Les dessins censurés ont franchi l’Atlantique !

L’onde de choc de la censure de l’expo des dessins érotiques à la bibliothèque départementale de la Somme continue.

L'oeuvre de Titi From Paris à la Briquetterie d'Amiens. © Titi From Paris

Après la Belgique, on en parle aussi aux Etats-Unis. Le site BSA (Brooklyn Street Art) consacre en effet un long post à l’affaire. Anglé sur l’oeuvre du plasticien Titi From Paris à la Briquetterie, l’article revient sur toute l’histoire avant de conclure que « The richest irony of course is that the show is drawing so many new eyeballs than it ever could have without the benefit of an additional 4 months of publicity« . On ne saurait mieux dire.

Et l’article est repris désormais sur le site du Huffington Post, l’un des grands sites d’informations en ligne (d’obédience « libérale », au sens anglo-saxon, donc plutôt à gauche) aux Etats-Unis, lui donnant une audience nettement moins confidentielle.

Prochain épisode, une adaptation à Hollywood ?

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Dessins censurés : une référence internationale…

L’affaire des « dessins érotiques censurés » de la Somme devient – déjà – une (contre) référence pour l’analyse universitaire. Démonstration ce 28 octobre en Belgique.

Visuel de l'exposition "Pour rire" actuellement accrochée au musée de Namur, en Belgique.

Finalement, Janine Kotwica, commissaire de l’expo des « dessins érotiques censurés » va remercier le président du conseil général de la Somme d’avoir interdit son accrochage à la bibliothèque départementale, en mai dernier. Et aussi le prendre comme attaché de presse, car on  n’aura rarement vu une telle efficacité dans la communication (gratuite qui plus est) autour d’une exposition de dessins… Désormais visible - jusqu’au 5 novembre à l’ordre des avocats d’Amiens, l’expo a déjà obtenu une audience totalement inespérée.

Et voilà que madame Kotwica, résidant dans le sud de l’Oise, est invitée à venir raconter ses mésaventures picardes à Namur, en Belgique, le 28 octobre. Dans le cadre d’une «journée autour de la censure» et du politiquement correct organisée par le Centre culturel régional de Namur.

Cette fois, en on passe à la reconnaissance institutionnelle et universitaire de « l’affaire amienoise » comme objet de recherche scientifique.

Politiquement incorrect

Ajoutons que cela permet aussi de faire connaître, au public picard, l’existence de cette apparemment belle exposition consacrée à des « tendres caricatures du XIXe siècle » de Daumier, Gavarni et Rops.

"Pornokratès" © Musée provincial Félicien Rops, Namur, dépôt de la Communauté française de Belgique

Occasion, aussi, de jeter un oeil sur le fonds des oeuvres du musée Félicien Rops de Namur, dont un tableau  intitulé… horreur, « Pornokratès » ! une image « pornocrate » qui met en scène une femme nue, les yeux bandés et tenant en laisse un cochon… (et qui fut, jadis, exposé dans le cadre de l’exposition sur le  cochon à Saint-Riquier). On n’ose imaginer les interprétations sadiennes, masochistes voire zoophiles que certains pourraient faire d’une telle oeuvre.

On imagine le scandale que pourrait produire une telle oeuvre dans une ville moyenne française dans notre contexte de frilosité actuelle. Et ce d’autant que ce tableau est exposé, en parfaite inconscience, dans une institution publique  (le musée est propriété de la province de Namure) qui pousse la provocation à être, non seulement ouvert aux enfants mais en plus gratuit pour les moins de 12 ans !

Le mieux est encore, pour toute cette affaire de s’en tenir au titre de l’exposition. Et d’y voir une histoire « pour rire ».

au titre bien choisi : Pour rire !

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Les dessins censurés enfin dévoilés

Les dessins érotiques des quelques vingt-cinq illustrateurs de jeunesse, dont l’interdiction par le conseil général de la Somme avait défrayé la chronique depuis cet été, sont enfin visibles, jusqu’au 5 novembre au siège de l’Ordre des avocats d’Amiens. Beaucoup de bruit pour rien – si l’on apprécie Shakespeare ? ou l’épilogue d’une tartufferie – si l’on préfère Molière.

