Une fabuleuse quête au royaume
d’Hypoglycémie

Joe, l’aventure intérieure, Grant Morrison, Sean Murphy. Editions Urban Comics, collection Vertigo. 224 pages, 19 euros.

Joe est un adolescent diabétique. Confronté à une crise violente d’hypoglycémie – qui peut lui être fatale – alors qu’il se trouve seul chez lui, il est pris de vertige et d’hallucinations qui vont le transporter dans un univers fantasmagorique, où sa maison devient un royaume d’héroïc-fantasy, son rat blanc un guerrier majestueux, ses jouets des armées imposantes et la descente de sa chambre, au grenier, jusqu’à la cave pour aller rallumer la lumière, une quête pleine de dangers.

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Du rétro-futurisme plein gaz

 

Ignition City, Warren Ellis et Gianluca Pagliarani. Editions Glénat, 144 pages, 14,95

1956. Après l’interruption de la 2nde Guerre par une attaque martienne, le monde a beaucoup changé. Des aliens de diverses espèces ont pris contact avec l’humanité. Nous apportant leur technologie avancée, les voyages spatiaux sont maintenant devenus une réalité.

Ignition City est l’une des bases spatiales qui ouvre la porte des étoiles, c’est aussi le lieu où s’échouent les ratés de l’espace. C’est ici que Mary Raven, la fille d’un pilote légendaire débarque pour comprendre comment et pourquoi son père est mort. Tout n’est pas si simple à Ignition City, la base ne demande qu’à s’enflammer. Mary va-t-elle être l’étincelle qui va tout faire exploser…

Une uchronie, oui mais avec si peu de rapport avec notre monde que l’on se croit dans une bonne vieille BD de SF. Il faut dire que Warren Ellis a mis le paquet et que les comics britanniques sont à la hauteur de leurs cousins yankees.

Après Dargaud qui pioche dans le célébrissime fond des DC comics, Glénat nous fait découvrir des personnages moins connus mais tout aussi porteurs d’intérêt. Même pour un lecteur blasé, Ignition City, avec son côté rétro-futuriste ne manque pas d’attraits et le côté steampunk où l’on retrouve un mélange de SF et de western nouvelle frontière est assez plaisant. Une dose d’humour, un paquet de violence, des aliens zarbis, des secrets et des magouilles… il y a un peu de tout en assez bonne quantité pour que le cocktail prenne.

Si Gianluca Pagliarani, le dessinateur, est assez irrégulier en ce qui concerne les personnages, ses décors ne manquent pas de vérité. Le label démarre sous d’heureux hospices, il n’y a plus qu’à confirmer cette bonne impression.

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N. de Stephen King, aussi effrayant
en BD

 

Paranoïaque et effrayant...

N., de Stephen King, par Marc Guggenheim au scénario et Alex Maleev au dessin. 112 pages, 14,95€. Sortie le 18 avril.

On vous l’annonçait ici, Glénat se met aux comics. Ce qui veut tout et rien dire ! Pour en savoir plus, lancez-vous d’urgence dans l’adaptation de N., de Stephen King.

Premier bémol : les néophytes auront du mal à entrer dans l’histoire. Les fans de Stephen King peut-être encore plus que les autres, tant ils sont habitués à être, par les mots et sans images, plongés dans un univers mêlant dangereusement la réalité et une dose de fantastique.

Mais on passe vite de la gamme mineure aux accords majeurs qui font de Stephen King l’un des maîtres de l’épouvante contemporaine.

L’histoire

Il était une fois… Non, ça ne colle pas au style. On passe sans transition de 1911 à 2008. Dans le cabinet de psychiatrie du docteur John Bonsaint. Son patient, un certain N., est atteint de TOC (troubles obsessionnels compulsifs) qu’il craint contagieux. C’est surtout qu’il ne voit plus du tout le monde de la même façon depuis qu’il a pénétré dans le champ Ackerman. Et s’est retrouvé au milieu des huit – non sept, enfin, on ne sait plus trop – monolithiques, qui sont sans doute ce qu’il reste d’un incendie survenu en 1911. Quand le premier propriétaire du terrain s’est suicidé après avoir tué sa femme et sa fille. N. est persuadé d’être devenu le gardien des monstres, ou des Dieux, qui habitent dans ces grosses pierres calcinées. Et il s’y passe des choses vraiment étranges. La vieille femme qui niche dans une cabane non loin de là a bien vu que N. s’intéressait aux sept – non huit – pierres qui « vivent » dans le champ Ackerman. Quand elle se suicide, elle sait qu’il va s’en occuper. Et le remercie secrètement de l’en libérer…

Mais N. n’a plus la force de combattre ni de comprendre. Il se livre au docteur Bonsaint comme on se libère d’un poids étouffant. Et lui confie son secret. Bien sûr, il lui recommande de ne surtout pas vérifier sa paranoïa – des pierres qui vivent, vous pensez ! Mais c’est plus fort qu’eux. N. se suicide. Bonsaint prend le relais. Il n’aurait pas dû… Mais il y est allé. S’est retrouvé envoûté. Et malgré toutes ses précautions, il aura filé le virus à d’autres après lui.

