L’enthousiasmante rencontre
d’un autre type

L’entrevue, Manuele Fior, Editions Futuropolis, 176 pages, 24 euros.

L’Italie en 2048. Quelque part près d’Udine, dans le Frioul, Raniero, un psychologue quinquagénaire et en instance de divorce, est victime un soir d’un accident de la route, distrait par l’apparition de mystérieux triangles dans le ciel. Etrangement, la nouvelle jeune patiente dont il va s’occuper, Dora, prétend avoir vu, elle aussi, ces triangles, mais même d’être en contact télépathique avec les extraterrestres. Des éléments, associés à un brutal cambriolage et à la séparation avec sa femme qui vont faire perdre pied à Raniero. Surtout que Dora, adepte du mouvement de la Nouvelle convention (qui prône la non-exclusivité sexuelle) va totalement l’enflammer. Le soir même d’une nouvelle apparition, massive, et visible par tous, des vaisseaux extraterrestres…

Lire la suite

Share

Jean-Luc Loyer retourne au charbon :
Sang noir et boyaux rouges

Sang noir, Jean-Luc Loyer, éditions Futuropolis, 136 pages, 20 euros.

S’il vit désormais à Angoulême, Jean-Luc Loyer n’a jamais oublié sa terre d’origine, le Pas-de-Calais. Du moins dans ses ouvrages. Dans le touchant Mangeurs de cailloux, voilà quinze ans déjà, il évoquait avec tendresse et véracité son enfance au pied des terrils. Dans Noir métal, en 2006, il revenait sur le scandale de Métaleurop, à Noyelles-Godault, près de Lens. Cette fois, dans Sang noir, il fait revivre une page d’histoire qui a marqué à jamais les « boyaux rouges » (habitants du Pas-de-Calais, à ne pas confondre donc avec les Ch’tis lillois) : la tragédie de Courrières.

Lire la suite

Share

King Kongo

Kongo, Christian Perrissin, Tom Tirabosco, éditions Futuropolis, 176 pages, 24 euros.

Au coeur des Ténèbres, de Joseph Conrad, demeure, plus d’un siècle après sa parution (en 1899), un des sommets du roman d’aventures et de la réflexion sur la nature humaine et sa folie. Coppola lui a redonné une nouvelle vie en y puisant de quoi faire Apocalypse Now, transposant ce voyage au bout du fleuve de l’Afrique noire au Vietnam. Ici (après avoir évoqué Martha Jane Cannary), Christian Perrissin s’attache à décrire l’expérience vécue par Konrad Korzeniowski, qui donna matière au roman.

Lire la suite

Share

Joffo toujours sous une bonne étoile avec Kris et Maël

Un sac de billes, seconde partie, Kris, Vincent Bailly, éditions Futuropolis, 64 pages, 16,25 euros.

Le récit de souvenirs de Joseph Joffo, jeune juif sous l’occupation allemande, se poursuit, illustré de belle manière par Vincent Bailly et Kris. Après avoir réussi à traverser la ligne de démarcation, en septembre 1941, avec son frère Maurice, afin de rejoindre leurs frères aînés sur la côte d’Azur, Joseph Joffo pensait avoir fait le plus dur. Il n’en sera rien. Les trois années suivantes seront, au contraire, plus tumultueuses encore.

Lire la suite

Share

Mauvaises ondes

Zone blanche, Jean-Claude Denis, éditions Futuropolis, 72 pages, 16 euros.

Dernier ouvrage en date du Grand Prix d’Angoulême 2012 (et président donc de l’édition de janvier 2013), Zone blanche est un vrai-faux polar, sensible et singulier.

Tout débute par la découverte d’un cadavre, en forêt de Fontainebleau, tué d’une balle à bout portant dans la tête. La victime est un quinquagénaire solitaire, Serge Guérin, vivant seul avec son chat et souffrant d’électro-sensibilité, ce mal (ou cette psychose) moderne qui rend la vie insupportable au milieu des ondes produites par la profusion d’ordinateurs, d’antennes-relais, de wi-fi, etc.

Lire la suite

Share

Enki Bilal vient hanter le Louvre

Enki Bilal est au Musée du Louvre jusqu’au printemps 2013. Avec ses 23 « fantômes », créés pour l’album qui paraît en parallèle aux éditions Futuropolis / Le Louvre.

Enki Bilal lors de la présentation à la presse de son expo, mercredi 19 décembre. Ici répondant donc à BFM.

