Chienne de vie

Monument-Amour, tome 1: chiens de guerre, Didier Quella-Guyot (scénario), Arnaud Floc’h (dessin). Editions Bamboo (coll. Grand Angle), 48 pages, 13,90 euros.

Pour Camille Le Moal, sculpteur nantais, la mobilisation générale de 1914 avait été une forme d’aubaine, pour s’extirper d’un douloureux drame personnel. Et il s’en était plutôt bien sorti, jusqu’à ce jour de l’hiver 1917 où une bombe l’ensevelit sous une tranchée.

Un chien errant le sauve par miracle et va désormais devenir son fidèle compagnon, de l’hôpital jusqu’à un centre de convalescence où ses talents de sculpteur vont être appréciés. Il se fait aussi repérer par un lieutenant responsable d’une section canine…

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Humour vache et strips assez fa-môeuh

Môeuh, tome 1, Thijs Whilms (scénario), Wil Raymakers (dessin). Editions Bamboo, 48 pages, 3 euros.

Un pic-vert sculpte une magnifique colonne dorique pour sa fiancée, un hamster qui vient de manger des glands est pris comme un paquet de friandises, un castor à qui on offre un esquimau glacé se réjouit et se met à dévorer… le bâton. Ce sont trois des premiers gags du volume 1 de Môeuh !

Des girafes aux manchots (à l’estomac transparent), du zèbre promené en laisse et dont les zébrures se défont comme un fil au serpent qui se contorsionne pour s’assoir entre les lattes d’un banc (en couverture), c’est tout une ménagerie en folie qui se déploie. Un boeuf en sabots et en salopette rouge sert de fil de même couleur et de liens entre les strips…

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Pas si mortelle randonnée

Adieu monde cruel ! Stéphane Massard et Jean Rousselot (scénario), Nicolas Delestret (dessin). Editions Grand Angle / Bamboo, 80 pages, 17,90 euros.

Une jeune femme désenchantée et un peu tête en l’air, un homme vieillissant frappé d’un drame intime et hanté par l’image d’un fantôme japonais, un jeune au look de banlieue mutique, un trader accablé. Ils ne se connaissaient pas mais partageaient un même mal-être et le sentiment de ne plus rien avoir à attendre de la vie. Par l’intermédiaire d’Internet, trois hommes et une femme se donnent rendez-vous, à l’aube, pour embarquer dans la voiture de l’un des volontaires à ce suicide collectif. Direction: la forêt de Fontainebleau où ils ont décidé d’en finir, mais sans mort violente, en s’asphyxiant doucement avec les gaz d’échappement renvoyés dans l’habitacle. Sauf que rien ne va s’enchaîner comme prévu. Et qu’il va leur être aussi difficile de mourir que de vivre…

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Verdun, parce que je le Vaux bien

Verdun, tome 2: L’agonie du fort de Vaux, Jean-Yves Le Naour (scénario), Marko et Holgado (dessin). Editions Grand Angle / Bamboo, 56 pages, 13,90 euros.

Un « symbole de l’acharnement des combats menés à Verdun ». La résistance des soldats français dans le fort de Vaux assiégé par les Allemands, début juin 1916, restera comme l’un des moments forts, entrés dans l’Histoire, de cette bataille symbole de la Première Guerre mondiale.

