Une soeur : toute première fois

Une soeur, Bastien Vivès. Editions Casterman, 212 pages, 20 euros.

Six ans après Polina qui retraçait le parcours difficile d’une jeune fille pour devenir danseuse étoile, Bastien Vivès revient avec Une sœur, un roman graphique au titre ambigu.

Si à première vue le lecteur pense se plonger dans une simple histoire de fratrie, il n’en est rien ou presque ! Il s’agit ici surtout des premiers émois d’un jeune adolescent découvrant la sexualité avec une fille plus âgée que lui.
Ce jeune adolescent c’est Antoine, le narrateur qui tous les ans va passer l’été avec son frère et ses parents dans la maison familiale de l’île aux Moines en Bretagne.
Les journées estivales s’écoulent paisiblement entre la plage, la pêche aux crabes et le dessin. Des journées au programme répétitif mais tout aussi rassurant.
Cette douce tranquillité prend fin quand Sylvie une amie des parents, venue se reposer après avoir subi une fausse couche, arrive accompagnée de sa fille, Hélène âgée de 16 ans, au corps de jeune femme déjà bien affirmé.

Avec elle, pouvant passer pour sa grande sœur, comme le font remarquer certains de leurs amis, Antoine va connaître ses premières fois : l’amour, l’alcool et la cigarette…

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Renaud Farace remporte son Duel

Duel, Renaud Farace. Editions Casterman, 192 pages, 22 euros.

Tout démarre en 1794 à Strasbourg, pour une broutille. Un lieutenant des hussards, Armand d’Hubert, est chargé de ramener Féraud, également lieutenant, pris dans une sale histoire de duel contre un civil. Autant le premier, issu de la noblesse picarde est flegmatique, autant le second est sanguin est querelleur. Et ce qui n’aurait dû être qu’une simple histoire de sanction militaire va tourner à l’histoire mythologique. Pendant près de vingt ans, à a chacune de leur rencontre, les deux hommes vont s’affronter en duel. Ni la fraternité des armes entre eux (dont un éprouvant épisode durant la campagne de Russie), ni leur progression en grades (ils vont finir tous deux généraux d’Empire) ne fera cesser cette « question d’honneur », qui connaîtra son épilogue et point d’orgue au début de la Restauration…

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Les semences de la révolte commencent à pousser

Résilience, tome 1: les terres mortes, Augustin Lebon, Louise Joor (scénario), Augustin Lebon (dessin). Editions Casterman, 64 pages, 15,50 euros.

En 2068, l’Europe n’est plus qu’un vaste domaine agricole, à la terre épuisée par les pratiques intensives menées par la multinationale Diosynta, qui possède 90 % du sol, la propriété des semences et fait régner l’ordre sur ces « cités agricoles » à l’aide d’une puissante milice privée qui a remplacé l’armée et la police. Luttant contre ce système, quelques résistants ont font un réseau clandestin baptisé « la Résilience ». D’autres ont versé dans la lutte violente avec le groupe des « fils de Gaïa ».

Adam et Agnès, un jeune couple dont les parents adhèrent à la Résilience et qui vivent en auto-suffisance dans une petite ferme éloignée des cités, va être plongé dans le drame, après qu’Adam a été réquisitionné et forcé à travaillé dans une cité. Là, il va rencontrer Ellen, une jeune femme à l’esprit rebelle. Ensemble, ils vont chercher à s’évader et tenter de rejoindre la « vallée secrète » de la Résilience…

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Trois Grognards et deux auteurs à Amiens ce samedi

Régis Hautière et Fred Salsedo seront ce samedi après-midi à la librairie Bulle en stock d’Amiens, pour la sortie du tome 2 de leur série Les Trois Grognards.
Une première collaboration commune pour le dessinateur de Ratafia et le scénariste de La Guerre des Lulus ou d’Aquablue  pour une nouvelle saga napoléonienne, en pleine montée en puissance.

Comme d’habitude, il faut réserver par téléphone avant (au 03.22.91.50.10)

Rencontre-dédicaces Régis Hautière et Fred Salsedo, samedi 13 mai à partir de 14h30, librairie Bulle en stock, 4 rue du Marché-Lanselles, Amiens.

Le Pen et Chirac par la bande

 

 

 

 

 

 

 

 

La dynastie Le Pen, son univers impitoyable, Renaud Dély (scénario), Fred Coicault (dessin). Editions Delcourt, Coll.Encrages, 144 pages, 16,95 euros.
Le Grand et le trop court, Jean-Luc Barré (scénario), Krassinsky (dessin). Editions Casterman, 80 pages, 14,90 euros.

En cette période électorale qui remet la politique au coeur de l’actualité, deux regards décalés, et en coulisses, sur la vie de deux personnages qui ont marqué l’histoire récente : Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen. Deux albums qui, malgré des différences de style et d’objet, partagent la même astuce narrative pour amener leur sujet et la même inclination à aller chercher en coulisses le détail qui fait sens ou la petite phrase vacharde…

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Jirô Taniguchi ne marchera plus

Auteur de Quartier lointain, de l’homme qui marche ou du Sommet des Dieux, Jirô Taniguchi vient de mourir. Il avait 69 ans.

