Les « sans » donnent de la voix dans « Siné Mensuel »

A la veille d’une élection présidentielle qui oublie pour l’instant tous les sujets de fond, Siné Mensuel livre, en ce mois de mars, un numéro spécial donnant la parole à tous les sans-voix. Un numéro qui n’en oublie pas pour autant aussi les dessins. Tout aussi retentissants parfois.

Configuration un peu particulière, donc, pour cet opus n°62 du mensuel fondé par Siné et qui entend bien toujours pousser son coup de gueule, à l’image du dessin de couv’ signé Faujour.

Outre l’illustration des différents témoignages de de prof, d’ouvrier, de chômeur, d’infirmière, d’étudiant, d’intérimaire et autres « sans-voix » qui occupent la plus grande part des pages du journal, la bande d’illustrateurs de l’équipe fait dans le « micro-comptoir ». Faujour dissout la primaire du PS dans un bar du nord Finistère, Lindingre se met en scène avec son héroïne Titine en immersion au « café des amis », Carali abandonne temporairement sa chronique autobiographique pour évoquer, avec finesse, le paradoxe de la prise du pouvoir. Et c’est Berth qui fait dans le témoignage personnel en contant une rencontre marquante avec un « SDF ».
Enfin, Rémi Malingrëy lâche son univers surréaliste pour mettre en scène les propos d’une infirmière en pédiatrie. Un témoignage fort et marquant. Tout comme le dessin de Lie, qui illustre bien un article de Thierry Leclère sur le méconnu mémorial des civils victimes de guerre de Falaise, en Normandie…

L’actu plus immédiate et fugitive du moment n’est cependant pas totalement oubliée, entre, principalement, l’affaire Théo et la suite des démêlés de François Fillon (avec, encore une fois un dessin réussi et drôle de Faujour : « une famille, c’est un papa, une maman… un avocat »). Mais Geluck se lâche encore de belle manière, au sujet du projet de mur projeté à la frontière américano-mexicaine par Donald Trump (qui aura au moins l’avantage, dixit un Mexicain sous son sombrero, de ne plus voir « sa bête gueule de con »).
Une autre nouvelle signature – malheureusement assez illisible, Cobibo ? – dessine malicieusement Mélenchon acceptant un rapprochement… avec son hologramme, pour évoquer l’impossibilité d’accord avec Hamon. Et Waner « enterre » avec un humour noir Xavier Beulin, « l’homme d’affaires qui dirigeait la FNSEA« , en montrant la Mort éplorée de perdre celui à qui elle devait « la destruction de l’environnement, le suicide massif des agriculteurs, l’assassinat de l’agro-écologie, l’empoisonnement généralisé des Français par les pesticides..« .
Comme le proclame la manchette, au dessus du logo de Une: « ça dépote et ça fait du bien ! »

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