Un nouveau portail pour entrer
dans le monde de la BD

La Cité de la bande dessinée d’Angoulême étoffe son site internet d’une page portail, anglée recherche : « connaissance du neuvième art ».

Ce n’est pas très sexy. Mais l’austérité de l’approche est aussi en rapport avec l’objectif du contenu : apporter une aide pour les chercheurs et spécialistes de la BD. La Cité internationale de la bande dessinée et de l’image d’Angoulême vient donc de mettre en ligne, sur son site déjà riche, une page « portail » qui accroit son offre en terme bibliographique et journalistique.

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Les éditions polystyrène en forme(s)

Les éditions Polystyrène, une jeune maison d’édition associative, chez qui forme et fond sont très liés.

copyright : daniel muraz/courrier picard

Les éditions polystyrène aux derniers Rendez-vous de la bande dessinée d'Amiens

On les a découvert, par hasard, lors du dernier festival de bande dessinée d’Amiens. Dans l’espace « fanzine », même si l’association polystyrène se présente plutôt comme une petite maison d’édition, de deux ans d’âge désormais. Une structure particulière, déjà, par le fait qu’elle est né de la volonté quelques copains de promotion de l’Ecole européenne supérieure de l’Image (EESI) d’Angoulême. Atypique, surtout, par sa volonté d’éditer des « livres-objet » où la forme est autant soignée que le fond.

Depuis 2010, quatre albums sont déjà parus. Tous aussi étonnants.

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Pétition pour une médiathèque Moebius à Angoulême

Alors que le monde de la bande dessinée pleure encore la disparition de Jean Giraud / Moebius (nouveaux hommages intérressants dans le dernier numéro de DBD), une mobilisation (relative) se fait jour pour que la future médiathèque du Grand Angoulême porte le nom de « Médiathèque Moebius ».

Francis Groux, co-fondateur du Festival d’Angoulême interpelle ainsi le monde du 9e art : Depuis des années, bénévoles, professionnels, auteurs, presse et municipalités successives se sont battus afin qu’Angoulême soit La ville de la bande dessinée. Cela n’est pas remis en cause. Angoulême, c’est la BD. Mille sabords,  au moment où il s’agit de baptiser ce futur monument culturel de la ville, cette réalité est balayée d’un revers de main. Une initiative a été lancée pour proposer le nom de Moebius. Ce serait en effet un bel hommage  rendu à Moebius lui-même, à la bande dessinée, à la création, au talent. »

Une initiative pas totalement dénuée d’opportunisme, ni d’arrières-pensées politiques, puisque c’est le groupe d’opposition de droite à la municipalité socialiste d’Angoulême – dont fait partie Evelyne Groux, fille de Francis – qui est à l’origine de cette campagne pétitionnaire.

Le concours « officiel » de vote auprès des habitants et des internautes s’achève mi mai. Et, sans être dupe du « coup politique » qu’entendent faire les conseillers d’opposition, il est vrai que les six propositions en lice ne brillent pas par leur inventivité (l’Étoile ; le Quai des mondes ; l’Arche ; l’Alphabulle ; le Quai V et l’Escale). Et l’on peut aussi souscrire à l’argument de Francis Groux, lorsqu’il note qu’Angoulême serait « la première ville à donner le nom d’un auteur de bd à une médiathèque… » Et le bâtiment, avec son look coloré et futuriste n’aurait pas déparé dans l’univers du dessinateur.

En tout cas, ceux qui souhaiteraient s’associer à cette mobilisation « qui dépasse les clivages politiques  et qui continuera de donner tout son sens à notre action : la passion, la reconnaissance de la bande dessinée avant tout« , peuvent adresser  un mail de soutien à l’initiative à l’adresse suivante:  moebiusmediatheque@gmail.com. Ou alors de proposer directement le nom de Moebius sur le site de l’agglomération du Grand Angoulême, puisque l’opportunité en est ouverte dans le bulletin de vote.

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Angoulême 2012 se dévoile

Le prochain festival d’Angoulême aura un aspect très international, avec  Art Spiegelman comme président.

Le festival de la bande dessinée d’Angoulême a dévoilé ce mardi 6 décembre le programme de sa prochaine édition (qui aura lieu du 26 au 29 janvier). Une 39e édition à la tonalité très internationale, marquée déjà, bien sûr, par la personnalité de son président, l’Américain Art Spiegelman, père du mythique Maus qui lui valut en 1992 le prix Pulitzer (et dont Flammarion sort, opportunément en janvier une intégrale ainsi qu’un inédit MétaMaus). Un président, présent à la conférence de presse organisée à Paris et qui a souligné, ainsi que le rapporte l’AFP que « c’est un grand honneur parce que, pendant de nombreuses décennies, la France en général, représentée à Angoulême, était la capitale de la BD, à part Tokyo peut-être. Vous abordez la bande dessinée un peu comme je la vois», ajoutant que «c’est un art qui a toute sa place ici».

98 albums en compétition

Par ailleurs, 98 albums seront en compétition cette année, dont 58 pour la sélection officielle parrainée par la Fnac. Des albums de styles et de pays divers dont Habibi de Craig Thompson (Casterman), Les ignorants – récit d’une initiation croisée bd’Etienne Davodeau (Futoropolis), Polina de Bastien Vivès (KSTR), qui vient de remporter le Grand Prix de la critique 2012, mais aussi Reportages de Joe Sacco (Futuropolis), Portugal de Cyril Pedrosa (Dupuis), Julia & Roem d’Enki Bilal (Casterman). On y trouve aussi, avec plaisir, La Grande Guerre de Charlie, de Patt Mills et Joe Colquhoun, Atar Gull de Brüno et Nury (Dargaud), Le Protocole Pélican de Ponzio et Marazano (Dargaud), Alter Ego, de Denis Lapière et Pierre-Paul Renders (Dupuis), L’armure du Jakolass, de Larcenet (Dargaud), 3 Secondes de Mathieu ou Pour en finir avec le cinéma de Blutch. Une sélection aussi riche que diversifiée.

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Un palmarès à 5000 km/seconde

Le Festival d’Angoulême vient de rendre son jugement. Album de l’année, « Fauve d’or » : l’outsider 5 000 km/secondes de Manuelle Fior. Et Le lauréat du Grand Prix de la Ville d’Angoulême 2011 et futur président du jury du Festival 2012 est Art Spiegelman.

Une surprise et une consécration en conclusion du Festival d’Angoulême 2011, ce dimanche.

Un album d'un auteur italien, publié par une maison d'édition suisse et un thème universel pour le "Meilleur album 2011" du Festival d'Angoulême

La surprise, c’est le « Fauve d’or », meilleur album de l’année attribué à l’Italien Manuelle Fior pour 5000 km/seconde (ed.Atrabile, basée à Genève), chronique douce-amère de deux garçons et d’une fille entièrement réalisé à l’aquarelle… et que qui fait partie des quelques 4 000 et quelques albums que j’ai loupé en cette année 2010 ! Au vu des pages aperçues, ça à l’air plutôt réussi graphiquement, dans un style intimiste. Après lecture, un an plus tard donc, le récit séduit et le trophée d’Angoulême aura donc permis de mettre en lumière un album qui serait, sans cela, passé assez inaperçu. Une logique de défense des auteurs louable, mais qui laisse quand même perplexe au vu de pas mal d’autres albums en lice dans la sélection qui, plus « mainstream » peut-être n’en avaient pas moins de qualités. Voire plus.

Autres récompenses principales, le Prix spécial du jury est revenu à David Mazzucchelli pour Astérios Polyp (bon, promis, je m’y replonge pour voir si au deuxième regard, je le trouve moins hermétique et plus passionnant) et le Prix du public à Julie Maroh pour son album Le bleu est une couleur chaude. Un trio marquant la domination (sans trop de surprise) d’une BD d’auteur plutôt intimiste.

