Zombies néchronologies, l’amoral de l’histoire

Zombies néchronologies, tome 3: la peste, Olivier Peru (scénario), Stéphane Bervas (dessin). Editions Soleil, 48 pages, 14,95 euros.

Les morts-vivants occupent désormais toute la planète. Mais l’origine du virus a peut être bien été identifé… Et il remonterait à la préhistoire, découvert sur une momie d’un enfant Cro-Magnon. Au Japon, Daisuke, un scientifique surdoué cherche un moyen de contrer l’épidémie. Avec une équipe scientifique et des militaires, il va établir un camp dans un village retiré dans les montagnes. Village dont le maire n’est autre que son ex-femme, Naoko, qui le voit venir avec appréhension. Malgré son manque flagrant d’empathie, Daisuke semble pourtant se préoccuper des habitants, les recensant et plaçant en quarantaine ceux qui pourraient potentiellement présenter un danger sanitaire. Et le résultat de ses recherches pourraient bien offrir une chance de survie à l’humanité. Mais le remède est peut-être pire que le mal…

Le tome précédent de ces spin-off à la série Zombies était placé sous l’exergue d’une phrase de Nietszche. Cette fois, c’est Albert Camus qui porte la « morale » de cette histoire: « La première espérance suffit à détruire ce que la peur et le désespoir n’avaient pu entamer« . Une pensée un peu obscure, a priori, mais qui prendra tout son sens au fur et à mesure que l’intrigue et les objectifs de Daisuke se dévoileront. Et une réflexion qui revient aussi à se demander s’il est possible de sombrer dans l’inhumanité pour sauver l’humanité. Ou s’il est acceptable de sacrifier mille personnes pour espérer en sauver des millions…
Loin de s’en tenir à cette interrogation philosophique, l’album déroule son récit de manière efficace et très dynamique, enchaînant plutôt bien l’avancée de l’histoire et les flash-back qui la nourrissent.
Comme dans les épisodes précédents, Olivier Peru instille une distanciation et un regard d’une ironie noire bienvenue. Et Stéphane Bervas, qui succède à Arnaud Boudoiron au dessin, a un trait réaliste et détaillé, bien mis en couleurs, qui colle bien à l’ambiance sombre de ce troisième tome.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *