d’autres âmes perdues dans ce décor post-apocalyptique…

Lire la suite

Ile était une foi, contre le tourisme à la masse

Le retour, Bruno Duhamel. Editions Grand Angle / Bamboo, 96 pages.

Pour son premier album en solo, Bruno Duhamel (dessinateur notamment des Brigades du Temps ou du Voyage d’Abel) interroge le rôle de l’artiste et celui du tourisme de masse.

De retour dans son île volcanique natale, Cristobal est scandalisé par l’implantation d’un building et décide de prendre les choses en main pour préserver son environnement. Aidé d’amis artistes, il ambitionne de transformer l’île elle même en une gigantesque oeuvre d’art. Quelque temps plus tard, il est retrouvé mort, calciné dans sa voiture. Un inspecteur est chargé de mener l’enquête et de fouiller dans le passé d’un homme qui s’était de nombreux ennemis, dont lui-même peut-être…

Lire la suite

L’ambulance 13 sur le front d’Orient

capture-decran-2016-11-05-a-19-54-25L’ambulance 13, tome 7: les oubliés d’orient, Patrice Ordas (scénario), Alain Mounier (dessin). Editions Grand Angle, 48 pages, 13,90 euros.

De plus en plus amer, Louis-Charles Bouteloup, chirurgien militaire définitivement marqué par la Guerre de 14-18. Non seulement devenu une « gueule cassée », il a vu mourir son amour et se sent de plus en plus inutile et cynique.
Il va être rappelé à ses devoirs en étant invité à rejoindre l’armée d’Orient. Ses conditions (à savoir retrouver son équipe de l’Ambulance 13) ayant été acceptés, il va être pris dans l’offensive du général Jouinot-Gambetta, devenir un temps l’otage des Bulgares et participer, à Uskub, à la dernière charge de la cavalerie française…

Lire la suite

Une Invitation à accepter

capture-decran-2016-11-06-a-17-14-37L’invitation, Jim (scénario), Dominique Mermoux (dessin). Editions Vents d’ouest, 160 pages, 17,50 euros.

Le film L’invitation sort ce mercredi sur les écrans, avec Nicolas Bedos et une promo qui va donner une fugitive visibilité à ce nouveau « film de potes ». Occasion de se replonger dans l’album du même nom, paru en 2010 et réédité opportunément par Vents d’Ouest.

Tout commence à Paris, en pleine nuit. Raphaël, un jeune parisien est réveillé à 2h30 du matin par un appel de son ami Léo, en panne de voiture à 1 heure de route de Paris et qui appelle à l’aide. Sur l’insistance de sa compagne, Helen, Raphaël s’exécute, finalement heureux de son geste généreux. Mais c’est pour s’apercevoir que Léo a en fait appelé plusieurs de ses potes uniquement pour savoir si ceux-ci se déplaceraient ainsi pour lui. Le champagne offert à un goût amer pour Raphaël.  Il le sera encore plus quand, une semaine plus tard, alors que sa copine est en déplacement professionnel, il lui vient l’idée de faire ce même « test de l’amitié »…

Lire la suite

Un héritage à coucher dehors mais à se plonger dedans

a-coucher-dehors_couvA coucher dehors, Aurélien Ducoudray (scénario), Anlor (dessin). Editions Grand Angle, 56 pages, 13,90 euros.

Après Amère Russie, Aurélien Ducoudray et Anlor récidivent ensemble pour un nouveau diptyque, toujours chez Grand Angle et toujours dans la même veine. En moins tragique et à Paris cette fois.

Trois clochards, Amédée, Prie-Dieu (pour son culte très très oécuménique) et Merguez (un Congolais grand brûlé) vivent plutôt à la cool dans leurs petites tentes posées en bords de Seine, juste dérangés ponctuellement par les policiers. Mais voilà qu’Amédée apprend qu’une de ses tantes qui vient de décéder lui a légué son pavillon de banlieue. Avec cet héritage, pas de dettes ou de coups fourrés, mais une seule condition : que l’héritier s’occupe de son neveu, Nicolas. Trisomique et fasciné par la conquête spatiale version Youri Gagarine, ce dernier est aussi adepte des disparitions surprises. Tout ce petit monde va devoir apprendre à vivre ensemble…

Lire la suite

Charles de Gaulle appelé par l’Histoire de France

Charles de Gaulle_t2_couvCharles de Gaulle, épisode 2: 139-1940, l’homme qui a dit non, Jean-Yves Le Naour (scénario), Claude Plumail (dessin). Editions Grand Angle, 48 pages, 13,90 euros.

