Une colère de femmes venue de loin

Shi, tome 1: au commencement était la colère, Zidrou (scénario), Homs (dessin). Editions Dargaud, 64 pages, 13,99 euros.

De nos jours, à Londres. Tout juste blanchi de poursuites enclenchées par des associations humanitaires, le patron d’une entreprise d’armement voit son fils et sa femme déchiquetés sous ses yeux, explosant sur une mine (produite par sa société !) dissimulée dans son jardin. La violence et la colère à l’origine de cet acte pourraient venir de loin. Peut d’être d’un siècle et demi auparavant, où va se dérouler l’action de cet album…
A l’époque victorienne, on découvre deux jeunes femmes et une enfant tentant d’échapper à la police en s’échappant par les toits, poursuivis par un « lord » prêt à enflammer tout le quartier pour les voir périr…
Quelques années plus tôt, encore, en 1851, la famille de Lord Winterfield – un vétéran des guerres d’Amérique – visite la première exposition universelle bat son plein. Sa fille, Lady Jennifer est d’abord sensible à la détresse d’une petite mendiante, puis à celle d’une Japonaise qui serre contre elle son bébé… mort. En cherchant à lui apporter une tombe décente, Jennifer va être amenée à recroiser la petite fille et l’étrangère. La noble anglaise et l’étrange Japonaise, des femmes que tout séparait mais qui vont se réunir « contre l’empire ». Début d’une alliance révoltée et explosive…

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Un prix Diabolik pour la Fnac

Les lecteurs-internautes de la Fnac ont tranché. Parmi les albums en lice pour le grand prix 2017, ils se sont majoritairement prononcés en faveur de l’Eté Diabolik (ed. Dargaud) d’Alexandre Clerisse et Thierry Smolderen, polar fantaisiste replongeant dans les années 60 sur la Côte d’Azur et clin d’oeil au maléfique héros de « fumetti » transalpin du même nom. Avec son intrigue dédoublée et son graphisme flashy très 60′, cet album ne manque effectivement pas de qualités et s’avère réussi. Même si on peut lui préférer le précédent opus du duo  – tout aussi soigné, et référentiel, mais plus envers la SF des années 50 – l’encore plus réjouissant Souvenirs de l’empire de l’atome.

 

Vanyda en trois exemplaires ce samedi à Bulle en stock Amiens

Rencontres-dédicaces plurielles, ce samedi à Bulle en stock Amiens avec Vanyda et deux dessinateurs de ses trois récents albums, François Duprat et Nicolas Hitori De.

(photo éditions Dargaud)

Trois bonnes raisons de venir rencontrer Vanyda, ce samedi à la librairie Bulle en stock.

La dessinatrice résidant désormais à Lille, auteure notamment de la série Celle Que/Valentine revient cette fois pour son beau roman graphique mémoriel et familial sur le Laos, d’où est originaire son père, Un million d’éléphants (Futuropolis).

Mais elle sera aussi là en tant que scénariste de l’Année de la chèvre (La Boîte à bulles), suite de son récit de la vie de couple de Bernadette, et d’un autre album, Mia and Co (Dargaud) début d’une série sur une bande de copains et leurs préoccupations d’ados.

Et Vanyda ne viendra pas seule, ce samedi, puisqu’elle sera accompagnée de ses deux dessinateurs (ou co-dessinateur, s’agissant de L’année de la chèvre), respectivement François Duprat et l’Amiénois Nicolas Hitori De.

Un Lucky Luke qui ne tient pas toutes ses promesses

Lucky Luke, les nouvelles aventures, tome 7: la terre promise, Jul (scénario), Achdé (dessin). Editions Lucky comics, 48 pages, 10,60 euros.

Quelques mots quand même, avant de finir 2016, sur l’album qui fut donc le plus gros tirage de l’année – comme le notait récemment le rapport Ratier. 117e tome des aventures de Lucky Luke, il s’agit aussi là du premier scénarisé par Jul qui a répondu au challenge en développant une thématique inédite dans la série.

