Dieu le pire pour l’Infinity 8

Infinity 8, tome 3: l’évangile selon Emma, Lewis Trondheim, Fabien Vehlmann (scénario), Olivier Balez (dessin). Editions Rue de Sèvres, 96 pages, 17 euros.

Troisième « boucle » temporelle pour l’Infinity 8. Après les deux précédents reboot, le capitaine du vaisseau spatial bloqué dans la gigantesque nécropole galactique est déjà parvenu à neutraliser une horde de Kornaliens nécrophages puis à empêcher l’instauration d’un IVe Reich robotique. Cette fois, c’est au tour de l’agent Emma O’Mara d’intervenir.
Pacifiste, pieuse, adepte de la religion pax-tholmaniste, celle-ci cache cependant son jeu. Elle ne va pas hésiter à sacrifier la vie de l’équipage pour une quête plus élevée: retrouver le dernier évangile perdu de son dieu afin d’en finir avec la guerre sainte. Pour cela, elle se retrouve à faire équipe avec une bande de malfrats aux objectifs nettement moins nobles. Et elle risque même, a contrario de son plan, de mettre en péril l’ensemble des races de l’univers…

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Leur compte (bancaire) est bon avec Prado

Proies faciles, Miguelanxo Prado. Editions Rue de Sèvres, 96 pages, 18 euros.

Au printemps 2014, dans une Espagne toujours marquée par la crise, c’est une étrange affaire que vont avoir à démêler l’inspectrice Olga Tabares et son adjoint Carlos Sotillo. Une série de décès suspects est constatée dans cette grande ville balnéaire de Galice: un commercial, célibataire, est retrouvé décédé à son domicile, la directrice d’une agence bancaire s’effondre sans vie dans un bar. Puis l’ex-président de la CaixatAtlantica est retrouvé mort sur une plage et une contrôleuse financière meurt à son bureau… Et la série noire continue, laissant entrevoir un tueur en série, voire une action terroriste.

Aucun ne se connaissait, mais tous semblent avoir été empoisonnés. Et tous ont comme point commun de travailler dans le secteur bancaire. Et cette série morbide pourrait bien aussi être en lien avec le suicide d’un couple de personnes âgées survenue l’automne précédent…

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Boucq monte au front sur le Chemin des Dames

Ce dimanche aura lieu la cérémonie officielle du centenaire de l’offensive du Chemin des Dames, dans l’Aisne. A cette occasion, comme pour les précédentes batailles de la Grande Guerre, La Poste a édité un timbre – et même un « bloc » timbres spécial. Dessiné par François Boucq.

La Poste continue de faire vivre la mémoire de la Grande Guerre et de ses « grandes » batailles. Et elle continue aussi à faire appel à des dessinateurs de bande dessinée pour cela. Après Damien Cuvillier, qui avait illustré le bloc sur la bataille de la Somme, c’est un autre auteur « régional » (depuis la grande région des Hauts-de-France) qui a été sollicité, en la personne du grand François Boucq. Surtout connu pour ses récits absurdes et délirants, l’auteur lillois avait déjà participé aux illustrations des Paroles de Poilus et, plus encore, de la mise en image du Feu, d’Henri Barbusse, dans un album grand format impressionnant.

Ce nouveau dessin, à l’encre et à l’aquarelle, est d’une composition plurielle, entre sites et combattants, histoire et mémoire…

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40 ans après sa mort, Prévert, l’air toujours très libre

Jacques Prévert n’est pas un poète, Hervé Bourhis (scénario), Christian Cailleaux (dessin). Editions Dupuis / coll. Aire libre, 232 pages, 32 euros.

Jacques Prévert est mort il y a tout juste quarante ans, le 11 avril 1977. Mort d’un poète, donc… mais pas que. Ou plutôt disparition de celui que le succès de ses recueil de poésie et son entrée dans les programmes scolaires avait réduit à cette posture dans l’imaginaire collectif. C’est tout le mérite de ce gros « biopic » d’aller au-delà de cette image convenue.

Conçu au départ comme un triptyque, l’ensemble est désormais réuni dans un gros livre de plus de deux cents pages. Imposant et un peu intimidant d’allure avec sa couverture noire, cet album est pourtant tout au contraire d’une légèreté folle, ainsi que le premier album, paru voilà trois ans, l’avait déjà laissé entrevoir.

A l’encontre de l’image du vieux monsieur sage, sous sa casquette et la clope au bec immortalisé par Doisneau, c’est un Jacques Prévert  passablement fantaisiste et imaginatif qui s’impose, au fil d’une vie qui « est un roman où la poésie le dispute à l’humour« , comme le souligne, à juste titre, la quatrième de couverture…

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Lénine, Luther, les deux « L » de la Réforme et de la révolution

 

 

 

 

 

 

 

Lénine, Ozanam (scénario), Denis Rodier (dessin), Marie-Pierre Rey (conseil historique). Editions Glénat, coll. Ils ont fait l’Histoire, 56 pages, 14,50 euros.
Luther, Olivier Jouvray (scénario), Filippo Cenni (dessin), Matthieu Arnold (conseil historique). Editions Glénat, 56 pages, 14,50 euros.

Cette collection « Ils ont fait l’Histoire », lancée voilà trois ans et forte déjà d’une vingtaine d’albums, comporte forcément des albums plus ou moins réussis. En attendant ceux, annoncés sur Clémenceau et Robespierre (en juin), les deux derniers en date, sur Lénine et Luther, font partie des bonnes biographies de la série. Avec deux personnages qui – au-delà de la même lettre alphabétique commençant leur nom et du fait d’être connus sous leur seul patronyme ou pseudonyme – partagent le même destin d’avoir révolutionné l’Histoire. Chacun dans son domaine…

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Mathieu Sapin bat la campagne

On avait déjà croisé Mathieu Sapin dans les coulisses de la campagne 2012 de François Hollande ou avec les journalistes politiques de « Libération ». On retrouve depuis deux semaines le dessinateur dans ce même quotidien, ou il chronique tous les samedis la campagne présidentielle.

