Les « sans » donnent de la voix dans « Siné Mensuel »

A la veille d’une élection présidentielle qui oublie pour l’instant tous les sujets de fond, Siné Mensuel livre, en ce mois de mars, un numéro spécial donnant la parole à tous les sans-voix. Un numéro qui n’en oublie pas pour autant aussi les dessins. Tout aussi retentissants parfois.

Configuration un peu particulière, donc, pour cet opus n°62 du mensuel fondé par Siné et qui entend bien toujours pousser son coup de gueule, à l’image du dessin de couv’ signé Faujour.

Outre l’illustration des différents témoignages de de prof, d’ouvrier, de chômeur, d’infirmière, d’étudiant, d’intérimaire et autres « sans-voix » qui occupent la plus grande part des pages du journal, la bande d’illustrateurs de l’équipe fait dans le « micro-comptoir ». Faujour dissout la primaire du PS dans un bar du nord Finistère, Lindingre se met en scène avec son héroïne Titine en immersion au « café des amis », Carali abandonne temporairement sa chronique autobiographique pour évoquer, avec finesse, le paradoxe de la prise du pouvoir. Et c’est Berth qui fait dans le témoignage personnel en contant une rencontre marquante avec un « SDF ».
Enfin, Rémi Malingrëy lâche son univers surréaliste pour mettre en scène les propos d’une infirmière en pédiatrie. Un témoignage fort et marquant. Tout comme le dessin de Lie, qui illustre bien un article de Thierry Leclère sur le méconnu mémorial des civils victimes de guerre de Falaise, en Normandie…

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« Siné Mensuel » au niveau de l’actualité caricaturale

Quand l’actualité devient elle-même caricaturale, c’est un plaisir pour la satire. C’est un peu le cas en ce moment et ça donne un nouveau numéro de Siné mensuel à la fois saignant et réjouissant.

Côté actu international, le dessin de couv’ de Berth donne le ton, avec ce très réussi, clin d’oeil au fameux « we want you » de l’Oncle Sam incitant les « boys » à s’engager en 1917. A l’intérieur, Donald Trump et sa nouvelle « Amérique d’abord » est évoquée aussi férocement par une pleine page de Jiho, évoquant différentes facettes des USA pro-Trump, plus poétiquement (mais finalement avec autant de mordant) par Malingrëy et le coiffeur de Trump, et par un florilège en dernière page, dont on retiendra notamment un dessin très binaire et efficace de Pakman (entre le bien et le mal: le ku klux klan et les femmes en burqa) et un petit dessin de Berth, montrant le « programme de Donald Trump », à savoir le président pissant sur le globe ! Même Siné retrouve une place pour évoquer le phénomène avec un joli dessin montrant un homme effaçant la bannière étoilée…

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« Siné » enterre Hollande au champagne

Sine mensuel_fevrier 2016En forme Siné et son mensuel pour ce numéro de février. Avec un excellent dessin du « patron » en Une – parfait édito politique – pour débuter, une page « d’amuse-gueules » tout aussi bonne : notamment le nouvel espace Schengen pour les sans-papiers résumé par Faujour, Macron brisant le Code du travail par Jiho, le dessin du Rafale customisé à l’indienne par Waner – nouvelle signature inconnue de ma part – et un dessin d’un humour très noir sur la Syrie de Mix & Remix. Le dessinateur suisse, très souvent excellent (c’est le cas ce mois-çi) est d’ailleurs très présent dans ce numéro, à travers sa page (ou il brocarde plutôt gentiment le « mea culpa » de Sarkozy), un strip et aussi via l’illustration de la grande interview d’Edgar Morin, ou le dessin décalé se met à la hauteur des propos du sociologue…

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L’hommage décalé du « Pskikopat » à « Charlie Hebdo »

En raison de ses délais de bouclage, le Psikopat, l’autre mensuel d’humour et de bande dessinée (mensuel par ailleurs « résistant, actu, politique, satire ») n’a sorti son numéro hommage à Charlie Hebdo que près d’un mois après l’attentat.

psikopat_couvCe numéro de février du Psikopat est à la hauteur de l’événement. Dans le style chaleureux et sincère du magazine de Carali. Olivier Ka résume l’état d’esprit maison dans son sommaire-éditorial: « On ne s’en remet pas. Les jours passent, les semaines, et le choc est toujours vif, le traumatisme présent. On ne pouvait pas ne pas offrir toute notre place, pratiquement, à Charlie. Parce qu’on est cousins, frangins, parce qu’il y a des ponts entre nous, parce que Charb et Tignous sont passés par ici, et Luz aussi, parce qu’il y a Coco, et parce qu’on vous aime, les morts et les vivants. Vachement fort. »

Les chroniqueurs sont à l’unisson, comme « Dédé-la-science » et Caza qui dénoncent les « hommages collatéraux« , déplorent les récupérations plus ou moins grossières et constatent que « c’est dur d’être pleurés par des cons« …

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