(photo éditions Casterman)

La nouvelle est tombée ce samedi en fin d’après-midi, rendue publique par son éditeur francophone, Casterman : Jirô Taniguchi est décédé. Agé de 69 ans, le plus « européen des mangakas » laissera une oeuvre marquante dans le neuvième art. Comme un pont entre l’univers asiatique et la bande dessinée franco-belge.

Prix du scénario au Festival international d’Angoulême en 2003, Jirô Taniguchi avait aussi été fait chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en 2011. Témoignages de son succès grand public, plusieurs de ses oeuvres ont été adaptées au cinéma ou au théâtre, à l’image, bien sûr, de Quartier lointain. Si le film, sorti en 2010 n’a pas laissé un grand souvenir, la transposition sur scène – donnée notamment à la Comédie de Picardie à Amiens, était finalement plus réussie. A noter, qu’Amiens l’avait également mis à l’honneur assez tôt, en réalisant l’expo principale des 12e Rendez-vous de la Bande dessinée d’Amiens, en 2007. C’était alors l’une des premières en Europe.
Depuis son oeuvre avait aussi bien sûr fait d’autres grandes expositions, comme à Versailles l’an passé et l’année d’avant au Festival d’Angoulême…

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Une foi révélée dans la cire

La cire moderne, Vincent Cuvellier (scénario), Max de Radiguès (dessin). Editions Casterman, 160 pages, 16,95 euros.

Et si vous vous retrouviez avec une fabrique de cierges ? Ou plutôt du stock restant, seul héritage d’un vieil oncle. C’est ce qui arrive à Manu, un jeune plutôt adepte de la glandouille, de la fumette et du bon temps avec sa copine Sam. Avec un vieux combi Volkswagen – également hérité – et avec l’appui du frère de Sam, également adepte de la glande festive mais en version plus post-ado chiant, la bande se lance alors dans un road-trip singulier, d’églises en monastères, afin d’écouler son stock. En chemin, Manu va cependant être progressivement transformé par une rencontre très singulière et l’atmosphère apaisée et recueillie des monastères…

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Pline croqué à l’état naturel

Pline, tome 1: l’appel de Néron ; tome 2: les rues de Rome, Mari Yamazaki (scénario et dessin), Tori Miki (dessin). Editions Casterman, 200 pages, 8,45 euros.

Chassez le naturel, il revient au galop ! Mari Yamazaki, l’auteur du splendide Thermae Romae (10 millions d’exemplaires vendus au Japon et traduit en huit langues) est de retour avec une série se déroulant à nouveau dans la Rome antique, mais cette fois sous le règne de l’empereur Néron (Ier siècle de notre ère).
Épaulée par un autre dessinateur nippon, Tori Miki, la mangaka a jeté son dévolu sur Pline l’Ancien, philosophe et père des naturalistes, à qui l’on doit L’Histoire naturelle, cette formidable encyclopédie considérée, encore de nos jours, comme une référence scientifique.

Le manga débute donc en 79 à Stabies, près de Pompéi, au sud-ouest des côtes italiennes. Entré en éruption, le Vésuve est en colère et crache des tonnes de pierres mêlées à des cendres et des fumées toxiques. Subjugué par la puissance de Dame Nature, Pline ne rate pas une miette de ce spectacle apocalyptique quand tous, dans la ville, ne songent qu’à s’enfuir, à bord d’une galère, à pied ou à cheval. Au crépuscule de sa vie (il succombera étouffé par les fumées dans les heures suivantes), lui, ce touche-à-tout à la curiosité quasi obsessionnelle, préfère observer au plus près ce phénomène rare et unique. Impassible, il ose même goûter, en plein chaos, aux plaisirs que lui offre la villa de son ami Pomponianus, tel un bon bain dans des thermes chaudes, suivi d’une bonne bouffe composée de pigeons rôtis, figues, pains et olives.
L’érudit détonne et surprend – une dernière fois – ses disciples dont le scribe Euclès chargé de mettre à l’abri les écrits du sage compilés dans des rouleaux. Fin de l’épilogue et retour en arrière de plusieurs dizaines d’années…

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Tintin à bon train à Bruxelles…

Galerie

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La sortie de la version colorisée de Tintin chez les Soviets, ce 11 janvier, a été précédée de plusieurs événements de promotion « en live » en Belgique. En 1930, pour accompagner la sortie de l’album Tintin au pays des Soviets, l’Abbé … Lire la suite

Tintin reprend des couleurs chez les Soviets

Tintin au pays des Soviets (version en couleurs), Hergé. Editions Moulinsart / Casterman, 144 pages, 14,95 euros. Edition luxe : 160 pages, 31,50 euros. 

Evacuons d’entrée le sujet qui fâche : cette réédition de Tintin au pays des Soviets est-elle une démarche marketing ou commerciale ? Le nombre d’animation mises en place ces derniers jours et le plan de communication massif déployé confirme bien sûr l’intérêt et le pari des éditeurs de faire de cette version colorisée un petit événement afin de susciter un nombre conséquent de ventes (tirage de 300 000 ex pour l’édition classique + 50 000 pour la version luxe). Mais ne s’agissant pas d’une opération philanthropique ou de pure essence spirituelle, cet objectif n’est pas non plus en soi choquant. Il est plus pertinent de se pencher sur le travail effectivement réalisé et ses conséquences sur l’oeuvre originelle…

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