Toujours enchanté par le royaume déjanté de Fairyland

I hate Fairyland, tome 2: Sur le trône, Skottie Young. Editions Urban comics, coll. Indies, 152 pages, 15 euros.

Aspirée dans le monde magique de Fairyland depuis 27 ans déjà (en temps humain), Gertrude en est malencontreusement devenue la reine, après en avoir occis la précédente souveraine dans un ultime accès de rage alors qu’elle entrevoyait enfin la liberté. Le règne de l’éternelle petite fille de 6 ans aux cheveux verts est catastrophique au point qu’elle se voit finalement virée du trône par la DRH du royaume… Et renvoyée à sa quête du moyen de rentrer dans son monde. Toujours aidée par son « Jiminy Crockett » Larrington, elle va de nouveau subir de multiples avanies, tout en provoquant d’autres catastrophes, notamment par l’attitude qu’elle va avoir à l’encontre de Duncan, un petit garçon déguisé en dragon basculé lui-aussi à Fairyland…

Voilà six mois, le premier épisode de Fairyland avait démontré une réjouissante capacité à passer aux mixeur l’univers sirupeux des contes de fées et l’esthétique « kawaï » avec un délire allant crescendo, jusqu’au rebondissement final propulsant l’infernale Gertrude en reine du royaume qu’elle avait participé à méticuleusement massacrer. L’effet de surprise passée, ce deuxième tome est moins trépidant, mais tout aussi sympathique. Avec l’arrivée de nouveaux personnages et même, le temps d’un chapitre, une parodie drôlatique des jeux de combats d’arcade, avec une rupture graphique : Skottie Young laissant la plume à Jeffrey Cruz, dans un style plus manga et survolté.
Skottie Young assume complètement, dans une petite postface, ce changement de rythme et l’absence de « cliffhanger » à l’issue de ce deuxième tome: « Le premier arc allait à cent à l’heure et c’était grisant. Celui-ci est moins rapide et furieux, il prend son temps, s’attarde sur le paysage. C’est une autre forme de plaisir« . Le plaisir visuel est en tout cas égal, avec des dessins et un univers toujours aussi réussis dans leur délire cartoonesque.
Pour la suite, Skottie Young assure avoir sa ligne directrice pour les dix prochains volumes et envisage plus d’histoires autonomes s’imbriquant dans le récit principal. « Il y en aura pour tous les goûts et advienne que pourra ! » On ne saurait mieux dire. En tout cas, pour l’instant, on est prêt à suivre la jeune Gertrude dans ses prochains voyages.

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