Le destin de Vaux commence à se jouer le 23 mai 1916. La situation s’est plus ou moins stabilisée depuis l’attaque allemande de février. Après la chute de celui de Douaumont, le fort de Vaux est un point-clé pour avancer sur Verdun. Déjà pilonnée par les bombardements, dans un décor devenu lunaire, la place-forte voit arriver son nouveau chef, le commandant Raynal. Blessé trois fois déjà, souffrant du paludisme, il s’est déclaré volontaire pour cet avant-poste. Il découvre un fort avec un sur-effectif d’hommes, venus se replier là des tranchées voisines et mal défendu. Il organise la défense en prévision de l’attaque allemande qui s’annonce. Celle-ci se déclenche le 1er juin. Encerclés, sans possibilité de renforts ou de ravitaillement, les 600 assiégés tiennent le choc des premiers assauts. Le 3 juin, une nouvelle attaque massive est repoussée. Mais les conditions de vie à l’intérieur de l’édifice sont dantesques. Calfeutrés dans leur casemate, dans la pénombre, l’atmosphère est asphyxiante, l’odeur insoutenable, es hommes n’ont plus d’eau, ils sont contraints de lécher les murs ou de boire leur urine, Les Français espèrent une contre-attaque alliée pour le 4 juin. Celle-ci échoue, faute de moyens suffisants. Tout comme une deuxième tentative le 6 juin.
Le 7 juin 1916, Raynal décide la reddition du fort. Impressionnés par la résistance héroïque des « poilus », les Allemands leur font une haie d’honneur et le commandant est même reçu par le Kronprinz.
Les Français ont eu 93 victimes (dont 17 morts), les Allemands ont perdu près de 2800 hommes. Quant au fort, il sera repris début novembre 1916. Sans bataille, il a été abandonné par les Allemands…

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Partie de chasse à Pripyat

Les chiens de Pripyat, tome 1: Saint-Christophe, Aurélien Ducoudray (scénario), Christophe Alliel (dessin). Editions Grand Angle / Bamboo. 56 pages, 13,90 euros.

Plus de trente ans déjà. La centrale de Tchernobyl explose, contaminant tout dans un rayon de 200 km dans ce coin d’Ukraine. Une fois la zone évacuée, dont la ville modèle de Pripyat, à 3 km de la centrale, des chasseurs sont embauchés pour aller abattre les animaux touchés par les radiations, afin qu’ils ne puissent contaminer d’autres secteurs. Pour 30 roubles la tête, Nicolaï, un solide fermier, embarque dans cette aventure son fils de 16 ans, Kolia, ainsi que ses amis Sputnik (adepte de la vodka et du hard rock), Pravda (ex-spetsnaz, vétéran d’Afghanistan) et Petit Père (quasi sosie de Staline, en nettement plus calme et pacifique).
Dans la ville fantôme, ils auront à affronter d’autres bandes de chasseurs, mais Kolia croisera également de mystérieux personnages en combinaisons anti-radiation, qui s’enfuient à leur arrivée. L’innocent adolescent va alors découvrir d’autres âmes perdues dans ce décor post-apocalyptique…

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Ile était une foi, contre le tourisme à la masse

Le retour, Bruno Duhamel. Editions Grand Angle / Bamboo, 96 pages.

Pour son premier album en solo, Bruno Duhamel (dessinateur notamment des Brigades du Temps ou du Voyage d’Abel) interroge le rôle de l’artiste et celui du tourisme de masse.

De retour dans son île volcanique natale, Cristobal est scandalisé par l’implantation d’un building et décide de prendre les choses en main pour préserver son environnement. Aidé d’amis artistes, il ambitionne de transformer l’île elle même en une gigantesque oeuvre d’art. Quelque temps plus tard, il est retrouvé mort, calciné dans sa voiture. Un inspecteur est chargé de mener l’enquête et de fouiller dans le passé d’un homme qui s’était de nombreux ennemis, dont lui-même peut-être…

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Coup de Bamboo pour Fluide glacial

Les éditions Bamboo récupèrent les éditions Audie et Fluide Glacial.

fluide-bambooC’est fait depuis hier est c’est tombé ce matin, par un communiqué commun : Bamboo Édition a pris ce 2 novembre une part majoritaire dans le capital des Éditions Audie,
(éditrice notamment du magazine Fluide Glacial, fondé en 1975 par Gotlib et Jacques Diament et des albums de ses auteurs).

