La BD en 2012, toujours plus

Gilles Ratier, secrétaire général de l’Association des critiques de bande dessinée (ACBD) a rendu son désormais traditionnel rapport annuel sur l’état du secteur en 2012. En croissance, mais fragile.

Toujours plus ! Pour la dix-septième année de suite, la production d’albums de BD a encore augmenté cette année. Avec 5 565 ouvrages recensés en 2012, dont 4109 nouveautés au sens strict, et 238 titres de plus, le secteur connaît une hausse de 4,28 % par rapport à 2011. Une année qui avait déjà été en progression par rapport à la précédente.

Une croissance continue qui masque, selon Gilles Ratier, une situation bien plus contrastée, marquée notamment par une atomisation accentuée du lectorat (avec les amateurs de BD franco-belge, les fans de mangas, les adeptes des comics et ceux des romans graphiques et livres expérimentaux), une polarisation du marché de l’édition (dominé par la « bande des quatre » : Delcourt, Média Participations, Glénat et Gallimard-Flammarion), et des « locomotives » qui ont moins bien marché (les 89 titres ayant bénéficié des plus grosses mises en vente sont en baisse). Avec, comme conséquence partielle que 1510 auteurs réussissent encore à vivre, « souvent difficilement », de leur création dans le domaine de la bande dessinée.

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Greg Szlap (Harmonijka) à Amiens avec Johnny Hallyday

Harmonijka est paru le 6 juin 2012. Son auteur sera à Amiens avec... Johnny Hallyday !

Voilà le genre d’évènement comme on aime que le monde de la bande dessinée nous en propose de temps en temps. A l’occasion de la tournée de Johnny Hallyday, Greg Szlap, l’auteur de la bande dessinée « Harmonijka » sera à Amiens le 13 octobre.

Avant d’en savoir plus, petit rappel à propos de ce One Shot de chez Glénat, en 96 pages à 15,50€, par  Philippe Charlot, Miroslaw Urbaniak et Greg Zlap.

Tu seras pianiste, mon fils !

Paris, le 14 juillet 2009, au petit matin… Greg Zlap sent la pression monter. Dans la soirée, il se produira au Champ-de-Mars devant plus d’un million de spectateurs. Il est l’harmoniciste de Johnny Hallyday sur son Tour 66. Durant cette journée particulière, Greg voit défiler dans son esprit le film de sa vie. Rien ne le prédestinait à se retrouver ainsi sous le feu des projecteurs, un jour de fête nationale, à côté de la plus grande star française. L’artiste est né au début des années 70 dans une H.L.M. de Varsovie. Il débarque en France à l’âge de 17 ans avec dans les poches un simple harmonica et dans la tête l’espoir un peu naïf d’en vivre. Personne ne lui donnait alors la moindre chance d’y arriver, surtout pas son père, qui l’avait rêvé grand pianiste…

Les auteurs :
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Concours de critiques de BD

Le site MyBOOX, consacré à la lecture et à la littérature sous toutes ses formes, organise un concours de critiques BD.

Jusqu’au 12 mars, chaque participant est invité à rédiger des critiques sur les bandes dessinées, manga et comics de son choix – soit tout ouvrage de la thématique « BD, Manga et Humour » du site.

Les gagnants se verront attribuer le statut de « membres officiels », donnant droit à une mise en avant de leurs critiques sur le site ainsi qu’à un an de BD gratuites (sur une base de 4 BD au choix par mois, soit 48 en tout).

La première sélection déterminera 20 finalistes, ceux qui auront obtenu le plus d’avis positifs cumulés sur l’ensemble de leurs critiques de la part des autres membres du site. Parmi ces 20 finalistes seront sélectionnés les 5 gagnants, par délibération de la rédaction de MyBOOX. L’accent sera mis sur l’originalité, la syntaxe et le style des critiques.

Pour participer, c’est assez simple, il suffit de remplir en ligne le formulaire d’inscription au concours en inscrivant ses coordonnées : adresse postale, numéro de téléphone mobile, le nombre de livres lus chaque année. Claude annexe, en participant au concours vous  adhérerez automatiquement au BOOX Club, des membres du site.

