Le Pen et Chirac par la bande

 

 

 

 

 

 

 

 

La dynastie Le Pen, son univers impitoyable, Renaud Dély (scénario), Fred Coicault (dessin). Editions Delcourt, Coll.Encrages, 144 pages, 16,95 euros.
Le Grand et le trop court, Jean-Luc Barré (scénario), Krassinsky (dessin). Editions Casterman, 80 pages, 14,90 euros.

En cette période électorale qui remet la politique au coeur de l’actualité, deux regards décalés, et en coulisses, sur la vie de deux personnages qui ont marqué l’histoire récente : Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. Deux albums qui, malgré des différences de style et d’objet, partagent la même astuce narrative pour amener leur sujet et la même inclination à aller chercher en coulisses le détail qui fait sens ou la petite phrase vacharde…

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Jirô Taniguchi ne marchera plus

Auteur de Quartier lointain, de l’homme qui marche ou du Sommet des Dieux, Jirô Taniguchi vient de mourir. Il avait 69 ans.

(photo éditions Casterman)

La nouvelle est tombée ce samedi en fin d’après-midi, rendue publique par son éditeur francophone, Casterman : Jirô Taniguchi est décédé. Agé de 69 ans, le plus « européen des mangakas » laissera une oeuvre marquante dans le neuvième art. Comme un pont entre l’univers asiatique et la bande dessinée franco-belge.

Prix du scénario au Festival international d’Angoulême en 2003, Jirô Taniguchi avait aussi été fait chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2011. Témoignages de son succès grand public, plusieurs de ses oeuvres ont été adaptées au cinéma ou au théâtre, à l’image, bien sûr, de Quartier lointain. Si le film, sorti en 2010 n’a pas laissé un grand souvenir, la transposition sur scène – donnée notamment à la Comédie de Picardie à Amiens, était finalement plus réussie. A noter, qu’Amiens l’avait également mis à l’honneur assez tôt, en réalisant l’expo principale des 12e Rendez-vous de la Bande dessinée d’Amiens, en 2007. C’était alors l’une des premières en Europe.
Depuis son oeuvre avait aussi bien sûr fait d’autres grandes expositions, comme à Versailles l’an passé et l’année d’avant au Festival d’Angoulême…

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Une foi révélée dans la cire

La cire moderne, Vincent Cuvellier (scénario), Max de Radiguès (dessin). Editions Casterman, 160 pages, 16,95 euros.

Et si vous vous retrouviez avec une fabrique de cierges ? Ou plutôt du stock restant, seul héritage d’un vieil oncle. C’est ce qui arrive à Manu, un jeune plutôt adepte de la glandouille, de la fumette et du bon temps avec sa copine Sam. Avec un vieux combi Volkswagen – également hérité – et avec l’appui du frère de Sam, également adepte de la glande festive mais en version plus post-ado chiant, la bande se lance alors dans un road-trip singulier, d’églises en monastères, afin d’écouler son stock. En chemin, Manu va cependant être progressivement transformé par une rencontre très singulière et l’atmosphère apaisée et recueillie des monastères…

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Pline croqué à l’état naturel

Pline, tome 1: l’appel de Néron ; tome 2: les rues de Rome, Mari Yamazaki (scénario et dessin), Tori Miki (dessin). Editions Casterman, 200 pages, 8,45 euros.

Chassez le naturel, il revient au galop ! Mari Yamazaki, l’auteur du splendide Thermae Romae (10 millions d’exemplaires vendus au Japon et traduit en huit langues) est de retour avec une série se déroulant à nouveau dans la Rome antique, mais cette fois sous le règne de l’empereur Néron (Ier siècle de notre ère).
Épaulée par un autre dessinateur nippon, Tori Miki, la mangaka a jeté son dévolu sur Pline l’Ancien, philosophe et père des naturalistes, à qui l’on doit L’Histoire naturelle, cette formidable encyclopédie considérée, encore de nos jours, comme une référence scientifique.

Le manga débute donc en 79 à Stabies, près de Pompéi, au sud-ouest des côtes italiennes. Entré en éruption, le Vésuve est en colère et crache des tonnes de pierres mêlées à des cendres et des fumées toxiques. Subjugué par la puissance de Dame Nature, Pline ne rate pas une miette de ce spectacle apocalyptique quand tous, dans la ville, ne songent qu’à s’enfuir, à bord d’une galère, à pied ou à cheval. Au crépuscule de sa vie (il succombera étouffé par les fumées dans les heures suivantes), lui, ce touche-à-tout à la curiosité quasi obsessionnelle, préfère observer au plus près ce phénomène rare et unique. Impassible, il ose même goûter, en plein chaos, aux plaisirs que lui offre la villa de son ami Pomponianus, tel un bon bain dans des thermes chaudes, suivi d’une bonne bouffe composée de pigeons rôtis, figues, pains et olives.
L’érudit détonne et surprend – une dernière fois – ses disciples dont le scribe Euclès chargé de mettre à l’abri les écrits du sage compilés dans des rouleaux. Fin de l’épilogue et retour en arrière de plusieurs dizaines d’années…

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Tintin à bon train à Bruxelles…

Galerie

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La sortie de la version colorisée de Tintin chez les Soviets, ce 11 janvier, a été précédée de plusieurs événements de promotion « en live » en Belgique. En 1930, pour accompagner la sortie de l’album Tintin au pays des Soviets, l’Abbé … Lire la suite

Tintin reprend des couleurs chez les Soviets

Tintin au pays des Soviets (version en couleurs), Hergé. Editions Moulinsart / Casterman, 144 pages, 14,95 euros. Edition luxe : 160 pages, 31,50 euros. 