C’est dans la prestigieuse salle des Sept Cheminées (aile Sully), pas très loin de la Victoire de Samothrace, au milieu des collections permanentes du musée du Louvre que l’on peut voir, à partir d’aujourd’hui et jusqu’à fin mars, des oeuvres d’Enki Bilal. Une présence pas si illogique pour un dessinateur de BD de plus en plus enclin à l’approche picturale, depuis son passage à la couleur directe et la réalisations d’albums qui ressemblent de plus en plus à des tableaux assemblés.

Lire la suite

Share

L’horreur économique traitée par le rire

La survie de l’espèce, Paul Jorion, Grégory Maklès, éditions Futuropolis & Arte Editions, 126 pages, 18 euros.

L’économie n’est pas toujours gaie. Surtout en ce moment. Avec Paul Jorion et Grégory Maklès, elle se montre en revanche férocement drôle à suivre, dans ce petit bouquin co-édité par Futuropolis et Arte.

Dans des courts chapitres, le sociologue (qui fut l’un de ceux qui prédit la crise un an avant la chute de Lehman Brothers) et le dessinateur de Ruppert expliquent, de façon certes caricaturale mais non sans pertinence, la loi de la compétitivité, l’invention du travail, la répartition inégalitaire du surplus de production, le partage des richesses, le fonctionnement de la bourse et ses bulles spéculatives, ou l’idéologie ultralibérale.

Lire la suite

Share

La terrible beauté de Tchernobyl

Un printemps à Tchernobyl, Emmanuel Lepage. Editions Futuropolis, 168 pages, 24,50 euros.

Au printemps 2008, le dessinateur Emmanuel Lepage a passé plusieurs semaines dans la région de Tchernobyl, dans le cadre d’une résidence artistique montée par l’association Dessin’acteurs en bande dessinée. Une association militante bretonne voulant démontrer que « Tchernobyl n’est pas réservé qu’aux scientifiques, aux techniciens du nucléaire, aux journalistes, aux humanitaires« . Avec l’illustrateur Gildas Chasseboeuf, également du voyage, ils en tireront une exposition et un livre, Les fleurs de Tchernobyl (ré-édité cet automne par la Boîte à bulles), au profit de l’association des Enfants de Tchernobyl. Quatre ans plus tard, il y revient avec ce très bel ouvrage. A la fois carnet de voyages et récit à la première personne de cette expédition, ce Printemps à Tchernobyl est un ouvrage fascinant et touchant juste pour rendre compte de ce qui reste la plus grande catastrophe nucléaire du XXe siècle.

Lire la suite

Share

Une belle leçon de vérité sur la guerre

Notre Mère la guerre, tome 4: Requiem, Kris, Maël, éditions Futuropolis, 64 pages, 16,25 euros.

C’est le troisième album dans l’actualité éditoriale de cet automne, après La Grande Guerre de Charlie et Folies Bergère à avoir pour cadre la Première Guerre mondiale. Et troisième récit qui mérite qu’on s’y attarde, d’autant plus que ce Requiem signe la fin de cette belle série qu’est Notre mère la guerre, de Kris et Maël.

Cette fois, c’est vraiment la fin. Fin du premier conflit mondial, fin de l’enquête menée depuis trois ans par le lieutenant Vialatte, fin de certains des protagonistes. Mais la guerre, elle, ne finira jamais. Mal absolu qui touche et ronge tous ceux qui l’ont fréquenté de trop près ou trop longtemps. Personne n’en sort indemne, d’ailleurs à l’issue de ce quatrième épisode. Morts, survivants, personnages et lecteurs n’oublieront pas de sitôt ce qu’ils ont traversé.

Lire la suite

Share

Une oeuvre magistrale en piste !

L’écureuil du Vel’d’hiv, Christian Lax, éditions Futuropolis, 80 pages, 16,25 euros.

Après L’aigle sans orteil (un one shot) puis Pain d’alouettes (deux tomes), avec respectivement en toile de fond le Tour de France des années 10 et le Paris-Roubaix des années 20, Christian Lacroix, 63 ans, alias Lax, remonte en selle et nous conduit au Vel’d’hiv pour le cyclisme sur piste. Où l’agilité, la vélocité et la promptitude de Sam Ancelin, dit l’écureuil, font merveilles. L’occasion de se familiariser avec les courses de « six jours » qui furent un véritable phénomène de société, véhiculant avant l’heure les deux cauchemars du sport de haut niveau d’aujourd’hui : les paris truqués et le dopage.

Lire la suite

Share