Marzi surfe toujours sur la vague de sa jeunesse polonaise

Marzi, tome 7: nouvelle vague, Marzena Sowa (scénario), Sylvain Savoia (dessin). Editions Dupuis, 56 pages, 12 euros. Parution 7 juillet, diffusion en avant première ce week-end lors des Rendez-vous de la bande dessinée d’Amiens, en présence des deux auteurs.

La Pologne a bien changé depuis l’enfance de Marzi sous Jaruzelski. En cette année 1990, Lech Waleza, le leader de Solidarnosc est désormais président de la République et le pays tente de s’adapter, tant bien que mal à l’ouverture sur l’occident. Changement aussi pour la jeune fille, désormais adolescente de 11 ans, à qui son père propose de partir, l’été, en colonie de vacances organisée par le syndicat de son usine. Quinze jours d’été à la mer (baltique), du côté de Gdansk. Pour Marzi, qui n’a jamais vu la mer, ce sera un séjour de découvertes et d’échanges. Avec ses nouveaux camarades, mais aussi avec un jeune Allemand rencontré sur la plage…

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Pierre Seron, le grand bonhomme derrière les Petits Hommes n’est plus

Triste mois de mai pour la bande dessinée. Et pour les éditions Dupuis. Voilà vingt jours à peine, c’était Jidéhem qui partait. Aujourd’hui, l’éditeur annonce la disparition d’un autre grand nom de la BD franco-belge classique: Pierre Seron, l’auteur des Petits hommes.

Décédé ce mercredi 24 mai à l’âge de 75 ans, Pierre Seron était originaire de la province de Liège. Après des études à l’Institut Saint-Luc, à Bruxelles, où il fera notamment la rencontre de ses futurs confrères Walthéry, Dany et Pleyers, il fait ses débuts en bande dessinée sous le pseudonyme de Foal, en assistant Dino Attanasio sur Spaghetti et Modeste et Pompon, Mittéï sur Indésirable Désiré et les décors de Ric Hochet, et Maurice Maréchal sur Prudence Petitpa. Il entre au Journal de Spirou en 1967, avec un récit complet écrit par Victor Hubinon. Quasi en même temps, il va créer ses « Petits hommes», dont le premier épisode, d’abord scénarisé par Yvan Delporte, est rapidement poursuivi par Albert Desprechins, qui cèdera sa place ensuite à Mittéï…

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Pascal Jousselin, imbattable dans l’art de jouer avec la bande dessinée

Imbattable, tome 1: Justice et légumes frais, Pascal Jousselin. Editions Dupuis, 48 pages, 10,95 euros.

Un nouveau super-héros vient d’apparaître. Imbattable. C’est sa qualité et son nom.

Aussi à l’aise pour sauver le monde des manigances d’un savant fou que pour récupérer un petit chat bloqué dans un arbre ou pour assister la gendarmerie pour préserver l’ordre public quand le maire de la ville provoque la colère dévastatrice d’un amateur de pétanque.

Et en plus de son masque et de sa cape, comme tout bon super-héros, il a aussi son jeune partenaire, Two-D boy. Mais, surtout, il a des pouvoirs uniques qui en font, vraiment, le « seul véritable super-héros de bande dessinée »…

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40 ans après sa mort, Prévert, l’air toujours très libre

Jacques Prévert n’est pas un poète, Hervé Bourhis (scénario), Christian Cailleaux (dessin). Editions Dupuis / coll. Aire libre, 232 pages, 32 euros.

Jacques Prévert est mort il y a tout juste quarante ans, le 11 avril 1977. Mort d’un poète, donc… mais pas que. Ou plutôt disparition de celui que le succès de ses recueil de poésie et son entrée dans les programmes scolaires avait réduit à cette posture dans l’imaginaire collectif. C’est tout le mérite de ce gros « biopic » d’aller au-delà de cette image convenue.

Conçu au départ comme un triptyque, l’ensemble est désormais réuni dans un gros livre de plus de deux cents pages. Imposant et un peu intimidant d’allure avec sa couverture noire, cet album est pourtant tout au contraire d’une légèreté folle, ainsi que le premier album, paru voilà trois ans, l’avait déjà laissé entrevoir.

A l’encontre de l’image du vieux monsieur sage, sous sa casquette et la clope au bec immortalisé par Doisneau, c’est un Jacques Prévert  passablement fantaisiste et imaginatif qui s’impose, au fil d’une vie qui « est un roman où la poésie le dispute à l’humour« , comme le souligne, à juste titre, la quatrième de couverture…

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Bon anniversaire Franquin, en noir et toujours haut en couleur

Franquin, il était une fois les idées noires, dirigé par Gérard Viry-Babel, éditions Fluide glacial, 120 pages, 19,90 euros.
Gaston, l’anniv’ de Lagaffe, Franquin et Jidéhem. Editions Dupuis, 60 ans pour Gaston 56 pages, 10,90 euros.

Soixante ans pour Gaston Lagaffe, quarante ans pour les Idées noires. Et plus tristement vingt ans depuis le décès de leur auteur, le génial Franquin. On le sait, 2017 est une année anniversaire.

Et tandis que Beaubourg accueille pour quelques jours encore sa jolie expo consacrée au plus sympathique gaffeur de l’histoire du 9e art, deux albums hommage sont parus dernièrement pour célébrer ces anniversaires.

Les éditions Dupuis ont sorti un « hors série » de la collection Gaston réunissant « 60 gags pour 60 ans« , choisis parmi les quelques 900 et quelques égrainés au fil des ans. « les plus représentatifs, les plus drôles, les plus pertinents, les plus aimés« , comme le souligne M.Boulier, « directeur financier des éditions Dupuis dans sa préface. Si la méthode ultra-perfectionnée (à l’aide de groupes de lecteurs et de millions de capteurs) vantée par l’ineffable comptable de la rédaction n’est pas forcément établie, le choix final se tient incontestablement…

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Pas encore la retraite pour Gaston Lagaffe

Bon anniversaire Gaston !