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Le rossignol de Stepney

Les Quatre de Baker Street, tome 3 : Le Rossignol de Stepney, Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand & David Etien. Editions Vent d’Ouest, 56 pages, 13.50€

La Bande des 4 reprend du service. Sherlock Holmes traque l’infâme Moriarty et ne peut donc s’occuper d’une affaire de routine qu’il délègue aux enfants de la rue. Billy, Charlie et Black Tom (sans oublier le chat Watson) se voient donc confier une mission : veiller sur le jeune lord Neville Asprey, troisième du nom. Les occupations de celui-ci qui l’amènent à s’encanailler dans l’East End inquiètent beaucoup sa famille, d’autant plus que le jeune lord est riche, très riche et pour ne rien arranger il est amoureux d’une demoiselle dont le père tient un cabaret. So shocking !
Inutile de préciser que la surveillance discrète va se transformer en véritable enquête avec maints rebondissements. C’est une aventure policière avec de vrais méchants et une utilisation bien vue des différentes strates sociales de la société victorienne. Bref, nous sommes dans un bon polar et si le roi des enquêteurs ne joue que les seconds rôles c’est néanmoins très actif et les dessins de David Etien sont superbes ce qui ne gâte rien.

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Le dernier roi maudit de la BD

Aidé par Alexis, un ami journaliste, Vidocq, l’ancien bagnard qui fut chef de la Sureté sous l’Empire et la Restauration est de nouveau opposé aux Habits Noirs, ses vieux ennemis. Le maître de ceux-ci, un ancien Templier qui fut le compagnon de Jacques de Molay. Son désir : mettre un point final à la malédiction lancée du haut de son bucher, par le Grand-maître de l’ordre. Les Capétiens doivent payer le prix du sang !  Le tandem Nolane-Roman nous offre un véritable petit bijou. L’intrigue mêle habilement personnages authentiques et créatures de fiction. Nolane récupère allégrement les Habits noirs de Paul Féval et leurs sombres machinations pour en faire les serviteurs d’un être démoniaque et plein de haine. Avec ses deux tomes, "Alchimie" restitue avec bonheur et sans les longueurs, le goût du roman feuilleton né au XIXe siècle. Le dessin d’Olivier Roman contribue grandement à ce tour de force en donnant à voir un Paris disparu avec son petit peuple chassé par les travaux du baron Hausmann…      Alchimie, tome 2 : Dernier Roi Maudit, D. Nolane & Olivier Roman. Editions Soleil, 48 pages ; 13,50 euros.Alchimie, tome 2 : Dernier Roi Maudit, D. Nolane & Olivier Roman. Editions Soleil, 48 pages ; 13,50 euros.

Aidé par Alexis, un ami journaliste, Vidocq, l’ancien bagnard qui fut chef de la Sureté sous l’Empire et la Restauration est de nouveau opposé aux Habits Noirs, ses vieux ennemis. Le maître de ceux-ci, un ancien Templier qui fut le compagnon de Jacques de Molay. Son désir : mettre un point final à la malédiction lancée du haut de son bucher, par le Grand-maître de l’ordre. Les Capétiens doivent payer le prix du sang !

Le tandem Nolane-Roman nous offre un véritable petit bijou. L’intrigue mêle habilement personnages authentiques et créatures de fiction. Nolane récupère allégrement les Habits noirs de Paul Féval et leurs sombres machinations pour en faire les serviteurs d’un être démoniaque et plein de haine. Avec ses deux tomes, « Alchimie » restitue avec bonheur et sans les longueurs, le goût du roman feuilleton né au XIXe siècle. Le dessin d’Olivier Roman contribue grandement à ce tour de force en donnant à voir un Paris disparu avec son petit peuple chassé par les travaux du baron Hausmann…


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La guerre des boutons est déclarée au ciné, et en bande dessinée !

En salles obscures, la concurrence fait deux perdants. En BD, il pourrait
y avoir cinq lésés dans cette course à la reprise du roman de Pergaud.

Un seul film aurait pu cumuler jusqu’à trois millions d’entrées. Au lieu de ça, les deux concurrents font chacun face à un semi-échec, devant affronter la dure critique façon «rien ne vaut l’original». Pour mémoire, le film d’Yves Robert, sorti en1962, avait attiré plus de dix millions de Français au cinéma!
Qu’en sera-t-il de la guerre des BD sur le même terrain? Dargaud a dégainé le premier son lance-pierres, un premier tome du diptyque signé Berlion, fidèle adaptation du roman de Louis Pergaud publié en1913. La ligne claire et naïve va bien aux p’tits gars d’Longeverne et d’Velran. C’est aussi celle choisie, en plus aboutie, par Delcourt, sous la plume d’Aude Soleilhac. L’adaptation est très belle, fidèle aussi à l’original.
Il n’y a plus qu’à ramasser les boutons sur le champ de bataille
Les éditions La Martinière avaient eu du nez trop tôt, en2005, mais ressortent donc cet automne, opportunément, pour profiter de l’effet d’aubaine médiatique, l’album édité sous le label Petit à petit. La quatrième véritable œuvre du neuvième art est mise en couveuse par Vents d’Ouest qui reporte son interprétation à janvier2012. Les stratèges, partis trop tard, estiment qu’il vaut mieux laisser passer l’orage pour espérer récolter quelques boutons sur le champ de bataille. Enfin, Jungle tente sa chance avec l’officiel du film de Barratier, qui prend des libertés avec l’original. Un vrai coup marketing à moindres frais, qu’on découvrira en novembre. Un chef-d’œuvre? Il ne faut pas trop en attendre tout de même: l’album a été réalisé en trois mois, pour l’occasion.
Mais la BD n’est pas le cinéma. La concurrence sera peut-être plus dopante dans les librairies que sur les toiles. Car les vrais bédéphiles, comme les amateurs de passage, se plairont à faire cohabiter ces différentes versions dans les rayonnages d’une bibliothèque de salon. Pour peu que le roman de Louis Pergaud les y retrouve, c’est une bonne nouvelle littéraire. S’il aurait su, P’tit Gibus il l’aurait lu!

Au cinéma
La nouvelle Guerre des Boutons de Barratier dépasse les 800 000 entrées en deux semaines d’exploitation sur 559 écrans.

La bande annonce
La Guerre des boutons de Yann Samuell dépasse le million d’entrées en trois semaines sur 629 écrans.

La bande annonce

En bande dessinée
Dargaud, avec Olivier Berlion, est sorti le 2 septembre.
Delcourt, par Thirault, Soleilhac et Merlet, a publié sa version le 21 septembre.
La Martinière, avec Gabella, Vernay et Khaz: 29septembre, réédition de 2005.

Jungle, tente l’officiel du film de Barratier avec Follini, Orbe et Newman, sortie le 2novembre.

Vents d’Ouest prend son temps avec Lemoine et Cécile, parution envisagée en janvier2012.

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Tif, Tondu et Monsieur Choc

Tif et Tondu – Intégrale 10 : Le retour de choc, Dessin de Will, scénario de Desberg. Editions Dupuis, 176 pages, 19,95€.

Les héros de fiction ne sont grands que par la capacité de nuisance de leurs adversaires. Tintin est opposé à Rastapopoulos, James Bond au Dr No, Tif et Tondu, eux, se frottent à Monsieur Choc. Comme beaucoup de ses homologues, ce génie du mal ne vise pas la richesse mais le pouvoir, le pouvoir absolu ! Il est prêt à tout pour y parvenir comme on peut le voir ici, livrant de l’uranium enrichi à la Lybie afin de déclencher une guerre mondiale dont il serait seul bénéficiaire. Autre façon de parvenir à ses fins pour l’assassin en smoking, fédérer sous sa coupe les mafias occidentale, chinoise et russe. Du grand art dans le domaine du mal…

L'intégrale ressuscite Monsieur Choc !Suivant une excellente habitude, les éditions Dupuis nous délivrent une part de nostalgie avec cette intégrale. Nostalgie, les auteurs reprennent Choc qui était absent depuis plus de dix ans. Bien sûr, certaines vignettes « modernes » datent un peu (ces histoires s’étalent entre 1984 et 1986) mais l’on retrouve avec plaisir le charme indéniable d’une BD à l’ancienne, « d’une BD fait main ». Atmosphère de thriller, femmes superbes, il y a de quoi faire tourner la tête d’un héros (et celle d’un lecteur). Enfin, conservant une excellente habitude, un dossier bien documenté permet de recadrer les auteurs alors que l’éditeur traversait une passe sensible.


