Terra Formars Asimov, désinsectisation terrienne

Terra Formars Asimov, tomes 1 et 2, Ken-Ichi Fujiwara (scénario), Boichi (dessin). Editions Kazé,
192 pages,
8,29 euros.

 

Rampant sur le succès de la série Terra Formars, les éditions Kazé publient un nouveau spin off consacré à l’un des héros de la série. Après l’électrique Adolf Reinhardt vu dans Rain Hard (de Ken-Ichi Tachibana et Yu Sasuga), c’est un coin de voile qui se lève cette fois sur le passé du redoutable commandant Sylvester Asimov. Surnommé en toute modestie « Dieu de la guerre », ce combattant hors-pair, âgé de 51 ans, est de retour dans un manga court de deux tomes qui se joue quelques mois seulement avant le départ de la mission Bugs 2 pour mars, infectée par d’indestructibles cafards aux allures de body builders.

Contrairement à Terra Formars, la série imaginée par Ken-Ichi Fujiwara et dessinée par le talentueux Boichi se déroule sur la planète terre, en grande partie sur le territoire russe, au XXVIIe siècle de notre ère. Asimov est chargé par le siège russe de l’U-Nasa d’empêcher la mafia rouge de poursuivre un juteux trafic d’œufs de cafards martiens. Il est à la tête d’un escadron composé d’Ivan le balafré, d’Elena, aussi plantureuse que glaciale, et de la jeune sniper Tatiana, secrètement amoureuse de lui. Hormis cette dernière, tous ont la particularité de se transformer en super-soldat grâce à des pouvoirs empruntés au règne animal et végétal, via « une base d’hybridation » spécifique : le crabe géant de Tasmanie pour Sylvester Asimov ou encore les plantes vénéneuses datura stramonium et belladone pour Elena et Ivan Perepelkina. Ce qui ne sera pas de trop pour rivaliser avec le revanchard et féroce Ded Moroz, ancien soldat russe d’élite et lui aussi génétiquement modifié…

Comme pour d’autres séries à succès (Naruto, City Hunter ou encore L’attaque des titans), le scénariste de Terra Formars a souhaité consacrer une histoire propre à l’un des protagonistes du manga à succès dont la sortie du 19e tome est prévue en août.

Après Adolf Reinhardt, Ken-Ichi Fujiwara aurait pu choisir le charismatique commandant Shokichi Komachi des missions Bugs 1 et Bugs 2 mais il aurait sans doute fait là le choix de la facilité. En jetant son dévolu sur Asimov, le mangaka nous plonge dans l’univers d’un anti-héros, un vétéran de guerre hanté par les combats passés et habité finalement par un lourd devoir de responsabilité. Face à des cafards mutants qui menacent de coloniser la terre et qui sont à l’origine d’une mystérieuse maladie qui décime une partie de la population dont sa propre fille, Asimov entend bien mettre toute son énergie au service de la population. Et bien souvent à coups de poings…

Réservé à un public averti, ce manga de type seinen ne fait effectivement pas vraiment dans la dentelle même s’il est agrémenté d’une bonne dose d’humour. Un peu bourrin  mais terriblement jouissif pour ceux et celles qui aiment les combats teintés de testostérone et de courbes féminines exacerbées.

Le dessin brut de Boichi, à qui l’on doit notamment le très bon Sun-Ken Rock, y est pour beaucoup. Comme pour Wallman, le Coréen se plaît également à dessiner des combattantes à moitié-nu (essentiellement la belle Elena Perepelkina) prêtes à vous croquer si vous n’y prenez pas garde ! Un parti pris érotique (et esthétique) assumé par ce dessinateur talentueux, au coup de crayon violent et précis. Les scènes de combat s’apparentent aussi à de jolis ballets. Très divertissant, le manga se révèle être une belle surprise. On serait même tenté de réclamer du rab à Mars dieu de la guerre.

Par Bakhti Zouad

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