10 histoires pour autant d’idées fausses sur la pauvreté

ATD Quart Monde édite sa première bande dessinée, pour démonter les préjugés sur les pauvres et lutter contre la « pauvrophobie ». Initiative originale et louable. Présentation.

Créé en 1957 dans le but d’éradiquer la misère via des actions de terrain avec les premiers concernés et de l’activisme auprès des pouvoirs publics, ATD Quart Monde engage aussi régulièrement des « campagnes citoyennes » à destination de l’opinion publique, afin de faire changer le regard sur les plus pauvres.

C’est dans ce troisième axe que se situe l’édition par l’association de son premier album de bande dessinées (64 pages, 9,90 €), en cette fin de printemps. Une douzaine d’auteurs se sont associés afin de raconter « dix histoires pour dire STOP aux préjugés sur les pauvres »…

Parmi celles-ci, Manuel Lieffroy et Greg Newman évoquent, dans un style tendre et coloré le témoignage – véridique – d’une jeune mère SDF pour qui la bibliothèque du Centre Pompidou va devenir une seconde maison et les livres une nécessité première. Manière de dénoncer l’idée que « les pauvres n’ont pas besoin de culture ».
Au-delà de ce premier préjugé, qui donne le titre à l’album, neuf autres histoires reviennent sur autant d’idées fausses: les pauvres sont moins aptes que d’autres à l’école, les pauvres ne se préoccupent pas d’écologie, les pauvres sont des voleurs, mieux vaut un petit boulot que pas de boulot du tout (devenu depuis ce printemps le nouvel axiome favori de la majorité présidentielle), etc.

Deux cases de l’histoire de Tito.

Pour chaque item, un court récit de deux à six planches, de genre et de style très variés. Parmi les plus réussis, un hommage décalé à Popeye (devenu capitaine d’un navire en charge de jeter les déchets flottant sur les mers dans un vortex créé depuis le centre de la terre) par Laurent Battistini et Greg Newman ou le récit visionnaire à la Ken Loach de Tito, décrivant un employé de supermarché viré pour avoir récupéré un gâteau d’anniversaire promis à la benne… Et ce quelques mois avant qu’une caissière ait vraiment été licenciée pour avoir pris un sandwich périmé. On remarquera encore le joli trait et le beau nuancier pastel des deux planches futuristes signées de l’Amiénois David Perimony (avec Greg Newman au scénario).

Détail de l’histoire dessiné par l’Amiénois David Perimony

Certaines historiettes laissent plus perplexes. Mais l’important est ailleurs. Toutes font effectivement réfléchir sur ces préjugés trop facile sur la pauvreté ou sur les « gens de rien » pour reprendre un récent aphorisme présidentiel. Et, sur ce point, l’objectif est donc atteint.

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