Lagaffe fête en effet aujourd’hui ses 60 ans. Ou, plus exactement, c’est le 28 février 1957 que le héros rêveur et gaffeur de Franquin faisait timidement son apparition dans les pages du journal Spirou. Noeud papillon, petit costume serré du dimanche, le futur employé à tout faire (et surtout à ne rien faire) de la rédaction ne payait pas franchement de mine. Et il ne visait, d’ailleurs, qu’à « boucher un trou » dans la maquette. Il lui faudra quelques temps pour qu’il endosse son célèbre pull over vert, ses tatanes fatiguées et son look de hippie très cool. Une évolution vestimentaire qui est allé de pair avec un succès croissant. Et qui ne se dément pas.

Ainsi, la jolie expo organisée par la bibliothèque du Centre Pompidou – dont on a déjà dit ici tout l’intérêt – aurait déjà reçu plus de 110 000 visiteurs.

Pour célébrer l’événement, l’éditeur de Gaston, Dupuis, propose aujourd’hui sur sa page  facebook des « défis Gaston » interactifs, incitant les lecteurs à se mettre en scène dans la position – burlesque – des dessins de leur héros.

« Seuls » réussit plutôt bien l’épreuve du passage de la page à l’écran

De gauche à droite: Dodji, Leïla (mise en avant aussi dans le film), Camille, Terry et Yvan, en chair et en os.

Seuls, la série-phare de Fabien Vehlmann et Bruno Gazzotti (aux éditions Dupuis) sera-t-elle désormais aussi Seuls, le film de David Moreau ? Transposée sur grand écran avec des acteurs plus vieux que les personnages de bande dessinée et avec un budget relativement limité, on pouvait craindre le pire. Ou le juste médiocre.

En fait, il faut admettre qu’on est ressorti de la salle plutôt rassuré. Le réalisateur de The Eye et 20 ans d’écart s’en sort plutôt bien. Si le film n’est pas un chef d’oeuvre – avec notamment un manque de rythme et un aspect trop répétitif – il réussit à passer plutôt bien l’épreuve du grand écran. Et le passage du dessin à l’action réelle…

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Avec Valérian, et maintenant Spirou et Fanfasio, la BD de moins en moins seule au cinéma

Ce mercredi, l’adaptation cinématographique de la très bonne série Seuls sort sur les écrans. Avec des héros enfants devenus ados et une approche qui laisse craindre une orientation vers la même cible, dans la lignée des Hunger Game et autre Labyrinthe. Mais bon, on essaiera quand même de voir le résultat avant d’avoir un avis définitif sur la question.

Il en ira de même avec Valérian, dont la sortie est programmée pour juillet et dont plus personne ne devrait ignorer le projet vu le début de médiatisation bulldozer mis en place… Et aussi, de Spirou et Fantasio ! Après Boule et Bill, l’élève Ducobu, Boule et Bill, Lucky Luke, Astérix, Lou (et on en oublie), le duo d’aventuriers de Franquin va en effet aussi passer la rampe du grand écran (en attendant apparemment Gaston Lagaffe)…

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« Seuls » sort le grand jeu

Seuls, tome 10: la machine à démourir, Fabien Vehlmann (scénario), Bruno Gazzotti (dessin). Editions Dupuis, 48 pages, 10,60 euros.

Ce dixième album s’inscrit dans la suite immédiate du précédent, qui voyait les enfants désormais séparés et confrontés à différents dangers et dilemmes. Anton, demeuré à NéoSalem continue à creuser sa théorie des limbes et Dodji subit toujours les supplices du « maître-fou ». Mais le récit se centre surtout sur Terry et le maître des couteaux. Désormais esseulés, ils trouvent refuge dans un gigantesque hangar qui abrite un salon des jouets. De quoi rendre fou de joie le jeune Terry qui va aussi avoir une illumination et tenter de construire une « machine à démourir » devant leur permettre de quitter le monde des limbes. L’apparition angoissante de Camille va déclencher une nouvelle crise chez le maître des couteaux…

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L’heure de la retraite pour les Tuniques bleues ?

tuniques-bleues_t60_couvLes tuniques bleues, tome 60: carte blanche pour un bleu, Cauvin (scénario), Lambil (dessin). Editions Dupuis, 48 pages, 10,60 euros.

Côté santé, cela ne va pas fort pour le Sergent Chesterfield, à l’aube de ce soixantième album. Avec une carte blanche qui signifie une mise au vert. Soufflé par une explosion lors d’une énième charge du 22e de cavalerie, le voilà aphasique, voire carrément réduit à l’état de « légume » dans son fauteuil roulant. Devenu inapte au service, l’armée entend le renvoyer à la vie civile. C’est-à-dire à l’asile. Mais Blutch parvient à négocier un mois pour tenter de le remettre sur pied. Pour cela, il va entreprendre de lui faire recouvrer la mémoire. Un tir de canon ou une sonnerie de charge n’y parvenant pas – à défaut de perturber le camp – Blutch entreprend de lui faire rencontrer divers lieux ou figures de leurs aventures passées: l’ignoble sudiste Cancrelat, une montée en ballon, un retour à Fort Bow, des retrouvailles avec le petit tambour de Drummer boy ou le danseur des Bleus de la balle, un passage sur un croiseur en souvenir de Duel dans la Manche. Mais rien n’y fait. Ne reste plus alors qu’à ramener le sergent dans sa famille. Et c’est là que le miracle va avoir lieu…

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