Jean-Charles Sarrazin, Pierre Cornuel et Janine Kotwica, commissaire de l'expo, le 14 octobre 2010 à Amiens.

Jean-Charles Sarrazin et Pierre Cornuel, deux des artistes "censurés", avec Janine Kotwica, commissaire de l'expo, lors du vernissage, le 14 octobre au siège de l'Ordre des avocats d'Amiens. Au deuxième plan, on peut reconnaître l'universitaire Jean Perrot, créateur de l'Institut Charles Perrault, professeur émérite à l'université Paris VIII, qui fut assistant à l'Université de Picardie.

« Mais pourquoi avoir censuré de telles oeuvres ? » Cette interrogation était dans tous les esprits, lors du vernissage de notre désormais fameuse « expo des dessins érotiques d’illustrateurs de jeunesse censurée par le président du conseil général de la somme » (ouf).

Rien de pornographique

Et une interrogation amusée – ou déçue ? – que risque d’avoir tous les visiteurs qui iront au siège de l’ordre des avocats d’Amiens jusqu’au 5 novembre.
Dès le départ, la perplexité était certes de mise autour de cette interdiction. À voir les dessins accrochés, l’incompréhension s’accroît encore.

Rien de pornographique là-dedans et un érotisme pour le moins léger, allusif ou imagé la plupart du temps.  Présentées ainsi,  sagement, sur fond bleu nuit – et sous le regard (un brin lubrique peut être ?) d’Albert Dauphin, premier président du tribunal d’Amiens dont le portrait grand format a été laissé dans la salle – joliment mises en valeur, ces oeuvres impressionnent par leur qualité graphique, mais apparaissent encore plus anodines que dans le catalogue.
Le parfait exemple en est donné par les oeuvres de Bruno Heitz (connu aussi pour ses excellentes bandes dessinées humoristico-policières).
Le dessin qui avait particulièrement suscité le rejet du président socialiste du Conseil général de la Somme, Christian Manable (et qu’on ne se lasse pas de republier…), hommage déjà évident à Benjamin Rabier, le créateur du logo de la Vache du rit, devient tout à fait cohérent dans l’exposition de l’ensemble des petites vignettes visant à décliner les rapports (pas que sexuels) entre un artiste et son modèle féminin.

On a échappé à la chapelle…

Pour faire une parenthèse sur le catalogue, justement. Édité par l’Association des bibliothécaires de France (ABF), la version définitive de celui-ci – enrichi d’un dossier sur « l’affaire » – dévoile aussi un épisode jusqu’ici inédit. En effet, selon la commissaire de l’exposition, Janine Kotwica, l’expo a failli être accrochée… dans la chapelle des Visitandines d’Amiens, ou loge la DRAC, sur suggestion du directeur du développement culturel du Département de la Somme, qui la jugeait « trop prestigieuse pour être cantonnée dans la bibliothèque départementale ». Cette fois, c’est le préfet qui aurait mis son véto…
Le conseil général, sollicité par le Courrier picard sur ce point, n’a pas donné suite à la demande…

Entre rigolade et inquiétudes

Quoi qu’il en soit, et comme le disait début juin Bernard Joubert, spécialiste de la censure : « Tout est dans l’oeil de celui qui regarde ». Il faut croire que le regard des avocats et des autresnombreux visiteurs présents au vernissage était particulièrement innocent… Et le ton plutôt rigolard du côté des artistes ainsi mis à l’index.
«Quand j’ai appris cette censure, j’ai éclaté de rire tellement cela me semblait débile. Comment en est-on arrivé, en 2010, à devoir justifier une telle expo ? », soulignait Pierre Cornuel.
Léo Kouper, l’affichiste à qui l’on doit l’affiche de l’expo se déclarait, lui, plutôt « flatté » d’avoir été ainsi censuré. Mais, fort de l’expérience de ses 84 ans et des évolutions de sa carrière professionnelle, il pouvait prendre du recul. Il fut d’abord connu comme affichiste de comédies – on lui doit notamment de célèbres visuels pour les films de Charlie Chaplin.

