L’expo pas bête à la bibliothèque Aragon

Le zoo d’Amiens célèbre en ce printemps ses soixante ans. A cette occasion, la bibliothèque Louis-Aragon accueille l’exposition Comme une bête en case, de l’association On a marché sur la bulle. A voir jusqu’au 19 mai.

On l’avait déjà découverte, à la bibliothèque départementale de la Somme – avec une rencontre spéciale avec Emile Bravo, à l’automne dernier. Elle est désormais visible par un plus grand public, pendant un mois, à la bibliothèque Louis-Aragon, dans le cadre des animations organisées pour fêter les 60 ans du zoo d’Amiens (à ce titre, la bibliothèque expose aussi des pièces du Muséum d’histoire naturelle).

Réalisée par l’association On a marché sur la bulle, Comme une bête en case, se compose (dans sa version la plus large) de 18 panneaux, pour un petit focus sur la bande dessinée animalière, traitée à la fois sous l’angle adulte et jeunesse, avec une sélection de séries « classiques » (de Blacksad à Pacush Blues ou de Maus à de Cape et de Crocs) mais aussi d’oeuvres plus méconnues, comme le joli Hélas de Spiessert et Bourhis – qui renverse la perspective hommes/animales, un peu façon « planète des singes ») ou le « régional » Carotte aux étoiles de Murat, Lejonc et Riff Reb’s.
Bref, de quoi constater que Mickey est loin d’être seul animal antropomorphisé dans l’univers du neuvième art.

« Comme une bête en case », jusqu’au 19 mai à la Bibliothèque Louis Aragon, rue de la République à Amiens. Entrée libre.
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Tout Art Spiegelman à Paris
au Centre Pompidou

Art Spiegelman Co-Mix, rétrospective de bandes dessinées, de graphismes et « autres débris » de l’auteur de Maus est visible à la bibliothèque du Centre Pompidou à Paris jusqu’à la mi-mai. Visite guidée avec quelques photos pour se mettre dans l’ambiance…

L'expo est installée au centre de la BPI.

Si certains ont déjà pu la voir lors du dernier festival de bande dessinée d’Angoulême, Art Spiegelman Co-Mix s’expose désormais au large public pendant encore près de deux mois au Centre Pompidou. Conçue en partenariat avec le Festival d’Angoulême et intelligemment scénographiée (grâce à une structure sobre, cubique et en spirale), cette exposition – la première de cette taille consacrée à Art Spiegelman à Paris – réussit à offrir dans un espace restreint une très vaste présentation de l’oeuvre de l’auteur de Maus. A la hauteur, donc de l’importance du seul dessinateur de bande dessinée à avoir reçu le prix Pulitzer, pour ce roman graphique devenu un classique du témoignage sur l’holocauste juif.

Des chewing-gums Topps à la Shoah

Avec près de 400 pièces originales (planches de BD, esquisses, illustrations, etc), cíest l’occasion de se plonger dans toute la palette des créations du dessinateur américain… des chewing-gums Topps à la Shoah. Le choix d’un parcours chronologique permet en effet de suivre l’évolution de l’auteur et de mieux saisir ses influences et ses choix esthétiques. Nourri de la lecture du magazine d’humour dessiné Mad, avec un style lorgnant sur celui de Crumb, on découvre donc que Spiegelman débuta sa carrière comme stagiaire puis conseil en création free-lance avec líentreprise de chewing-gum, pour qui il conçut autocollants ou cartes à échanger pendant plus de vingt ans.
Les premières oeuvres de jeunesseUne assise qui lui permit de poursuivre son oeuvre personnelle dans la bande dessinée non commerciale. Et plutôt franchement underground au début des années 70. Une époque dont il reprendra certaines oeuvres dans son recueil Breakdowns, dans une démarche autobiographique singulière.

Autre facette, moins connue du grand public, son riche travail d’illustrateur, pour le New Yorker, le magazine de l’intelligentsia new yorkaise, notamment, dont sont reproduites quelques un de ses plus fameux originaux – dont l’historique couverture noire, où se devinaient l’ombre des Twin Towers, au lendemain du 11 septembre.

Quand Spiegelman illustre Boris Vian11-Septembre.