Evacuons d’entrée le sujet qui fâche : cette réédition de Tintin au pays des Soviets est-elle une démarche marketing ou commerciale ? Le nombre d’animation mises en place ces derniers jours et le plan de communication massif déployé confirme bien sûr l’intérêt et le pari des éditeurs de faire de cette version colorisée un petit événement afin de susciter un nombre conséquent de ventes (tirage de 300 000 ex pour l’édition classique + 50 000 pour la version luxe). Mais ne s’agissant pas d’une opération philanthropique ou de pure essence spirituelle, cet objectif n’est pas non plus en soi choquant. Il est plus pertinent de se pencher sur le travail effectivement réalisé et ses conséquences sur l’oeuvre originelle…

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Tintin au pays des Soviets… et au départ de Bruxelles

La sortie de Tintin au pays des soviets en version en couleurs va donner lieu à trois journées festives à Bruxelles, les 7, 8 et 9 janvier prochains.

Tintin repart chez les Soviets. Ou en revient. En tout cas, la sortie de cette réédition colorisée du premier album d’Hergé se veut haute en couleur.

Cent ans après la Révolution d’Octobre qui avait fourni le sujet et le prétexte (anticommuniste) à cette aventure inaugurale du célèbre reporter, les éditions Casterman et Moulinsart organisent un lancement en fanfare. Et principalement à Bruxelles, point de départ du journaliste du Petit Vingtième

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Jeu de cartes avec le Chat

Bons baisers du Chat, Philippe Geluck. Editions Casterman,19,95 euros.

S’il se fait plus rare – hormis dans l’excellent Siné Mensuel où il se lâche – Philippe Geluck est toujours aussi généreux, assortissant la parution d’un nouvel album de « bonus » ou de petits suppléments ludiques. C’est encore le cas en cette fin d’année. A l’art et le Chat, il ajoute donc un coffret de cartes postales.
A l’intérieur, une centaine de cartes prêtes à l’envoi et valables pour quasi toutes les circonstances de la vie. Avec une majorité de dessin gag, des aphorismes philosophiques (« Dans le passé… il y avait plus de futur que maintenant« ) aux jeux de mots les plus pourris (« A l’école des canards, celui qui n’écoute pas est envoyé au coin-coin« ). Et d’autres plus grinçants (« les xénophobes me sont étrangers » ou drôlement licencieux (le GPS pour orientation sexuelle). Le Chat a aussi soigné les voeux de nouvelle année, Noël, les anniversaires (avec une série de réflexions drôlatiques sur le temps qui passe), la Saint-Valentin…

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A lire d’art, d’art : Plonk & Replonk exhument une collection oubliée du Musée d’Orsay et Le Chat revisite ses classiques

L’art d’en bas, Plonk et Replonk. Editions Futuropolis, 144 pages, 25 euros.
L’art et le Chat,
Philippe Geluck. Editions Casterman, 80 pages, 14,95 euros.

La bande dessinée est donc un art, le neuvième dans la liste. La chose est désormais, globalement, actée. Il arrive aussi qu’elle se penche plus directement sur les autres arts. Les Bidochon parcourent ainsi les musées des beaux arts avec Binet ; Zep réinterprète les oeuvres de celui de Lille ; voilà un an, Frédéric Bézian évoquait Mondrian dans un original leporello et on peut encore signaler la récente et jolie évocation de Magritte par Campi et Zabus (sur laquelle on ne désespère pas de revenir plus en détail prochainement). Sans oublier la désormais établie collection montée entre Futuropolis et le Louvre ; collection qui s’est étoffée d’une variante « jeunesse » avec Delcourt et s’est déclinée au Musée d’Orsay (avec notamment l’excellente évocation de la Moderne Olympia par Catherine Meurisse).
Deux albums récents viennent de s’ajouter, avec profit et humour, à la liste…

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Il était une fois… Andersen

andersen_couvAndersen, les ombres d’un conteur, Nathalie Ferlut. Editions Casterman, 128 pages, 20 euros.

Un biopic sur Andersen raconté à la manière d’un conte, c’est le parti-pris plutôt réussi de cet album de Nathalie Ferlut à la facture originale et personnelle.

Ses contes sont moins connus que ceux de Perrault ou des frères Grimm et la vie de Hans-Christian Andersen l’est encore moins. Celle-ci débute plutôt tendrement, au début du XIXe siècle à Odense, au Danemark, chez une mère blanchisseuse et un père cordonnier et poète, qui fait partager à son jeune fils son univers merveilleux, enchantant tout. Mais le père part (et meurt) à la guerre. Et l’univers du fils se racornit, avec une mère courageuse mais surtout très pragmatique. Contant d’abord sur son joli filet de voix, Hans-Christian se rêve une carrière de chanteur lyrique et fugue vers Copenhague. Sa vocation ne sera pas couronnée de succès, mais il trouvera dans la capitale danoise un ami pour la vie et débutera une vie d’écrivain, après un premier roman remarqué et des contes qui vont progressivement faire sa notoriété et sa richesse. A défaut de son bonheur…

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