A l’inverse du tome 1, qui racontait un épisode sans doute méconnu de son histoire, durant la Première Guerre mondiale, ce second album s’attache au moment ou le général de Gaulle va entrer dans l’Histoire du XXe siècle.

A l’automne 1939, le « grand Charles » n’est toujours qu’un petit colonel. Et en matière militaire, il n’est toujours pas prophète dans son pays. C’est plutôt l’Allemagne qui a mis en application avec succès ses théories sur l’utilisation massive des chars. Seul le président du Conseil, Paul Reynaud, lui accorde sa confiance. Mais son intention de le faire entrer au gouvernement subit le veto de Daladier. Nommé, en compensation commandant d’une division blindée, de Gaulle sera l’auteur des très rares succès militaires de l’armée française au printemps 1940, à Montcornet, le 17 mai, puis aux Monts Caubert, près d’Abbeville. Mais son audace ne suffira pas face à la débâcle généralisée.
Son prochain théâtre d’opérations sera plus politique. Nommé général de brigade, fin mai 1940, il entre enfin au gouvernement de Paul Reynaud le 6 juin, comme sous-secrétaire d’Etat à la Guerre. Bien trop tard, là encore, pour contrer le parti défaitiste emmené par Pétain ou les faiblesses de Reynaud. Devant les pressions croissantes pour aller vers une Armistice, de Gaulle rejoint Londres et, au lendemain de la déclaration de Pétain, il lance son appel à la résistance sur les ondes de la BBC. Un discours passé inaperçu sur l’instant, mais qui va marquer l’histoire et sauver, quelque part, l’honneur de la France…

Lire la suite

The Time Before ou l’art difficile de refaire sa vie

the time before_couvThe Time Before, Cyril Bonin, éditions Grand Angle, 104 pages, 18,90 euros.

Qui n’a rêvé de pouvoir revenir en arrière, au « temps d’avant », et, fort de l’expérience accumulée, rectifier ses erreurs, cadrer son destin jusqu’à la perfection. C’est ce qui est offert au jeune photographe Walter Benedict, un soir de 1958 à New York. Il sauve un vieux vendeur à la sauvette victime d’une agression qui, pour le remercier, lui remet un bijou-talisman qui a le pouvoir d’aider celui qui le possède à « réussir sa vie ». Cette machine à voyager dans le passé va lui permettre, en effet, de devenir un photographe réputé – toujours là au bon moment, sans jamais d’impairs. Mais en octobre 1959, alors qu’il se rend à Philadelphie pour couvrir un meeting de Kennedy, une sortie de route l’envoie violemment contre un arbre. Lorsqu’il se réveille, la hanche brisée, il pourrait effacer vite cela. Mais il vient de tomber amoureux de son infirmière, la jolie Lisa Blackley. Sous le charme, il commence à accepter de se laisser porter par cette nouvelle existence avant que les difficultés de sa situation et de son mariage ne l’incitent, une fois encore, à revenir avant l’accident, et de reconquérir Lisa. Non sans difficultés. S’il n’a rien oublié d’elle, il a disparu de sa vie. Et il se rendra compte que, finalement, toutes les orientations se paient un jour…

Lire la suite

Verdun, les coulisses d’une bataille

Verdun, avant l'orage_couvVerdun, avant l’orage, Jean-Yves Le Naour (scénario), Marko et Holgado (dessin). Editions Grand Angle, 56 pages, 13,90 euros.

Il y a exactement cent ans, la plus emblématique bataille de la Première Guerre mondiale – à laquelle elle est même parfois résumée – allait éclater. Mais pour l’historien Jean-Yves Le Naour, ici, c’est trois mois plus tôt que Verdun a vraiment débuté.

Début décembre 1915, le lieutenant-colonel Driant vient alerter ses ex-collègues députés de l’insuffisance des défenses du secteur de Verdun, auquel il a été affecté avec son régiment de Chasseurs. L’alarme est retransmise au gouvernement, mais cela ne fait pas fléchir le général Joffre, chef de l’Etat-major, persuadé que toute offensive allemande dans ce secteur ne saurait être qu’une diversion. Et pendant ce temps, côté allemand, on se prépare à entamer la plus grosse préparation d’artillerie jamais mise en place…

Lire la suite