Autre aspect, encore plus inédit – du moins pour moi ! -, ses créations pour les couvertures de l’édition allemande des ouvrages de Boris Vian, une vraie révélation, dans un registre évoquant le surréalisme.

Le travail qu’il réalisa dans le magazine Raw, conçu avec sa femme, est plus passé à la postérité, tout comme son autre album, A l’ombre des tours mortes, réaction après le 11-Septembre.

Maus en toute solennité

Maus demeure dans l’expo, comme dans son oeuvre, le point central. Une salle lui est spécifiquement consacré, dans une mise en scène qui s’impose par sa solennité sobre, via le mélange de minimalisme de la présentation des planches originales en petit format et d’une grande toile reprenant ses personnages fêtiches de déportés juifs redessinés sous forme de souris. Occasion, émouvante, de voir les planches originales, les esquisses et de pouvoir entendre la voix de son père, « héros » du livre, dans un extrait des nombreux enregistrements qui servirent de base à l’entreprise. Ses travaux plus récents, dans des domaines variés (danse, opéra, vitraux) sont montrés ici pour la première fois. Et ces « graphismes et débris divers » (comme le sous-titre, par auto-dérision le beau catalogue de l’expo ne sont pas moins intéressants, par leur réflexion sur les rapports entre les arts « majeurs » et la bande dessinée, auquel Spiegelman a donné ses lettres de noblesse.

Une expo à voir, mais aussi à lire et à entendre

Cette installation au centre des travées de la bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou offre plusieurs « bonus » aux visiteurs. Tout d’abord son accès gratuit et dans une large plage díouverture horaire. Mais aussi la possibilité de lire tous les ouvrages d’Art Spiegelman ou de visionner plusieurs vidéos sur une tablée d’écrans. Sans oublier un dossier pédagogique bien fait à consulter sur le site de la BPI. Bref, une occasion à ne pas rater (l’expo devrait ensuite aller à Vancouver, Cologne et New York) !

http://www.dailymotion.com/video/xplfii
Art Spiegelman Co-Mix, exposition à la BPI du Centre Pompidou, Paris. Entrée libre (entrée rue Beaubourg, accès niveau 2), jusquíau 21 mai 2012, de 12 à 22 heures.
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Mattotti creuse dans l’eau de Venise

Une vision inédite de Venise par le grand auteur Lorenzo Mattotti. A voir à la Galerie Martel, à Paris, jusqu’à début février 2012.

Les albums de Lorenzo Mattotti sont, déjà, de purs tableaux et de vraies oeuvres picturales. A partir du 16 décembre (vernissage la veille en présence de l’artiste), on pourra découvrir ses peintures de Venise – une ville qu’il connaît bien mais qu’il peint pour la première fois ici. Une initiative de la Galerie Martel, à Paris, qui se propose de « mettre en évidence les aspects méconnus de l’oeuvre de graphistes d’exception » ; et qui a, en matière d’auteurs de bandes dessinées, un joli palmarès : elle a ainsi déjà exposé les oeuvres d’Alberto Breccia, Art Spiegelman, José Muñoz, Robert Crumb, Charles Burns, Fred, Mariscal, Blutch ou encore Aline et Robert Crumb.

« En creusant dans l’eau » – du nom de cette expo – il décape la ville mythique de ses lieux-communs et de ses clichés habituels pour en proposer une autre vision.

« Je n’ai pas pensé un instant dessiner les gondoles et la place Saint-Marc, j’ai essayé de comprendre en profondeur la structure de la ville », précise-t-il dans le dossier de presse.

Cette exposition parisienne est le fruit d’une commande d’une fondation vénitienne d’art contemporain, lui donnant carte blanche et lui permettant de s’immerger dans la cité des Doges pendant six semaines.  « J’ai pensé à travailler sur les reflets, ou sur la brique des murs détruits et la pierre tendre, très blanche, des façades. Ou même sur ces foules de petits dragons sculptés qui parsèment les rues et les quais… Mais seule une mise à nu pouvait m’apporter la réponse.»  D’où une ville quasi-déserte, sans hommes ou presque, avec peu de monuments emblématiques, mais une cité faite d’escaliers, de rues, d’églises et de canaux plus ou moins anonymes.  « J’ai pensé à travailler sur les reflets, ou sur la brique des murs détruits et la pierre tendre, très blanche, des façades. Ou même sur ces foules de petits dragons sculptés qui parsèment les rues et les quais… Mais seule une mise à nu pouvait m’apporter la réponse», explique encore Lorenzo Mattotti. Une manière de se perdre pour mieux se retrouver.  Et peut-être même de quoi nourrir son oeuvre future, puisqu’il lâche que « Maintenant, je sais comment la dessiner. J’ai enrichi mon alphabet. Je pourrais y dérouler une BD. »

