La Shoah à hauteur d’enfants

Irena, tome 1: le ghetto, Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël (scénario), David Evrard (dessin). Editions Glénat, 72 pages, 14,95 euros.

En 1940, dès l’envahissement de la Pologne, les juifs sont enfermés dans des ghettos, quartiers placés sous la surveillance sévère de l’armée qui empêche toute sortie. À Varsovie, les seuls qui peuvent y entrer sont les membres du comité d’aide sociale. Parmi ceux-ci, Irena Sendlerowa, une jeune femme modest et déterminée qui vient quotidiennement porter des vivres, mais surtout du soutien aux familles démunies et affamées. Un jour, une mère, sur le point de mourir, lui confie la vie de son fils. Irena prend alors la décision de faire échapper les orphelins du ghetto. Une décision qui pourrait lui coûter la vie et qui va en faire une « juste parmi les nations ». Mais aussi une femme, décédée en 2008, largement oubliée par l’histoire. C’est pourquoi Jean-David Morvan Séverine Tréfouël et David Evrard ont décidé de lui redonner un peu de lumière…

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Quand la bande dessinée tutoie les sommets à Grenoble

Galerie

Cette galerie contient 14 photos.

Avant une interruption d’une petite semaine, pour cause de congés hivernaux, retour opportun, justement, en détails et en image sur l’évocation de la montagne à travers la bande dessinée. Expo à voir à Grenoble et catalogue à lire chez Glénat. … Lire la suite

Tronchet retourne en enfance

Sortie de route, Didier Tronchet. Editions Glénat, 88 pages, 19,50 euros.

Proust avait sa Madeleine, Régis lui a sa bouteille de grenadine pour retourner en enfance. Sur la route des vacances, après un dernier rendez-vous professionnel, ce commercial en matériel agricole va cependant voir sa vie basculer lorsque sa femme, Valérie, se rafraîchit avec ladite bouteille. Et redevient, pour de bon, la petite fille de dix ans, qu’elle avait été. La vie très ordonnée, trop ordonnée, de Régis part alors en vrille. Voilà qu’il doit s’occuper de sa femme comme s’il s’agissait de la fille qu’ils n’ont jamais eu. Et il se trouve dans l’impossibilité de trouver du soutien auprès de son patron et de son ami face à ce phénomène incompréhensible. La situation va encore se compliquer lorsque Régis se voit poursuivi par les gendarmes, soupçonné de relations perverses avec la jeune fille qu’il trimballe avec lui…

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La banlieue en clair obscur

Jeu d’ombres, tome 2: Ni ange, ni maudit, Loulou Dedola (scénario), Merwan (dessin). Editions Glénat, 64 pages, 14,95 euros.

Suite et fin de ce thriller de banlieue (lyonnaise), vu du côté de l’immigration turque.

Sayar, l’ex-caïd emprisonné en Turquie a finalement réussi à revenir secrètement dans la cité. Et il ambitionne bien d’y rejouer un rôle, en supprimant notamment ceux qui ont pris sa place dans les deals de drogue ou en remontant au braquage. En bénéficiant du fait, dans un premier temps, que tout le monde le croit mort. Il va embarquer dans ses affaires ses deux frères, Bilail et Cengiz. Le premier se laisse griser par cet argent facile, l’autre le fait contraint et forcé, par solidarité fraternelle. Mais cela va contrecarrer ses ambitions politiques, portées par son mouvement de jeunes des quartiers, qu’il mène avec – et pour – Viviane, la fille qu’il aime… et qui ne l’aime pas… Au final, il y aura des gagnants et des perdants…

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Le djihad en double appel

L’appel, Laurent Galandon (scénario), Dominique Mermoux (scénario). Editions Glénat, 128 pages, 17,50 euros.

Le drame des jeunes Français ayant rallié l’Etat islamique et le djihad est devenu une question d’actualité récurrente. Laurent Galadon et Dominique Mermoux avaient anticipé le sujet avec l’Appel

Cécile découvre soudainement que son fils Benoît est parti faire le djihad en Syrie. Cette mère célibataire, infirmière et athée, vivant dans une ville du sud de la France, n’a rien vu venir, s’agissant d’un adolescent sans histoires. Apparemment.
Refusant d’alerter la police, sur les conseils de son ex-compagnon qui s’est retrouvé aussi impliqué malgré lui dans la dérive de Benoît, elle va mener sa propre enquête, interrogeant les amis et l’ex-petite copine de Benoît, fouillant dans l’ordinateur de son fils. Et attendant que celui-ci l’appelle comme il l’a promis.
En redécouvrant ainsi la vie de son fils, elle va apprendre que celui-ci n’a pas supporté l’injustice  d’une « bavure » policière, interpellation musclée qui s’est soldée par la mort de Bilal, l’un de ses amis d’enfance, elle va comprendre également comment Benoît a pu rentrer en contact, via internet, avec un « imam » recruteur, comment il a pu se persuader qu’il fallait aller défendre les « opprimés en Syrie »…

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Un Mickey (et un Loisel) fort de café

Mickey Mouse : Café zombo, Régis Loisel. Editions Glénat, 80 pages, 19 euros.

Après Tromdheim et Kéramidas, Cosey et Tébo, Régis Loisel livre aussi son hommage à Mickey en cette fin d’année, en forme de rêve personnel : en retrouvant l’ambiance du Mickey des années 30 dessiné par Floyd Gottfredson, l’un des grands dessinateurs des premières décennies de la souris de Walt Disney.

