Un Enchantement.- Monsieur le Directeur prend sa retraite. En son honneur, une réception est organisée dans les locaux où, homme de pouvoir, il travailla autant à sa gloire qu’à celle des lieux où il se trouve. Le Louvre, aujourd’hui simplement un musée, fut, il y a déjà longtemps le siège du ministère des finances d’où Monsieur le directeur dirigea l’économie de la France.
C’est sous le » Le sacre de l’empereur Napoléon » par David, que la réception doit se tenir, sacralisée par la majesté triomphante. Mais l’homme est las des faux semblants, des mondanités hypocrites et prétentieuses. Il préfère s’éclipser discrètement en emmenant avec lui deux bonnes bouteilles. Vagabondant au gré de ses souvenirs dans les couloirs déserts, il rencontre une jeune femme aussi séduisante qu’étrange…
Un couple improbable réuni pour une nuit exceptionnelle, une visite toute de spontanéité et de magie. Le Louvre n’est pas qu’un simple musée et les trésors qu’il recèle ont le pouvoir de s’ouvrir une nuit, une seule nuit où la magie des lieux peut transformer un homme revenu de tout.
Un Enchantement, de Christian Durieux. Futuropolis/Le Louvre Éditions, 70 pages, 17 euros.
Stéphane Clément.- Les années 70, Stéphane, la petite vingtaine, rêve de voyages et d’aventure, Bali, Katmandou ou ailleurs. Partir, peu importe où mais partir ! Et puis, un jour, un copain de rencontre lui propose un coup facile et sans risque : braquer une bijouterie ! Cela pourrait rapporter 10 000 francs (suisses) à chacun des deux compères… Mais les meilleurs plans ne prévoient jamais tout, si le braquage est un succès, Stéphane perd ses papiers d’identités et son complice s’évapore dans la nature avec le butin…
Une seule solution : la fuite ! Par erreur, il monte dans le mauvais train et se retrouve encore en Suisse, près de la frontière italienne. Pas la joie et pas d’argent… que faire ?
Une série atypique et attachante, un peu baba-cool, un peu aventurier malgré lui, ce récit, l’un des premiers de Ceppi, possède la fougue d’une œuvre de jeunesse et nous montre de façon crue l’envers du décor. Vus par Ceppi, ces voyages n’ont pas la couleur pastel du Club Méd, on est presque dans un reportage photos servi par une ligne claire bien maîtrisée.
Il est des récits qui se passent aisément de la couleur. C’est le cas ici, le noir et blanc restituent avec bonheur l’atmosphère glauque des voyages de Stéphane Clément sans être dilués par une couleur qui ne serait que source de distraction.
Stephane Clement, intégrale, tomes 1/3 : Le Guêpier - A l’est de Karakulak – Le Repaire de Kolstov, Daniel Ceppi. Humanoïdes associés, 152 pages, 24,95 €