Mob Psycho 100, esprit (barré) es-tu là ?

Mob Psycho 100, tome 1, One. Editions Kurokawa, 192 pages, 7,65 euros.

Surnommé Mob, Shigeo Kageyama est un collégien sans histoire. Au premier abord seulement car le garçon possède d’étonnants pouvoirs psychiques. Capable de tordre la matière, de soulever de lourdes charges et surtout de repérer les esprits, il fait équipe avec son maître Arataka Reigen, un personnage en costume-cravate qui se prétend médium.

L’homme est en réalité un charlatan qui profite des facultés de son disciple pour se faire de l’argent. En retour Mob reçoit 300 yens de l’heure, soit un peu plus de deux euros… Bonne poire, il n’aspire qu’à conquérir le cœur de son amie d’enfance, Tsubomi, qui ne lorgne de son côté que sur les athlètes. Pas de chance pour Mob qui décide donc de rejoindre le club de culturisme alors que celui de télépathie, menacé de suppression, fait des pieds et des mains pour l’attirer dans ses filets. Mais Mob est une tête de lard. Il lâche le club de télépathie pour finalement très vite déchanter, se rendant compte que son corps chétif n’a pas vraiment la puissance de son esprit. L’âme en peine, le télékinésiste est alors embrigadé par la secte du Smiley (on ne rit pas merci) dont les membres arborent tous un sourire figé et inquiétant. Leur gourou, en fait un esprit maléfique qui a pris possession d’un salaryman nippon, tente à tout prix de convertir ce collégien récalcitrant. S’engage alors un combat psychique de haute volée…

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C’est fort, Apache !

Apache, Alex W.Inker. Editions Sarbacane, 128 pages, 22,50 euros.

On peut saluer le jury du Prix Polar BD SNCF d’avoir mis en lumière Apache. Et on peut noter l’ouverture d’esprit du prix décerné par une entreprise de transports pour un ouvrage qui se déroule dans le huis-clos d’un bar parisien des années 1920 !

Un bar miteux dans lequel s’arrête, à la nuit tombée, un couple bourgeois atypique: une jolie métisse et son micheton, gros homme acariâtre qui attend avec angoisse les résultats des courses de la « Grande nuit de Longchamp », sur lesquelles il espère toucher le pactole. Délaissée, la jeune femme engage la conversation avec le barman, ex-boxeur qu’un coup trop violent lors d’un match truqué à envoyé au bagne. Arrivera ensuite le chauffeur du couple, antipathique et à l’origine de cet arrêt impromptu pour cause d’incident mécanique. Des rebondissements tragiques viendront révéler les liens noués entre tous les personnages…

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De retour dans le « Courrier picard » : « Les Lulus, une guerre à hauteur d’enfants »

Le cinquième épisode de La Guerre des Lulus sort en septembre. Il sera aussi prépublié tout l’été dans Le Courrier picard. Spécialisé en bande dessinée sur la Guerre de 14-18 Vincent Marie apporte son regard d’historien sur la série.

Dès ce lundi 10 juillet et durant tout l’été, les « Lulus », jeunes héros des auteurs samariens Hardoc et Hautière, seront hébergés dans le Courrier picard. Dans une version « collector » en noir et blanc, avant la parution de l’album, couleurs, à la rentrée.
Des retrouvailles familières puisque cela fait trois étés que nos lecteurs peuvent suivre, en prépublication et en avant-première les péripéties du quatuor d’orphelins bousculés par la Grande Guerre.

Après s’être réfugiés dans les bois de l’Aisne, avoir tenté de se cacher au Familistère de Guise puis s’être retrouvés malencontreusement en Belgique, Luigi, Lucas, Ludwig et Lucien ont rejoint de nouveau la France. Laissant leur amie Lucie chez ses grands-parents outre-Quiévrain, on les retrouvera, en ce début d’année 1918 et de cinquième album, dans les Vosges. Toujours derrière les lignes allemandes et alors qu’une résistance se met en place. Au début de l’album, ils seront en bien mauvaise posture (voir vignette ci-dessus)… On se gardera donc de dévoiler l’intrigue. Sinon pour noter que pour la première fois depuis le début de la guerre, le groupe va être contraint de se séparer.

Pour évoquer la place occupée par cette série jeunesse (mais tout public) dans la production d’albums de bande dessinée sur la Première Guerre mondiale, entretien avec Vincent Marie, agrégé d’histoire, auteur notamment du documentaire Là où poussent les coquelicots et qui fut commissaire de la première grande expo consacrée à BD et 14-18 à l’Historial de la Grande Guerre de Péronne…

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Terra Formars Asimov, désinsectisation terrienne

Terra Formars Asimov, tomes 1 et 2, Ken-Ichi Fujiwara (scénario), Boichi (dessin). Editions Kazé,
192 pages,
8,29 euros.

 

Rampant sur le succès de la série Terra Formars, les éditions Kazé publient un nouveau spin off consacré à l’un des héros de la série. Après l’électrique Adolf Reinhardt vu dans Rain Hard (de Ken-Ichi Tachibana et Yu Sasuga), c’est un coin de voile qui se lève cette fois sur le passé du redoutable commandant Sylvester Asimov. Surnommé en toute modestie « Dieu de la guerre », ce combattant hors-pair, âgé de 51 ans, est de retour dans un manga court de deux tomes qui se joue quelques mois seulement avant le départ de la mission Bugs 2 pour mars, infectée par d’indestructibles cafards aux allures de body builders.

Contrairement à Terra Formars, la série imaginée par Ken-Ichi Fujiwara et dessinée par le talentueux Boichi se déroule sur la planète terre, en grande partie sur le territoire russe, au XXVIIe siècle de notre ère. Asimov est chargé par le siège russe de l’U-Nasa d’empêcher la mafia rouge de poursuivre un juteux trafic d’œufs de cafards martiens. Il est à la tête d’un escadron composé d’Ivan le balafré, d’Elena, aussi plantureuse que glaciale, et de la jeune sniper Tatiana, secrètement amoureuse de lui. Hormis cette dernière, tous ont la particularité de se transformer en super-soldat grâce à des pouvoirs empruntés au règne animal et végétal, via « une base d’hybridation » spécifique : le crabe géant de Tasmanie pour Sylvester Asimov ou encore les plantes vénéneuses datura stramonium et belladone pour Elena et Ivan Perepelkina. Ce qui ne sera pas de trop pour rivaliser avec le revanchard et féroce Ded Moroz, ancien soldat russe d’élite et lui aussi génétiquement modifié…

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10 histoires pour autant d’idées fausses sur la pauvreté

ATD Quart Monde édite sa première bande dessinée, pour démonter les préjugés sur les pauvres et lutter contre la « pauvrophobie ». Initiative originale et louable. Présentation.

Créé en 1957 dans le but d’éradiquer la misère via des actions de terrain avec les premiers concernés et de l’activisme auprès des pouvoirs publics, ATD Quart Monde engage aussi régulièrement des « campagnes citoyennes » à destination de l’opinion publique, afin de faire changer le regard sur les plus pauvres.

C’est dans ce troisième axe que se situe l’édition par l’association de son premier album de bande dessinées (64 pages, 9,90 €), en cette fin de printemps. Une douzaine d’auteurs se sont associés afin de raconter « dix histoires pour dire STOP aux préjugés sur les pauvres »…

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« La Cantine de minuit » décroche le prix ACBD Asie 2017

C’est dans le cadre du festival Japan Expo que l’ACBD a décerné ce 7 juillet après-midi son Prix Asie de la Critique ACBD 2017 à  La Cantine de minuit, de Yarô Abe publié aux éditions Le Lézard noir.

A priori, pas de Lézard noir au menu de la Cantine de Minuit, riche pourtant de nombreuses recettes culinaires nippones et d’autant de rencontres humaines. Une menu qui a séduit majoritairement les journalistes et critiques de l’ACBD (dont fait partie l’auteur de ces lignes – pour être tout à fait transparent) qui lui ont accordé leur Prix Asie 2017, qui distingue « une bande dessinée asiatique remarquable parue en français entre juillet 2016 et juin 2017« …

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Corto Maltese dans le « Figaro magazine »

Il sera bientôt temps de se pencher sur les bandes dessinées estivales publiées (plus ou moins) dans la presse pour cet été 2017 – et s’agissant du Courrier picard, ce sera un nouvelle pré-publication « collector », en noir et blanc, du nouveau tome de la Guerre des Lulus (on y revient plus en détails lundi prochain).
Mais le Figaro Magazine réussit déjà un joli coup éditorial et médiatique: il va en effet pré-publier le prochain tome de Corto Maltese.

Dès la semaine prochaine et jusqu’au 25 août, les lecteurs de l’hebdo de droite du groupe Dassault pourront donc découvrir, au fur et à mesure, les 72 pages de la nouvelle aventure signée Juan Dias Canales et Rubén Pellejero.