 

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Petite balade impromptue dans l’univers d’Hugo Pratt à la Pinacothèque de Paris

Depuis l’exposition au Grand Palais, en 1986, il n’y avait pas eu d’événement majeur autour d’Hugo Pratt. L’actuelle exposition à la Pinacothèque de Paris n’en prend que plus de relief. Visible jusqu’à fin août, la visite vaut le détour.

Il faut passer, et vite oublier, l’exercice éditorial du directeur du lieu, Marc Restellini, qui, dans une démonstration un peu laborieuse tente de justifier son choix d’accueillir – oh, horreur – un auteur de bande dessinée dans ce haut et chic lieu dévolu à l’art, avec un grand « A », et d’assurer, pour rassurer ses visiteurs que seul Hugo Pratt et « uniquement lui » aura l’honneur de l’accrochage dans la galerie de la place de la Madeleine !

Heureusement, les textes, courts mais pertinents des deux commissaires de l’expo, Patrick Amsellem et Patrizia Zanotti, s’avèrent nettement plus appropriés pour s’immerger dans l’univers d’Hugo Pratt, à travers des planches mais aussi, originalité et richesse de cette expo, des aquarelles peintes de 1986 à 1995.

Le parcours se fait labyrinthique et thématique, dans des salles peintes en brun-taupe, dans une semi-obscurité qui fait d’autant plus ressortir les oeuvres, joliment exposées dans des niches rectangulaires enfoncées dans le mur.

Mêlant donc de nombreuses planches originales et des aquarelles somptueuses révélant bien une autre facette du créateur de Corto Maltese, la scénographie débute dans le « désert » (avec notamment Les scorpions du désert), passe par les « îles et océans » (et « La balade de la mer salée », entre autre) ou les « militaires ».

Pandora, une des "femmes" de Pratt.

Avant, deux étages plus bas au sous-sol, de poursuivre par les « villes » (la Sibérie, Samarkand, Cordoba, Venise, bien sûr) et les « femmes » de Pratt, étape attendue et à la hauteur des espérances, permettant de retrouver Shanghaï Li, la duchesse Marina Seminova (de Corto Maltese en Sibérie), Bouche dorée, Louise B rooks ou Pandora.

L’itinéraire s’achève -  autre rappel intelligent du travail de Pratt masqué par l’omniprésence de son navigateur romantique – par une salle consacrée aux « indiens », thème que Pratt a suivi des débuts de Sergent Kirk jusqu’au point culminant de Fort Wheeling (dont on peut voir le dessin original de couverture d’album).

Entre temps, un autre grand moment d’émotion est la découverte de l’ensemble des 163 planches de l’édition originale de la Balade de la mer salée. Tout comme un petit montage vidéo, judicieusement choisi, de morceaux d’interviews, occasion d’entendre Hugo Pratt expliquer, notamment que « c’est des couillonnades de considérer la BD comme un art mineur, il s’agit d’une forme narrative riche ».  Riches aussi sont ses aquarelles, où la fluidité et l’élégance du trait à l’encre de chine fait place à un univers poétique estampé et épuré, autre forme d’exquise esquisse.

La dernière oeuvre qui clot ce voyage dans l’univers d’Hugo Pratt est une petite aquarelle, sans titre, de 1988, avec Corto Maltese allongé dans un champ de blé sous un ciel sombre. Une belle façon d’achever ce voyage imaginaire et dans l’imaginaire de l’auteur.

Plus pragmatiquement, une fois remonté à la surface, on ajoutera que la boutique – inévitable – qui s’interpose avant la sortie, est aussi d’une grande richesse bibliographique et permettra de compléter les éventuels vides dans la collection des oeuvres de Pratt ou des ouvrages sur son travail, sans oublier le beau catalogue de l’exposition (pour les petits budgets, on conseillera déjà le hors-série de Beaux Arts réalisé pour l’occasion avec la Pinacothèque, qui propose lui aussi un fidèle reflet résumé, érudit et bien dans le ton pour seulement 9 euros…).