Les auteurs

Bien avant nous, c’est Marc Guggenheim et Alex Maleev que la nouvelle de Stephen King a effrayés. Relever le défi d’adapter ce roman en bande dessinée, après une série de « mobisodes » pour une télé mobile, n’a pas été simple. Et on sent que le décollage n’est pas aisé. Mais on passe un très bon moment avec ce livre qui vous brûle les mains si vous n’y prenez pas garde. Car les Tocs qu’il contient sont réellement contagieux…

Toute la magie de King dans des images sombres et terrifiantes. Au final, c’est bien mieux réussi que nombre de films tirés de l’oeuvre du roi – le king – du paranormal.

 

Feuilletez quelques planches en ligne.

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Glénat versant Comics

Après Dargaud, c’est au tour de Glénat de se lancer dans le filon (?) des comics.
Cette semaine, la maison d’édition grenobloise lance aussi sa collection de genre US.

Pour ce lancement, Glénat Comics, débute avec deux albums signés Robert Kirkman (l’auteur de Walking Dead) : Wolf-Man (avec un jeune dessinateur, Jason Howard). Une histoire de loup-garous (comme son nom l’indique), mais impliquant aussi des vampires (et non, ce n’est pas Twilight).

Egalement au programme, deux albums du scénariste anglais Warren Ellis – Anna Mercury, thriller futuriste embarquant une agent secret sexy dans des univers parallèles, sdessiné par Facundo Percio, et Ignition City, uchronie steampunk réalisée avec Gianluca Pagliarani – ainsi qu’une adaptation d’une nouvelle horrifique et paranoïaque de Stephen King (du recueil Juste avant le crépuscule), N. par Mark Guggenheim et Alex Maleev.

 

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Urban Comics débarque déjà sur le Net

Le nouveau label Urban Comics (chez Dargaud) va faire paraître son premier titre dans quinze jours. Mais son (joli) site internet est déjà en ligne.

En ligne depuis ce lundi 2 janvier, le site http://www.urban-comics.com/permet de découvrir notamment toutes les nouveautés du label. Previews, dossiers thématiques et bonus enrichissent les rubriques du site – qui annonce déjà près de 3 000 visites et 21 000 pages vues en 24 heures.

Et c’est vrai que, graphiquement, il décoiffe pas mal, à l’image de sa homepage. Et s’avère d’une belle fluidité de navigation.

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Pour Spider-Man, noir c’est noir

Un nouveau Spider-Man vient de faire son apparition, ce mercredi 3 août aux Etats-Unis. Et cette fois il est noir. 

L’homme araignée avait déjà endossé une tenue noire – dans Spider-Man noir en 2008, décliné également en film. Mais, cette fois, la vraie révolution est que celui qui se cache derrière le célèbre masque est un adolescent moitié-noir, moitié latino habitant Brooklyn.

 Toujours lancé par les éditions Marvel Comics, qui éditent la série depuis 1962, cette version modernisée de Spider-Man a donc pour héros Miles Morales, qui succède dans le prestigieux costume à Peter Parker – autre New-yorkais, mais orphelin blanc du quartier de Queens – tué par le Bouffon vert dans l’historique numéro de juin.

Sous le masque de l'homme araignée : Miles Morales

Explications du nouveau casting fournie par le rédac chef de Marvel, Axel Alonso :  « Nous avons su qu’il fallait que ce soit un personnage représentant, par ses origines et ses expériences, la diversité du XXIe siècle. »

Il reste à attendre les réactions des fans pour savoir si, comme l’espèrent ses créateurs, le personnage de Miles «est digne d’en porter le nom».

En attendant, on constatera deux choses.
D’une part, que le politiquement correct est toujours bien présent aux Etats-Unis – et pour être totalement représentatif, il serait bon que Miles conclut rapidement un mariage gay et se mette au régime végétarien ; pour le côté développement durable, cela fait déjà un bail qu’il se montre, avec ses fils, nettement meilleur en profil carbone que ses collèges Batman et son énorme Batmobile ou Iron man et sa propulsion manifestement très énergétivore…
D’autre part qu’il aura donc quand même été plus rapide pour un noir d’entrer à la Maison Blanche que sous la tenue araignée.

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Apocalypse now

DONG XOAI, VIETNAM, 1965, de Joe Kubert, ed. Soleil US Comics, 216 pages, 25 euros.

La guerre du Vietnam vue de l’intérieur. Avec une force poignante et un résultat graphique assez époustouflant.

Basé sur des faits réels, sous forme d’un roman graphique fait de crayonnés, qui renforcent encore le côté carnet de croquis saisi sur le vif, Dong Xoai, Vietnam 1965 restitue ce qui fut l’une des grandes batailles de l’armée américaine contre le Vietcong, à travers le récit d’une unité des Forces spéciales, parachutée dans ce noeud essentiel du nord du pays afin de former des troupes locales avec les montagnards du secteur.