Retour donc aux origines, en 1930, année de la grande dépression aux Etats-Unis. Mickey et son ami Horace, le cheval, font la queue au bureau d’embauche, mais ils sont systématiquement rejetés. Pour se changer les idées, ils partent camper chez leur ami Donald avec Minnie et Clarabelle. A leur retour, ils trouvent une ville fantôme : femmes et enfants ont été envoyés en camp de vacances par le « généreux » Rock Füller, un banquier véreux qui a racheté toutes les maisons du quartier, pour les raser afin de construire un terrain de golf. Et les hommes sont comme « zombifiés » et travaillent comme des esclaves sur le chantier de Füller, dirigés par l’emblématique méchant Pat Hibulaire. Mickey et ses amis vont tenter de mettre fin à cette horreur…

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Mickey maousse toujours avec Glénat

« l’icône du rêve américain », comme le désigne Garry Apgar, dans son imposante biographie illustrée qui sort aussi chez Glénat en version française, a eu mille vies. Et il continue, de ce côté de l’Atlantique aussi. Les éditions Glénat font fructifier depuis quelque temps leur accord de cession de droits avec la Major américaine pour l’exploitation du patrimoine éditorial de Walt Disney. Depuis ce printemps, les « collections Disney » se sont enrichies de « créations originales », des inédits confiés à des auteurs contemporains franco-belges, que l’on n’aurait pas forcément toujours vu dans cet exercice.

Avant de s’attarder sur l’album de Régis Loisel, évocation en forme de rattrapage des trois autres albums déjà parus, signés Tébo, Cosey et du duo Kéramidas-Trondheim. Avec des approches différentes, mais tous avec des qualités indéniables…

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Les désirs de Monsieur, la force de sa servante

capture-decran-2016-11-06-a-20-08-09Monsieur désire ? Hubert (scénario), Virginie Augustin (dessin). Editions Glénat, 128 pages, 17,50 euros.

Au basculement entre l’Angleterre georgienne, fin de siècle et libertine, et l’austère royaume victorien, l’arrivée d’une humble servante dans la maison d’un jeune lord aux mœurs dissolues va bouleverser la vie de l’un comme de l’autre.

Arrivée de sa campagne, Lisbeth entre comme femme de chambre dans la maison de lord Edouard. Avec ce que la pression sociale et la rigueur de classes impose comme effacement. Mais progressivement, la servante va devenir malgré elle la confidente de l’aristocrate raffiné mais dévergondé. Par son mutisme, sa capacité empathique à supporter les excès et les provocations de son maître, une étrange relation va se nouer entre eux. Et Edouard va en arriver à raconter sa vie, provoquant la jalousie et l’offuscation de toute le petit personnel, jusqu’à une manipulation dont Lisbeth sera victime…

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« Mamma mia », un Golem anti-capitaliste !

capture-decran-2016-10-23-a-19-44-51Golem, LRNZ. Éditions Glénat, 280 pages, 24,95 euros.

Golem (de l’hébreu gōlem, embryon) : dans la culture juive, sorte d’automate à forme humaine que de saints rabbins avaient le pouvoir d’animer. Le titre du premier album de l’Italien Lorenzo Ceccotti, alias LRNZ, renvoie à un mythe ancestral mentionné dans la littérature talmudique puis décliné chez de multiples auteurs qui s’en sont inspirés au fil des siècles, à travers le cinéma, la télévision, etc. Le golem « façonné » par LRNZ, se situe, lui, dans le futur.

Pas un futur post-apocalyptique ou extraterrestre comme c’est le cas dans d’autres récits d’anticipation mais une époque pas si lointaine (nous sommes en 2030) de la nôtre où la technologie est devenue omniprésente au sein de la République démocratique d’Italie. Une société high-tech, prospère, pacifiée et « fondée sur l’amour », dixit le président lui-même ! On veut bien y croire d’autant que cancers et autres tumeurs semblent même avoir été éradiqués. Très vite, on fait connaissance avec Sténo. L’adolescent mène une vie standard à Rome avec sa mère si ce n’est que ses nuits sont anormalement agitées. Alors que les rêves ne sont plus que des souvenirs lointains grâce ou plutôt à cause de l’industrie pharmaceutique, lui continue de rêver. Chaque fois, il est réveillé par le même cauchemar énigmatique, représenté par une sombre forme humanoïde…

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Avec « Hinomaru sumo », Kawada envoie du lourd

hinumaru-sumo_t1_couvHinomaru sumo, tomes 1, 2 et 3, Kawada. Éditions Glénat, 192 pages, 6,90 euros.

Voilà une série que ne renierait pas un ancien Président de la république française, grand fan devant l’Éternel, de sumo, cet art art martial ancestral japonais. Comme le font souvent les mangakas, le thème sportif abordé dans Hinomaru sumo est disséqué, décomposé, analysé, à travers le parcours d’un lycéen.

De façon classique (peut-être parce qu’il s’agit de sa première série), Kawada nous fait suivre ici Hinomaru Ushio, passionné de sumo depuis toujours. Le jeune homme poursuit un rêve inaccessible au premier abord : devenir Yokozuna, le grade suprême de cette discipline. Inaccessible car le héro n’a ni la taille (1,60 m) ni le gabarit d’un sumotori, même en devenir. Un physique qui détonne dans ce milieu où les plus grands (et les plus lourds !) font la loi. Qu’importe, Hinomaru compense par une résistance accrue, une maîtrise « diabolique » de ses techniques et une farouche détermination qui font de lui « un trésor national », terme utilisé au pays du soleil levant désignant les propriétés culturelles et sportives les plus précieuses de la Nation. Pour mener à bien sa quête, Hinomaru rejoint le club de sumo du lycée Ôdachi, parvenant à fédérer autour de lui d’autres passionnés de sumo. Dès le premier tome, le jeune homme enchaîne les tournois, relève les défis, affrontant des adversaires de plus en plus costauds, sans pour autant se détourner de son chemin, ni des valeurs véhiculées par le sumo…
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