Génération de Gaulle et Pétain

Une génération française, tome 1: Nous vaincrons, Thierry Gloris (scénario), Eduardo Ocaña (dessin). Editions Soleil, coll. Quadrants, 48 pages, 14,50 euros.

Six albums découpés en trois diptyques, un scénariste et trois dessinateurs pour décrire trois destins sous l’Occupation. C’est le concept et l’ambition de cette Génération française qui vise à reconstituer un « panorama général de la société française d’avant-guerre« .

Celui-ci débute le 6 février 1934, à Paris, lors de la fameuse manif des ligues d’extrême droite qui faillirent renverser le régime. Un arrière-fond, très années 30, éclipsé par une ellipse qui amène directement en 1938 sur les bancs de la fac où un étudiant à la Sorbonne, Martin Favre, en pince pour une jolie anglaise et partage avec son ami allemand son inclination pour les fêtes et les conquêtes d’un soir. Une insouciance qui va disparaître à l’automne 1939 lorsque l’étudiant se retrouver mobilisé et projeté dans un univers militaire – une unité d’artillerie – complètement étranger à son monde. Et le déclenchement des hostilités va changer son destin…

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A l’assaut d’un nouveau sommet de mystères

Olympus Mons, tome 1: Anomalie 1, Christophe Bec (scénario), Stefano Raffaele (dessin). Editions Soleil, 56 pages, 14,95 euros.

L’homme est toujours à la recherche de nouveaux horizons. En 1492, Christophe Collomb débarque ainsi au San Salvador ; en 2026, des cosmonautes russes posent le pied sur Mars. Cette même année, une équipe de plongeurs-chercheurs détectent un artefact étrange en mer de Barents. Et en Turquie, une équipe de télé grimpe sur le mont Ararat pour y chercher les traces de vestiges mythiques pour leur émission « Trackers Legends ». A chaque fois, découvertes et révélations ne vont pas manquer, toutes en liens, semblerait-il avec les visions d’un médium américain, obnubilé par des images d’une épave extraterrestre porteuse d’un message pour l’humanité…

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Un voyage en Satanie diablement bien réussi

Satanie, Fabien Vehlmann (scénario), Kersacoët (dessin). Editions Soleil, coll. Métamorphose, p.128 pages, 22,95 euros.

Il aura fallu attendre cinq ans, finalement, pour connaître la fin de l’histoire. Initialement publié chez Dargaud comme un diptyque, le tome 2 n’est jamais paru, semblant promettre ce récit très singuliers aux enfers des projets éditoriaux abandonnés. Il faut saluer donc l’initiative des éditions Soleil et de sa collection Métamorphose pour avoir repris le projet. Métamorphosé désormais en gros one-shot de 125 pages, d’aspect plus luxueux et à la très jolie couverture rouge rehaussée d’argent.

Le récit, lui, n’a pas changé et conserve tout les atouts qui avait conquis, dans sa première forme, en 2011.
On replonge donc dans les ténèbres souterrains, avec une équipe de sauvetage partie rechercher un jeune homme, Constantin, persuadé que la porte de l’enfer est vraiment sous terre et que les hommes de Néanderthal s’y sont établis pour fuir la glaciation de la surface et y ont développé des capacités physiques qui les font ressembler aux figures du diable. L’étrange expédition formée par l’éditeur de Constantin, un prêtre spéléologue et râleur, un villageois de plus en plus cinglé et Charlie, la soeur de Constantin, va s’enfoncer dans un voyage sans retour.
Projetés dans une zone inconnue par une crue, ils vont aboutir à Ultima Thulé, cité utopique secrète puis découvrir enfin le continent mystérieux ou vivent les « sataniens », créatures cornues aux yeux rouges et imprévisibles…

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Nettoyage à sec au 3e sous-sol

AliceM_T05_C1C4.inddAlice Matheson, tome 5 : les obsessions de Sam Gibbs, Stéphane Betbeder (scénario), Emmanuela Negrin et Lucio Leoni (dessin). Editions Soleil, 56 pages, 14,95 euros.

Dorénavant, le cadre est bien posé depuis quatre albums. Et le Saint Mary’s Hospital apparaît de plus en plus comme un vrai ramassis de névrosés, voire de meurtriers qui n’ont pas attendu l’épidémie de zombies qui déferle sur Londres pour s’adonner à leurs coupables penchants.
Dans le genre, Sam Gibbs, mis en lumière dans cet album après avoir déjà été aperçu dans le tome 2, apparaîtrait presque pacifique et anodin. Ce geek employé du service laverie, au 3e sous-sol, en pince secrètement pour l’infirmière Shirpa Rays… au point de venir habiter en face de chez elle et d’épier ses moindres faits et gestes. Et de rêver pouvoir être le héros qui va la sauver. L’arrivée des morts-vivants au 3e sous-sol va précipiter les choses. Mais les actions héroïques peuvent aussi se finir tragiquement…

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Dans l’intimité de Léonard de Vinci

Léonard & Salaï, tome 1, Benjamin Lacombe, Paul Etchegoyen. Editions Soleil, Coll.Noctambule, 96 pages, 17,95 euros.

A l’image de Noé, portraituré en barbare misanthrope et dépressif, et même si ce n’est pas du tout le même genre, c’est un Léonard de Vinci surprenant que Benjamin Lacombe et Paul Etchegoyen évoquent dans Léonard&Salaï.

Le célèbre portrait du vieil homme à la barbe blanche et au regard perçant laisse place à un créateur dans la force de l’âge, élancé et beau, moderne et humaniste (végétarien, écolo). Se glissant dans l’intimité du génie, ils centrent leur récit sur les relations entre Léonard et Salaï, le jeune apprenti avec qui il partagera trente années de sa vie. Cette évocation romanesque et amoureuse décrit aussi un créateur assez souvent fauché, qui connaît plus d’échecs que de réussites et qui est contraint de s’exiler de villes en villes selon les bonnes fortunes de ses bienfaiteurs et des commandes qu’on lui soumet.

Ce premier volume va de 1490, au moment où Léonard rencontre Salaï (ou plutôt quand Salaï, petit voleur, est découvert dans l’atelier du peintre) à 1506 et l’arrivée de Francesco Melzi, futur favori de Léonard. Entre temps, Léonard et ses collaborateurs auront dû quitter Florence, suite à la défaite du duc de Sforza face aux Français, pour rejoindre Mantoue et la protection – pesante – d’Isabelle d’Este, puis Venise, avant un retour à Florence.

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Camus, un homme révolté dans le siècle

Camus, entre justice et mère, José Lenzini (scénario), Laurent Gnomi (dessin), Editions Soleil, 120 pages, 17,95 euros.

Albert Camus est né il y a tout juste un siècle, le 7 novembre 1913. Cette année commémorative aura surtout été marquée jusqu’ici, médiatiquement, par les péripéties de la grande expo à Aix-en-Provence. Mais le sud va aussi honorer l’auteur de l’Etranger à sa juste dimension avec ce bel ouvrage graphique. C’est donc de Toulon, et plus précisément des ateliers des éditions Soleil, qu’aura été lancé cet hommage très réussi, une oeuvre unissant un camusien renommé, José Lenzini, et un dessinateur talentueux, Laurent Gnomi.
Si le parti pris demeure, principalement chronologique, le récit biographique est subtilement amené par le texte épistolaire de José Lenzini, émouvant et personnel, en forme d’adresse post-mortem à son ami défunt, dont le tutoiement donne une vraie proximité et une vraie chaleur au propos. Et l’ouvrage s’achève même par un petit « scoop ».

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Tortue un jour…

Les Tortues Ninja, Tome 2 – Ennemis un jour…, Kevin Eastman, Tom Waltz & Dan Duncan. Editions Soleil, 128 pages, 16,95 euros.

La famille est enfin réunie et Raphaël se met vite au diapason de ses trois frères, il faut dire que Maître Splinter veille au grain. Mais la joie des retrouvailles sera courte car l’ennemi est proche. Quatre tortues et un rat mutants, réincarnation de la famille d’un ancien samouraï du Moyen-âge japonais vont se retrouver une nouvelle fois aux prises avec leurs adversaires. Issus d’un lointain passé, ces vieux démons ont pris de nouvelles apparences mais la haine est toujours là…

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Vaccin mortel

Jack Black, tome 1 : Le Protocole de Jenner, Ange & Khaled, éditions Soleil, 48 pages, 14,30 euros.

En Ukraine, de nos jours, l’agent secret Jack Black est chargé de récupérer une dangereuse arme bactériologique. Si Jack Black est abattu au cours de la mission, celle-ci n’est pas un échec total car il a pu transmettre de précieuses informations à son service. Des informations qui vont permettre à Jack Black de remonter à la source du mal et d’infiltrer l’organisation qui veut établir l’égalité entre les nations en imposant une brutale décroissance à l’Occident. Coût de l’opération ? Deux milliards d’êtres humains seraient condamnés…

Dans ce thriller d’espionnage décapant et très « high tech » qui confirme l’expression « les chemins de l’enfer sont pavés de bonnes intentions » Nous avons Jack Black, un héros plus performant que James Bond, (J. B., les mêmes initiales, c’est normal, Fleming a copié) qui est le genre de type increvable. La preuve : même la mort ne l’empêche pas d’agir, mais il faut bien cela -au minimum- quand on est aux prises avec des extrémistes de l’écologie qui veulent sauver la terre malgré les hommes. Un récit efficace et bourré d’action avec une petite place pour la réflexion.

 

 

Ils nous prennent vraiment
pour des cons !

Ils nous prennent vraiment pour des cons, Monsieur B. Éditions Soleil, 48 pages, 10,50 euros.

Entre la politique, les impôts, le boulot, on ne peut s’empêcher de croire que nos politiques préférés « nous prennent vraiment pour des cons » ! Bien qu’insipide et volant bas, rarement une campagne politique n’a eu un tel écho dans l’univers des petits Miquet. A moins de croire que tout ce que la France compte de scénaristes et de dessinateurs se soit donné le mot, il faut penser qu’il se passe quelque chose d’important. Mais comment décortiquer cet afflux de BD militantes et pas toujours de bon goût ? Monsieur B. a un avantage sur ses camarades, s’il tape de préférence sur la droite (normal c’est elle qui est au pouvoir), il ne pratique pas l’exclusive et cogne sur tout le monde. De la droite à la gauche en passant par les extrêmes ou le centre et les Verts, personne ne manque à la distribution de baffes organisée par l’auteur.

Voici donc un petit guide – décapant – pour comprendre l’univers politique et la France d’en haut. Entre pamphlet et satire, avec un dessin rapide mais compréhensible et très expressif, l’auteur nous assène quelques vérités qui font mal. A la lecture, on rit, mais on rit jaune !

Si la narration schématique est expéditive et n’entre pas dans les détails, c’est souvent assez bien vu et, malgré tout, on se surprend à réfléchir.

Aïe ! Aïe ! Aïe ! Ça vote pour qui un électeur qui réfléchit vraiment ?

Un « Bref » moment dans un panier
de crabes

Si c’est rare, certaines bandes-annonces peuvent être déjà très alléchantes et réussies. C’est le cas de celle du deuxième tome de la Marche du crabe d’Arthur de Pins, qui retrouve ses crustacés fétiches après ses esprits fantastiques de Zombilénium.  L’album, pour sa part, paraît ce 1er décembre.

Réalisé par l’auteur lui-même, ou plutôt « Artur de pinces » bien sûr. Un petit bijou d’animation à la sauce « Bref », (le programme court et culte du moment de Canal) + à découvrir sur le site des éditions Soleil.

Et pour ceux qui seraient en région parisienne ce week-end, Arthur de Pins sera en dédicace au Salon du Livre et de la Presse Jeunesse de Montreuil vendredi 2 et dimanche 4 décembre. Bonne occasion de lui serrer la pince…