Pour être complet, ajoutons que ma consoeur Orianne Maerten apportera un autre regard sur l’exposition dans le cahier Week-end du Courrier picard de ce vendredi 8 juillet.

En attendant, encore quelques exemples de ce qu’on peut découvrir dans l’expo…

un dessin érotique dans l'espace des femmes.

Des lignes épurées, touches de couleurs donnant naissance à un monde étonnamment évocateur

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Des planches de David François au menu

Après Compiègne, on peut voir des planches de « De Briques et de sang » à Amiens, en ce mois de décembre.

Une des planches de "De briques et de sang", dessinée par David François

On a déjà pas mal parlé de De briques et de sang, jolie oeuvre de Régis Hautière et David François. On peut aussi voir les planches originales de l’album, réalisées par le dernier nommé.

Après la librairie des Signes à Compiègne en novembre (qu’on avait un peu loupé), c’est au restaurant participatif Cajou 2.0 à Amiens qu’on peut les découvrir sur les murs jusqu’au 29 décembre.

Occasion de se replonger, d’une autre manière dans l’univers si particulier – et si bien restitué – du Familistère de Guise.

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Dessins censurés : une référence internationale…

L’affaire des « dessins érotiques censurés » de la Somme devient – déjà – une (contre) référence pour l’analyse universitaire. Démonstration ce 28 octobre en Belgique.

Visuel de l'exposition "Pour rire" actuellement accrochée au musée de Namur, en Belgique.

Finalement, Janine Kotwica, commissaire de l’expo des « dessins érotiques censurés » va remercier le président du conseil général de la Somme d’avoir interdit son accrochage à la bibliothèque départementale, en mai dernier. Et aussi le prendre comme attaché de presse, car on  n’aura rarement vu une telle efficacité dans la communication (gratuite qui plus est) autour d’une exposition de dessins… Désormais visible - jusqu’au 5 novembre à l’ordre des avocats d’Amiens, l’expo a déjà obtenu une audience totalement inespérée.

Et voilà que madame Kotwica, résidant dans le sud de l’Oise, est invitée à venir raconter ses mésaventures picardes à Namur, en Belgique, le 28 octobre. Dans le cadre d’une «journée autour de la censure» et du politiquement correct organisée par le Centre culturel régional de Namur.

Cette fois, en on passe à la reconnaissance institutionnelle et universitaire de « l’affaire amienoise » comme objet de recherche scientifique.

Politiquement incorrect

Ajoutons que cela permet aussi de faire connaître, au public picard, l’existence de cette apparemment belle exposition consacrée à des « tendres caricatures du XIXe siècle » de Daumier, Gavarni et Rops.

"Pornokratès" © Musée provincial Félicien Rops, Namur, dépôt de la Communauté française de Belgique

Occasion, aussi, de jeter un oeil sur le fonds des oeuvres du musée Félicien Rops de Namur, dont un tableau  intitulé… horreur, « Pornokratès » ! une image « pornocrate » qui met en scène une femme nue, les yeux bandés et tenant en laisse un cochon… (et qui fut, jadis, exposé dans le cadre de l’exposition sur le  cochon à Saint-Riquier). On n’ose imaginer les interprétations sadiennes, masochistes voire zoophiles que certains pourraient faire d’une telle oeuvre.

On imagine le scandale que pourrait produire une telle oeuvre dans une ville moyenne française dans notre contexte de frilosité actuelle. Et ce d’autant que ce tableau est exposé, en parfaite inconscience, dans une institution publique  (le musée est propriété de la province de Namure) qui pousse la provocation à être, non seulement ouvert aux enfants mais en plus gratuit pour les moins de 12 ans !

Le mieux est encore, pour toute cette affaire de s’en tenir au titre de l’exposition. Et d’y voir une histoire « pour rire ».

au titre bien choisi : Pour rire !

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Les dessins de presse à la Une

Pendant six mois, la bibliothèque du musée de Bretagne, à Rennes, consacre une grande expo aux dessinateurs de presse.


Née d’une rencontre entre Les Champs Libres et l’association Cartooning for peace1. Créée en 2006 à l’initiative de Kofi Annan et de Plantu, après l’affaire des caricatures de Mahomet, l’expo « Les dessins de presse à la Une » s’ouvrira fin juin à Rennes, au Musée de Bretagne (et restera visible jusqu’à début 2011, de quoi avoir l’occasion d’y passer faire un tour).
Pour traiter le sujet, « Dessins de presse à la Une » a fait le choix de faire parler les croquis, en joignant le texte à l’image. L’exposition présente des dessins publiés en France ou à l’étranger, signés d’auteurs renommés ou moins connus (Plantu, Chappatte, Donnelly, Graabaek, Kichka, Willem, Zlatkovsky…).
Témoignages de caricaturistes, dessins grand format, émissions de télévision, atelier d’auteur reconstitué… En diversifiant les sources d’information et d’inspiration du dessin, l’exposition décortique à la fois ses secrets de fabrication et la portée de son message. « Accessible à tous les publics et tous les âges, Dessins de presse à la Une a été conçue à l’image de son sujet. Pour être drôle et instructive », précise le communiqué de presse. A vérifier sur pièces, mais très alléchant menu, déjà.

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Les avocats d’Amiens prêts à accueillir l’expo de dessins censurés !

Après le soutien du Front national, nouvelle tuile pour Christian Manable, président du conseil général de la Somme dans l’affaire de l’expo censurée de dessins érotiques.

Les dessins qu’ils avaient voulu interdire d’expo à la bibliothèque départementale de la Somme vont peut-être quand même pouvoir être vus à Amiens. L’Ordre des avocats d’Amiens s’est déclaré en effet prêt à accueillir les oeuvres !

Bref, mis à part apporter une pub inespérée à cette expo au départ largement confidentielle, le patron socialiste du Département est bien parti pour, en effet, finir par se couvrir de ridicule. Et s’il a un peu de temps, on lui conseillera de lire le manifeste signé par André Breton et Léon Trotsky qui, dès 1938, affirmaient « toute licence en art » !

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Ces dessins que l’on ne saurait voir en Somme

L’affaire de la censure par le président du conseil général de la Somme de l’exposition « Pour adultes seulement », prévue à la bibliothèque départementale de la Somme continue de faire des vagues. 

Du côté du « censeur », Christian Manable, on en reste à une apparente position de fermeté, sur la forme, qui dénote un brin de flou, sur le fond. Entre condamnation de principe de dessins « misogynes » et donnant une « image dégradante de la femme » à un refus de voir un organisme du conseil général sortir de ses missions propres, ou du risque de voir associé des dessins érotiques et des illustrateurs connus pour leur travail en direction de la jeunesse (avec, en arrière-fond, l’accusation ultime d’incitation à la pédophilie…), à trop vouloir prouver, on finit par se discréditer soi-même.

S’il escompte sur l’oubli rapide de cette histoire, certains ne lâchent l’affaire. Après l’Observatoire de la liberté de création (émanation de la Ligue des droits de l’homme), c’est au tour de la section régionale de la LDH (relayée aussi par la section locale de Beauvais) de prendre position. La section isarienne exprime sa  »stupéfaction et son inquiétude face à l’annulation de l’exposition » et apporte son soutien aux 26 dessinateurs et à Janine Kotwica, commissaire de l’exposition (résidant dans l’Oise).

La liberté de jugement à préserver

« Les actes de censure ont une fâcheuse tendance à se multiplier ces derniers temps, notamment dans le domaine artistique : il en va de la liberté de tous, artistes et citoyens, souligne le communiqué, l’accès à la culture doit être garanti, une œuvre d’art ne peut être soustraite au public au nom de valeurs qui, par définition, relèvent présentement d’un jugement personnel. Le public doit pouvoir se forger sa propre opinion et disposer de la liberté de jugement inhérente à chacun. » En conclusion, la LDH de Beauvais (comme l’Observatoire avant elle), demande solennellement au Conseil général de la Somme « de revoir sa décision afin que cette exposition, prévue depuis plus d’un an, ait bien lieu« .

Sinon, voici les « objets du scandale »…

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