Une Odyssée à la découverte des petits plaisirs

Odyssé microscopique_couvL’odyssée du microscopique, Olivier Delasalle (scénario), Leandre Ackermann (dessin). La boîte à bulles, 112 pages, 15 euros.

C’est une histoire bien d’aujourd’hui que content Olivier Delasalle et Leandre Ackermann.

Journaliste normalement dépressif et cynique, Elias se réveille un matin étonnamment de bonne humeur et tous ses soucis envolés. Un vrai « déni de bonheur » comme lui révélera Sabrina, une obstétricienne rencontrée par hasard a une terrasse de café avec qui il va nouer une relation de plus en plus intime. Et celle-ci, de son côté, se cherche également, notamment au sujet de ses racines juives. En plein questionnement existentiel, elle envisage de devenir rabbin tandis qu’Elias va finir par quitter son journal où il étouffe. Profitant de ces instants de liberté retrouvée, ils vont aller en Israël rencontrer le grand père rabbin de Sabrina, qui va leur expliquer sa « théologie sarcastique » (qui pourrait se résumer par le fait qu’en prenant du recul, les petits malheurs de l’humanité deviennent vite risibles). De quoi voir la vie d’un oeil neuf et apaisé…

Le bonheur se trouvait dans une gorgée de bière chez Philippe Delerm. Pour Olivier Delasalle et Leandre Ackermann, c’est plutôt dans le café, ici. Celui qu’on prend à une terrasse parisienne et qui permettra de faire une agréable rencontre ou le percolateur qu’on enlèvera du bureau du patron et qui marquera, symboliquement, la rupture finale avec sa vieille existence. Au-delà du choix de l’adjuvant excitant, ces auteurs partagent une similitude dans la recherche et la valorisation des petits plaisirs qui peuvent transformer une vie.

Ce roman graphique embarque tout d’abord dans les pas incertains d’Elias, incrédule de se trouver si heureux et se détachant progressivement des contingences professionnelles, avant de suivre la romance nouée avec Sabrina.

Le dessin de Léandre Ackermann, dont c’est là le premier album, en noir et blanc rehaussé de nuances de gris, est d’une légereté et d’une expressivité au diapason du ton de l’histoire. Le récit est plus encore porté par le propos et les dialogues, esquissant une certaine philosophie « positive » (mais pas béate ni prosélyte) de la vie. Après « un siècle d’idéologies globalisantes grandiloquentes, dans le foutoir du XXIe siècle« , il est temps, comme le souligne l’album, de s’intéresser « au banal », « au négligeable », « au microscopique ». Une philosophie du dégagement bien d’époque, mais traitée sur un mode modeste et rafraîchissant. Comme une quête incertaine mais joyeuse et légère du bonheur.

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