Le Postello, en quête d’art

Le Postello_couvLe postello, Hervé Richez (scénario), Winoc (dessin). Editions Grand Angle / Bamboo, 113 pages, 18,90 euros.

Comment un ex-mannequin dans le monde de la mode parisienne des années 1990 en est-il devenu à vouer son existence à l’art pictural, c’est le cheminement de ce one-shot. Jeune homme à la vie facile, Stéphane K. a le coup de foudre pour une sérigraphie d’Andy Warhol. Cette fascination va changer sa vie. D’abord courtier pour un antiquaire du marché aux puces parisien, il devient associé à un marchand de tableaux. Et tandis qu’il entre à l’école du Louvre, il tombe sur une nouvelle oeuvre qui va bouleverser son existence: un tableau représentant une scène équestre et des chevaux « aux gros culs » dans lesquels il croit reconnaître le style d’Edgar Degas et un « modello », travail préalable à un tableau du musée de Boston. Mais des détails détonnent, notamment un style plus abstrait laissant penser à un « postello », comme une ébauche postérieure à l’oeuvre. A moins qu’il ne s’agisse d’une vulgaire copie. La recherche de la vérité va l’entraîner dans une longue enquête, en forme de quête personnelle, qu’il paiera cher…

C’est « une histoire vraie » précise la couverture. Et une belle histoire, telle que l’évoque Hervé Richez dans la préface. Née d’une rencontre fortuite entre l’auteur et Béa, la femme de Stéphane K. sur le parking d’une gare routière, à la poursuite d’un bus reparti avec à bord un sac de la jeune femme. C’est en remerciement de cette aide que Hervé Richez sera invité au domicile de Béa et Stéphane, qu’il verra le fameux « postello » et que son propriétaire lui contera sa fascinante histoire.

Il y a dans l’anecdote de départ de toute cette histoire et la farouche détermination à ne pas lâcher prise comme un parallèle avec le rapport entre Stéphane K. et son tableau. Même si les modifications dramaturgiques apportées aux personnages embellissent ou accentuent sans doute la réalité de tout cela.

Si le récit met un peu de temps à se mettre en route, il vaut la peine de s’y accrocher, lui aussi. Car l’enquête menée dans les milieux de l’art, entre décryptage des réseaux d’experts, des musées et expertises scientifiques, est passionnante et révèle un milieu méconnu, celui des marchands de tableaux et des passionnés d’art. Un milieu montré sans fioritures mais avec une précision bienvenue à travers le dessin léger et expressif de Winoc.

L’implication personnelle du héros dans cette quête a en tout cas quelque chose de fascinant, comme une emprise du tableau sur la vie de Stéphane K. Et si cette entreprise traduit, comme l’explique le personnage « la reconnaissance de tout mon travail aussi, et de mon expertise« , elle s’accompagne d’une certaine amertume devant le prix à payer dans sa vie personnelle.

Image de prévisualisation YouTube

2 réflexions au sujet de « Le Postello, en quête d’art »

  1. Bonjour,
    Je viens de decouvrir cette histoire du Postello se Stephane K.
    J’ai bien entendu orde le livre.
    j’habite les USA. et je suis dans la meme situation que Stephane K.qui de surcroit pour le même peintre,
    J’aimerais que vous puissiez donner mon adress e mail a Stephane car j’aimerais m’entretenir avec lui pour son tableau et le mien.
    Tres cordialement.
    Patrick

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *