Timothé Le Boucher rattrape fort bien le temps perdu

Ces jours qui disparaissent, Timothé Le Boucher. Editions Glénat, 190 pages, 22,50 euros.

Et si vous ne viviez qu’à « mi-temps » , en n’ayant conscience que d’un jour sur deux ? C’est ce qui arrive brusquement à un jeune acrobate, Lubin Maréchal, après un choc à la tête. Chaque matin, à son réveil, une journée entière s’est évanouie. Plus troublant encore, il se rend compte que ces jours-là, c’est un autre Lubin, au caractère diamétralement opposé au sien, qui vit sa vie. Alors qu’il est enjoué et insouciant avec sa petite bande de potes, son double est froid, pragmatique et va bientôt développer une aptitude lucrative de web designer. La situation va encore empirer quand, progressivement, ses pertes de conscience vont s’allonger. « L’Autre » va occuper de plus en plus de journées et commencer à lui voler littéralement sa vie pour mener la sienne, imposant ses choix alimentaires, sa copine…

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Titeuf, toujours bien de son temps

Titeuf, tome 15: à fond le slip ! Zep. Editions Glénat, coll. Tchô ! la collec…, 48 pages, 10,50 euros.

Titeuf est de retour. Tel qu’en lui-même. Côté filles, la situation s’est complexifiée entre sa chère Nadia et désormais Ramatou, la jeune réfugiée avec qui c’est pô facile non plus d’avouer ses sentiments. Pour le reste, il tente de s’en sortir à l’école, de composer avec ses parents et de s’y retrouver dans un monde de plus en plus déconcertant, entre les « terroristes », les pédophiles qui se cachent derrière des tutoriels d’aide en maths sur Internet, les complotistes illuminati, les manifestants IVGétariens et ceux contre les déchets nucléaires « qui puent du slip comme les couches de Zizie« , sa petite soeur. Et maintenant, il faut aussi s’adapter aux nouvelles technologies, aux applis aux effets secondaires parfois très « frappants »…

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Quand Matra dominait Le Mans

24 Heures du Mans – 1972-1974 : les années Matra, Denis Bernard (scénario), Christian Papazoglakis et Robert Paquet (dessin). Editions Glénat, 48 pages, 13,90 euros.

Il y a quarante-cinq ans, passionné de course automobile, le président de la République d’alors, Georges Pompidou, donnait le départ des 24 heures du Mans… et d’un cycle de trois ans qui fera date dans la grande histoire de l’épreuve mythique. Parce que… Matra !

Jusqu’alors spécialisée dans l’armement, la firme française dirigée par Jean-Luc Lagardère s’était lancée huit ans plus tôt dans la course automobile. D’abord en Formule 1, avec à la clé le titre de champion du monde. Puis au Mans. Où rien n’est jamais simple. Aussi Matra mettra plusieurs années à s’imposer.

Mais à partir de 1972, les superbes voitures aux longues robes bleues deviennent imbattables et réalisent un triplé 72-73-74 avant de se retirer. Le triple vainqueur Henri Pascarolo, Gérard Larrouse, Jean-Pierre Beltoise, François Cevert, Jean-Pierre Jabouille… Autant de noms identifiés à une époque formidable où Le Mans était La Mecque du sport auto.

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A chacun son Tour, épreuve de force

Tour de force, Frédéric Kinder. Editions Glénat / Coll. Treize étrange, 64 pages, 13,90 euros.

Alors qu’un nouveau Tour de France s’élance à partir d’aujourd’hui, immense barnum médiatico-publicitaire et machine à cash lesté de soupçons pharmaceutiques, Frédéric Kinder fait revivre ici les lointains ancêtres du peloton actuel, ces « forçats de la route » que décrivaient alors Albert Londres. Au fil des pages et des anecdotes, on va croiser Eugène « le Guignard », accusé de porter la poisse et dont même la victoire sera lourde d’ironie ou Gastone Bellini, « l’Italiano » aux prises avec l’hostilité xénophobe du public et à la fin tragique. Et puis tous les autres, Louis la Manivelle, Friedrich la Grenouille, Arsène le Dandy du pavé, Firmin le Prince de la culbute, tous engagés dans ce drôle de périple, à la recherche de l’exploit et de la victoire et dont certains, entre 1914 et 1918, passèrent d’adversaires à ennemis, sur d’autres terrains de combat…

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Robespierre, Clémenceau, deux façons d’aimer la République

Collection « Ils ont fait l’histoire », éditions Glénat:
Robespierre, Mathieu Gabella (scénario), Hervé Leuwers (conseils historiques), Roberto Meli (dessin). 56 pages, 14,50 euros.
Clemenceau, Renaud Dély (scénario), Jean Garrigues (conseils historiques), Stefano Carloni (dessin), Christophe Regnault (storyboard). 56 pages 14,50 euros.

Deux nouveaux albums marquants dans la collection « Ils ont fait l’Histoire » des édtions Glénat. Et deux personnalités qui ont, incontestablement, marqué l’Histoire de France. Deux personnages controversées. Et deux ardents républicains aussi. Ce qui peut les réunir, au-delà des événements et des périodes historiques qu’ils ont traversé.

On découvre Robespierre en avril 1789, encore avocat à Arras et tout juste élu du Tiers Etat pour les Etats Généraux. Déjà « du côté du peuple », on le retrouve ensuite parmi les Jacobins en 1791, au moment de la fuite du roi à Varennes, on le suit de l’assemblée constituante à la Convention, menant ses combats pour la démocratie ou l’abolition de la peine de mort, le suffrage universel, assumant aussi un régime fort alors que le pays est attaqué à l’extérieur (à la suite d’une guerre voulue par le roi et l’assemblée et qu’il n’approuvait pas, à l’été 1792) et parsemé de troubles intérieurs. Avec Danton et Desmoulins, ses amis, d’abord, puis acceptant la mort de ces « indulgents ». Et ce jusqu’au jour de sa mise en accusation et son renversement, le 9 thermidor (juillet) 1794.

Un siècle plus tard, Clemenceau, donc. Après « l’incorruptible », le « Tigre ». Le lien entre les deux se fait d’ailleurs naturellement, avec la première planche de l’album sur Clemenceau où, en 1856, lors d’une balade à cheval dans la Vendée de son enfance, le père de Georges Clemenceau fait l’éloge de Robespierre à son fils: « Il voulait le bien, la vertu, et ils les voulait trop et trop vite… C’était un idéaliste. Un homme épris de morale et de pureté (…) Toute existence ne prend sens que si elle est, jusqu’au bout, révolte contre l’ordre des choses. Ne l’oublie pas, mon fils ! » Ardent républicain, lui aussi, traversera les tumultes de deux siècles suivants : arrêté sous l’empire de Napoléon III pour les propos de son journal (et sa rencontre avec Auguste Blanqui en prison), maire durant la Commune de Paris (ou il est impressionné par Louise Michel), député sous la jeune IIIe République (où il plaide vainement pour l’amnistie des Communards). En cette fin de XIXe siècle, Clemenceau est alors un radical – au sens premier du terme – situé à l’extrême gauche de la chambre, anticlérical farouche, opposé à la politique coloniale des « opportunistes » Ferry et Gambetta, il dénonce aussi les scandales dans son journal La Justice. D’abord anti-dreyfusard, comme la majorité de l’opinion, il change de position et s’engage avec Zola pour le capitaine Dreyfus. Mais au tournant du siècle, devenu ministre de l’Intérieur, le radical commence à se recentrer. Il s’oppose au socialiste Jaurès et fait charger la troupe contre les mineurs à Courrières, en 1906. Premier épisode, suivi d’autres répressions ouvrières qui donnera cette image à celui qui endosse alors le rôle de Président du Conseil. Revenu de ses opinions sur le peuple qu’il croyait « toujours raisonnable« , très patriote, Clémenceau va marquer pleinement de son empreinte la France durant la Première Guerre mondiale, d’abord comme député vigilant dans l’opposition, puis de nouveau en chef du gouvernement, en novembre 1917, ou il endosse l’épithète de « Père la Victoire »…

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Amber Blake, une nouvelle justicière à la mode

Amber Blake, tome 1: la fille de Merton Castle, Jade Lagardère (scénario), Butch Guice (dessin). Editions Glénat, 48 pages, 13,90 euros.

Merton Castle, sur l’île de Jersey est un orphelinat où une mère laisse sa petite fille, en 2003. Elevée à la dure, Amber Blake se fait une amie, Amanda, avec qui elle traverse toutes les difficultés. Et ses qualités intellectuelles l’a font remarquer par la fondation Cleverland, réseau d’écoles d’élites fondé par un philanthrope indien qui vise à aider les enfants défavorisés. Sauf que le responsable de Clerverland pour le Royaume-Uni, également directeur de Merton Castle, Jeff Kavotz est aussi un pervers pédophile. Amanda n’y survivra pas. Amber, elle, parvient à s’enfuir et elle est récupérée par une organisation secrète, Argon, qui combat les réseaux pédophiles ou de prostitution. A travers Argon, Amber voit aussi un moyen de pourchasser Kavotz et de se venger…
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La présidentielle, off course

Le journal du off, dans les coulisses d’une campagne présidentielle folle, Frédéric Gerschel et Renaud Saint-Cricq (scénario), James (dessin). Editions Glénat, 128 pages, 15 euros.

Tout aura été inédit et passablement stupéfiant dans cette campagne présidentielle 2017. Même les albums de bande dessinée qui l’auront relaté. Ainsi, ce Journal du off, écrit et dessiné en temps réels durant ces derniers mois et qui réussit l’exploit de paraître à peine une semaine après l’élection d’Emmanuel Macron !
Pourtant, à la fin de l’été dernier, alors que débute l’album, c’était plutôt la lassitude qui gagnait l’opinion et Pierre Bogart, journaliste politique au quotidien Le Citoyen avec qui nous allons suivre tous les rebondissements de la campagne, d’une interview de Nicolas Sarkozy faisant son retour, fin août, au JT de TF1, jusqu’à l’image d’Emmanuel Macron s’imposant sur l’écran de France 2, ce 7 mai 2017 au soir.

Entretemps, Pierre Bogart aura suivi la primaire de la droite, celle de la gauche, la victoire surprise de Fillon et de Hamon, les déchirements à l’extrême droite entre Marine Le Pen et son père, l’éclosion et la marche en avant d’Emmanuel Macron. Neuf mois passés en coulisses, au téléphone avec ses informateurs (nombreux) et en meeting, à tenter de suivre cette élection pas comme les autres…

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Un très bon western au pays de Germinal

Les gueules rouges, Jean-Michel Dupont (scénario), Eddy Vaccaro (dessin). Editions Glénat, 120 pages, 20,50 euros.

A l’été 1905, le cirque de Buffalo Bill vient donner un spectacle à Valenciennes. C’est l’attraction du moment pour toute la population. Et notamment pour Gervais Cottignies, jeune garçon vivant avec ses parents dans une cité minière d’Arenberg. Brillant à l’école, son excellent résultat au Certificat d’études se traduit cependant par une descente à la mine. Son père, respectueux du patron et bon catholique a réussi à le faire entrer à la mine, sans attendre ses 13 ans, afin d’assurer un deuxième salaire à sa famille. Mais l’envie d’aller découvrir les prouesses des indiens et des cavaliers du « Wild West Show » sera la plus forte.

Et ce sera aussi le début aussi d’une aventure forte et incroyable, où il rencontrera et se liera d’amitié avec deux indiens, qui se verront impliqués dans un tragique fait divers qui va bouleverser toute la ville et déclencher une chasse à l’homme digne d’un western sur fond de terrils…

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Pigalle, la noire

Les miroirs du crime, tome 1: les tueurs de Pigalle, Noël Simsolo (scénario), Dominique Hé (dessin). Editions Glénat, 48 pages, 13,90 euros.

Novembre 1954. La France sort à peine du piège indochinois et s’apprête à basculer dans le drame algérien. Et les cicatrices de la Seconde Guerre mondiale sont encore bien visibles, comme celles qui amènent Vincent, tout juste débarqué à Marseille depuis Saïgon à dessouder un commissaire – jadis responsable de la dénonciation d’un réseau de résistance. Monté à Paris, Vincent retrouve son frère Guy, gérant de plusieurs cabarets parisiens. Un homme du milieu de la nuit, mais plutôt « intègre », du moins ne faisant pas dans la drogue et la prostitution. Mais une sanglante guerre de territoires se prépare chez les malfrats parisiens. Et les deux frères vont être rapidement impliqués. Le premier mortellement, le second ne devant la vie qu’à un étrange clochard qui prend les balles à sa place. C’est le début d’un combat sans merci avec le boss de Pigalle, Saint-Nappi…

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Lénine, Luther, les deux « L » de la Réforme et de la révolution

 

 

 

 

 

 

 

Lénine, Ozanam (scénario), Denis Rodier (dessin), Marie-Pierre Rey (conseil historique). Editions Glénat, coll. Ils ont fait l’Histoire, 56 pages, 14,50 euros.
Luther, Olivier Jouvray (scénario), Filippo Cenni (dessin), Matthieu Arnold (conseil historique). Editions Glénat, 56 pages, 14,50 euros.

Cette collection « Ils ont fait l’Histoire », lancée voilà trois ans et forte déjà d’une vingtaine d’albums, comporte forcément des albums plus ou moins réussis. En attendant ceux, annoncés sur Clémenceau et Robespierre (en juin), les deux derniers en date, sur Lénine et Luther, font partie des bonnes biographies de la série. Avec deux personnages qui – au-delà de la même lettre alphabétique commençant leur nom et du fait d’être connus sous leur seul patronyme ou pseudonyme – partagent le même destin d’avoir révolutionné l’Histoire. Chacun dans son domaine…

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