Les « sans » donnent de la voix dans « Siné Mensuel »

A la veille d’une élection présidentielle qui oublie pour l’instant tous les sujets de fond, Siné Mensuel livre, en ce mois de mars, un numéro spécial donnant la parole à tous les sans-voix. Un numéro qui n’en oublie pas pour autant aussi les dessins. Tout aussi retentissants parfois.

Configuration un peu particulière, donc, pour cet opus n°62 du mensuel fondé par Siné et qui entend bien toujours pousser son coup de gueule, à l’image du dessin de couv’ signé Faujour.

Outre l’illustration des différents témoignages de de prof, d’ouvrier, de chômeur, d’infirmière, d’étudiant, d’intérimaire et autres « sans-voix » qui occupent la plus grande part des pages du journal, la bande d’illustrateurs de l’équipe fait dans le « micro-comptoir ». Faujour dissout la primaire du PS dans un bar du nord Finistère, Lindingre se met en scène avec son héroïne Titine en immersion au « café des amis », Carali abandonne temporairement sa chronique autobiographique pour évoquer, avec finesse, le paradoxe de la prise du pouvoir. Et c’est Berth qui fait dans le témoignage personnel en contant une rencontre marquante avec un « SDF ».
Enfin, Rémi Malingrëy lâche son univers surréaliste pour mettre en scène les propos d’une infirmière en pédiatrie. Un témoignage fort et marquant. Tout comme le dessin de Lie, qui illustre bien un article de Thierry Leclère sur le méconnu mémorial des civils victimes de guerre de Falaise, en Normandie…

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Maria de tous les seins… Pin up and down

Star fuckers, tome 1: la belle et les bêtes, Alcante et Gihef (scénario), Dylan Teague (dessin). Editions Kennes, 48 pages, 14,95 euros.

Maria Furia est une jeune et jolie « dos mouillé », ces immigrés mexicains clandestins qui franchissent à la nage le Rio Grande pour tenter leur chance et chercher une meilleure vie aux Etats-Unis. Quelques mois plus tard, le conte de fée de la jeune femme est sur le point d’être atteint. Ou presque.

Loin de son rêve fantasmatique d’être épousée par le brillant acteur Hugh Gates, Maria a échoué dans un club de strip-tease qui lui assure une survie passablement glauque. Elle finira par rencontrer le bel acteur hollywoodien, mais pas franchement comme elle l’espérait. Aidée par un ex-paparazzi vitriolé, elle commencera à nourrir sa vengeance et à entamer sa montée vers les étoiles…

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La Shoah à hauteur d’enfants

Irena, tome 1: le ghetto, Jean-David Morvan et Séverine Tréfouël (scénario), David Evrard (dessin). Editions Glénat, 72 pages, 14,95 euros.

En 1940, dès l’envahissement de la Pologne, les juifs sont enfermés dans des ghettos, quartiers placés sous la surveillance sévère de l’armée qui empêche toute sortie. À Varsovie, les seuls qui peuvent y entrer sont les membres du comité d’aide sociale. Parmi ceux-ci, Irena Sendlerowa, une jeune femme modest et déterminée qui vient quotidiennement porter des vivres, mais surtout du soutien aux familles démunies et affamées. Un jour, une mère, sur le point de mourir, lui confie la vie de son fils. Irena prend alors la décision de faire échapper les orphelins du ghetto. Une décision qui pourrait lui coûter la vie et qui va en faire une « juste parmi les nations ». Mais aussi une femme, décédée en 2008, largement oubliée par l’histoire. C’est pourquoi Jean-David Morvan Séverine Tréfouël et David Evrard ont décidé de lui redonner un peu de lumière…

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Génération de Gaulle et Pétain

Une génération française, tome 1: Nous vaincrons, Thierry Gloris (scénario), Eduardo Ocaña (dessin). Editions Soleil, coll. Quadrants, 48 pages, 14,50 euros.

Six albums découpés en trois diptyques, un scénariste et trois dessinateurs pour décrire trois destins sous l’Occupation. C’est le concept et l’ambition de cette Génération française qui vise à reconstituer un « panorama général de la société française d’avant-guerre« .

