Les Français, des lecteurs de bandes dessinées très classiques

En matière de bande dessinée, les Français font preuve d’un grand clacissicisme. C’est ce qui ressort d’une enquête BVA/Presse régionale sur la lecture, publiée hier.

captureL’institut BVA a sondé les Français, pour la Presse régionale, sur leur intérêt pour la lecture. Bilan global – plutôt réjouissant : 8 Français sur 10 aiment lire et déclarent lire 14 livres par an en moyenne.
L’enthousiasme se tempère un peu lorsqu’on apprend que s’il sont surtout fans de romans policiers (45%) et de livres d’histoire (32%), les Français plébiscitent aussi Jean d’Ormesson, devant Marc Lévy et Guillaume Musso, pour les auteurs hexagonaux (Stephen King devant Mary Higgins Clark, pour les auteurs étrangers).

Mais, la raison d’une telle évocation ici est que l’enquête s’est aussi intéressé, dans ce cadre, à la bande dessinée. En soi, déjà, un motif de satisfaction puisque le 9e art n’est pas forcément toujours considéré comme une source de lecture « légitime ».

Globalement, si 80 % des Français interrogés aiment lire des livres et 72 % des journaux, ils sont quand même 56 % à apprécier les bandes dessinées (dont 17 % les aiment « beaucoup »). Si l’on rentre dans le détail, et comme pour la littérature évoquée plus haut, petit accablement, même si celui-ci était prévisible…

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Sloterdijk cause : la bande dessinée, c’est le « djihad »

Si son statut de 9e « art » peut toujours se discuter (ceci dit, le 8e art étant la télévision, ça relativise…), la bande dessinée a au moins acquis une reconnaissance quant à sa portée culturelle et les riches possibilités de narration offertes par l’art séquentiel.

causeur_sept2015Mais périodiquement, quelques perles ressurgissent. L’an passé, Alain Finkielkraut avait ainsi poussé sa petite colère face à l’engouement manifesté pour cet « art mineur » que sa maman lui interdisait de lire lorsqu’il était enfant.

Cette fois, c’est un autre philosophe, Peter Sloterdijk qui se lâche, dans le mensuel intello-réac Causeur de ce mois de septembre. Interrogé sur le lien entre le déclin de la lecture chez les jeunes et « un certain ensauvagement de l’individu contemporain qui prend parfois la forme du djihad » (oui, c’est ainsi qu’on cause chez Causeur), l’essayiste allemand abonde, illustrant sa thèse par la formule suivante: « Le djihad, c’est une sorte d’intrusion de la bande dessinée dans la biographie classique. » Et la suite de la démonstration vaut d’être citée entièrement…

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Bande dessinée & franc-maçonnerie
d’une planche à l’autre

Bande dessinée, imaginaire & franc-maçonnerie, Manuel Picaud, Joël Gregogna. Editions Dervy, 328 pages, 26 euros.

Dans le triptyque du titre de ce riche essai du critique BD Manuel Picaud et du spécialiste du langage ésotérique dans la BD Joël Gregogna, c’est bien « imaginaire » le maître mot, l’axe central de cet ouvrage faisant le lien et naviguant entre les deux univers a priori éloignés de « la bande dessinée » et de la « franc-maçonnerie » (encore qu’on y note d’entrée l’importance des… planches et, parfois dans certains milieux une semblable hostilité mêlée de mépris).

Depuis le succès du Triangle secret, au début des années 2000, du « frère » Didier Convard, l’ésotérisme remixée à la sauce franc-maçonne est certes à la mode dans le neuvième art, au point d’en être même devenu un sous-genre à part entière, avec ses collections, ses complots fantasmatiques… et ses résultats plus ou moins réussis. Mais ici, il n’est pas question seulement des bandes dessinées portant sur la franc-maçonnerie (le sujet arrive en fin d’ouvrage), ni même – ce qui serait déjà plus singulier – d’un regard « franc-maçon » sur la la bande dessinée, mais bien des correspondances qui se font jour entre ces deux univers où l’imaginaire et la symbolique jouent un rôle essentiel.