Cette fois, pour aider un ami cow-boy malchanceux, qui n’assume pas d’avoir fait croire à ses parents qu’il est avocat à New York, Lucky Luke va devoir accompagner une famille de juifs ashkénaze débarqués d’Europe de l’Est dans leur route vers l’ouest sauvage. Emmenés par le patriarche et tailleur Moïshé, fervent lecteur de la Torah, les Stern partent s’installer à Chelm City, dans le Montana. La famille comprend aussi la mère, Rachel, qui s’inquiète du peu d’appétit de Luke pour la carpe farcie et le verrait bien marier sa petite-fille, la rosissante Hanna, ou encore le petit et turbulent Yankel. Mais leur arrivée, même s’ils sont pris pour des amish, va aussi susciter la convoitise de deux petits truands, persuadés que les caisses (de livres, en fait) transportés par les Stern recèlent un gros trésor. Et il faudra aussi composer avec les indiens BlackFoot (pieds noirs) sur le sentier de la guerre…

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Un Reporter au coeur du mouvement des droits civiques

reporter_couvReporter, tome 1: Alabama 1965, Bloody Sunday, Renaud Garreta et Laurent Granier (scénario), Gontran Toussaint (dessin). Editions Dargaud, 64 pages, 14,99 euros.

Retour au coeur de quelques événements marquants de l’histoire contemporaine. Vus de l’intérieur aux côtés d’un jeune journaliste. Première étape, ici, avec le mouvement pour les droits civiques, violemment réprimé dans l’Amérique des années 60.

Par la faute – ou la grâce – d’une intoxication aux fruits de mer du réveillon qui a paralysé la rédaction, Yann Koad, jeune journaliste au magazine Reporter est envoyé couvrir l’actualité du combat d’émancipation des afro-américains dans le sud des Etats-Unis. Accompagné par un vieux photographe baroudeur, Koad prend la route du sud, vers Selma, Alabama où se prépare une marche, dans un contexte très tendu. Le jeune reporter aura l’occasion de se confronter aux membres du Ku Klux Klan, d’assister en direct à la mort de Malcom X et de se retrouver plongé dans l’affaire de l’assassinat d’une militante blanche de la cause noire, affaire où est impliquée un agent du FBI…

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L’ultime frontière bientôt atteinte

ultime-frontiere-tome-2-episode-2 ultime-frontiere-tome-3-episode-3Ultime frontière, épisode 2 (2015) et épisode 3 (sortie le 16 septembre), Léo (scénario), Icar (dessin). Editions Dargaud, 48 pages, 11,99 euros.

Suite et pas encore fin des aventures de Jane et John Jones sur la planète Tau Ceti 5 (un quatrième album devrait clore la série). Et la situation ne s’est pas détendue sur place pour le duo de mercenaires débarqué au village d’Erechim, à l’ultime frontière connue de la planète.

Aux agissements agressifs des hommes de Ronald Burton, le gros propriétaire foncier du territoire est venu s’ajouter un étrange monstre, qui a conduit Jane jusqu’à une mystérieuse caverne cachant ce qui semble bien être un vaisseau spatial enfoui depuis des décennies. L’arrivée d’un séduisant paléolologue – qui ne laisse pas Jane indifférente – Alexei Lavinsky vient compliquer encore la situation, d’autant que celui-ci n’est peut-être pas vraiment celui qu’il dit être. Et il faudra encore compter, dans le tome 3, avec l’apparition d’un ectoplasme prenant possession successivement d’une jeune fille et d’un bébé…

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Valérian et Laureline ressurgissent de l’espace-temps pour accompagner Luc Besson

valerian-integrales-tome-1-valerian-integrale-tome-1Valérian, l’intégrale volume 1, Pierre Christin (scénario), Jean-Claude Mezières (dessin). Editions Dargaud, 160 pages, 20,50 euros. Sortie le 16 septembre.

Luc Besson vient d’achever le tournage de son adaptation de Valérian au cinéma. Sortie prévue à l’été 2017. Et ceux qui ne le sauraient pas encore ne devraient pas demeurer longtemps dans l’ignorance : la machine marketing commence déjà à se mette en place. Avec opportunisme – mais non sans légitimité – Dargaud y participe en relançant donc une nouvelle série d’intégrales des aventures spatio-temporelles de son héros. Un peu dans l’esprit de ce qu’avait fait Casterman lors de la sortie en salles d’Adèle Blanc-Sec de, déjà, Luc Besson.

Ce premier tome reprend les trois premiers albums de la saga, à l’identique du premier tome de la précédente intégrale, parue en 2007 : Les mauvais rêves, où se noue la rencontre, au XIIe siècle entre Valérian et l’effrontée Laureline ; La cité des eaux mouvantes (dans son intégralité avec Terres en flammes), première aventure commune dans une cité de New-York de 1986 envahie par les eaux ; L’Empire des mille planètes et son enquête sur Syrte-la-magnifique (dont le nom va inspirer celui du film de Besson)…

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Un chef d’oeuvre à contrepied

Contrepied de Foé_couvLe contrepied de Foé, Laurent Galandon (scénariste), Damien Vidal (dessinateur). Editions Dargaud. 160 pages, 19,99 euros.

Une bande dessinée pour magnifier un récit en forme de docu-fiction. Un choix payant pour une histoire relativement banale, mais ainsi merveilleusement contée par le duo Laurent Galandon – Damien Vidal.

Un petit chef d’œuvre en vérité, dont les anti-héros sont deux jeunes camerounais, a priori bons footballeurs, exploités par un agent véreux qui profite abusivement de la naïveté de ses proies et de leurs rêves de gloires footballistiques. Leurs familles sacrifient ainsi quasiment tout ce qu’ils ont – or ils ont déjà peu – afin de leur permettre de quitter l’Afrique pour la France, où ils s’apercevront de la supercherie. Trop tard. Les voilà sans argent et sans papier. Sans billet retour dont ils n’auraient jamais voulu, couverts de honte d’avoir abandonné les leurs pour rien, et même moins que rien…

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Autant en rapporte le temps

Time is money_couv Time is money, l’intégrale, Fred (scénario), Alexis (dessin). Editions Dargaud, 208 pages, 29 euros.

C’est comme un voyage dans le temps que propose les éditions Dargaud avec cet album. Et ils reviennent du passé, sans avoir pris une ride : Stanislas, l’inventeur de la machine à voyager dans le temps – mais dans le but de faire fortune cette fois – dans son éternelle robe de chambre et Timoléon, le vendeur-colporteur de machine à vapeur pour rouler les cigarettes devenu son assistant et camelot potentiel. Car il s’agit bien pour les deux acolytes d’appliquer à la lettre la célèbre maxime: « le temps, c’est de l’argent ». Time is money, donc même si dans la pratique, c’est nettement moins simple.

Envoyé à Florence rencontrer Léonard de Vinci jeune afin de lui extorquer un portrait de Mona Lisa à moindre prix, Timoléon va connaître un premier échec. Puis il sera à l’origine, pour avoir jeté une peau de banane, des effets d’un paradoxe temporel et du dédoublement de son inventeur de patron. Et l’idée d’aller voyager dans le futur sera tout aussi catastrophique. Sans compter l’apparition d’un étrange neveu dangereux puis carrément d’un jeune dinosaure…

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XIII en fin de cycle

XIII_tome24_couvXIII, tome 24 : l’héritage de Jason Mac Lane, Yves Sente (scénario), Ioui Jigounov (dessin). Editions Dargaud, 56 pages, 11,99 euros.

XIII était en mauvaise posture, poursuivi à Amsterdam avec une punkette. Et cela n’allait guère mieux pour ses amis, le Major Jones et le général Carrington, toujours prisonniers de rebelles afghans. La situation ne s’est pas trop arrangée pour ces derniers, au début de ce nouvel album. Récupérés par un autre groupe taliban, ils sont violemment traités. Cela va un peu mieux, en revanche, pour XIII qui a enfin mis la main sur les documents que la MayFlower Fondation voulait lui empêcher d’obtenir. Et la révélation est de taille : ils prouvent que Jason Mac Lane est, lui aussi, un des héritiers des passagers du Mayflower (et pas le moindre au vu de sa généalogie…) et qu’ils pourraient revendiquer ses droits sur la fondation, compliquant la mise en route du complot « roots power »…

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