Celui-ci débute le 6 février 1934, à Paris, lors de la fameuse manif des ligues d’extrême droite qui faillirent renverser le régime. Un arrière-fond, très années 30, éclipsé par une ellipse qui amène directement en 1938 sur les bancs de la fac où un étudiant à la Sorbonne, Martin Favre, en pince pour une jolie anglaise et partage avec son ami allemand son inclination pour les fêtes et les conquêtes d’un soir. Une insouciance qui va disparaître à l’automne 1939 lorsque l’étudiant se retrouver mobilisé et projeté dans un univers militaire – une unité d’artillerie – complètement étranger à son monde. Et le déclenchement des hostilités va changer son destin…

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A l’assaut d’un nouveau sommet de mystères

Olympus Mons, tome 1: Anomalie 1, Christophe Bec (scénario), Stefano Raffaele (dessin). Editions Soleil, 56 pages, 14,95 euros.

L’homme est toujours à la recherche de nouveaux horizons. En 1492, Christophe Collomb débarque ainsi au San Salvador ; en 2026, des cosmonautes russes posent le pied sur Mars. Cette même année, une équipe de plongeurs-chercheurs détectent un artefact étrange en mer de Barents. Et en Turquie, une équipe de télé grimpe sur le mont Ararat pour y chercher les traces de vestiges mythiques pour leur émission « Trackers Legends ». A chaque fois, découvertes et révélations ne vont pas manquer, toutes en liens, semblerait-il avec les visions d’un médium américain, obnubilé par des images d’une épave extraterrestre porteuse d’un message pour l’humanité…

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La clé Desonge

Couleurs, Sylvain Escallon. Editions Sarbacane, 144 pages, 18,50 euros.

Voici un album contrasté et intrigant. Comme son prologue montrant une colonne de fourmis qui pensent avoir trouvé un bon chemin pour rejoindre leur fourmilière, un rail immaculé… mais le passage d’un train ne leur laissera aucune chance. Dans ce train, se trouve justement le héros de l’histoire. Un jeune homme, fiévreux, maladif et amnésique se réveille dans un semi-sommeil. En face de lui, un vieil homme se présente. Il se nomme Herman Desonge, il est artiste-peintre et lui explique qu’après la « grande catastrophe », les particuliers viennent suppléer les hôpitaux surchargés ; et qu’il va donc héberger le jeune homme chez lui en échange de menus travaux d’entretien. Pour faire face à ses crises, le jeune homme pourra bénéficier de l’aide d’un médecin, qui lui ouvrira les portes d’une autre perception, révélant son instinct créatif. Mais tout cela n’est peut être pas si désintéressé et généreux que cela…

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Les dessins des mutins de 1917 s’affichent en grand dans « Le 1 »

Après Verdun, et avec quelques semaines d’avance sur la commémoration officielle du Chemin des Dames auquel on les associe généralement, l’hebdomadaire atypique et dépliable Le 1 vient de sortir cette semaine un numéro spécial « XL » consacré aux mutineries de 1917.

Ce numéro spécial grand format fait encore la part belle aux illustrateurs et dessinateurs. En couverture, Nicolas Vial livre un dessin particulièrement évocateur du rapport des forces en présence et de la manière dont les insurgés furent écrasés. Tout aussi parlant est le dessin de Stéphane Trapier – autre dessinateur habitué du journal d’Eric Fottorino – illustrant le dossier central, avec son trio de soldats spectraux accompagnant un poilu au regard mélancolique.
De son côté, Jochen Gerner, dans son style minimaliste apporte son strip de « repères » sur l’année 1917. Mais c’est « le poster-affiche » central qui époustoufle particulièrement. Oeuvre de Jacques Tardi, ce grand dessin (de 0,75 m x 1,25 m !), mêlant le rouge du sang et celui du drapeau révolutionnaire au bleu-gris des capotes de soldats donne une vision instantanée et très forte du sujet. Bien dans son esprit antimilitariste (comme dans son dernier ouvrage sur 14-18) mais avec une force d’impact incontestable.

Forte en soi, le dessin-affiche prend toute sa dimension une fois découverte dans son grand format.