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L’art séquentiel vu à travers le Télescope

Ludovic Rio, dessinateur du Télescope d’Amiens, explique l’art séquentiel de la bande dessinée. En cinq épisodes de quatre planches. Ludique et pédagogique.

On a déjà eu l’occasion de dire tout le bien qu’on pensait du travail de Ludovic Rio, dans ses albums ou ses BD-reportages réalisés pour le Télescope d’Amiens.

Parmi ses plus récentes réalisations (dont des enquêtes-reportages au long cours sur la tradition de la marionnette en Picardie ou les Spartiates, l’équipe de foot américain d’Amiens), on saluera surtout ici la série consacrée… à la bande dessinée elle-même.

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La BD en 2012, toujours plus

Gilles Ratier, secrétaire général de l’Association des critiques de bande dessinée (ACBD) a rendu son désormais traditionnel rapport annuel sur l’état du secteur en 2012. En croissance, mais fragile.

Toujours plus ! Pour la dix-septième année de suite, la production d’albums de BD a encore augmenté cette année. Avec 5 565 ouvrages recensés en 2012, dont 4109 nouveautés au sens strict, et 238 titres de plus, le secteur connaît une hausse de 4,28 % par rapport à 2011. Une année qui avait déjà été en progression par rapport à la précédente.

Une croissance continue qui masque, selon Gilles Ratier, une situation bien plus contrastée, marquée notamment par une atomisation accentuée du lectorat (avec les amateurs de BD franco-belge, les fans de mangas, les adeptes des comics et ceux des romans graphiques et livres expérimentaux), une polarisation du marché de l’édition (dominé par la « bande des quatre » : Delcourt, Média Participations, Glénat et Gallimard-Flammarion), et des « locomotives » qui ont moins bien marché (les 89 titres ayant bénéficié des plus grosses mises en vente sont en baisse). Avec, comme conséquence partielle que 1510 auteurs réussissent encore à vivre, « souvent difficilement », de leur création dans le domaine de la bande dessinée.

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Greg Szlap (Harmonijka) à Amiens avec Johnny Hallyday

Harmonijka est paru le 6 juin 2012. Son auteur sera à Amiens avec... Johnny Hallyday !

Voilà le genre d’évènement comme on aime que le monde de la bande dessinée nous en propose de temps en temps. A l’occasion de la tournée de Johnny Hallyday, Greg Szlap, l’auteur de la bande dessinée « Harmonijka » sera à Amiens le 13 octobre.

Avant d’en savoir plus, petit rappel à propos de ce One Shot de chez Glénat, en 96 pages à 15,50€, par  Philippe Charlot, Miroslaw Urbaniak et Greg Zlap.

Tu seras pianiste, mon fils !

Paris, le 14 juillet 2009, au petit matin… Greg Zlap sent la pression monter. Dans la soirée, il se produira au Champ-de-Mars devant plus d’un million de spectateurs. Il est l’harmoniciste de Johnny Hallyday sur son Tour 66. Durant cette journée particulière, Greg voit défiler dans son esprit le film de sa vie. Rien ne le prédestinait à se retrouver ainsi sous le feu des projecteurs, un jour de fête nationale, à côté de la plus grande star française. L’artiste est né au début des années 70 dans une H.L.M. de Varsovie. Il débarque en France à l’âge de 17 ans avec dans les poches un simple harmonica et dans la tête l’espoir un peu naïf d’en vivre. Personne ne lui donnait alors la moindre chance d’y arriver, surtout pas son père, qui l’avait rêvé grand pianiste…

Les auteurs :
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Concours de critiques de BD

Le site MyBOOX, consacré à la lecture et à la littérature sous toutes ses formes, organise un concours de critiques BD.

Jusqu’au 12 mars, chaque participant est invité à rédiger des critiques sur les bandes dessinées, manga et comics de son choix – soit tout ouvrage de la thématique « BD, Manga et Humour » du site.

