Je ne suis pas un homme
Usamaru Furuya est un auteur de mangas en panne d’inspiration. Partant à la recherche d’une idée pour son futur ouvrage, il surfe sur le net, explorant les blogs et autres sites personnels. Sa recherche l’amène sur la page de Yôzô Ôba. Un garçon totalement inconnu, trois photos montrent celui-ci à 6, 17 et 25 ans. Et le dessinateur s’interroge, comment ce beau jeune homme, fils d’une famille riche, est-il devenu une épave humaine en dix ans ?
Une œuvre noire et désespérée qui montre la déchéance d’un homme qui n’est qu’une coquille pleine de vide. Ce sombre récit psychologique est une véritable plongée introspective dans l’esprit d’un jeune homme en pleine perdition. De déchéance en renoncement, on le voit plonger dans un gouffre sans fond. Un livre dur et beau.
Libre adaptation du roman « La Déchéance d’un homme » d’Osamu Dazai (adapté au cinéma l’an dernier) ce manga se présente avec un sens de lecture « à l’occidentale » pour ceux qui sont allergiques à la lecture à l’envers.
Je ne suis pas un homme - tome 1, Usumaru Furuya. Editions Casterman, 266 pages, 18 euros
Comment comprendre Israël en 60 jours (ou moins)
Comme tous les jeunes juifs qui ne connaissent pas Israël, Sarah Glidden bénéficie d’un programme mondial qui y organise des voyages organisés gratuits de 10 jours. La jeune fille s’attend à un voyage de propagande avec bourrage de crâne à la clef. Son carnet de voyage riche en détails pittoresques permet de se rendre compte que les choses sont plus complexes qu’une simple connaissance livresque des choses peut le faire croire.
Dieu promit à Moïse de faire monter son peuple « vers un pays ruisselant de lait et de miel… ». Depuis, cette terre ne cesse de s’embraser et de souffrir. Source des trois grandes religions, ce sont aujourd’hui les fils d’Abraham qui s’opposent pour elle. Etre pro-israélien ou pro-palestinien suppose de rejeter l’autre, mais est-ce aussi simple ? Né à cause de la folie nazie, Israël doit-il être une nation armée sous peine de disparaître ? Chassés de chez eux, sans espoir de retour, les Palestiniens n’ont-ils pour but que de rejeter Israël à la mer ? Qui a tort, qui a raison ? Pas si simple… Le récit de Sarah ne prétend pas tout expliquer, ni apporter de solution mais il montre avec honnêteté les côtés lumineux ou les faces obscures de cet affrontement douloureux. Dans ce récit plein d’humanité, l’auteure s’interroge et interpelle le lecteur avec sensibilité, humour et profondeur.
Comment comprendre Israël en 60 jours (ou moins), Sarah Glidden. Editions Steinkis, 208 pages, 18,50 euros