Grand nom du Comics US, créateur notamment du personnage de Tor ou de Sergent Rock, Joe Kubert fut aussi, avec Will Eisner, l’un des premiers auteurs à développer des romans graphiques.  Cet ouvrage relève clairement plus du second genre que du premier… même si le traitement « héroïse » fortement ces GI’s.

Ici, le dessin réaliste et très expressif de Joe Kubert, assorti de textes factuels, plonge en tout cas au plus près de la vie de ces soldats en mission. On suit, comme dans un reportage, les premiers échanges avec la population, les durs travaux de confortement du camp, la montée en tension préalable au combat, l’affrontement dantesque avec les Vietnamiens. Avec une véracité et un impact digne des plus grands films hollywoodiens sur le conflit.

Certes, le point de vue de l’auteur des Bérets verts est exclusivement celui de l’armée américaine et le récit glisse parfois vers une emphase militariste limite gênante, surtout sur ce qui reste quand même une sale guerre. Mais au fil des pages, avec un minimum d’effets et aucune esbrouffe graphique, on ressent dans les tripes la tragédie de ce combat inégal et la bravoure des soldats qui en furent les acteurs, et aussi les victimes. Réalisé à partir de notes et de souvenirs des soldats américains – comme le copieux dossier qui suit les pages dessinées le confirme – cet album incontestablement original se montre, de ce point de vue là, d’une grande honnêteté.

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… Et les desseins de Schwarzie

Autre projet improbable après Benoît XVI en manga voici Schwarzie en personnage de comics.

He'll be back !

Certes, le choc culturel est moins fort, tant l’icône culturiste puis l’acteur hollywoodien se sont toujours inscrits dans une forme de pop culture faisant de lui un super héros.
Trois mois après avoir quitté son poste de gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger a annoncé donc son prochain retour sous la forme d’un personnage de BD, «The Governator».

Pour se lancer dans cette nouvelle aventure, il s’est associé au vénérable fondateur de Marvel Comics, Stan Lee. Le projet, qui se déclinera aussi sous forme de dessin animé, devrait se concrétiser l’an prochain, selon des premières informations distillées à l’hebdomadaire Entertainment Weekly.

«The Governator, c’est très simple. Cela reprend les grandes lignes de  l’ensemble de ma carrière, qu’il s’agisse du body-building, des films d’action  ou du poste de gouverneur, explique Arnold Schwarzenegger,  dans un  clip vidéo diffusé sur le site internet du magazine. Toutes ces choses sont reprises et combinées en un seul personnage, qui combat la criminalité ou les catastrophes naturelles, et qui plonge dans l’action»… Au vu du bilan somme toute très contrasté de son passage à la tête de la Californie (par exemple en terme de situation financière), on peut penser que tout cela sera un peu, beaucoup, romancé.

Ainsi, dans la fiction, « après avoir quitté le poste de gouverneur, Arnold
décide de combattre le crime et construit un centre secret de lutte contre la
criminalité sous sa maison»
, explique l’ex-futur « gouvernator »

De quoi donner des idées à d’autres politiques peut-être ? Pour une fois, la France n’a pas dix ans de retard sur les USA. Toujours aux affaires (enfin, apparemment), Nicolas Sarkozy peut se targuer d’avoir déjà plusieurs albums évoquant sa carrière, ses femmes ou sa vie en pastiche d’Astérix

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Carla Bruni Wonder-woman

Après Carla mannequin, Carla chanteuse et Carla première dame de France, voici Carla super-héroïne de Comics. Pas forcément de quoi accroître son prestige !

La première dame de France... héroïne de comics américains !

Il faudrait y voir – paraît-il – une forme de reconnaissance internationale.
Après avoir fait partie du casting de l’album (moyen, moyen) Sarkozy et ses femmes du journaliste Renaud Dely et du dessinateur Aurel, Carla Bruni-Sarkozy  fait son entrée dans le monde des… comic-books US. La collection « Female Force » de l’éditeur US Bluewater, dédiée aux « biographies of amazing women », et dont des femmes politiques sont les héroïnes,  lui consacre en effet une biopic (après Michelle Obama, Sarah Palin , Lady Di ou Hillary Clinton).

Une « Force » qui Female…

La « plus célèbre première dame en France depuis Joséphine de Beauharnais », comme l’explique avec une sobriété rare le communiqué de presse ne sort pas franchement grandie de l’exercice. La bande dessinée est même franchement hideuse et, pour ce qu’on peut en voir (le blog Kamui Robotics s’est chargée de la corvée de façon assez pertinente), d’une assez confondante niaiserie. Ou d’une franche drôlerie si on imagine la tête que devrait faire notre première dame de France en voyant l’image qu’on a fait d’elle.

Il en coûtera aux fans américains 3,19 $ pour acquérir l’ouvrage sur le site de l’éditeur. Car, pour l’heure, nous en informe l’AFP, une sortie française n’est pas prévue… On peut se réjouir, parfois, du retard français sur les nouveautés américaines.

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