Les gagnants se verront attribuer le statut de « membres officiels », donnant droit à une mise en avant de leurs critiques sur le site ainsi qu’à un an de BD gratuites (sur une base de 4 BD au choix par mois, soit 48 en tout).

La première sélection déterminera 20 finalistes, ceux qui auront obtenu le plus d’avis positifs cumulés sur l’ensemble de leurs critiques de la part des autres membres du site. Parmi ces 20 finalistes seront sélectionnés les 5 gagnants, par délibération de la rédaction de MyBOOX. L’accent sera mis sur l’originalité, la syntaxe et le style des critiques.

Pour participer, c’est assez simple, il suffit de remplir en ligne le formulaire d’inscription au concours en inscrivant ses coordonnées : adresse postale, numéro de téléphone mobile, le nombre de livres lus chaque année. Claude annexe, en participant au concours vous  adhérerez automatiquement au BOOX Club, des membres du site.

Le rossignol de Stepney

Les Quatre de Baker Street, tome 3 : Le Rossignol de Stepney, Jean-Blaise Djian, Olivier Legrand & David Etien. Editions Vent d’Ouest, 56 pages, 13.50€

La Bande des 4 reprend du service. Sherlock Holmes traque l’infâme Moriarty et ne peut donc s’occuper d’une affaire de routine qu’il délègue aux enfants de la rue. Billy, Charlie et Black Tom (sans oublier le chat Watson) se voient donc confier une mission : veiller sur le jeune lord Neville Asprey, troisième du nom. Les occupations de celui-ci qui l’amènent à s’encanailler dans l’East End inquiètent beaucoup sa famille, d’autant plus que le jeune lord est riche, très riche et pour ne rien arranger il est amoureux d’une demoiselle dont le père tient un cabaret. So shocking !
Inutile de préciser que la surveillance discrète va se transformer en véritable enquête avec maints rebondissements. C’est une aventure policière avec de vrais méchants et une utilisation bien vue des différentes strates sociales de la société victorienne. Bref, nous sommes dans un bon polar et si le roi des enquêteurs ne joue que les seconds rôles c’est néanmoins très actif et les dessins de David Etien sont superbes ce qui ne gâte rien.

Le dernier roi maudit de la BD

Aidé par Alexis, un ami journaliste, Vidocq, l’ancien bagnard qui fut chef de la Sureté sous l’Empire et la Restauration est de nouveau opposé aux Habits Noirs, ses vieux ennemis. Le maître de ceux-ci, un ancien Templier qui fut le compagnon de Jacques de Molay. Son désir : mettre un point final à la malédiction lancée du haut de son bucher, par le Grand-maître de l’ordre. Les Capétiens doivent payer le prix du sang !  Le tandem Nolane-Roman nous offre un véritable petit bijou. L’intrigue mêle habilement personnages authentiques et créatures de fiction. Nolane récupère allégrement les Habits noirs de Paul Féval et leurs sombres machinations pour en faire les serviteurs d’un être démoniaque et plein de haine. Avec ses deux tomes, "Alchimie" restitue avec bonheur et sans les longueurs, le goût du roman feuilleton né au XIXe siècle. Le dessin d’Olivier Roman contribue grandement à ce tour de force en donnant à voir un Paris disparu avec son petit peuple chassé par les travaux du baron Hausmann…      Alchimie, tome 2 : Dernier Roi Maudit, D. Nolane & Olivier Roman. Editions Soleil, 48 pages ; 13,50 euros.Alchimie, tome 2 : Dernier Roi Maudit, D. Nolane & Olivier Roman. Editions Soleil, 48 pages ; 13,50 euros.

Aidé par Alexis, un ami journaliste, Vidocq, l’ancien bagnard qui fut chef de la Sureté sous l’Empire et la Restauration est de nouveau opposé aux Habits Noirs, ses vieux ennemis. Le maître de ceux-ci, un ancien Templier qui fut le compagnon de Jacques de Molay. Son désir : mettre un point final à la malédiction lancée du haut de son bucher, par le Grand-maître de l’ordre. Les Capétiens doivent payer le prix du sang !

