Une Tragédie grecque, tome 1 : Deux sœurs. Bartoli, Nicaise. Editions Bamboo. 48 pages. 13,50 €.
Aristote (Onassis), sa vie, son œuvre, ses amours… La voilà abruptement résumée cette Tragédie grecque que Bamboo présente comme un fleuron de la rentrée. Le tome 1, Deux sœurs, au sortir de la seconde guerre mondiale, entame bien l’affaire et justifie le titre de l’album puisqu’il s’avère qu’Athina (Tina) et Eugénia, les deux filles de Stravos Livanos, plus grand armateur grec avant Onassis, sont au centre du débat. En les épousant, Aristote Onassis et son rival Stravos Niarchos, lorgnent en effet avant tout sur l’héritage de Livanos et se livrent à travers elles une guerre d’influence où tous les coups sont permis, au mépris de l’hypothétique bonheur d’un cercle familial où l’argent remplace les sentiments.
Dans ce contexte, la jeune Tina, qui voulait d’abord épouser Niarchos, à seulement 14 ans ( !) avant de se lier trois ans plus tard à Onassis (Aristote avait 23 ans), n’a pas froid aux yeux. L’inverse de son ainée Eugénia, plus sobre, mais tout aussi peu respectée par son mari, puisque Niarchos, comme Onassis, sacrifie tout à son ambition de dominer le monde de la mer. En ce sens, ce sont leurs démonstrations de force, en se pavanant sur des yachts d’un luxe improbable aux côtés des plus grandes personnalités de l’époque (de Churchill à Karajan), et l’étalage de leurs richesses qui feront naître la Jet set. Où la vie d’Aristote et ses potes (clin d’œil à une série humoristique du journal de Spirou dans les années 80, Aristote et ses potes, éditée en albums chez Dupuis) va devenir dès lors légendaire. Dans ces conditions, nul doute que ça va s’animer après ce premier tome qui campe solidement le décor à défaut de faire souffler le vent de l’aventure et la brise de l’émotion. Car sans chipoter sur les quelques inexactitudes recensées ça et là, l’idée d’ensemble est intéressante et ce n°1 n’attend qu’une bonne suite.