Et il faudra faire attention au chaud et froid. Car, après l’Alaska sous le soleil de minuit, c’est sous les tropiques voire l’équateur qu’ira se balader le marin aventureux. L’histoire est appelée à se dérouler entre Venise, Alexandrie, la mer rouge, la Grèce et l’Afrique noire, en 1911. Sur sa route, Corto croisera notamment un aventurier français, Henry de Monfreid, mais aussi Winston Churchill, et il sera surtout confronté à trois femmes (une journaliste entreprenante, une exploratrice à la recherche de son père et une ancienne esclave). Bref, un nouvel album qui paraît s’inscrire dans la veine de « jeunesse » et de l’aventure du précédent opus.
L’album, Equatoria, toujours édité par Casterman, sortira le 27 septembre…

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L’été, sexe, alcool et jalousies

L’été en pente douce, Jean-Christophe Chauzy (dessin), Pierre Pelot (scénario). Fluide Glacial, 18,90 euros.

L’été commence bien pour Fane. En l’espace de trois jours, il s’est mis à la colle avec Lilas, une poupée au sex apeal explosif et a hérité de la maison familiale, avec jardin, dans la campagne vosgienne, suite à la disparition soudaine de sa mère. Tout irait donc pour le mieux… Mais Fane n’est pas du genre à vivre les contes de fée. Lui, il serait plutôt héros de roman noirs. Ce colérique impulsif se fâche d’entrée avec ses voisins, des garagistes lorgnant depuis longtemps sur sa maison pour agrandir leur commerce, et doit surtout cohabiter avec un frère, attardé mental « Mo », dont le seul ami est un chat.

Surtout Fane, amputé de plusieurs doigts suite à un accident de jeunesse, est imbibé dans les problèmes et l’alcool. Il ne peut commencer sa journée sans un verre de pastis ou une canette de bière. Il se rêve écrivain de polar, achète une machine à écrire mais ne sait ni taper ni écrire.
Enfin, il ne sait (ou ne peut) avoir une relation sexuelle avec sa superbe compagne, dont la plastique irréprochable assez peu couverte fait l’objet de fantasmes des hommes (et même de certaines femmes) du voisinage. Cette dernière – un esprit d’enfant dans un corps de femme – est éprise de Fane qui l’a « sauvé » – contre « 100 balles et un lapin » – de son ex à la main lourde mais, frustrée sexuellement, trouve du réconfort auprès du frère attardé. Cet été particulièrement caniculaire s’annonce poisseux et torride, annonciateur d’un orage qui risque de tout faire exploser…

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Jean Solé montre de quel Blois il se chauffe !

Le festival blésois n’est que dans trois mois et demi, mais BD  Boum vient déjà de dévoiler l’affiche de son 34e festival.

Une magnifique réalisation signée Jean Solé (grand Boum de l’année dernière). Dans son style fin et coloré habituel, le dessinateur emblématique de Fluide glacial réalise là un dessin « explosif » et en profite pour faire sauter le fameux château de Blois.
Pour le reste, la Loire, ses ponts et son illustre François Ier sont bien là. Mais l’humour se cache jusque dans les détails, d’un radeau (en crayons) baptisé « Le Blois sans soif » jusqu’aux livres empilés dont « Robin des Blois » et un manuel de « Langue de Blois » !

De quoi donner envie de retourner dans la sympathique manifestation automnale à Blois.

La galère romaine se poursuit pour Pline l’ancien

Pline, tome 3 : Les griffes de Poppée, Mari Yamazaki (scénario et dessin), Tori Miki (dessin). Editions Casterman, 200 pages, 8,45 euros.

Nous l’avions quitté en plein travail d’observation et d’analyse à Rome où l’empereur Néron l’a fait quérir, au milieu du premier siècle de notre ère. Peu à l’aise dans cette capitale étouffante, Pline l’ancien, le plus célèbre des naturalistes, y dépérit malgré l’aide précieuse de son jeune scribe Euclès, tourmenté de son côté par Plautina une jolie et innocente fille de joie muette et introuvable. Le gouverneur-scientifique n’a qu’une hâte : retrouver Côme, ses lacs, ses montagnes et ses autres beautés naturelles.

A Rome où il est arrivé à reculons, tout n’est que violences et manipulations, constate-t-il avec amertume. Néron et celle qui s’apprête à donner naissance à son fils, l’intrigante Poppée, créent un climat politique détestable, menaçant la stabilité de l’empire. Une ambiance lourde adoucie par l’arrivée de sa sœur Marcella, accompagnée de son mari Lucius et de leur bébé Gaius qui deviendra par la suite son fils adoptif connu sous le nom de Pline le jeune. L’occasion pour le plus grand savant de l’Antiquité de parcourir les rues de Rome à la recherche d’un percepteur pour ce jeune garçon qui s’ouvre à la vie. Des recherches qui lui feront croiser éléphants et esclaves alors qu’Euclès fera connaissance, lui, avec les adeptes d’une nouvelle religion qui prêchent l’amour de son prochain lors de réunions secrètes…

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