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Omaha Beach, de Airborne 44

Airborne 44, T. 3 – Omaha Beach, Philippe Jarbinet. Editions Casterman, 48 pages ; 11,95 euros
1938, Gavin, un jeune américain est en vacances avec ses parents sur la côte normande. Un retour aux sources : c’est le pays de sa mère, ce sera aussi la découverte du grand amour avec Joanne. Physique puis épistolaire, leur relation ne faiblira pas un instant. Six années plus tard, Gavin revient en Normandie. Omaha Beach n’est qu’à quelques km de distance de la maison de Joanne dont il n’a plus de nouvelles mais les parasols ont fait place aux bunkers et les touristes appartiennent à la Wehrmacht…
Un dessin d’une rare élégance et d’une grande pureté, telle est la marque de fabrique de Philippe Jarbinet. Ses fans seront comblés, une fois de plus la qualité est au rendez-vous. Ce que l’on pourrait reprocher à cet album se trouve dans une certaine faiblesse du scénario. Il est vrai qu’innover dans un événement historique aussi connu que « le Débarquement » n’est pas chose facile. Mais, hormis l’histoire d’amour, fort bien décrite par ailleurs, on reste dans les stéréotypes et un certain manichéisme primaire, les gentils Yankees face aux méchants nazis, ou ne serait-ce pas qu’après presque 70 années de service, le thème de la Seconde guerre est en voie d’épuisement ? Cependant l’on se prend de sympathie pour Gavin et l’on désire savoir ce qui va lui arriver…

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La BD change de cap

 

Un Enchantement.- Monsieur le Directeur prend sa retraite. En son honneur, une réception est organisée dans les locaux où, homme de pouvoir, il travailla autant à sa gloire qu’à celle des lieux où il se trouve. Le Louvre, aujourd’hui simplement un musée, fut, il y a déjà longtemps le siège du ministère des finances d’où Monsieur le directeur dirigea l’économie de la France.

C’est sous le  » Le sacre de l’empereur Napoléon  » par David, que la réception doit se tenir, sacralisée par la majesté triomphante. Mais l’homme est las des faux semblants, des mondanités hypocrites et prétentieuses. Il préfère s’éclipser discrètement en emmenant avec lui deux bonnes bouteilles. Vagabondant au gré de ses souvenirs dans les couloirs déserts, il rencontre une jeune femme aussi séduisante qu’étrange…

110912un_enchantementUn couple improbable réuni pour une nuit exceptionnelle, une visite toute de spontanéité et de magie. Le Louvre n’est pas qu’un simple musée et les trésors qu’il recèle ont le pouvoir de s’ouvrir une nuit, une seule nuit où la magie des lieux peut transformer un homme revenu de tout.

Un Enchantement, de Christian Durieux. Futuropolis/Le Louvre Éditions, 70 pages, 17 euros.

Stéphane Clément.- Les années 70, Stéphane, la petite vingtaine, rêve de voyages et d’aventure, Bali, Katmandou ou ailleurs. Partir, peu importe où mais partir ! Et puis, un jour, un copain de rencontre lui propose un coup facile et sans risque : braquer une bijouterie ! Cela pourrait rapporter 10 000 francs (suisses) à chacun des deux compères… Mais les meilleurs plans ne prévoient jamais tout, si le braquage est un succès, Stéphane perd ses papiers d’identités et son complice s’évapore dans la nature avec le butin…110912stephane_clement

Une seule solution : la fuite ! Par erreur, il monte dans le mauvais train et se retrouve encore en Suisse, près de la frontière italienne. Pas la joie et pas d’argent… que faire ?

Une série atypique et attachante, un peu baba-cool, un peu aventurier malgré lui, ce récit, l’un des premiers de Ceppi, possède la fougue d’une œuvre de jeunesse et nous montre de façon crue l’envers du décor. Vus par Ceppi, ces voyages n’ont pas la couleur pastel du Club Méd, on est presque dans un reportage photos servi par une ligne claire bien maîtrisée.

Il est des récits qui se passent aisément de la couleur. C’est le cas ici, le noir et blanc restituent avec bonheur l’atmosphère glauque des voyages de Stéphane Clément sans être dilués par une couleur qui ne serait que source de distraction.

Stephane Clement, intégrale, tomes 1/3 : Le Guêpier - A l’est de Karakulak – Le Repaire de Kolstov, Daniel Ceppi. Humanoïdes associés, 152 pages, 24,95 €

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