Le tandem Nolane-Roman nous offre un véritable petit bijou. L’intrigue mêle habilement personnages authentiques et créatures de fiction. Nolane récupère allégrement les Habits noirs de Paul Féval et leurs sombres machinations pour en faire les serviteurs d’un être démoniaque et plein de haine. Avec ses deux tomes, « Alchimie » restitue avec bonheur et sans les longueurs, le goût du roman feuilleton né au XIXe siècle. Le dessin d’Olivier Roman contribue grandement à ce tour de force en donnant à voir un Paris disparu avec son petit peuple chassé par les travaux du baron Hausmann…


La guerre des boutons est déclarée au ciné, et en bande dessinée !

En salles obscures, la concurrence fait deux perdants. En BD, il pourrait
y avoir cinq lésés dans cette course à la reprise du roman de Pergaud.

Un seul film aurait pu cumuler jusqu’à trois millions d’entrées. Au lieu de ça, les deux concurrents font chacun face à un semi-échec, devant affronter la dure critique façon «rien ne vaut l’original». Pour mémoire, le film d’Yves Robert, sorti en1962, avait attiré plus de dix millions de Français au cinéma!
Qu’en sera-t-il de la guerre des BD sur le même terrain? Dargaud a dégainé le premier son lance-pierres, un premier tome du diptyque signé Berlion, fidèle adaptation du roman de Louis Pergaud publié en1913. La ligne claire et naïve va bien aux p’tits gars d’Longeverne et d’Velran. C’est aussi celle choisie, en plus aboutie, par Delcourt, sous la plume d’Aude Soleilhac. L’adaptation est très belle, fidèle aussi à l’original.
Il n’y a plus qu’à ramasser les boutons sur le champ de bataille
Les éditions La Martinière avaient eu du nez trop tôt, en2005, mais ressortent donc cet automne, opportunément, pour profiter de l’effet d’aubaine médiatique, l’album édité sous le label Petit à petit. La quatrième véritable œuvre du neuvième art est mise en couveuse par Vents d’Ouest qui reporte son interprétation à janvier2012. Les stratèges, partis trop tard, estiment qu’il vaut mieux laisser passer l’orage pour espérer récolter quelques boutons sur le champ de bataille. Enfin, Jungle tente sa chance avec l’officiel du film de Barratier, qui prend des libertés avec l’original. Un vrai coup marketing à moindres frais, qu’on découvrira en novembre. Un chef-d’œuvre? Il ne faut pas trop en attendre tout de même: l’album a été réalisé en trois mois, pour l’occasion.
Mais la BD n’est pas le cinéma. La concurrence sera peut-être plus dopante dans les librairies que sur les toiles. Car les vrais bédéphiles, comme les amateurs de passage, se plairont à faire cohabiter ces différentes versions dans les rayonnages d’une bibliothèque de salon. Pour peu que le roman de Louis Pergaud les y retrouve, c’est une bonne nouvelle littéraire. S’il aurait su, P’tit Gibus il l’aurait lu!

Au cinéma
La nouvelle Guerre des Boutons de Barratier dépasse les 800 000 entrées en deux semaines d’exploitation sur 559 écrans.

La bande annonce
La Guerre des boutons de Yann Samuell dépasse le million d’entrées en trois semaines sur 629 écrans.

La bande annonce

En bande dessinée
Dargaud, avec Olivier Berlion, est sorti le 2 septembre.
Delcourt, par Thirault, Soleilhac et Merlet, a publié sa version le 21 septembre.
La Martinière, avec Gabella, Vernay et Khaz: 29septembre, réédition de 2005.

Jungle, tente l’officiel du film de Barratier avec Follini, Orbe et Newman, sortie le 2novembre.

Vents d’Ouest prend son temps avec Lemoine et Cécile, parution envisagée en janvier2012.