Art spiegelman for President

Auto-portrait d'Art Spiegelman (dans "A l'ombre des tours fantômes")

La consécration, c’est celle d’Art Spiegelman. L’auteur américain rendu mondialement célèbre par son diptyque Maus, son récit inoubliable sur la Shoah raconté avec des chats et des souris, devient le nouveau lauréat d’Angoulême et sera donc le président du jury du prochain festival, en janvier 2012.

Pour le reste, côté palmarès,  le prix Révélation revient à La parenthèse d’Elodie Durand (déjà plebiscitée par les lecteurs de Libération), le prix de l’audace au Belge (flamand) Brecht Evens pour Les noceurs, le prix de la BD alternative à l’Arbitraire, vol.9, celui du Patrimoine à Attilio Micheluzzi (l’auteur du remarquable Sibérie) avec Bab-el-Mandeb.

On appréciera aussi le prix Regards sur le monde (qui a un petit côté surtout prix de consolation attribué à  Joe Sacco, pour Gaza 1956, le prix intergeneration décerné à Naoki Urasawa (le créateur de la série culte 20th century boys)  pour sa nouvelle série Pluto et le Prix de la série pour celle – effectivement très bonne – Il était une fois en France.

Au rayons déceptions et oubliés du palmarès, on mettra Quai d’Orsay d’Abel Lanzac et Christophe Blain (qui se consoleront avec le Grand Prix de la BD RTL), mais aussi Souvenirs d’un immortel de Vehlmann et de Bonneval (que je continue à considérer comme étant l’un des meilleurs albums lus cette année), Fritz Haber de David Vandermeulen. Et bien sûr, notre album picard de la sélection, De Briques et de sang de David François et Régis Hautière. Mais les deux auteurs ne se faisaient pas trop d’illusions.

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LiBéDé de l’année

C’est devenu un « classique », presque un rituel. Mais  toujours aussi apprécié, le « Libé » d’Angoulême illustré par des dessinateurs.

Cette année, c’est David B qui a l’honneur de la « une ». Et Moubarak qui s’en serait bien passé pour la répression sanglante en Egypte. Une fois encore, comme depuis plus d’une vingtaine d’années (déjà !), Libération sort son édition spéciale tout illustré par des dessinateurs de bande dessinée ce jeudi.

Ce qui était une vraie innovation au début est devenu une sorte de rituel, attendu comme un rendez-vous routinier, mais agréable. Et le quotidien a toujours eu une vraie culture bédé (qu’on se souvienne de sa « une » historique lors de la mort d’Hergé ou celle sur le décès de Jacobs).  Au fil des pages, on trouve donc Miles Hyman illustrer la Tunisie, Pétillon faire un petit strip sur les conflits d’intérêts, Lewis Trondheim assurer une belle frise à un article sur la loi Loppsi 2, Michel Galvin réaliser un dessin assez angoissant sur la disparue de Pornic, Killofer portraiturer Proglio d’Edf ou Schuiten évoquer l’espionnage chez Renault. Et le célèbre portrait de der est assuré par Jean-Pierre Gibrat, pour un joli dessin du rugbyman Bastareaud.

Bref, encore un vrai plaisir à feuilleter, démontrant la force du trait  pour croquer l’actualité (ce qui n’est certes pas rare dans les pages du futur quotidien de Nicolas Demorand, qui a toujours su faire appel aux dessinateurs).

Autre tradition, le cahier livres est lui-aussi consacré totalement à la bande dessinée. Là, pour le coup, avec nettement moins de surprise. L’hermétique roman graphique de David Mazzuchelli, Asterios Polyp (casterman), plébiscité par le Figaro autant que par les Inrockuptibles et classé album de l’année les critiques de BD a droit à la première page, et donne le ton pour les sept autres pages. Branché, pointu et un rien élitiste. Mais on ne va pas faire la fine bouche… un an à attendre avant le prochain.

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