L'affiche de Léo Kouper pour "Le dictateur" de Charlie Chaplin

Puis, du jour au lendemain, ayant répondu au défi du distributeur, son affiche d’Emmanuelle en fit aux yeux des professionnels du milieu un spécialiste des films érotiques !

L'affiche de Léo Kouper pour "Emmanuelle"

De quoi conserver une saine relativité face aux analyses catégoriques et aux jugements aussi expéditifs que définitifs en matière d’art et de représentation.
Mais « l’affaire amienoise » peut susciter aussi d’autres réflexions sur la pratique de la censure au nom des « bonnes moeurs ». Comme celles émises par cette professionnelle du livre croisée lors du vernissage.
« Je trouve inquiétant qu’à la censure politique ou religieuse se substitue aujourd’hui une censure de la peur, qui amène à un repli sur soi inquiétant et dangereux. » Et c’est d’autant plus inquiétant quand ce sont des élus qui prennent les devants face à une crainte d’attaque, comme à Amiens ou à Paris avec l’expo Larry Clark.
Un point de vue partagé par Philippe Levreaud, rédacteur en chef de la revue de l’ABF – qui avait consacré fin 2008 un copieux numéro à la censure : « Il y a surtout de l’autocensure. Finalement, les cas de censure sont des maladresses… Mais il est important,comme aujourd’hui de pouvoir publier et exposer. »
Une issue rendue possible, cette fois, par l’engagement des avocats amienois et l’implication de leur bâtonnier, Hubert Delarue – et l’ex adjoint de Gilles de Robien à la mairie d’Amiens n’a pas le profile d’un gauchiste libertaire radical… « Le temps de la polémique est derrière nous », a-t-il assuré dans son discours d’accueil, tout en remerciant quand même ironiquement Christian Manable, « qui, par sa détermination à rendu cette manifestation possible ». Se félicitant du soutien de l’immense majorité de ses confrères pour cette initiative, il a rappelé combien les avocats « aiment par-dessus tout la liberté ou plutôt la défense des libertés ». Une cause bien défendue ici.

Et la morale de l’histoire, comme souvent en cas d’affaire similaire, c’est que le censeur a assuré une publicité inespérée à l’oeuvre qu’il avait voulu interdire…

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La censure revient par la bande

C’est ce jeudi 14 octobre que l’on pourra – enfin – voir les dessins érotiques des illustrateurs de jeunesse censurés par le conseil général de la Somme. Plus quelques autres à la Briquetterie, axés sur la censure. Qui revient décidement dans l’air du temps.

« Pour adultes seulement« , la désormais si fameuse expo de dessins coquins d’illustrateurs de jeunesse organisée par l’Isarienne Janine Kotwika, à qui le conseil général de la Somme a fait une pub incroyable en l’interdisant avant l’été, se découvrira (si l’on peut dire…) dès ce soir au siège du conseil de l’ordre des avocats d’Amiens. Avec sans doute pas mal de monde pour regarder de visu l’objet du scandale… ou pas, concernant ces dessins surtout amusants ou poétiques, dus à des auteurs aussi renommés et reconnus dans leur domaine que Tomi Ungerer ou Nicole Claveloux – pour ne citer qu’eux.

On comptera peut-être même parmi les visiteurs Christian Manable, le « censeur » qui a annoncé sa venue…  Un président qui, côté pub, a encore eu droit à un paragraphe vachard de Delfeil de Ton dans le Nouvel Observateur de la semaine dernière…

L'affiche de l'expo "Anastasie" inaugurée ce 14 octobre par la Briquetterie d'Amiens

Ce même 14 octobre, on pourra voir à Amiens une autre expo consacrée à « Anastasie », à la Briquetterie cette fois. Avec des oeuvres semble-t-il plus « osées »… Et une affiche due à Léo Kouper, qui avait aussi réalisé celle de « Pour adultes… »

Le sujet est, en tout cas, d’actualité en cette rentrée. Les déboires de Larry Clark à Paris ont remis un gros coup de projecteur sur la question et celle de l’attitude pubidonde (ou frileuse) de quelques élus socialistes.