C’est assez pour « Mermaid Project »

Mermaid project, épisode 5, Corine Jamar et Léo (scénario), Fred Simon (dessin). Editions Dargaud, 56 pages, 13,99 euros.

Cinq ans de travail, cinq albums et la fin de ce qui est le premier cycle de cette série d’anticipation écolo. C’est aussi l’heure de l’affrontement final entre Romane et Brahim et la société Algapower et l’épilogue de l’action entamé dans le tome 4.
Ayant réussi à s’infiltrer dans la plateforme maritime de la multinationale, grâce à l’aide active de cétacés, les deux inspecteurs vont parvenir à mettre fin aux délires génétiques de la multinationale visant à croiser génétiquement des hommes et des dauphins. Et, surtout, à en comprendre l’objectif raciste final. Là encore, avec l’appui d’orques et de baleines qui commencent, manifestement, à prendre l’ascendance sur les humains…

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Le Comte de Monte-Cristo remis au goût du jour

Le Comte de Monte-Cristo, d’après Alexandre Dumas, Ena Moriyama (dessin). Editions Kurokawa, 272 pages, 8,90 euros.

Fidèle à sa volonté de promouvoir les classiques de la littérature européenne, l’éditeur Kurokawa frappe un grand coup en sortant l’adaptation manga du Comte de Monte-Cristo (déjà prépublié au Japon en 2014 dans le magazine Young Animal).

Après Les Misérables, Sherlock et Arsène Lupin, les lecteurs se voient proposer l’une, si ce n’est la plus célèbre histoire de vengeance, celle écrite par l’immense Alexandre Dumas en 1844.
Le one shot est signé Ena Moriyama, une mangaka fascinée (comme tant d’autres) par l’œuvre originale depuis toute petite.

L’histoire commence donc à Marseille en 1815. Promis à un bel avenir, Edmond Dantès, 19 ans, est promu capitaine du navire marchand Le Pharaon par l’armateur Morrel. De retour sur terre après un long voyage en mer et une escale à l’île d’Elbe, il s’apprête à épouser Mercédès la belle catalane. Une vie de bonheur lui tend les bras sauf que le jour de son mariage, il est arrêté et enfermé pour d’obscures raisons au Château d’If. Une prison sombre et humide pour « criminels politiques » que l’on quitte généralement dans un sac de jute lesté de plomb et jeté à l’eau… Abandonné à son sort, l’officier de marine ne cesse de crier à l’injustice, lui qu’on accuse de fomenter un complot bonapartiste à la suite de la découverte d’une mystérieuse lettre écrite par l’« usurpateur » retiré sur l’île d’Elbe. Après plusieurs années d’enfer, Dantès fait connaissance avec un autre prisonnier, le clairvoyant abbé Faria, et finit par comprendre qu’il a été victime d’une terrible trahison. Une machination sans doute ourdie par des amis jaloux, Fernand et Danglars, avec la complicité du substitut du procureur, l’infâme Villefort. La colère et la haine submergent le jeune homme qui parvient à s’évader et à mettre la main sur le fabuleux trésor des Spada dont lui a parlé l’abbé Faria peu avant sa mort. Le candide Dantès bascule et devient le démoniaque et richissime Comte de Monte-Cristo. Débute alors une terrible vengeance pour tous les punir et leur faire payer ses 14 années d’emprisonnement…

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JL Mast et « Daredevil/Punisher » en dédicaces à Saint-Quentin

Dédicaces en forme de retour aux sources, ce jeudi, pour JL Mast, auteur saint-quentinois de comics Marvel, dont sa première mini-série Daredevil/punisher vient de paraître.

Ce sera sa première dédicace en Picardie. Et dans « sa » ville de Saint-Quentin, à la librairie Cognet (ce jeudi de 16 à 19 heures). Mais ce sera aussi l’occasion pour les Axonais de voir un des membres de la galaxie Marvel.
On retrouve en effet au générique de près d’une centaine d’épisodes le nom de « JL Mast », alais Jean-Louis Reiprich. Jeune Saint-Quentinois (d’origine) de 29 ans, dont les cinq dernières années passées au sein du célèbre éditeur de comics US…

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