Après une première double page (drôle) de présentation de la démarche, le 25 mars, son premier zoom, la semaine dernière, était consacrée à un meeting de Jean-Luc Mélenchon au Havre (où il parvenait à trouver une correspondance entre le tribun de gauche et Beyoncé).

Ce samedi 8 avril, dans un style faussement fumiste, il débrieffe le « grand débat à onze » de mardi, en compagnie d’un communicant politique, depuis son lieu de vacances au Portugal. Bilan, deux planches très denses et à l’analyse finalement fine et bien sentie…

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Mélenchon, super-héros de comics comique

On avait noté que Jean-Luc Mélenchon a été le seul, durant cette campagne présidentielle (du moins à notre connaissance) à avoir évoqué la situation des auteurs de bande dessinée. Ces derniers lui rendent, un peu la pareille.

Voilà peu, Mélaka et Reno avaient pris l’initiative de réaliser une adaptation en BD de l’Avenir en commun, le programme de la France insoumise. Et ce avec un succès certain.

Autre initiative, cette fois de l’Axonais (désormais Lillois) JL Mast, qui adapte le candidat de gauche à son univers plus habituel des super-héros de comics !

Super-Mélenchon contre la Caste a vocation à être un comic-book de 40 pages (35 pages de BD, le reste en éditorial divers), dans lequel « tout notre petit monde politique va s’affronter dans des duels un peu sanglants, mais surtout rigolos, explique Jean-Louis Reiprich (de son vrai nom). Tout le monde en prendra pour son grade ! »

Signe parmi d’autres de l’engouement actuel que suscite actuellement la figure de Jean-Luc Mélenchon, la campagne de financement participatif sur la plateforme Ulule a déjà obtenu… 204 % de financement ! (soit 1122 euros sur les 550 euros souhaités, afin de réaliser l’impression et l’envoi des albums).

Il reste encore cinq jours pour contribuer (à partir de 5 euros) et recevoir donc l’album avant le premier tour de la présidentielle…

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48H pour découvrir à moindre coût la BD

Pour cette 5e édition, 12 éditeurs majeurs de bande dessinée, de comics et de manga  proposent 230 000 albums à 1€  ces 7 et 8 avril.

A l’image de la Fête du cinéma, ces « 48H BD » commencent à entrer dans le paysage culturel. Un rendez-vous de printemps qui, à travers une douzaine de titres, permet de découvrir à moindre coût de nouvelles séries et entrevoir la diversité de l’offre éditoriale en matière de bande dessinée.

Pour l’heure (et à la différence du cinéma qui a progressivement vu le coût du ticket croître et l’opération se banaliser), c’est toujours au prix symbolique d’1 euro qu’il sera possible d’acquérir les titres sélectionnés par chaque éditeur. Parfois reformatés pour l’occasion et généralement début d’une série, ces « teasings » n’en sont pas moins plutôt de qualité. Et en tout cas très éclectique…

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Irena et sa Juste cause contre les nazis

Irena, tome 2: les Justes, Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël (scénario), David Evrard (dessin). Editions Glénat, 72 pages, 14,95 euros.

1942 à Varsovie. La Pologne est sous la férule de l’occupant Allemand depuis plus de deux ans. Les Juifs sont toujours enfermés dans le ghetto. Irena Senlerowa, qui avait décidé de sauver au moins les enfants, a commencé à mettre en place son réseau d’exfiltration. Celui-ci fonctionne avec des hommes et femmes très divers: un docteur qui signera les laissez-passer, une fonctionnaire du service d’aide sociale qui fournira les fausses cartes d’identité, le concierge du tribunal qui ouvrira le tunnel du sous-sol par où les enfants pourront sortir. Un chauffeur de tram ou un maçon qui pourront, eux aussi aider à cacher les enfants, tandis qu’une religieuse ou le propriétaire d’un orphelin pourront les recueillir une fois sortis du ghetto.

Un réseau fait d’amitié et de volonté, informel mais structuré qui va multiplier les astuces les plus habiles et surprenantes pour parvenir à ses fins, cachant des bébés dans un sac à main ou sous un tas de briques, tandis qu’Irena tient à jour scrupuleusement le registre de tous les enfants afin que les survivants puissent connaître un jour leurs vrais noms.

Tout vas va s’effondrer à l’automne 1943, lorsqu’Irena est arrêtée, après une de ses amies. Elle va alors être tomber dans les mains des SS…

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Un Méta-Baron de plus en plus fort

Méta-Baron, tome 4: Simak, le transhumain, Jerry Frissen (scénario), Niko Henrichon (dessin). Editions Humanoïdes associés, 56 pages, 14,20 euros.

A chaque épisode, son rebondissement, qui redonne de l’ampleur à l’ensemble. Le Méta-Baron a failli disparaître dans la machination ourdie d’abord – puis malgré elle – par Orne-8. Mais finalement, le guerrier et sa nouvelle amante s’en sont sortis. Le Méta-Bunker, a connu lui, ses premières défaillances. Mais cela n’entame en rien la détermination de Sans-Nom, l’ultime descendant de la caste guerrière, de vivre son histoire d’amour jusqu’à la fin de l’univers ; fin qui se rapproche. Mais un espoir de survie va apparaître, à travers un message venu du fond des âges et du trisaïeul Othon. Espoir qui s’impose d’autant plus à Orne-8 qu’elle est seule à connaître un événement étonnant qui la pousse à se surpasser pour tenter d’atteindre un nouvel univers…

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