
Paranoïaque et effrayant...
N., de Stephen King, par Marc Guggenheim au scénario et Alex Maleev au dessin. 112 pages, 14,95€. Sortie le 18 avril.
On vous l’annonçait ici, Glénat se met aux comics. Ce qui veut tout et rien dire ! Pour en savoir plus, lancez-vous d’urgence dans l’adaptation de N., de Stephen King.
Premier bémol : les néophytes auront du mal à entrer dans l’histoire. Les fans de Stephen King peut-être encore plus que les autres, tant ils sont habitués à être, par les mots et sans images, plongés dans un univers mêlant dangereusement la réalité et une dose de fantastique.
Mais on passe vite de la gamme mineure aux accords majeurs qui font de Stephen King l’un des maîtres de l’épouvante contemporaine.
L’histoire
Il était une fois… Non, ça ne colle pas au style. On passe sans transition de 1911 à 2008. Dans le cabinet de psychiatrie du docteur John Bonsaint. Son patient, un certain N., est atteint de TOC (troubles obsessionnels compulsifs) qu’il craint contagieux. C’est surtout qu’il ne voit plus du tout le monde de la même façon depuis qu’il a pénétré dans le champ Ackerman. Et s’est retrouvé au milieu des huit – non sept, enfin, on ne sait plus trop – monolithiques, qui sont sans doute ce qu’il reste d’un incendie survenu en 1911. Quand le premier propriétaire du terrain s’est suicidé après avoir tué sa femme et sa fille. N. est persuadé d’être devenu le gardien des monstres, ou des Dieux, qui habitent dans ces grosses pierres calcinées. Et il s’y passe des choses vraiment étranges. La vieille femme qui niche dans une cabane non loin de là a bien vu que N. s’intéressait aux sept – non huit – pierres qui « vivent » dans le champ Ackerman. Quand elle se suicide, elle sait qu’il va s’en occuper. Et le remercie secrètement de l’en libérer…
Mais N. n’a plus la force de combattre ni de comprendre. Il se livre au docteur Bonsaint comme on se libère d’un poids étouffant. Et lui confie son secret. Bien sûr, il lui recommande de ne surtout pas vérifier sa paranoïa – des pierres qui vivent, vous pensez ! Mais c’est plus fort qu’eux. N. se suicide. Bonsaint prend le relais. Il n’aurait pas dû… Mais il y est allé. S’est retrouvé envoûté. Et malgré toutes ses précautions, il aura filé le virus à d’autres après lui.
Les auteurs
Bien avant nous, c’est Marc Guggenheim et Alex Maleev que la nouvelle de Stephen King a effrayés. Relever le défi d’adapter ce roman en bande dessinée, après une série de « mobisodes » pour une télé mobile, n’a pas été simple. Et on sent que le décollage n’est pas aisé. Mais on passe un très bon moment avec ce livre qui vous brûle les mains si vous n’y prenez pas garde. Car les Tocs qu’il contient sont réellement contagieux…
Toute la magie de King dans des images sombres et terrifiantes. Au final, c’est bien mieux réussi que nombre de films tirés de l’oeuvre du roi – le king – du paranormal.
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