Quand les  socialistes rosissent devant « l’érotisme »

A Amiens, c’était donc une expo de dessins interdite de bibliothèque départementale ; à Paris, c’est une expo du photographe et cinéaste Larry Clarke, sur les ados qui est interdite au moins de 18 ans. Dans les deux cas, ce sont des élus socialistes – président du conseil général ici, maire de Paris, là – qui ont pris l’initiative d’une telle mesure. Avant même toute protestation. Par peur d’un procès ou du harcèlement de quelque groupuscule d’intégristes. Et au risque de se voir, comme dans la Somme, félicités par le Front national…

Il fut un temps où, à gauche, on se serait plutôt battu pour la liberté d’expression.

Et tout récemment, on en revient à la bande dessinée, avec cette autre censure – étonnante – révélée lundi par Yves-Marie Labé dans le Monde : Reiser interdit aux mineurs non accompagnés au festival de Saint-Malo ! Pour le coup, la mairie (UMP) n’y est pour rien. Cette fois, c’est l’organisateur du festival lui-même qui a pris la décision. Déjà un effet de la « jurisprudence Larry Clark » ? Cela augure mal de la suite. Les temps changent et le fond de l’air effraie. On se dépêchera de relire Manara ou La Survivante du Picard Paul Gillon avant qu’ils ne soient placés à l’index.

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dessins censurés : une réponse inédite de Bruno Heitz

L’exposition des « dessins érotiques » censurée par le conseil général de la Somme, que l’on pourra découvrir dans une quinzaine de jours à Amiens, aura en plus quelques « bonus ».

En plus des vingt-cinq illustrations initiales (et pas une quarantaine, comme évoqué plus haut, emporté par notre enthousiasme), Bruno Heitz a réalisé spécialement pour l’occasion une nouvelle linogravure.

Pas très érotique, certes, mais l’humour et ironie de l’oeuvre se comprend mieux en lisant la formule écrite au dos du dessin : « N’allez surtout jamais montrer ce dessin dans la Somme, on dirait que j’insulte les chèvres. »

Elle se comprend surtout quand on se souvient que c’est un des dessins de Bruno Heitz, hommage clin d’oeil à Benjamin Rabier, créateur du personnage de la Vache qui rit, qui avait été particulièrement attaqué par Christian Manable.

 Le président du conseil général de la Somme avait vu là une oeuvre particulièrement « misogyne » et « portant atteinte aux droits de la femme« .

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Les « dessins censurés » seront exposés à Amiens

L'affiche de l'exposition des "dessins censurés"

Les dessins érotiques censurés par le conseil général de la Somme seront finalement exposés à Amiens. Mais chez les avocats.

L’affaire avait fait couler son lot d’encre, fin mai. La suite du feuilleton des « dessins érotiques » censurés par le conseil général de la Somme aura lieu à la mi-octobre :  l’Ordre des avocats d’Amiens, comme il s’y était engagé, présentera en effet dans ses locaux l’exposition Pour adultes seulement, réunissant 25 illustrateurs et un affichiste, qui exposeront plus de 80 œuvres – pour une bonne part des inédits - d’illustrateurs de jeunesse qui devaient initialement être accueillies par la bibliothèque départementale de la Somme avant que le président du Département, le socialiste Christian Manable, ne fasse annuler la manifestation à quelques jours du vernissage.
Une décision qui avait choqué déjà sur la forme. La commissaire de l’expo, Janine Kotwica, résidant dans l’Oise et plutôt réputée dans son domaine, avait en effet été mise devant le fait accompli alors que toute la commande avait été honorée.
Sur le fond de l’affaire, aussi, le Département s’était fait épingler, notamment par l’Observatoire de la liberté de la création, émanation de la Ligue des droits de l’homme, qui voyait là un acte de censure stupide, et par bien d’autres sites ou blogs. Pour le moins, en tout cas, une grosse boulette et une très mauvaise gestion de la communication autour de cette décision.

Mais, cette exposition sera peut-être l’occasion de mettre un terme à certains malentendus, ou du moins de les confronter en direct. Christian Manable – comme il l’affirme dans le Courrier picard de ce mardi 28 septembre, a en effet annoncé son intention d’aller voir, lui aussi, l’expo !

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Le quart d’heure médiatique du Président

Si tout le monde aura son quart d’heure de gloire médiatique (comme le prophétisait Andy Wahrol), le moment est peut-être arrivé pour Christian Manable, président du Conseil général de la Somme, après sa tonitruante décision d’annuler au dernier moment une expo de dessins jugés trop « sulfureux », dont on vous a déjà causé ici.

Après le Courrier picard et Libération, c’est une nouvelle salve dans les hebdos (de gauche singulièrement) : Le Canard enchaîné qui ironise sur « Anastasie en Somme », Politis qui l’épingle et Delfeil de Ton dans le Nouvel Obs qui lui consacre une photo et la moitié de sa (jolie) chronique de ce jeudi… c’est carrément le Monde de ce vendredi qui lui consacre un papier de tête de page, signé du spécialiste photo & images, Michel Guérin !

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Les avocats d’Amiens prêts à accueillir l’expo de dessins censurés !

Après le soutien du Front national, nouvelle tuile pour Christian Manable, président du conseil général de la Somme dans l’affaire de l’expo censurée de dessins érotiques.

Les dessins qu’ils avaient voulu interdire d’expo à la bibliothèque départementale de la Somme vont peut-être quand même pouvoir être vus à Amiens. L’Ordre des avocats d’Amiens s’est déclaré en effet prêt à accueillir les oeuvres !

Bref, mis à part apporter une pub inespérée à cette expo au départ largement confidentielle, le patron socialiste du Département est bien parti pour, en effet, finir par se couvrir de ridicule. Et s’il a un peu de temps, on lui conseillera de lire le manifeste signé par André Breton et Léon Trotsky qui, dès 1938, affirmaient « toute licence en art » !

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Ces dessins que l’on ne saurait voir en Somme

L’affaire de la censure par le président du conseil général de la Somme de l’exposition « Pour adultes seulement », prévue à la bibliothèque départementale de la Somme continue de faire des vagues. 

Du côté du « censeur », Christian Manable, on en reste à une apparente position de fermeté, sur la forme, qui dénote un brin de flou, sur le fond. Entre condamnation de principe de dessins « misogynes » et donnant une « image dégradante de la femme » à un refus de voir un organisme du conseil général sortir de ses missions propres, ou du risque de voir associé des dessins érotiques et des illustrateurs connus pour leur travail en direction de la jeunesse (avec, en arrière-fond, l’accusation ultime d’incitation à la pédophilie…), à trop vouloir prouver, on finit par se discréditer soi-même.

S’il escompte sur l’oubli rapide de cette histoire, certains ne lâchent l’affaire. Après l’Observatoire de la liberté de création (émanation de la Ligue des droits de l’homme), c’est au tour de la section régionale de la LDH (relayée aussi par la section locale de Beauvais) de prendre position. La section isarienne exprime sa  »stupéfaction et son inquiétude face à l’annulation de l’exposition » et apporte son soutien aux 26 dessinateurs et à Janine Kotwica, commissaire de l’exposition (résidant dans l’Oise).

La liberté de jugement à préserver

« Les actes de censure ont une fâcheuse tendance à se multiplier ces derniers temps, notamment dans le domaine artistique : il en va de la liberté de tous, artistes et citoyens, souligne le communiqué, l’accès à la culture doit être garanti, une œuvre d’art ne peut être soustraite au public au nom de valeurs qui, par définition, relèvent présentement d’un jugement personnel. Le public doit pouvoir se forger sa propre opinion et disposer de la liberté de jugement inhérente à chacun. » En conclusion, la LDH de Beauvais (comme l’Observatoire avant elle), demande solennellement au Conseil général de la Somme « de revoir sa décision afin que cette exposition, prévue depuis plus d’un an, ait bien lieu« .

Sinon, voici les « objets du scandale »…

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