Olivier Sulpice, directeur des éditions Bamboo devient également celui des éditions Audie « en s’appuyant sur Yan Lindingre« , rédacteur en chef et directeur éditorial depuis 2012 de Fluide Glacial.
L’objectif affiché, en s’appuyant « sur l’ensemble des équipes en place » est de « confirmer
et prolonger la dynamique de renouvellement éditorial du magazine et des albums, fidèle à
l’esprit des fondateurs« .

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William: « Les Sisters, à 80% c’est la réalité »… Et c’est dans le Courrier picard

Le Courrier picard va pré-publier, tous les dimanche à compter du 12 septembre, les planches du nouvel album des Sisters. Rencontre avec William, le dessinateur et leur « père »… à double titre.

On les aime bien les Sisters, de Christophe Cazenove et William. Wendy et Marine, ces deux soeurs si authentiques et attachantes. Après la publication en avant-première du tome 9, l’an passé, et l’agréable intermède estival fourni par la pré-publication du tome 3 de la Guerre des Lulus, de Hautière et Hardoc, le Courrier picard proposera à partir de la semaine prochaine une planche tous les dimanches du nouvel album de la série, avec des Sisters « survitaminés« …
Après s’être entretenu, l’an passé, avec le scénariste Christophe Cazenove, il était logique d’avoir l’avis de William Maury – alias William – le dessinateur des Sisters. Et leur père… au sens propre et figuré.

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L’horreur est humaine en Gévaudan

la Malbête_couvLa Malbête, tome 1: Monsieur Antoine en Gévaudan, Aurélien Ducoudray (scénario), Hamo (dessin). Editions Grand Angle / Bamboo, 48 pages, 13,90 euros.

Encore la Bête du Gévaudan ? Depuis son apparition terrifiante dans ce plateau perdu de la Lozère, cet animal fantasmatique et mystérieux n’a pas manqué de récits, voire de films. L’intérêt d’en rajouter un nouvel ouvrage n’apparaît donc pas, au prime abord, comme particulièrement indispensable. Mais cette Malbête-ci ne manque pas de singularité.

Retour en 1765 donc, La « bête » sévit déjà depuis de long mois, provoquant d’autant plus la terreur qu’elle semble insaisissable. C’est pourquoi le roi Louis XV a décidé d’y envoyer l’un de ses meilleurs porte-arquebusier: Antoine de Beauterne. Arrivant avec son fils, infatué et méchant, « Monsieur Antoine » va croiser un jeune orphelin, Barthélémy, qu’il recrute comme palefrenier et avec qui il va nouer une complicité sincère… qui va provoquer la haine croissante du fils de Beauterne. Et pendant ce temps, la chasse à la bête prend une tournure très politique…

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Paris 1910 entre deux eaux

naufragés métropolitain_couvLes naufragés du Métropolitain, tome 1: les rats de Saint-Eloi, Patrice Ordas (scénario), Nathalie Berr (dessin). Editions Grand Angle / Bamboo, 48 pages, 13,90 euros.

A l’heure de la crue centenale de janvier 1910, tandis que l’eau commence à monter, chacun poursuit sa tâche, notamment dans l’atelier de joaillerie Verne, place Vendôme, où l’on finit de concevoir des bijoux d’exception pour les filles du tsar de Russie. Parmi les employés, Louise, protégée du chef d’atelier depuis le décès accidentel de sa mère, se voit inviter à prendre le métro. Elle va y rencontrer un étonnant pianiste du Moulin rouge. De son côté, Valentin, apprenti joaillier se rapproche du « Fennec », chef d’une bande d’apaches, dont l’amitié est plus qu’intéressée. Ce dernier envisage en effet un fric-fric dans l’atelier Verne. Au bout d’une nuit tumultueuse, tous les éléments du drame se mettent en place. Sans oublier la présence discrète des fins limiers de la Brigade du Tigre, qui n’ont pas leur pareil pour se fondre dans la faune des bas-fonds parisiens…

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